Sens et Histoire de l'Avent

 

1. Quelle est la signification du mot Avent ?

L’Avent est un temps de préparation à Noël qu’on appelle le temps de l’Avent.

Ce mot vient du latin adventus qui signifie avènement. A l’origine, c’est un terme grec parousia employé dans l’Église des premiers siècles, traduit en latin par adventus. On emploie ce mot en grec et en latin pour designer la venue du Christ parmi des hommes, à la fois pour l’avènement de sa naissance et son avènement glorieux à la fin des temps.

Puis, l’Avent est un temps de préparation à Noël. Ce mot est utilisé pour désigner le temps qui précède Noël.

 

2. Caractéristiques du temps de l’Avent

C’est un temps d’attente qui comporte plusieurs formes : d’une part, il nous fait revivre l’attente du peuple juif de la venue du messie, l’attente de la naissance de Jésus ; d’autre part, l’Avent est l’attente de l’avènement du Christ à la fin des temps. Le temps de l’Avent commence le quatrième dimanche avant le 25 décembre, donc, selon les années, entre le 27 novembre et le 3 décembre. 

De nos jours, l'Avent est considéré comme le début de l'année liturgique, c'est pourquoi les calendriers liturgiques débutent au 1er dimanche de l'Avent. Ceci est bien logique, puisque c'est avec l'Avènement du Christ que tout commence dans l'Église ; du reste, l'Avent est liturgiquement la figure des temps écoulés avant la venue du Messie.

 

3. Les grandes figures du temps de l’Avent

Les grands témoins de l’attente de la venue du Christ sont le prophète Isaïe, Jean-Baptiste et Marie :

Le prophète Isaïe exprime l’espérance messianique, il annonce la naissance de l’Emmanuel. Il incarne à la fois la préparation de Dieu et les désirs de l’humanité. Par ce choix, d'ailleurs, la liturgie ne fait que reconnaître une prééminence établie par Dieu lui-même. Aux heures importantes de la vie terrestre du Sauveur, c'est toujours Isaïe qui est cité comme témoin.

Jean-Baptiste annonce la venue proche du messie et il invite à un baptême de conversion pour s’y préparer. Il est le précurseur. Dès son enfance, puis adulte, il désigne Jésus. 

Jean Baptiste est LE prophète de l’avent. On le représente souvent avec le doigt qui pointe vers celui qui vient : Jésus-Christ. Si, à la suite de Jean, nous préparons le chemin du Seigneur dans le monde d'aujourd’hui, nos vies deviendrons aussi ces doigts de témoins vivants qu’il est possible de trouver Jésus, car il est proche.  Jean a offert aux personnes de son époque une expérience de pardon et de salut en sachant très bien qu’il n’était pas le messie, celui qui pouvait sauver. 

Marie se trouve naturellement au centre de ce mystère, puisque la gestation divine s'opère d'abord en elle, dans son propre corps. Nous aussi, nous devons concevoir le Christ en nous par la foi et la charité. Pour assurer cette communion, la liturgie ne perd pas un instant de vue la très sainte Mère de Dieu. L'Église nous le rappelle en deux circonstances particulières. Le deuxième dimanche de l'Avent est consacré à la solennité de l'Entrée de la Vierge au Temple, mystère si important qu'il devrait faire l'objet d'une étude particulière. 

 

4. Différences entre l’Avent et le Carême ?

L’Avent et le Carême sont deux périodes préparatoires à une grande fête. Malgré leur ressemblance, l’Avent et le Carême sont assez différents.

L’Avent est un temps d’espérance et une invitation à être vigilent. Il ne comporte pas de jeûne en occident. La préparation de Noël ne se fait pas de la même manière que celle du mystère pascal par le Carême.

Le Carême est un temps de préparation baptismale et un temps de repentir pour ceux qui ont faillit à l’engagement baptismal. Il est marqué par le jeûne. 

 

5. Origine et histoire de l’Avent

L’histoire de l’Avent commence dès la fin du IV° siècle. On a pourtant découvert à Ravenne un rouleau (rotulus) liturgique contenant une collection d'oraisons et d'antiennes qui se rapportent toutes au temps de l'Avent et qui pourraient bien avoir été écrites à l'époque du concile d'Éphèse (431) ; d'autre part, un canon du concile de Saragosse, de 380, permet de placer l'Avent, ou quelque chose qui lui ressemble, en Espagne, à la fin du IVe siècle.. Il y a en Gaule un jeûne de trois jours par semaine. Cet aspect ascétique est sans doute lié à la préparation du baptême administré à cette époque à l’Épiphanie.

Mais au XIIIe siècle en France ce n’était plus appliqué communément.

À Rome, l’Avent apparaît plus tard, dans la seconde moitié du VIe siècle. C’est un temps de préparation sans doute, mais il est sans considérations ascétiques. Il fut réduit à quatre semaines et devient l’attente joyeuse de l’avènement du Seigneur, sans l’observance d’un jeûne. La pratique romaine s’impose en France au VIII° siècle.

Dans l’histoire de l’Avent il y a donc deux traditions : la tradition byzantine et orthodoxe, et la tradition romaine et occidentale.