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Homélie du dimanche  29 décembre 2019

Quelques jours après Noël, nous fêtons la sainte famille de Marie, Joseph et Jésus. Pour cela, nous continuons la lecture de l'évangile de Saint Mathieu avec l'évocation des faits après la venue des Mages : le séjour en Egypte. 

 

La famille, lieu de sécurité. Dés son enfance, la vie de Jésus est exposée au danger. Heureusement, il a un père qui le protège. Les anges ne descendent pas pour combattre les soldats d'Hérode. L'ange donne cette mission à Joseph. La famille est un lieu de protection. Les chaos de la vie y sont absorbés par l'amour protecteur des parents. De nos jours, cet amour protecteur est renforcé par celui des grands-parents. Cette protection n'évite pas les coups, mais les échanges permettent d'entrer sur un chemin de résilience. 

L'intervention de l'ange après des Mages est crucial. La vie de Jésus a été sauvée cette nuit là. L'ange intervient pour annoncer la mort d'Hérode : il ne s'agit plus de sauver d'un danger,  mais de guider la sainte famille sur le chemin de la vie. Oui, les méandres de la vie sont à vivre comme un itinéraire spirituel. 

 

La famille, lieu de l'enracinement. Jésus a grandi en pays étranger. C'est dans une culture différente qu'il a appris à marcher et à parler. Dans notre monde mondialisé, il est important de ne pas l'oublier. Ces parents lui ont transmit l'histoire de sa famille, l'histoire d'une famille juive, l'histoire de la descendance de David. 

Certaines familles s'épanouissent chrétiennement dans un monde sécularisé. On transmet le richesse propre à l'histoire familiale, comme une fierté et une grandeur. 

 

La famille, lieu de la transmission de la langue. Dans son enfance, Jésus entend parler égyptien. A la maison, on lui parle araméen ou hébreu. Le verbe s'est fait chair dans un monde polyglotte. 

Les Hébreux lisent la Bible à la synagogue seulement en Hébreu. A l'église, nous lisons la Bible dans la langue vernaculaire. En effet, Jésus a rejoint plusieurs cultures de son époque. Il rejoint encore aujourd'hui les cultures contemporaines. On traduit son message en mangas ou en vitraux abstraits. Cette inculturation s'est faite autrefois : elle a donné des chefs d'oeuvre. Elle se fait encore aujourd'hui. Dans cent ans, il en restera quelques chefs d'oeuvre. 

 

Épanouissons-nous dans le monde d'aujourd'hui.

Amen.


Homélie de Noël 2019

Nous fêtons la naissance d'un enfant. Nous célébrons la naissance du Fils de Dieu. Le Seigneur n'a pas voulu que le sauveur soit choisi adolescent, comme Spiderman, piqué par une araignée transgénique, ou adulte, comme Superman. Il choisit son Messie dès la conception, dès la naissance. Voyons comment Jésus a grandi humainement et spirituellement.

 

La formation de Jean Baptiste. Jésus est né 6 mois après Jean Baptiste. Il n'ont pas eu le même parcours. Le premier naît à la maison, bien tranquillement ; Jésus naît au cours d'un déplacement, d'un voyage. Il ne rentre chez lui, à Nazareth, que six ou sept années plus tard. Jean-Baptiste part se former au désert, tandis que l'Emmanuel reste 30 ans à la maison, à l'atelier, sans formation religieuse particulière. 

La formation de Jean-Baptiste s'est fait en deux étapes comme pour monter un chapiteau lors d'un pardon. On déploie d'abord le toit ; on étale la bâche qui donne la dimension du barnum. C'est un déploiement horizontal, signe de la formation humaine. C'est la protection de l'amour des parents. Ensuite, on place des poteaux au quatre angles. Alors, le barnum s'élève. C'est la dimension verticale de notre vie, la dimension spirituelle, l'angle religieux. 

 

La formation de Jésus. Jésus a été formé par ses parents : par Marie, sa mère, et Joseph, son père. Il a été formé presque exclusivement à la maison ; il n'a pas été formé au Temple de Jérusalem, ni dans une école rabbinique. Sa formation humaine et religieuse s'est faite en même temps : en apprenant à lire comme en apprenant le métier de charpentier. Il a grandit humainement pour aimer les autres et religieusement pour aimer Dieu.

On peut se développer horizontalement et verticalement en même temps. Le parapluie pliable se déploie dans les deux dimensions à la fois : on le déploie vers le haut et au même moment les baleines se déplient et le parapluie s'ouvre. Le mécanisme interne le permet. 

Nous avons tous un mécanisme interne qui nous permet de grandir simultanément dans l'amour de Dieu et du prochain. L'amour de Dieu nous aide à aimer notre prochain et l'amour du prochain nous aide à aimer les autres. 

 

Ayons la même croissance que Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 22 décembre 2019

En ce dernier dimanche de l'Avent, nous sommes au plus près de Noël. Nous revivons les derniers mois de cette attente. 

 

Discerner. Dieu a voulu que Marie et Joseph puissent accepter sa proposition. Chacun à sa manière a discerné le bien qu'il devait faire. Marie a dit "Oui"rapidement. Le cheminement de Joseph fut plus long. Pour laisser la liberté au charpentier d'accepter d'être le père de Jésus, l'ange Gabriel n'a pas donné de consignes par rapport au mariage. Il pouvait épouser sa fiancé ou se retirer. 

La visite de l'ange laissait peu de place au doute. Joseph doit discerner par lui-même. Il doit peser entre deux bonnes solutions. Il fait le choix de la discrétion, du retrait. Parfois, nous n'osons pas nous engager.

Dieu veille à l'accomplissement de son projet. Il le fait avec plus discrétion. C'est en songe, que l'ange apparaît à Joseph. Comment nous sentons-nous accompagner et conforter par Dieu dans notre mission de chrétien ? 

 

Coopérer. Jésus a grandi dans une famille. Marie et Joseph ont participé à l'éducation du fils de Dieu. Chacun à sa manière lui permis de devenir un homme et un croyant. C'est avec Joseph qu'il allait le samedi à la synagogue. C'est avec son père qu'il a appris un métier. 

Cette coopération existe au sein de l'Eglise.  Nous avons la tâche de faire grandir le corps du Christ en travaillant ensemble au royaume de Dieu.

 

Coopérons au plan de salut de Dieu.

Amen. 

Homélie du dimanche 15 décembre 2019

En ce dimanche, nous entendons cette merveilleuse nouvelle : Jésus est le messie attendu et annoncé par les prophètes. Jean-Baptiste se le fait confirmer par le Sauveur lui-même. Soyons dans la joie ! les aveugles voient et les boiteux marchent ! Cette joie doit nous aider à accueillir la lumière de Bethléem.

 

La lumière de la terre. Notre monde nous éclaire de différentes manières : il y a les lumières de la ville et la lumière de nos maisons ; il y a les lumières des salles de spectacle et les lumières des stades de foot ; il y a les lumières des musées et les lumières des vitrines de magasin. Ces lumière nous rendent le vie plus facile, plus belle.  Il est agréable de marcher dans une rue éclairée ; il est bon de vibrer à la lumière des stades de foot. Certaines nous mettent en valeur. Les acteurs sont mis en valeur par les projecteurs. Les enfants sont aidés par les lumières domestiques. 

Comment nous positionnons-nous par rapport à cette lumière ? Elle nous illumine, mais, en arrière fond, elle projette notre ombre sur les murs et sur d'autres personnes. Si nous sommes alignés sur le même plan que notre groupe, pour une photo, par exemple, nous ne faisons de l'ombre à personne. Si nous nous mettons en avant du groupe, nous faisons de l'ombre aux autres. Plus nous sommes près de la source lumineuse, plus notre ombre sera grande. Trouvons notre juste place entre la lumière et l'ombre. 

 

La lumière du ciel. Dieu est lumière : Il nous éclaire du haut de sa grandeur. Cette lumière est aussi chaude et bienfaisante que le soleil. Elle ne nous éblouit pas. 

Comment nous positions-nous par rapport à cette lumière zénithale ? Si nous sommes bien en dessous d'elle, notre ombre forme un petit cercle à nos pieds. Si nous recevons la lumière de coté, notre ombre est grande et couvre la terre et nos compagnons. Mettons-nous bien dans la pleine lumière de Dieu. 

Se mettre bien en dessous de la lumière, c'est accueillir pleinement l'évangile. Recevoir la lumière de coté, c'est accueillir partiellement ou épisodiquement la foi chrétienne.

Si nous sommes bien en dessous de la lumière du soleil, toute notre personne, tout notre corps est dans la lumière. Si nous recevons la lumière de coté, nous avons une partie de nous-mêmes dans la lumière et l'autre à l'ombre. 

 

Que Dieu illumine notre vie et notre cœur. Amen. 


Homélie du dimanche 8 décembre 2019

Pour nous préparer à la venue de Jésus, nous écoutons aujourd'hui le précurseur, Jean Baptiste. Il nous parle de Jugement ; il nous parle de moisson. Regardons comment pousse le blé de nos bonnes œuvres. 

 

Les épis de blés. Le raisin grandit sur une grappe ; les grains de blé forment un épi. Toutes nos bonnes actions doivent posséder de l'unité. Il s'agit de ne pas se disperser, mais d'être cohérent. Il y a un fil d'amour à établir entre toutes nos œuvres charitables. 

Chaque grain de blé est enveloppé d'une fine pellicule. Chaque oeuvre doit être bien présentée, doit être préparée pour elle-même. A chaque fois, il faut s'adapter aux bénéficiaires. 

La tige de blé se courbe lorsque les épis sont bien formés. Ce n'est pas qu'il fatigue sous le poids de la moisson. C'est qu'il s'incline humblement, qu'il ne se vante pas de produire de la nourriture pour les hommes. Ayons cette même humilité qui habitait le cœur des saints : plus ils étaient généreux, plus ils étaient humbles, sans jamais ployés devant la tâche qu'ils devaient accomplir.

 

Le vannage du blé. Détachés de la paille, les grains doivent être délivrés de leur enveloppe protectrice. Cette purification est faite par les hommes. Jésus est celui qui tient la pelle à vanner. Il la remplit ; puis, il déverse les grains sur le sol pour que le vent sépare le grain de blé de son enveloppe. Dans notre descente au tombeau, le vent de l'Esprit nous purifie pour ne garder de notre vie que ce qui a de la valeur. Les futilités s'envolent au loin et sont oubliées. Laissons le Seigneur nous purifier.

 

Le grenier à blé. De nos jours, dans le grenier de nos maisons, nous mettons les objets qui ne servent plus. Le grenier, dans le milieu agricole, est le lieu de la réserve et de la protection contre l'humidité. Jésus nettoie son aire à battre le blé. Il ramasse le grain de nos bonnes actions pour le conserver, pour l'élever.

La taille de ses granges montrent la prospérité de son domaine. Rien de ce que nous faisons de bons n'est perdu, aucune bonnes œuvres, mêmes les plus secrètes, ne sont oubliées pas Dieu. Tout est engrangé.

 

Le blé pour le pain. Nous ne mangeons pas le blé nature. Nous le mangeons transformé. Nous dégustons de bons pains de blé. Oui, notre vie sera transformée à la fin des temps. Nos bonnes œuvres sont sublimées par le boulanger et seront appréciées par tout le monde. 

 

Procurons au Seigneur une abondante moisson par la multitude de nos bonnes actions. Amen.


Homélie du dimanche  1er décembre 2019

Nous entrons, ce dimanche, dans le beau temps de l'avent. Le Seigneur nous invite à veiller pour être emportés dans le plan de Dieu. Ce n'est pas l'activité qui détermine le salut, mais l'attitude du cœur. Les deux hommes et les deux femmes travaillent à la même tâche, mais leurs sorts sont différents. Regardons les deux autres exemples que nous donne Jésus : l'arche de Noé et le trésor de la maison.

 

Noé. Noé mange et boit. Il s'est marié comme ses contemporains. Il s'est préparé au déluge en construisant l'arche. Quels sont les conséquences de cette action ?

La maison de Noé est ancrée dans le sol par ses fondations. L'arche est posée sur la terre. >> La première leçon à retenir : ne pas s'ancrer à la terre, à la vie matérielle. Il faut se construire une coque qui nous détache du matérialisme tout en étant solide.

Ce navire est posé sur le sol. Il lui faut des étais pour le maintenir debout, car sa coque est ronde. Il n'est pas adapté à la terre ferme mais il est parfait pour s'adapter aux fluctuations de la mer. >> Deuxième leçon à retenir : la vie spirituelle nous rend bancale dans ce monde ; il faut trouver des soutiens pour tenir droit.

L'arche est dotée d'une porte par laquelle les hommes et les bêtes peuvent entrer. Cette porte n'est pas toujours ouverte, mais elle est très utile pour accueillir, lorsque cela est nécessaire, les occupants du navire. >> Troisième leçon : l'ouverture au monde et à l'extérieur ne doit pas être permanent. Il faut savoir, de temps en temps, fermer sa porte pour se retrouver soi-même.

Tous les animaux de la terre on vécu dans l'arche pendant 40 jours. Pour faire vivre les bêtes pacifiques et les prédateurs dans un même navire, il a fallu faire des compartiments pour séparer les différentes espèces. En nous cohabite des zones de calme et des zones agitées. >> Quatrième leçon : sachons canaliser nos sentiments contradictoires.

 

Le trésor de la maison. Le maître de maison a caché ses richesses chez lui comme nous accumulons des richesses dans notre cœur. 

Le trésor de cet homme à deux origines : l'héritage de ses parents et le travail.  Dans les musées, il n'y a que l'héritage d'une nation. Dans les tirelires, il n'y a que le fruit du travail.  Soyons héritiers et bâtisseurs. 

Les richesses s'accumulent au fil des ans. C'est le fruit du travail de toute la maison : la femme, les domestique et les enfants. Sachons travailler avec les autres pour apprendre d'eux de belles choses. 

Le trésor n'est pas composé que de pièces d'or. Il y a aussi les bijoux, les tableaux, les machines. Que le trésors de notre cœur soit rempli de richesses de toutes sortes. 

 

Bon avent à tous. Amen.


Homélie du dimanche 24 novembre 2019

 Nous fêtons la royauté de Jésus. Il est couronné sur la croix. Deux hommes sont condamnés avec lui : l'un va entrer dans son royaume et pas l'autre. Et nous de côté penchons nous?

 

La population de ce Royaume. L'Empire romain a augmenté son territoire et ses sujets par la force et les armes. Il maintient son règne par la répression de toute rébellion.  Jésus lui même a été condamné par Ponce Pilate car il était vu comme un ennemi de l'empereur. 

Le peuple chrétien s'agrandit par adhésion libre et volontaire. Jésus ne s'impose pas par la force. Il refuse les coups d'éclats qui obligerait tout le monde à reconnaître sa puissance.

 

La justice du Royaume. Dans l'Empire Romain la peine de mort était d'actualité. L'exécution était différente suivant le statut social du coupable : Pierre, comme Jésus, a été crucifié; Paul a été décapité car il était citoyen romain. La peine de mort comme la prison est là pour exclure les fautifs.

La justice de Jésus est là pour éclairer et réinsérer les pécheurs.  Le bon larron se repentant de tous ses crimes entre dans le paradis. Il est réinséré dans la communauté des croyants. 

 

Le système de santé du Royaume. La médecine du temps de Jésus est une science balbutiante. Elle sait soigner quelques blessures et guérir quelques maladies. 

Jésus nous sauve de la mort. Il nous donne la vie éternelle. Avec lui, nous sommes en bonne santé pour toujours tant pour notre corps que pour notre âme. C'est la personne toute entière qui est sauvée de la mort et de la destruction.

 

Entrons dans le Royaume de Jésus. Amen.

Homélie du dimanche 17 novembre 2019

Ce dimanche, le discours de Jésus est bouleversant. De nos jours, les chrétiens sont bouleversés par le vandalisme qui touche les églises et l'hostilité d'une partie de la société vis-à-vis du message de l’Église. Les paroles de Jésus peuvent-elle redonner l'espérance ?

 

La destruction du Temple. Nous avons été émus de voir Notre-Dame de Paris ravagée par un incendie qui a détruit la charpente et une partie de son toit. Le culte solennel continue à Saint-Sulpice (75006). Nous pouvons imaginer ce que  représente pour les Juifs de voir la destruction du Temple, seul lieu de sacrifices pour le pardon des péchés ; il ne reste plus que les synagogues pour les prières du Sabbat.  Depuis cette date, le peuple d'Israël fête la Pâque sans sacrifier d'agneau pascal.

Nous vivons un déclin de la vie chrétienne dans notre pays. Écoutons ce que dit le président des évêques de France : "La vie concrète de l’Église présente des signes de déclin. Indéniablement, l'évolution des sociétés occidentales, longtemps façonnées par le christianisme, exprime une prise de distance, un rejet même, de ce qui les a portées et nourries. Ne voir que cela serait confondre l'état d'une société perceptible à sa surface avec le jugement que Dieu porte sur l'état des cœurs. Ce serait céder à la naïveté - en réalité, une cécité pécheresse - qui fait prendre l'état des mœurs pour la trace exacte du passage de l'Esprit Saint dans les libertés. L'oeuvre du Dieu vivant ne se saisit pas par des statistiques ou des descriptions ethnologiques. ... L'intuition du cardinal Jean-Marie Lustiger, partagé par lui avec le père Alexandre Men, vaut pour tout diagnostic sur la situation spirituelle de l'humanité : "Nous sommes au début du christianisme", au commencement de la vie de l’Évangile. l’Église, comme l'humanité avec elle, n'est pas tant à la fin d'un cycle qu'au début d'un cycle nouveau." (Eric de Moulins-Beaufort, "l'Eglise face à ses défis". - CLD éditions, 2019. - pp. 11 et 12.)

 

Les persécutions. Jésus annonce à ses disciples un temps de persécution. Elles ont eu lieu au temps de l'Empire Romain. Avec la chrétienté du Moyen-Age, on a pensé - peut être vite - qu'elles appartenaient au passé. La Révolution française a secoué une Église bien mal  en point. De nos jours, certains parlent de christianophobie. Reprenons le livre de Monseigneur Eric de Moulins Beaufort. Il évoque le combat de l'ange avec Jacob comme une image du combat de l'évangile en chacun de nous et dans toute les sociétés. "Notre monde sécularisé est un monde qui ne se laisse pas facilement convaincre par le Dieu vivant qui se révèle. Ce monde aspire à se constituer par lui-même, sans référence extérieure, en même temps qu'il éprouve de l'attraction pour ce que Dieu lui ouvre..... L'amour de charité auquel Dieu appelle attire l'être humain, qui y pressent un extraordinaire accomplissement ; il l'effraye cependant parce qu'il exige beaucoup de lui, l'oblige à sortir de lui-même, à sortir des logiques immédiates de l'amour de soi et du désir des biens à portée de main. Le combat de Jacob avec l'ange incarne le combat spirituel, celui de chacun bien sûr, mais aussi celui de l'humanité toute entière en ses divers parties qui veut obéir à Dieu et qui ne le veut pas." (op. cit. - pp. 10-11).

 

Entrons dans l'espérance de Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 10 novembre 2019

La résurrection est un point d'achoppement pour certains de nos contemporains. Dans un monde où la notion de progrès s'est effritée, un monde meilleur est plus difficilement envisageable. Nous voyons avec la question posée à Jésus que cette difficulté n'est pas récente. Que nous dit Jésus sur la vie éternelle ?

 

Le monde à venir. On envisage la vie après la mort à partir de ce monde-ci. Les figures les plus fréquemment utilisées partent de la réalité terrestre : le paradis ou le jardin, la ville, la cité de Dieu, la maison, le ciel. La vie éternelle n'est pas un prolongement de la vie d'ici-bas. L'espérance n'est pas due à la main invisible des économistes ou aux forces de l'histoire. L'espérance est fondée dans l'action de Dieu. Jésus parle du "monde à venir" et non du "monde qui vient". La venue de ce monde n'est pas interne, mais externe : c'est Dieu qui le fait advenir. Notre vie aura une autre dimension. Jésus ajoute que nous serons "comme les anges", des créatures spirituelles et que nous seront éternels, car héritier de la résurrection.

Un enfant dans le ventre de sa mère ne peut pas s'imaginer le monde dans lequel vivent ses parents à partir des bruits et des sensations qu'il perçoit. De même, nous ne pouvons pas imaginer la vie du Ciel à partir des apparitions des saints.

 

Dieu des vivants. Dans les religions primitives, le culte des ancêtres est important. Ceux-ci aident les familles qui vivent sur terre. Nous croyons au Dieu des vivants qui rassemble les élus auprès de lui.  Abraham, Isaac et Jacob, qui séjournent dans les enfers, sont vivants pour le Seigneur. Le lien entre Dieu et les hommes est fondamental. C'est dans cette espérance que Jésus monte vers Jérusalem. 

 

Assigné ou enraciné. De nos jours, beaucoup de personnes pensent que le Dieu d'amour accueille tout le monde. A une époque où la tolérance s'est considérablement développée, on n'imagine plus une exclusion du paradis.

Les sociologues distinguent au moins trois manières d'habiter le territoire. Il y a les assignés qui subissent leur condition de vie, qui n'ont pas le choix de leur lieux d'habitation. Certains baptisés seront au paradis par défaut, car leur place n'est pas en enfer. 

Il y a les enracinés, ceux qui sont parfaitement épanouis dans le territoire où ils ont toujours vécus. Ce sont les chrétiens de tradition qui ont suivit le chemin tracé par leurs parents. 

Il y a enfin les affranchis, ceux qui choisissent d'habiter dans un lieu sans y être nés. Ils ont la capacité de faire un choix volontaire et réfléchis. Ce sont les nouveaux chrétiens qui demandent le baptême, une fois adultes, ou les "recommençants" qui redécouvrent la joie de croire. 

Tous ces gens iront au paradis grâce à la miséricorde de Dieu. Mais, ici-bas, les assignés ne vivent pas encore de la vie céleste. Les autres, les affranchis et les enracinés, ont déjà la tête et l'âme au paradis. Ils vivent en présence de Dieu. 

 

Croyons à la résurrection. Amen.


Homélie du dimanche 3 novembre 2019

Jésus continue sa marche vers Jérusalem. Il quitte la vallée du Jourdain et, après avoir guéri un aveugle, il traverse la ville de Jéricho. Il rencontre Zachée, le publicain. Attachons-nous aujourd'hui au comportement du Seigneur.

 

"Il faut que je loge chez toi aujourd'hui." Au cours de sa mission, Jésus a toujours voulu bénéficier de l'hospitalité des personnes. On le voit souvent prendre un repas chez les uns et chez les autres. Cette fois-ci, Jésus montre que cette hospitalité est impérieuse : "Il faut". C'est le même impératif que pour sa mort et sa résurrection. 

On se demande, s'il faut aller à la messe, s'il faut communier tous les dimanches. Pour faire plaisir à Dieu et l'honorer comme il se doit, certains disent qu'il faut accomplir son devoir dominical. Dans cet évangile l'obligation est du côté de Jésus. Aujourd'hui, entendons Jésus nous dire  : il faut que je loge chez toi. Oui, Dieu a besoin que nous communions toutes les semaines. 

 

Jésus loge chez Zachée. La foule empêchait Zachée de voir Jésus et de savoir qui il était. Jésus, dans la maison du publicain, se cache de la foule qui le critique. La barrière n'est plus physique, ce n'est plus la taille physique qui empêche de voir ; c'est la barrière de la morale, de la Loi. 

L'Eglise, les prêtres acceptent de célébrer des mariages, des baptêmes ou les obsèques de ceux qui sont loin de notre communauté paroissiale. Quel regard portons nous sur cet accueil sans condition ? 

 

"Le fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu." Au début de son ministère, Jésus prêchait la Bonne Nouvelle du Royaume. Aujourd'hui, il sait que la prédication ne suffit pas. Il faut aller chercher les personnes et les conduire vers le salut. Il a cherché à rencontrer tous les hommes en sillonnant le pays d'est en ouest et du nord au sud. Il sait qu'il faut aussi s'intéresser à ceux qui ne peuvent pas ou  ne veulent venir à lui. Il sait aussi qu'une fois qu'il a trouvé la personne, il faut la sauver, la sortir de sa situation. 

La rencontre avec Jésus permet au collecteur d'impôt d'être généreux et de se tenir debout devant le Seigneur. La rencontre de Jésus me rend-t-elle généreux, comme Zachée ? L'accueil du Seigneur me permet-elle de me tenir debout comme le publicain ? 

 

Laissons-nous trouver et sauver par Jésus. Amen.


Homélie de la Toussaint 2019

Chaque année pour la fête de la Toussaint, j'aime parler d'un saint de notre calendrier. Cette année, nous fêtons les 300 ans de la mort de Saint Jean-Baptiste de la Salle. Son oeuvre est toujours d'actualité par les écoles et les collèges qui existent dans le monde entier. Le collège Sainte Barbe au Faouët a été longtemps tenu par les frères des écoles chrétiennes.

 

Un noble choisit de servir les enfants pauvres. Saint Jean Baptiste est né à Reims, dans une famille noble. Il a commencé par à être chanoine et par suivre des études pour devenir prêtre. A la mort des ses parents, il s'occupe de ses frères et sœurs pendant 4 ans.

Après avoir aidé un maître d'école, il décide de former les professeurs pour l'éducation des enfants pauvres. Il renonce à son titre de chanoine et aux revenus induits pour vivre en communauté avec les professeurs. Il dira : "C'est la fonction de chanoine qui m'a quittée. " Il donne tous ses biens lors d'une famine. Il nous donne une première leçon : le dévouement et le renoncement.

 

Un formateur de maîtres. Les deux premières années de vie commune avec les professeurs sont très dures. Ceux qui enseignent les pauvres à l'époque ne sont pas toujours des personnes faciles. 

Il met au point une méthode d'enseignement. Le professeur enseigne en français et non pas en latin et à un groupe et non pas à des individus, comme les précepteurs. Cette manière de faire n'émane pas du fruit de sa réflexion personnelle. Elle est élaborée en équipe par tous les maîtres à partir de leur expérience. Il nous donne une deuxième leçon : la vie d'équipe. 

 

"Souris au monde et le monde te souriras". Saint Jean Baptiste veut que l'enseignement respecte la progression de chaque enfant. Cette attention permet aux enfants de retrouver le sourire. Pour garder cette bonne humeur, il faut que le maître sache punir à bon escient. Il conseille de ne pas le faire dans un moment de colère. En reprenant un enfant, il faut lui expliquer ce qu'il a mal fait. Il ne faut surtout pas lui dire : "En faisant cela, tu va être mal vu par les autres." Il faut lui faire comprendre que c'est pour son bien qu'il faut agir ainsi. Il nous donne une troisième leçon  : la correction fraternelle.

 

Sachons mettre en pratiques ces trois leçons que nous donne Saint Jean Baptiste de la Salle. Amen.


Homélie du dimanche 27 octobre 2019

Jésus nous montre deux hommes en prière : un pharisien et un publicain. Il montre l'effet de cet exercice religieux sur la vie de ces croyants. L'un est devenu juste et pas l'autre. Que retenir pour notre participation à la messe ?

 

Monter à Jérusalem. Les deux hommes quittent leur domicile pour aller à la capitale religieuse lors d'un de ces pèlerinages annuels que font tous les Juifs. Jésus nous indique les attitudes et les paroles de chacun d'eux. Le pharisien insiste sur les efforts qu'il fait : le jeûne et la dîme. Sa montée vers Jérusalem est un effort sur lui-même et lui coûte quelque chose. Il n'attend rien de Dieu, car il a tout. Il voudrai, sans doute, que Dieu le félicite ou lui donne une médaille.

Le publicain exprime sa demande en toute humilité. Sa montée vers Jérusalem est une planche de salut, une espérance immense. Il attend beaucoup de Dieu. Samedi, j'ai assisté à la première rencontre des catéchumènes du diocèse. Plusieurs ont rencontré Dieu lors qu'ils étaient dans un moment de faiblesse : la stérilité ou les difficultés dans les études. 

 

Comment se tenir devant Dieu? Le verbe se tenir est utilisé pour décrire l'attitude des deux hommes. Le pharisien se tient debout et le publicain à distance. Il faut visualiser la scène : les deux hommes sont sur le parvis des Israélites ; ils ont devant eux, d'abord, au premier plan, l'autel des sacrifices, puis, au second plan, le Saint des Saints, lieu de la présence de Dieu. Ils prient alors que les sacrifices ont été offerts ou sont offerts (la parabole ne le dit pas). 

Il existe au moins deux types de sacrifices brûlés sur l'autel : celui d'action de grâce et celui pour le péché. Cela correspond aux deux types de prières de la parabole. Quelle prière monte vers Dieu ? Celle de celui qui se tient debout ou de celui qui ne lève pas les yeux vers le ciel. Jésus nous donne la réponse : celle de celui qui baisse la tête, car l'un prie en lui-même et l'autre prie en parlant à Dieu.

En situant ces deux prières dans le Temple, Jésus nous invite à faire attention à notre état d'esprit pendant le culte. Il faut faire un sacrifice du cœur ; il faut avoir un cœur contrit. 

 

Redescendre dans sa maison. Le publicain est devenu juste, non dans le Temple, mais lorsqu'il est redescendu à la maison. Il faut donc que la justice ne soit pas devant Dieu, mais se traduise dans la vie quotidienne. C'est un grand défi pour tout le monde, même pour le prêtre, de faire que notre rencontre dominicale se traduise en acte dans notre quotidien. On est plein d'enthousiasme et plein d'ardeur à chanter pour notre Dieu ; mais, une fois arrivés à la maison, nous reprenons très vite nos petites habitudes. 

 

Demandons à dieu de devenir plus justes.

Amen.


Homélie du dimanche 20 octobre 2019

Jésus, une fois de plus, nous parle en parabole. Saint Luc commence par dire la morale de cette histoire : prier sans se décourager. La conclusion, sur la foi, est, elle aussi, intéressante. Y aura-t-il la foi sur la terre lorsque le Seigneur viendra ? Nous nous posons la question pour cette France, jadis si chrétienne. 

 

Foi et prière. Par cette question finale, Jésus relie la foi et la prière. Ceux qui ne se décourage pas dans un monde injuste, ce sont les croyants. Sans se lasser, ils prient jour et nuit pour obtenir justice. Oui, nous le savons, notre prière est un signe de notre foi ; mais également, notre prière nous fait grandir dans la foi. 

On peut dire, je pense, que notre prière est le reflet de notre vie de foi. Certains ne prient qu'individuellement : leur foi est une démarche personnelle. Nous, qui venons à l'église pour le rassemblement dominical, avons une foi aussi communautaire.

Le contenu de notre prière est aussi un reflet de notre foi. Demander la protection de Dieu, c'est bien : c'est le premier degré de la religion. Les païens en font autant. Demander de devenir juste, d'être saint au milieu de ce monde injuste, c'est une démarche plus chrétienne.

 

Foi et salut. C'est lorsque Jésus parle de sa venue, de son intention de répondre à la prière qu'il pose cette question cruciale : Y aura-t-il la foi sur la terre ? Le salut qu'il veut apporter a besoin de cœurs qui croient. Il ne cesse, tout au long de l'évangile, de montrer le lien entre la foi et la guérison ; la foi et le salut. 

Notre foi est mise à l'épreuve du temps. Elle doit durer. Certains pensent qu'il l'ont perdue. Ce qui est vrai, c'est qu'ils n'ont plus la foi. Je pense plutôt qu'elle est morte. La foi est quelque chose de vivant qu'il faut entretenir pour qu'elle perdure. Il faut l'alimenter par nos lectures et par nos actes de confiance.

 

L'image de la veuve. Beaucoup de chrétiens se sentent dans la même situation que cette veuve. Elle n'a pas de mari pour la défendre à une époque où les femmes avaient peu de poids dans la vie publique. De plus, comble du malheur, elle est face à un juge inique. Oui, beaucoup de chrétiens se sentent, avec raison, isolés, marginalisés et injustement traités. C'est manifestement une épreuve. En mettant en avant la foi plutôt que le statut social, Jésus nous dit ce qui est important : vivre en chrétien. 

De nos jours, en particulier, notre structure ecclésiale change. Des paroisses s'assemblent par manque de bénévoles et de chrétiens. L'évangile reste le même. C'est une épreuve pour notre foi. Nous avons appris sans doute dans notre jeunesse que l'évangile avait montré sa supériorité et sa vérité en triomphant des persécutions romaines et des troubles de la Révolution française. Sa croissance constante, malgré les embûches, était un signe de la présence de Dieu auprès de son peuple. Nous devons vivre, comme au temps de l'exil du peuple d'Israël, la décroissance de notre institution. Notre foi va-t-elle tenir face à cette épreuve ? Sûrement, nous allons toujours croire en Dieu ; mais allons croire encore en l'Eglise ?

 

Soyons ferme dans la foi. Amen.


Homélie du dimanche 13 octobre 2019

Aujourd'hui, nous voyons Jésus guérir dix lépreux. C'est un acte fort de sa puissance, puisqu'il le fait à distance, lorsque les malades sont en route vers Jérusalem. Un seul sait remercier Jésus. Nous sommes réunis aujourd'hui pour remercier le sauveur des hommes. Que nous dit cet épisode sur notre participation à la messe ?

 

10 lépreux vinrent à la rencontre de Jésus. C'est un groupe constitué qui marche vers le sauveur. Cette démarche collective donne plus de poids à la démarche de chacun. La prière personnelle est bonne ; la prière commune est meilleure. 

Les lépreux crient vers Jésus. Ils veulent se faire entendre, car ils s'arrêtent à distance comme le demande la loi de Moïse. Pour que leur cri soit audible, il faut que leur cri soit synchronisé et harmonieux. Dans nos églises, prions-nous vraiment ensemble d'un seul cœur et d'une seule âme ? Sommes-nous toujours en phase avec ce qui se vit et se chante dans nos assemblée ?

 

La guérison sur la route. Les lépreux ont obéit à Jésus. Ils sont partis vers Jérusalem pour se montrer aux prêtres et faire constater leur guérison. Même le Samaritain, qui ne prie pas au Temple, marche avec les autres. Les rites,  avec leur formalisme, sont des actes d'obéissance. A la messe, on doit avoir des attitudes et dire des paroles codifiées. Comment vivons-nous ce ritualisme ? Avec méfiance ou par obéissance ?

La guérison se fait en route, après la rencontre. La messe nous apporte des biens en dehors du temps liturgique. Le chemin de retour vers la maison à son importance. La parole de Dieu est-elle vite oubliée ou éclaire-t-elle notre journée, voire notre semaine ?

 

Le retour du Samaritain. Le Samaritain fut guéri sur la route. Il fut, ce qui est encore mieux, sauvé en revenant à Jésus. L'action de Jésus procède par étapes. Il y a les étapes de l'initiation chrétienne ; mais il y a aussi les étapes de l'année liturgique. Lorsque nous revenons à la messe le dimanche suivant, sommes-nous reconnaissants pour ce que nous avons vécu dans la semaine ? Savons-nous exprimer personnellement une expérience collective ? 

 

Que la messe rayonne dans notre vie. Que notre vie irrigue notre participation à la messe. Amen.


Homélie du dimanche 6 octobre 2019

Jésus nous parle de la foi, comme suite à la demande des Apôtres. Sa réponse est forte et nous nous sentons bien petits face à son affirmation. Comment la comprendre ?

 

La foi grandit comme une graine. Les enfants et les adultes cherchent à grandir dans différents domaines : en intelligence, en apprenant à l'école. Les adultes cherchent à augmenter leurs biens en achetant les biens nécessaire à leur confort : il s'agit d'accumuler des choses et des vérités. Jésus parle de la foi qui grandit comme une plante. Il prend l'image d'une graine. La graine de moutarde est la plus petite des graines du potager. La foi est vivante comme une plante. Il faut en prendre soin : l'arroser, lui mettre de l'engrais et lui donner suffisamment de lumière. A la catéchèse, il ne s'agit pas d'accumuler des connaissance sur Jésus, mais de vivre au quotidien l'évangile, la relation à Jésus. C'est une relation de confiance qui se construit de jour en jour.   

Déraciner et planter dans la mer. Je n'ai jamais vu d'agriculteur planter un arbre dans la mer. Il n'y pousserait pas. Si on jette un arbre dans la mer, il sera détruit par le sel et l'eau. Donc, la parabole de Jésus nous dit que le déracinement a pour but de détruire. Mais pourquoi détruire une forêt ? Les moines du Moyen-Age ont détruit des forêts pour y cultiver des céréales ou y installer un potager. La graine de moutarde n'est-elle pas une plante potagère ? Jésus nous invite à enlever les arbres inutiles à l'alimentation des hommes pour y mettre des plantes comestibles. On peut se demander ce qui encombre notre vie et qui est inutile. Ne dois-je pas faire un peu plus de place à des choses utiles pour mon prochain ?

 

Le serviteur. La foi donne le pouvoir de commander aux arbres. Cela peut être fascinant. Les Apôtres, qui ont accompli des miracles, des guérisons, des exorcistes, doivent rester humbles. Il ne sont que des serviteurs inutiles. Ayons cette humilité. 

Les enfants qui ramènent de bonnes notes se font-ils servir par leur parents ? Non. Ils doivent toujours rendre service en mettant le couvert ou en sortant les poubelles. Ils ont fait leur devoir. 

Sainte Thérèse, constatant qu'elle n'avait jamais commis de péché mortel, ne se vantait pas de cette situation. Elle rendait grâce à Dieu de l'avoir préserver d'une telle souillure. Le mal que nous évitons est toujours une grâce de Dieu. Le bien que nous accomplissons est toujours un don du Seigneur.

 

Grandissons dans la foi.

Amen.


Homélie du dimanche 29 septembre 2019

Dans cet évangile, Jésus parle explicitement de l'enfer, lieu de souffrance infinie et de séparation d'avec Dieu. Comment faut-il parler de cette réalité, après avoir entendu la chanson de Polnareff : "Nous irons tous au paradis" ?

 

Comment éviter la damnation éternelle ? Si Jésus parle de l'enfer, c'est pour nous inviter à choisir la voie du paradis. Son histoire nous indique une voie très simple et à la portée de tous : être attentif à tout homme dans le besoin. Même si on n'est pas riche, on peut, comme les chiens de cette histoire, apporter de la consolation, de la tendresse. Pour éviter l'enfer, il faut être humain ; il faut être sociable.

 

Ecouter les prophètes. Les prophètes, depuis toujours, ont invité les croyants à faire le bien autour d'eux. Il faut être attentif à son frère de religion et aux exilés. En faisant cela, nous ne serons plus comme Damoclès qui avait une épée au-dessus de la tête ; nous vivrons dans le bonheur de faire le bien. Le riche vivait dans le plaisir. Il n'a pas connu le bonheur de se dévouer pour les autres. Jésus nous ne dit pas de vivre dans la crainte de l'enfer, mais de choisir la route du paradis qui éloigne de la damnation éternelle.

 

Choisissons la bonne voie.

Amen.


Homélie du dimanche 22 septembre 2019

Jésus parle de la gestion de l'argent ; il ne parle pas des inégalités ni du niveau  de vie ni des impôts. Il demande d'en faire bon usage pour le profit du plus grand nombre. Regardons l'histoire qu'il nous propose.

 

La fin de la gérance. Jésus parle d'un temps limité où nous gérons des biens. Cette idée de finitude évoque moins la brièveté de la vie, comme elle l'était au temps de Jésus. Elle nous évoque plus, aujourd'hui, la finitude de nos ressources. Nous sommes de passage sur cette terre. Comment laisserons-nous cette terre à nos enfants et nos petit-enfants ? 

Se sentir de passage pour léguer un monde vivable à ses enfants, c'est le souhait de tout parent. Transposer cela au niveau de toute la société, c'est vivre en frère. On sait se priver pour ses enfants : on doit savoir le faire pour nos concitoyens, lorsque l'Etat nous demande de payer des impôts. 

Le pape François parle d'une frugalité heureuse. Savons vous nous contenter de peu ? A écouter certains, le salaire est perçu plus comme une considération qu'un moyen de subsistance. On ne demande pas d'avoir de quoi vivre, mais d'avoir une reconnaissance matérielle du travail fourni. Il n'est pas bon de tout évaluer par le prisme de l'argent. La reconnaissance passe aussi par des attitudes et des paroles.

 

Faites-vous des amis. Jésus évoque par ces mots toutes les formes de solidarité. Il y a celle des retraites et celle des dons. Dans le nouveau calcul, il faut que chacun se montre solidaire des autres. Nous comprenons que cela va demander un effort pour tous. On espère qu'il sera équitable. Dans les choix qu'il faut faire, voulons-nous défendre davantage la solidarité ou notre pouvoir d'achat ?

L'invitation de Jésus est au pluriel : faites-vous des amis. La générosité individuelle peut-être mauvaise. Le clientélisme, lui aussi, favorise l'amitié. Cette amitié n'est pas saine. La solidarité organisée collectivement est moins risquée. Il est judicieux de passer par une association ou un organisme pour faire des dons. Alors, celui qui bénéficie de la générosité est plus libre. 

 

L'argent gouverne-t-il le monde ? Beaucoup le disent ou le pensent. C'est sûrement une bonne question économique ou sociologique. Ce n'est pas la question de Jésus. En effet, Jésus ne cherche pas à nous dire comment réussir dans la vie, mais comment réussir sa vie. Pour lui, ce n'est pas l'injustice sociale qui le préoccupe le plus, mais l'injustice morale. Et nous, quelle justice cherchons-nous d'abord ?

Soyons solidaires.

Amen.


Homélie du dimanche 15 septembre 2019

Nous entendons aujourd'hui deux paraboles de la miséricorde. Elles précédent celle du fils prodigue et du fils aîné, que nous avons entendues pendant le carême. Regardons ces deux histoires qui sont moins connues et moins commentées pour découvrir ce que chacune nous révèle de la miséricorde de Dieu.

 

Perdre. La brebis, comme la pièce d'argent, est perdue pour leur propriétaire. Toutes deux sont perdues de deux manières différentes. 

  • On comprend que la brebis s'est égarée. Sans doute lors du retour au bercail, elle n'a pas écouté le berger et a batifolé encore dans les prairies. Elle est responsable de cet égarement. Pourtant, le berger va la chercher en laissant les autres brebis du troupeau. Nous nous égarons aussi lorsque nous n'écoutons pas le Seigneur et ceux qui sont de bons conseils.
  • La pièce n'est pas responsable de sa disparition du porte monnaie. La bourse était sans doute trouée a force de servir et d'être manipulée à chaque paiement. Nos égarements ne sont pas forcément volontaires ; ils sont quelque fois le fruit de notre limite humaine, de notre usure à la tâche, de notre fatigue.

Retrouver. Ces deux histoires nous rapportent deux moments la miséricorde. 

  • Chercher. La femme mène deux actions avant de chercher : elle allume une lampe et elle balaye. Le Seigneur, dans sa miséricorde, nous éclaire de son Esprit Saint pour que nous puissions regarder notre vie avec confiance. Le Seigneur aussi dépoussière notre vie en éliminant les choses inutiles accumulées dans notre cœur. Le Seigneur manifeste sa patience pour nous retrouver.
  • Porter. Le berger porte la brebis sur ses épaules; elle n'est plus capable de marcher jusqu'à la bergerie. Le Seigneur nous aide à revenir vers le Royaume. Il manifeste sa force pour nous sauver. 

Réunir. "Un seul être vous manque et le monde est dépeuplé", dit le poète. Dans ces deux histoires, on cherche à reconstituer la situation initiale. Il faut réunir les 100 brebis et les dix pièces d'argent. 

La miséricorde nous pardonne et nous réconcilie. Cela est possible, car il y a toujours de la place dans la bergerie et dans la bourse. Nous le savons, dans le cœur des hommes, c'est parfois différent. Il se rétrécie lorsque la personne est absente. Allons nous accepter cette réconciliation proposée par le Seigneur ou allons-nous faire comme le fils aîné de la parabole suivante ? Oui, le Seigneur a besoin de nous dans son plan de salut. C'est ce qu'indique le début de la première parabole : "si l'un de vous". Jésus implique son interlocuteur pour le faire réfléchir. 

 

Ouvrons notre cœur aux pécheurs repentis.

Amen.


Homélie du dimanche 8 septembre 2019

Jésus nous invite à la radicalité. Il faut tout laisser pour le suivre. Il a quitté Nazareth et sa mère pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut. Ses Apôtres ont laissé leur métier et leur situation pour marcher avec lui. Il compare la vie chrétienne à une campagne militaire. Comment devons-nous combattre pour obtenir la victoire ?

 

L'artillerie. Les canons préparent la bataille. Ils tirent au loin pour affaiblir les troupes et les défenses ennemies.

Dans le combat chrétien, il est bon de rester éloigné de certaines situations à risque. Il faut détruite rapidement certaines envies ou certains désirs avant qu'ils ne prennent trop d'importance dans notre vie. En effet, ce qui est passager ou occasionnel peut devenir une habitude et, si cela perdure, une dépendance. 

 

La cavalerie. Les chevaux sont une force pour une armée. Les cavaliers chargent avec efficacité pour couper les lignes ennemies en deux. Cet assaut affaiblit les ennemis et met à porter de main le triomphe.

Dans le combat chrétien, il est souvent bon de résoudre nos difficultés les unes après les autres. Il faut pour cela isoler chaque problème pour le résoudre efficacement. L'alcoolique suicidaire doit résoudre sa dépendance à la boisson pour supprimer son dégoût de la vie. 

 

La baïonnette. L'infanterie charge la baïonnette au canon. Elle perce les flancs des adversaires pour supprimer le maximum de soldat. On est alors confronté au plus près à l'ennemi ; on voit bien son visage et sa détermination.

Dans le combat chrétien, on ne peut pas éviter d'affronter frontalement nos difficultés. Il faut alors percevoir tout la noirceur du péché qui nous ronge et nous fait du mal. 

 

Le corps à corps. La baïonnette ne suffit pas toujours à vaincre l'adversaire. Le combat finit au corps à corps dans une lutte sans merci.

Dans le combat chrétien, la lutte finale peut être acharnée. Le mal est parfois profondément ancrer en nous-même. Cette lutte - si rude soit-elle - est indispensable pour être totalement vainqueur de l'adversaire. 

Chez certains saints, cette lutte se fait contre le diable lui-même. Ils ont toujours été vainqueurs pour eux-même et pour les autres. 

 

Menons le bon combat.

Amen.


Homélie du dimanche 18 août 2019

Jésus nous parle de sa mission. Il affirme son impatience de voir le monde nouveau. Cette nouvelle étape du salut n'est pas un temps de paix mais de division. Comment comprendre cela de la part du prince de la paix ?

 

Belle mère et belle fille. Dans les évangiles, il y a peu de généalogie. C'est très important dans le judaïsme pour affirmer sa judaïté. Avec le christianisme, la foi prime sur la descendance. 

Jésus affirme aussi sa doctrine sur le mariage où l'homme quitte son père et sa mère pour s'attacher à sa femme. Cette séparation peut être mal vécue, comme un vol : la belle-fille vole l'amour du fils. Cela peut prend de l'ampleur, comme dans le cas de l'affaire Vincent Lambert. La mère, au nom du juste cause, à outrepasser son rôle de belle-mère en voulant imposer sa position à sa belle-fille. 

Après le temps de l'éducation, la vie de couple des enfants n'appartient plus aux parents. Cette indépendance n'est pas toujours sans douleur. Beaucoup de grands parents souffrent de voir leur petits enfants non baptisés.  Alors pensons à sainte Monique qui a souffert de la vie dissolue de son fils Augustin. Il vivait en concubinage et n'était pas baptisé, car son père était non croyant. 

 

Mère et  fils. L'autre division évoquée par Jésus est celle entre la mère et la fille entre le père et le fils. En remplaçant le sabbat par le dimanche le christianisme a supprimé un pilier important de la prière familiale. Désormais, lorsqu'elle existe, elle n'est plus formalisée, elle est à la libre inventivité des parents. On récite de moins en moins le chapelet en famille ; on allume des bougies et on exprime des intentions de prières libres. 

De nos jours, l'éducation religieuse ne repose plus seulement sur la vie chrétienne des familles. La pastorale est proposée d'une manière différenciée suivant les classes d'âge. Il y a depuis le scoutisme et l'action catholique une vie religieuse adaptée à la croissance de la personne. 

Dans notre diocèse, la pastorale étudiante a plus de liberté que la pastorale enfantine. Au début de la majorité, les jeunes sont plus mûrs pour comprendre les enjeux de la vie. Ils sont plus autonomes. La dimension communautaire de cette mission étudiante est plus à la mode que la vie paroissiale. 

 

Vivons sereinement les divisions de notre époque.

Amen.


Homélie du 15 août 2019 (Assomption)

Nous fêtons aujourd'hui, la Vierge Marie à la fin de sa vie. Cet épisode n'est pas raconté dans l'évangile, où l'on parle de la vie de Jésus et de sa mère, ni dans les Actes des Apôtres, où l'on parle de la prédication apostolique. Essayons d'imaginer ce que fut la vie de Marie dans les dernières années de sa vie terrestre.

 

Une vie ecclésiale. Marie a vécu sa foi chrétienne dans une communauté de chrétiens. Elle n'est pas honorée comme juste de l'Ancien Testament, mais comme sainte du Nouveau Testament. Sa sainteté que nous célébrons est celle qui a été vécue après la Pentecôte, celle qui n'est pas décrite par les livres saints. Cette sainteté est celle de tout croyant de son époque.

C'est une vie de prière, en particulier de participation à la messe. C'est encore mieux que sa grossesse. Elle ne porte plus un embryon dans son ventre, mais un homme glorieux dans son cœur. Elle ne porte plus un bébé, mais le sauveur du monde.

Elle écoutait aussi la parole de Dieu et les récits de la vie de Jésus, ce qui deviendra les évangiles. Elle entendait toujours avec plaisir les épisodes qu'elle a vécu elle-même, mais aussi ceux auxquels elle n'a pas participé, comme le discours sur la montagne ou la transfiguration. Elle découvre chaque jour qui est son fils par tous ces témoignages.

Elle a vécu les bonheurs et les malheurs des premières communautés chrétiennes. Elle s'est réjouit des 3.000 baptêmes du jour de la Pentecôte ou de celui de l'eunuque de la reine de Cambasse. Elle fut peiné par les querelles entre les croyants, comme celle opposant les chrétiens de langue grecque et de ceux de langue hébraïque. Elle a du quitté Jérusalem après la mort d'Etienne et de Jacques pour aller à Éphèse.

 

La vieillesse. Nous avons de nombreux tableaux et images de Marie dans sa jeunesse, au moment de l'Annonciation ou de la naissance de Jésus. Nous la voyons aussi au pied de la croix. Comment était-elle dix ou vingt ans plus tard au moment de son assomption ? Personne ne le sait. Peut-être avait-elle une canne pour marcher ?

Lorsqu'elle se monte à Bernadette ou à Fatima, elle est paraît jeune. Oui, son assomption lui a donné une nouvelle jeunesse. De nos jours, certains font appel à la chirurgie esthétique pour effacer les outrages du temps sur leur corps. Dieu le fait beaucoup mieux et de manière durable par la glorification des corps. Notre corps sera renouvelé totalement dans le ciel. Alors à qui faisons-nous confiance, aux chirurgiens ou à Dieu ?

 

Honorons comme il se doit la Vierge Marie.

Amen.


Homélie du dimanche 4 août 2019

Jésus parle d'un homme qui vit dans  l'abondance. Aujourd'hui, en France, nous sommes  dans une économie d'abondance malgré les inégalités sociales. Que retenir de cet évangile ?

 

La richesse comme une récolte de blé. Jésus a rencontré des riches : Zachée ou le jeune homme. Il ne choisit pas un publicain, mais une gérant de domaine agricole. Alors que la richesse du négoce vient du savoir-faire du commerçant, l'agriculteur est dépendant de la météo. Cet homme a oublié Dieu, bienfaiteur de la terre. 

Dans une société de plus en plus citadine, dans une économie de moins en moins rurale, n'oublions pas que notre bien-être dépend aussi de Dieu.

 

Le blé symbole de la vie. Le blé, une fois fauché, est battu pour séparer le grain de la paille. La paille est brûlée et le grain gardé. Il y a de la fragilité et de la durabilité dans cette céréale.

Notre vie est faite aussi de fragilité et de solidité. Il y a la fragilité de la santé, mais la force du caractère. Il y a la fragilité de l'émotion, mais aussi la force de l'amour. Comment vivons ce risque ? Dans la peur, dans la protection à outrance ou dans l'insouciance ? 

Le grain de cet homme est bien protégé dans un grenier. Cette protection se compose de plusieurs parties : les murs, le toit et la porte. Le vent peut soulever le toit et ruiner l'édifice. Les bonbons sont protégés par un seul emballage qui se prolonge au-delà de la friandise. Dieu est une protection unitaire qui est là avant notre venue au monde et après notre mort. C'est la meilleure protection possible. 

 

Le repos. Cet homme aspire à une retraite bien méritée, à une retraite par capitalisation. Son programme de vie est simple : jouir de l'existence.

De nos jours, le temps de loisir est important. Qu'en faisons-nous ? Un temps de plaisir ou un temps de rencontre et de découverte ? Comment le tourisme peut-il être plus responsable, plus respectueux de tous ? 

 

Soyons riche en vue de Dieu.

Amen.


Homélie du dimanche 28 juillet 2019

Jésus nous parle de la prière, lui qui passait de longs moments à prier. Il nous donne trois verbes qu'il faut essayer de mettre en oeuvre pour suivre l'itinéraire spirituel qu'il propose.

Il  s'agit de : demander, chercher et frapper. 

 

Demander. La prière du Notre Père est une longue prière de demande. Jésus nous dit ce qu'il faut demander : l'Esprit Saint qui nous guide vers la vérité tout entière. Avant de partir, il faut toujours demander son chemin pour être sûr d'arriver à destination. 

 

Chercher. La prière est aussi une recherche de Dieu. Il faut savoir trouver le chemin qui nous mène vers lui. La parole de Dieu contient beaucoup de panneaux indicateurs pour trouver la route qui conduit à la maison du Père. 

 

Frapper. Au terme du chemin, se trouve la maison du Père. On frappe à la porte pour y entrer. C'est un dernier acte de foi. Le Dieu d'amour ouvrira-t-il au pécheur que nous sommes ?

 

Prenons ce chemin de prière le plus souvent possible.

Amen.


Homélie du dimanche 21 juillet 2019

Après avoir parlé de l'amour du prochain avec la belle et célèbre parabole du Bon Samaritain et avant de parler de la prière, Luc nous raconte une petite anecdote familiale : le repas chez Marthe et Marie.

Essayons d'éclaircir la morale de cette histoire.

 

Beaucoup de choses ou une seule chose. Dans cette histoire, nous découvrons deux comportements, deux mentalités. Marthe a l'esprit rempli de beaucoup de choses : le nombre de convives, le nombre de plats, les temps de cuisson .... Elle a des chiffres plein la tête. A notre époque les chiffres ont pris une grande importance. On mesure bien des choses : les mécontents, le nombre de pas fait dans une journée, notre poids, la pollution..... Avec les chiffres, c'est la dispersion. On ne peut pas additionner des grammes et des kilomètres. La parole seule peut synthétiser les choses, donne un sens à toutes nos actions diverses et variées. Tout ces chiffres qui peuplent la tête de Marthe sont là pour un repas, pour servir Jésus. Le Sauveur le lui rappelle : une seule choses est nécessaire. 

 

La fête de Sainte Marthe. Le 29 juillet, nous fêterons Sainte Marthe. Dans notre calendrier liturgique, c'est la servante qui est à l'honneur et non la priante. On le comprend mieux, en lisant l'évangile de Jean. Après la mort de Lazare, Marthe vit dans l'espérance d'une action de Jésus. Marie est totalement effondrée. Son écoute de la parole du Sauveur n'est pas suffisante. Elle attend tout de lui. Elle est déçue qu'il n'ait pas empêcher son frère de mourir. C'est bien d'écouter la parole de Dieu, mais il faut entendre tout le message : celui d'amour et celui des commandements, de l'action. Il faut espérer et pour cela tenir compte du temps. 

 

Des chiffres et des lettres. On comprend qu'il faut combiner les chiffres et les lettres. Nous le faisons de deux manières :

  • le code de notre messagerie. Pour lire nos messages internet, il faut un code. Cela nous permet de lire les messages reçus et de publier des messages à nos correspondants. Dans la vie de prière, il faut la parole : un texte dit ou médité, et un chiffre : le temps passé en oraison. Il faut combiner les deux éléments.
  • le chant. Le chant est de la poésie rythmée. Les notes donnent la durée de la prononciation de la syllabe. Dans la prière, il faut faire chanter la parole de Dieu dans notre cœur ; il faut qu'elle résonne dans notre vie. 

Sachons prier et agir comme Jésus nous le demande.

Amen.


Homélie du dimanche 14 juillet 2019

"Va et fais de même" conclut Jésus à la fin de l'évangile que nous venons d'entendre. Il nous invite à imiter ce Samaritain charitable et plein de compassion. Mais il ne faut pas oublier l'aubergiste qui va continuer son œuvre. Nous avons là deux types d'entraide, deux types de secours. Et nous, où nous situons-nous ? Quels sont les caractéristiques de chacune des situations ?

 

Le Bon Samaritain et le secours d'urgence. 

  • Être en route. Le prêtre et le lévite sont par hasard sur cette route de Jéricho. Ce n'est pas le chemin habituel pour des hommes de la Judée qui sont au service du Temple. Le Samaritain est en route. Son voyage est programmé. Il connaît cette région. Pour rendre un service d'urgence, il faut s'y préparer matériellement et mentalement. 
  • La compassion. Le prêtre et le lévite, peut-être, n'ont-ils pas la force émotionnelle de voir cet homme blessé ? Peut-être ont-ils peur du sang ? Le Samaritain sait contrôler son émotion pour qu'elle devienne de la compassion. Dans le secours d'urgence, il faut regarder la situation avec réalisme pour bien agir, pour ne  pas paniquer.
  • Deux pièces d'argent. Le prêtre et le lévite sont peut-être sans huile et sans argent pour aider l'homme blessé. Le Samaritain aide avec son matériel et ses revenus. Il verse une partie des frais à l'aubergiste. Le travail d'urgence demande un investissement matériel et financier. 

L'aubergiste et l'accompagnement. 

  • Prendre soin. Dans la prolongation du service du Samaritain, l'aubergiste prend soin de l'homme blessé. La coopération est importante dans le secours aux personnes : les pompiers et les médecins de l'hôpital, le Secours Catholique et les assistantes sociales.
  • Je te le rendrai. Si le Samaritain a dépensé deux pièces, l'aubergiste doit aussi mettre de son argent dans le secours au blessé. Il le fait sans être sûr d'être remboursé. Tous ceux qui œuvrent dans l'humanitaire parlent de ce que cette activité leur apporte humainement. Ils passent au second plan l'aspect matériel, le temps que cela prend, la fatigue, les dépenses que cela engendre. Les hospitaliers de Lourdes partent avec les malades sur leur temps de vacances et paient eux-même leur hôtel et leur voyage. 
  • Quand je repasserai. Le Samaritain ne donne pas de date pour son retour. L'engagement est illimité. L'aubergiste va vivre cette attente de manière positive. Il sera pleinement pris par les soins au blessé. Un lien va se créer avec cet homme qui, pour l'instant, est un inconnu. Il va devenir un client, voire un ami.

Suivons l'un de ces deux exemples de charité.

Amen.


Homélie du dimanche 7 juillet 2019

Jésus envoie 72 disciples en mission. Après la mission des 12 en Galilée, c'est une seconde mission, plus importante et plus urgente, en Samarie. Jésus marchant vers Jérusalem traverse ce pays qu'il faut aussi informer de la venue du Royaume. Que retenir de cet épisode ?

 

Mission au milieu des loups. Cette mission est plus périlleuse. Déjà, un village a refusé de recevoir Jésus. Mais, il faudra bien compter sur l'hospitalité pour se nourrir et dormir. Il y a des loups dans ce pays de Samarie, mais aussi des gens bons et prêts à rendre service. 

Aujourd'hui, nous ne sommes plus au temps de la chrétienté ni au pays de chrétienté. Il y a toujours de brave gens, prêts  à donner un coup de main pour tel pardon ou pour bâtir la crèche. Comment allons nous vers eux : la boule au ventre ou avec la confiance que donne la foi ?

 

Nous avons chassé les démons. Cette mission plus périlleuse fut plus émouvante, plus spectaculaire. En plus des guérisons, les démons on été chassés. Dieu donne la force en fonction de la difficulté de la mission. Plus nous avons de responsabilités, plus Dieu nous soutient. En avons-nous conscience ?

 

J'ai vu Satan tombé du ciel. Oui, Jésus a eu une vision. Il a découvert se qui se passait sur la terre en regardant dans le ciel. C'est ce qui arrive à chaque sacrement où le geste et la parole posée sur terre accomplissent des merveilles dans les cieux. 

Jésus confirme la victoire sur le mal. Saint Paul, sur l'île de Malte, en a fait l'expérience. Il a survécu à la morsure d'un serpent, alors qu'il ramassait du bois pour faire un feu. Ce signe prodigieux a convaincu les habitants de cette île de la véracité de l'évangile. Et nous, avons-nous confiance que le mal ne peut pas nous atteindre dans notre corps ? Le mal peut venir de la tête comme la morsure du serpent, c'est-à-dire : des idées pernicieuses ;  ou de la queue, comme celle du scorpion, en flattant nos bas instincts. Soyons forts face à ces deux dangers. 

 

Soyons des missionnaires courageux.

Amen. 


Homélie du dimanche 30 juin 2019

Comme l'a rappelé notre évêque lors des ordinations, l'appel bouleverse la vie. Il évoquait cela car, cette année, un chanteur lyrique a été ordonné prêtre. Ce parcours - hors du commun - a suscité un bel article dans le journal Ouest France. Regardons aujourd'hui les trois bouleversements qui ont lieu du temps de Jésus pour les deux volontaires à devenir disciples et celui que le Sauveur a appelé lui-même.

 

Vie terrestre et vie céleste. Jésus répond à l'homme en indiquant que sa demeure n'est pas sur terre. Le suivre demande de quitter ce monde pour aller vers le Père. Comme Élie, Jésus va être enlevé vers le ciel. Il faut pouvoir le suivre jusqu'au bout. 

On cherche à s'insérer dans le monde, à réussir dans la vie, ses examens ou ses concours. C'est important pour le confort matériel. Il faut aussi entrer dans le ciel, aller dans la maison du Père. 

 

Plan de Dieu et plan de carrière. La réponse de Jésus est nette. Elle peut révolter. N'oublions pas la deuxième partie : annonce le règne de Dieu

Ce fils veut rester dans la tradition humaine. Jésus lui propose un monde nouveau. Nos projets sont bien ; ceux de Dieu sont mieux et pleins de surprises.

 

Évaluation ou relecture. Jésus invite à aller de l'avant. Ne pas regarder en arrière est la meilleur façon d'aller droit. 

De nos jours, tout est évalué et mesuré. Dans l'Église on fait des relectures. Il ne s'agit pas de s'enorgueillir de son action, mais de voir l'œuvre de Dieu dans nos vies. 

 

Marchons à la suite de Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 23 juin 2019 [Fête Dieu]

Nous fêtons dans la joie, la fête Dieu. L' évangile, choisi en ce dimanche, en cette année Saint Luc, est celui de la multiplication des pains. C'est un épisode spectaculaire de la vie de Jésus et qui s'est produit deux fois. Jésus multiplie les pains, mais il les rompt, il les fractionne. Pourquoi ce geste de partage, fait dans en temps pénurie, est-il pratiqué par le Sauveur en temps d'abondance ?

 

Un partage contagieux. Avec 5 pains, Jésus ne pouvait pas distribuer un pain à chacun des douze. Il fallait partager avec eux le peu de nourriture qui existait. Manger au même pain donne une dimension familiale. Les douze sont en communion avec Jésus. La foule est en communion : les uns avec les autres. 

Ce sont les douze qui distribuent ces morceaux de pain. Ceux-ci sont invités à donner à manger, eux aussi, par le signe du partage. La foule comprend aussi qu'elle doit entrer dans ce grand partager des biens matériels et spirituels. 

 

Un partage révélateur. En fractionnant le pain, on voit ce qu'il y a à l'intérieur : on voit la croûte et la mie. Jésus veut montrer ce qu'il y a dans son cœur ; ce qu'il au plus profond de son être. 

Rompre le pain en libère les saveurs et les odeurs. Elle est agréable l'odeur lorsqu'on coupe le pain qui sort du four. Cela donne envie de le manger tout entier. Nous sommes invités à goûter comme est bon le Seigneur.

 

Un partage économe. Les douze ramassent les morceaux. Il y a 12 paniers : un pour chacun. Ils sont partis, chacun avec sa réserve. Oui, nous partons de la messe avec des souvenirs de cette rencontre spirituelle, avec de l'émotion plein le cœur.

Le seigneur se donne par bouchée, par petit bout que nous pouvons avaler, que nous pouvons digérer. Soyons attentifs à ces petits riens qui n'ont rien de spectaculaire, mais qui nous font grandir. C'est à dose homéopathique que le Seigneur se donne ne nourriture. 

 

Rendons grâce pour le don de l'eucharistie.

Amen.


Homélie du dimanche 16 juin 2019 [Trinité]

En ce début du temps ordinaire, nous fêtons la Sainte Trinité représentée dans plusieurs de nos églises. Nous connaissons ce mystère par la révélation qu'en fait Jésus au long de son ministère. Aujourd'hui, nous avons entendu ce qu'il en dit dans son discours après la Cène. Que nous apprend-il ?

 

"Il vous guideras vers la vérité tout entière." Jésus nous présente le mystère de la trinité comme une vérité à découvrir. Cette vérité n'est pas une découverte intellectuelle, mais une écoute du message de Jésus. Ce message fut prononcé une première fois lors de sa prédication en Galilée. Il est transmis une seconde fois par l'Esprit Saint. C'est comme à l'université : il y a d'abord le cours magistral et, ensuite, le travail dirigé avec l'adjoint du professeur. Nous le savons : le diplôme ne suffit pas ; on connaît bien son métier après quelques années de travail en entreprise. 

On représente la Trinité de deux manières : la statue avec les trois personnes ou le triangle équilatéral avec trois cotés égaux. La statue nous invite à la contemplation. Le triangle à l'exploration. En effet, Jésus nous invite à entrer à l'intérieur de la vie trinitaire. Nous sommes inclus dans les échanges entre les personnes : ce qui est donné au Fils par le Père est transmis par l'Esprit.

 

"Il recevra ce qui vient de moi" On comprend bien que l'Esprit nous redit les paroles de Jésus ; mais il transmet plus que des mots. "Tout ce que possède le Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit : l'Esprit reçoit ce qui vient de moi." Tout passe par le Fils bien sûr. Mais nous recevons aussi quelque chose de son être. Nous sommes invités à être fils dans le Fils. 

Ainsi, comme Jésus, nous sommes envoyés par le Père et soutenu par l'Esprit. Être envoyé est un honneur ; c'est un privilège d'être les ambassadeurs du Père. Mais, nous ne sommes pas envoyés comme cela "au casse-pipe", largué dans la nature. L'Esprit nous soutient comme il a soutenu Jésus. 

 

Entrer dans la vie trinitaire.

Amen.


Homélie du du dimanche 9 juin 2019 [Pentecôte]

Nous fêtons dans la joie la Pentecôte. C'est le dernier jour du temps pascal.

En quoi la Pentecôte complète la fête de Pâques ?

En quoi la confirmation prolonge-t-elle le baptême ?

 

Événement personnel et événement ecclésial. Le jour de Pâques, Jésus apparaît à Pierre, à Jacques et aux deux disciples d'Emmaüs avant de se montrer aux autres Apôtres. Il se montre encore à Thomas, le courageux, qui ose sortir du cénacle où sont enfermés ses collègues apeurés. Il y a un caractère personnel de l'adhésion à la foi dans le mystère de la résurrection. 

A la Pentecôte, les Apôtres et les femmes sont réunis sur ordre de Jésus. C'est en Église qu'ils prient, tous ensemble. C'est un événement ecclésiale, collectif. L'Esprit se reçoit en groupe. 

Nous avons été baptisé souvent individuellement. Nous avons reçu la confirmation en Église. Ce sont les prêtres présents qui ont imposé les mains collectivement sur nous. 

Avant de faire une soudure, on rapproche les éléments à relier ensemble. Alors, on allume le chalumeau et on soude. C'est le feu de l'Esprit Saint qui unit durablement les chrétiens. La soudure se réalise en faisant fondre du métal au-dessus des éléments à relier. Ce métal en se refroidissant assemble les deux pièces. C'est l'Esprit qui permet au Christ de nous unir, comme le métal fondu unis deux tuyaux. 

 

Rempli d'Esprit Saint. Les Apôtres furent remplis de l'Esprit Saint... Avant de remplir une cruche fêlée, il faut la réparer. Pâques répare les Apôtres. Le baptême change notre cœur. Alors il est capable de recevoir le don de l'amour de Dieu.

Ceux qui sont uniquement baptisés sont comme ces belles et précieuses cruches qui décorent nos maisons. Elles restent vides sur une étagère ou dans une vitrine. Elles pourraient être dans une musée comme pièce d'antiquité. Les chrétiens confirmés sont les cruches qui sont encore utilisées pour servir l'eau aux convives. Comme les disciples ont reçu l'esprit Saint pour prêcher, nous devons accueillir l'Esprit Saint pour nous mettre au service de notre prochain.

 

Fêtons dans la joie la Pentecôte.

Amen.


Homélie du dimanche 2 juin 2019

L'évangile du jour se prête à prêcher une belle homélie sur la prière. Je pense que ceux qui sont ici ont déjà entendu moult exhortations à l'adoration et à l'action de grâce. Je préfère prendre un sujet plus original, mais d'actualité. Je vais vous résumer le message du pape pour la journée mondiale des moyens de communication sociale. Le saint Père nous parle des réseaux sociaux.

 

Les valeurs positives des réseaux sociaux. Je tiens a souligner, car je pense qu'on ne le fait pas assez, les valeurs positives des réseaux sociaux. Ceux-ci montre une réalité de notre vie : la multiplicité des parcours et des nœuds. Les chrétiens et les hommes ont tous des parcours différents. Il n' y a pas un plus beau que l'autre ou meilleur que l'autre. 

Notre vie est fait nombreux nœuds de contacts et de liens avec des personnes diverses.

Les réseaux impliquent la participation de tous sans hiérarchie. C'est quelque chose de plus universelle que les élections. Dans la prière du chapelet, il n'y a plus de hiérarchie, mais des croyants au parcours divers qui prient ensemble. 

 

Du réseau à la communauté. Les utilisateurs d'un réseaux forment une communauté. Elle a ses valeurs positives. 

  • L'écoute mutuelle et le dialogue. Internet est un lieu immense de dialogue. Il oblige le respect des autres. C'est un dialogue sans frontière qui permet de découvrir toutes les cultures. 
  • La solidarité. On partage ses joies et ses peines sur internet. Cela provoque aussi des actions solidaires matérialisées par les cagnottes en ligne. C'est impressionnant de voir des emplois sauvés par le web ou des secours financés par des internautes. La prière chrétienne aussi est solidaire.
  • Objectifs partagés. Les flash mobs se forment sur internet. Par capillarité, des personnes se ressemblent pour exécuter une chorégraphie dans un lieu donné. Des gens qui ne se connaissent pas vont partager un objectif commun. Le ciel sera le plus grand flash mob.

De la communauté au corps. Le pape souligne qu'il passe à l'étape suivante : celle du corps. Alors le web sera complément aire de la rencontre en chair et os. 

Le corps montre que communion et altérité fonctionnent bien ensemble.

 

Christianisons internet.

Amen.


Homélie de l'Ascension 2019

Jésus monte au ciel parmi les acclamations. C'est une grande fête pour nous. Les Apôtres se retrouvent dépourvus dans un premier temps à regarder le ciel. De retour au cénacle, la vie s'organise sans Jésus. Quels en sont les conséquences ?

 

La fidélité au message. Quand Jésus était avec ses disciples, ces derniers pouvaient à tout moment poser une questions. Après l'Ascension, les disciples ne peuvent que débattre entre eux de ce qu'est la vie chrétienne. Des débats plus ou moins houleux vont surgir dans l'Église. Par exemple, faut-il circoncire les païens qui deviennent chrétiens ?

 

Croire dans l'attente de l'Esprit Saint. Les Apôtres attendent l'Esprit Saint. Jésus n'a pas donné de date pour cet événement. La foi s'exprime aussi dans l'attente. Nous attendons plein de bienfaits de la part de Dieu. Ces promesses sont immenses, mais, pour l'instant, nous n'en n'avons reçus qu'une infime partie.

Il faut savoir - en attendant - vivre sans ces bienfaits promis. Il ne faut pas désespérer de les avoir un jour.

 

Croire en groupe. Les Apôtres sont restés ensemble. Certains dons de Dieu sont collectifs. Il faut se réunir pour les recevoir. La foi des uns soutient la foi des autres. C'est ce que permet une pyramide humaine. Montés les uns sur les autres on peut aller plus haut et voir plus loin. 

De nos jours, il est parfois difficile de croire dans la pertinence et dans l'efficacité des institutions humaines. La confiance en l'Église est fortement éprouvée. Heureusement les dons de Dieu savent aussi contournés les carences humaines. Les saints n'ont pas tous été formés par de saints parents ou des prêtres remarquables. 

 

Grandissons dans notre foi.

Amen.


Homélie du dimanche 26 mai 2019

Dans son discours après la Cène, Jésus annonce qu'il viendra demeurer en nous. C'est un grand bonheur de recevoir Jésus dans notre cœur par la communion. Il fait plus que passer : il fait sa demeure en nous.

 

Locataire. Jésus ne vient pas comme propriétaire. Il est locataire. Ce n'est ni une invasion ni une occupation illégale ni une confiscation. Le consentement est important. Jésus vient dans le cœur de ceux qui écoutent sa parole.

Le locataire ne peut pas tout transformer dans la maison. Il ne touche pas aux murs. Il ne s'occupe que de la décoration.

 

La décoration. Le locataire aménage sa maison a son goût. Il choisit les couleurs de la peinture ; les tableaux ou les posters qui décorent les murs ; les fleurs pour les vases. Une chambre d'enfant n'est pas décorée de la même manière qu'une chambre de parents. Jésus met dans le cœur des fidèles des images de la vie des personnages bibliques ou des saints. 

Les couleurs des murs qu'aime Jésus sont joyeuses et claires. Les fleurs sont renouvelées tous les jours, car les bienfaits de Dieu sont quotidiens.

La décoration est importante, mais aussi la musique qui est diffusée dans la maison. Jésus ne veut pas y mettre une musique triste, mais une musique pleine d'espérance : une musique qui donne le moral. 

 

L'entretient. Le locataire s'occupe de l'entretien de la maison. Il faut tous les jours faire le ménage pour enlever la poussière. Il faut changer les ampoules ou réparer un meuble. Oui, Jésus est celui qui restaure notre vie intérieure lorsqu'elle se dégrade.

 

Admirons l'œuvre de Dieu dans notre cœur.

Amen.


Homélie du dimanche 19 mai 2019

Nous entendons le début du discours de Jésus après la Cène. Il donne un commandement nouveau celui de l'amour du prochain. Comment notre amour est-il nouveau ?

 

Renouveler sans cesse notre amour. L'amour, nous le savons, n'est jamais une chose acquise. Il ne doit pas s'installer dans la routine. Il faut qu'il évolue, qu'il se renouvelle chaque jour. Il se renouvelle, car nous changeons et ceux que nous aimons évoluent. Notre amour s'adapte et évolue en fonction du temps. Il se transforme dans la durée.

Pour aimer, il faut trouver quelque chose d'aimable en l'autre. Le partenaire peut avoir des défauts et des limites, nous sommes attirés par ses qualités. En découvrant chaque jour un aspect de la personnalité de l'autre, notre amour sera chaque jour différent. 

 

Nouveau modèle d'amour. Jésus se présente comme la référence en matière d'amour. Il est celui qui donne sa vie pour les autres. Nous renouvelons notre amour en découvrant de plus en plus la personne de Jésus. En lisant l'évangile, nous voyons comment concrètement il a mis en œuvre l'amour du prochain envers la Samaritaine, Zachée ou Judas. 

Dans ce passage que nous venons d'entendre, nous pouvons voir, à mon avis, un exemple de l'amour du prochain. Judas vient de partir pour rejoindre les autorités juives en vue de l'arrestation de Jésus. Le Seigneur le sait et, pourtant, il ne parle pas de Judas en son absence. Il nous arrive parfois de dire du mal ou de critiquer une personne dès qu'elle a le dos tourné. Jésus ne l'a pas fait ce jour-là. Il a parlé d'autres choses. Il a parlé de ce qui concernait ceux qui étaient avec lui. Essayons de suivre cet exemple de Jésus.

 

Discours après la Cène. Le commandement nouveau est donné, est proclamé après l'institution de l'eucharistie. Cela correspond aussi à un discours d'adieu. Ce n'est pas un hasard si le commandement de l'amour est lié à la messe. Les deux choses se complètent. Nous communions au corps livré par amour. Nous recevons le corps de Jésus renouvelé par la résurrection. Dans une des bénédictions nuptiales, il est dit que la messe est le lieu pour renouveler l'amour conjugal. "Que [les époux] puissent toujours te rendre grâce, et viennent souvent renouveler leur alliance en communiant ensemble au corps ressuscité de Jésus-Christ." Mettons en pratique ce souhait de l'Église.

 

Que notre amour soit toujours nouveau.

Amen.


Homélie du dimanche 12 mai 2019

Après avoir entendu avec plaisir trois récits de manifestation de Jésus ressuscité, nous avons écouté une partie du discours de Jésus sur le Bon Pasteur. Il nous invite à la confiance, car dans sa main les brebis sont bien protégées. 

 

Dans la main de Jésus. Le bon pasteur porte les brebis. Il ne la met pas sur ses épaules. Il les tient dans sa main. Il ne les tient pas par les oreilles, comme pour le lapin, ou par la peau du cou comme pour un chat... lorsqu'on veut les capturer :  Jésus porte les brebis dans sa main. Dans sa main, les brebis peuvent marcher ; elles sont libres. 

La main de Jésus est grande. Elle permet aux brebis de pâturer en toute liberté. 

En portant ainsi dans sa main les brebis, Jésus les soulèvent, les élèvent. Il les tient en hauteur hors d'atteinte des prédateurs de toutes sortes. Oui, nous sommes soutenus par le Christ ; nous sommes valorisés par lui.

 

La main du Père. Les brebis sont dans la main de Jésus, mais elles sont aussi protégées par la main du Père. Comment comprendre cela ? On pourrait se dire, que la main de Jésus est dans la main du Père. Je pense que la main du Père est au-dessus de la main du Fils pour former une boule protectrice comme lorsqu'on veut attraper des mouches. C'est une coopération protectrice de Jésus et de son Père au profit des brebis. 

 

Ayons confiance dans le bon pasteur.

Amen.


Homélie du dimanche 5 mai 2019

En ce 3ème dimanche de Pâques, nous quittons Jérusalem où Jésus s'est manifesté à ses Apôtres. Nous nous trouvons en Galilée à une date imprécise. Jésus se manifeste encore une fois, non plus pour montrer qu'il est vivant, mais pour montrer qu'il pense à eux, qu'il ne les oublie pas.  Ce jour, la pêche fut bonne. C'est le symbole de la mission de l'Église. Quel poisson sommes-nous ?

 

Solitaire ou en groupe. Il existe une sociologie différente pour le déplacement des poissons. Certains se déplacent en solitaire d'autres en groupe.

Le solitaire est celui qui est assez grand pour se défendre personnellement. Il vit isolé au milieu des autres espèces. C'est possible pour le chrétien de vivre comme cela, mais il faut être fort dans son coeur et dans son âme Il y a les jeunes qui sont seuls à aller à la messe de leur école ou de leur collège. il faut leur rendre hommage. Il y a ceux qui sont seuls reconnus comme chrétien dans leur entreprise. Là, aussi il faut savoir défendre ses opinions.

Certains poissons préfèrent évoluer en groupe. Il y a les bandes de sardines ou de maquereaux. C'est plus confortable de se soutenir les uns les autres. Des chrétiens se retrouvent pour prier ou réfléchir ensemble sur leur foi. 

Enfin, certains poissons nagent à l'ombre d'un gros poisson. C'est le poisson pilote. Des chrétiens vivent leur foi dans le sillage d'un grand saint ou d'une grande spiritualité.

 

De surface ou d'eau profonde. Certains poissons nagent en surface. Ils ont besoins de beaucoup de lumière pour vivre. Des chrétiens aiment bien se rassemblés dans une église joyeuse et lumineuse. Ils sont très sensibles à la beauté de la liturgie et des chants. 

Il existe des poissons des profondeurs. Il vivent avec moins de lumière. Des chrétiens gardent la foi au moment sombre de leur vie ou de la vie de l'Eglise. Ils se nourrissent non de la beauté, mais de la fidélité et de la constance. 

Les poissons qui vivent dans les grands fonds marins supportent aussi la pression de l'eau qui est au-dessus d'eux. Certains chrétiens, ceux qui sont persécutés par exemple, supportent vaillamment l'oppression de sociétés hostiles à la foi ou au christianisme. Hommage à eux. 

 

Soyons des chrétiens heureux comme des poissons dans l'eau. Amen.


Homélie du dimanche 28 avril 2019

Jésus ressuscité se montre à ses Apôtres. Il envoie ses disciples en mission, comme il l'avait fait auparavant avant sa passion. Qu'est qui change ? 

 

Autonomie. La première fois, Jésus avait envoyé ses Apôtres dans les villes où il voulait passer. Ils étaient des précurseurs qui préparaient la rencontre du peuple avec le sauveur. Désormais, les disciples annoncent la bonne nouvelle de la résurrection et rassemblent les chrétiens en communauté. 

 

Pardon. La première fois, les Apôtres avaient le pouvoir de chasser les démons. Désormais, ils vont avoir le pouvoir de pardonner les péchés. C'est complémentaire. Les démons sont extérieurs. Le péché est un acte propre. 

Dans nos jardins, il faut arracher les mauvaises herbes pour que les légumes poussent bien. C'est un élément nuisible qui est extérieur à la plante. Il faut aussi lutter contre les maladies des légumes. Elles peuvent venir d'une piqûre d'insecte ou d'une bactérie qui se développe à cause de l'humidité. 

Vivons dans la joie pascale.

Amen.


Homélie du dimanche de Pâques 2019

C'est dans la joie que nous fêtons la résurrection de Jésus. C'est un grand mystère que nous célébrons. Personne n'a été témoin de ce retour à la vie. Que savons nous de ce qui s'est passé entre la mort de Jésus et le dimanche matin ? 

 

Le sabbat. Jésus est mort un vendredi et il a été mis au tombeau le vendredi, alors que déjà "brillaient les lumières du sabbat", nous dit Luc. Pendant, toute la journée du samedi, deux bougies ont éclairé les Apôtres ; c'est la lumière qui annonce les temps messianiques : la venue du Messie et de la résurrection des morts. La règle juive demande que se soit la femme du foyer qui allume ces deux lumières. C'est donc Marie, accueillie par Jean, qui a allumé ce signe plein d'espérance. 

Pendant ce jour de repos, Marie a sûrement pris le temps de raconter longuement et en détail la passion de Jésus aux Apôtres qui s'étaient tous enfuis. Elle l'a fait avec émotion, mais aussi dans l'espérance de la résurrection. Sa foi lui a permis de parler de la séparation de la mort. 

Les femmes n'ont pas profité de ce moment de repos. Elles ne pensaient qu'au corps de Jésus, trop vite mis au tombeau. Les lumières du sabbat ne furent pas pas un signe d'espérance pour ces femmes éplorées. Il nous arrive souvent que nos préoccupations nous éloigne de la liturgie que l'Église nous propose. 

Comment  nous avons-nous vécu cette journée de samedi ? Est-ce dans l'espérance de Marie ou dans les soucis des femmes. 

 

Que faisait Jésus ? Le corps de Jésus a été déposé dans le tombeau ; son âme est partie pour le séjour des morts. Là, il a rencontré tous les défunts : depuis Adam jusqu'au bon larron. Là, on ne sait pas comment, il a, nous dit Saint Pierre, prêcher aux défunts. Il a réveillé leur espérance et a annoncé que les temps étaient accomplis. Il les a préparé à rencontrer le Père et à entrer dans le paradis. Pour cela, comme il l'a fait durant son ministère, il leur pardonné leur péché. Puis, au moment fixé par Dieu, les portes du paradis se sont ouvertes et tous sont entrés dans la joie du Père. 

 

La résurrection. Marie, mère de Jésus, n'est pas au tombeau le dimanche matin. Elle sait, depuis les noces de Cana, que les choses arrivent à leur heure. Il faut savoir attendre. Elle ne verra son fils que le soir, lorsqu'il se présentera aux Apôtres. Les femmes, elles, veulent voir le corps de Jésus tout de suite. Elles avaient oublié qu'il avait une âme.

Jésus est vivant. Cela veut dire que son corps et son âme sont de nouveau réunis. L'âme de Jésus, avec la permission de Dieu, a rejoint le corps resté au tombeau. Mais nous le savons, ce n'est pas un simple retour à la vie, comme pour Lazare. Jésus est vivant, pour toujours vivant. Son corps est éternel. 

Donc on peut dire que Jésus a un nouveau corps. Un corps définitif. On peut le comprendre en pensant à nos dents. Nous avons des dents de lait qui sont provisoires. En grandissant, les dents définitives poussent et remplacent les dents de l'enfance. Oui, nous avons en nous une semence d'éternité.

Ce n'est pas un retour à la vie mais une nouvelle vie. Ce corps a des caractéristiques que nous n'avons pas. Il passe à travers les murs. Il se rend visible a volonté. On pourrait dire que ce corps à les mêmes propriétés qu'un esprit. 

Nous le comprenons : si le corps de Jésus a touché beaucoup de malades pour les guérir, son âme est particulièrement active dans le mystère de la résurrection.

 

Âme du Christ sanctifie moi.

Amen.


Homélie du Jeudi Saint 2019

Dans cet évangile de Jean, Jésus donne un exemple à ses Apôtres. Il leur demande de faire de même. Pour s'en souvenir, chaque année nous relisons cet évangile et, liturgiquement, nous refaisons le geste du Sauveur.

 

Ce souvenir suffit-il pour nous mettre au service des autres ? Malheureusement, non. Nous faisons cette triste expérience et ce constat désolant que nous oublions parfois ou souvent cette consigne de Jésus. On reste dans sa chambre lorsqu'il faut mettre le couvert, on reste dans fauteuil lorsqu'il faut s'engager dans une association.

 

Jésus ne nous laisse pas qu'un souvenir : il nous laisse son corps livré pour nous. Pour faire comme Jésus, il faut plus qu'un commandement, il faut que l'esprit de Jésus soit en nous. Cet esprit de service nous le recevons à chaque communion, lorsque l'amour fait chair vient dans notre cœur. Dans l'eucharistie, nous recevons toute la personne de Jésus : son corps, son esprit, son âme et son cœur. Venant en notre personne, il peut diriger notre existence vers le bien. 

 

Que notre communion nous aide à servir nos frères.

Amen. 


Homélie du dimanche 14 avril 2019

Luc nous montre l'universalité du salut dans le récit de la passion. On le remarque par la mention de deux personnages absents chez les autres évangélistes.

 

La femme de Pilate. Elle fait un mauvais rêve. Chez les Romains, les rêves avaient beaucoup d'importance et beaucoup de signification. Ce rêve souligne l'innocence de Jésus. Dans le monde païen et romain, certains ont  été sensibles à la vie de Jésus. Cet épisode est complété par la réaction du centurion après la mort de Jésus : "Celui-ci était vraiment fils de Dieu". Vous remarquerez au passage que le verbe est au passé. C'est un fils de Dieu mortel que voit ce soldat.

 

Le bon larron. Jésus promet le paradis à cet homme qui reconnaît en Jésus un homme juste. Le paradis est promis pour aujourd'hui, est promis avant sa mort et sa résurrection. C'est une preuve de la grande confiance du Sauveur en son sort final. C'est aussi une grande miséricorde : le salut est donné aujourd'hui pour un pécheur. L'entrée du paradis ne souffre apparemment d'aucun retard, d'aucun délais. 

 

Croyons au salut en Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 7 avril 2019

Nous avons entendu le bouleversant récit de la femme adultère. Jésus montre toute la miséricorde de Dieu et sa volonté de salut. Essayons de comprendre son enseignement. 

 

La passivité de la femme. La femme est conduite, avec plus ou moins d'égard, devant Jésus par ses accusateurs. Elle subie cette situation. 

Jésus ne s'adresse à elle que lorsque tout le monde est parti. La réponse de la femme est brève : elle constate que tous sont partis. Elle ne remercie pas. Elle ne demande pas pardon. Elle ne dit pas sa foi. Jésus ne la pardonne pas, mais fait le minimum : il ne la condamne pas. 

C'est gratuitement que Jésus fait ce geste. Il ouvre une porte de salut.

La femme l'a-t-elle franchie ? Nous ne le savons pas.

Va-t-elle cesser de péché ? Nous ne le savons pas non plus. 

Tous les hommes non baptisés et non croyants sont dans la même situation que cette femme. Ils ne sont pas condamnés, mais ils ne sont pas pardonnés. Nous, chrétiens, avons été pardonnés par le baptême. C'est une chance. Nous péchons toujours de pécher. Ce qui a changé, c'est peut-être la gravité de nos fautes.

 

Qui suis-je pour juger ? Cette histoire me fait penser à cette phrase célèbre du pape François : qui suis-je pour juger ? Les accusateurs s'en vont les uns après les autres et épargnent la vie de cette femme. Nous sommes tous invités à ne pas juger, à ne pas nous mettre au-dessus des autres. Pendant que les accusateurs restent debout autour de cette femme, Jésus s'abaisse pour écrire sur le sol. Il ne la regarde pas de haut, il se met à sa hauteur.

Ne pas juger, c'est aussi comprendre la détresse du pécheur. Oui, nous pensons que Jésus a eu pitié de cette femme. Son humiliation publique a été une leçon suffisante pour ne plus pécher. Une remontrance à nos enfants est suffisante ;nous n'avons pas besoin de les frapper.

 

Dieu ne punit pas ? Jésus par son geste nous parle de son Père. Avec Jésus, Dieu ne punit plus. Plusieurs punitions sont racontées dans la Bible sans que les hommes ne cessent de faire du mal. Il y a d'abord la confusion des langues après la construction de la tour de Babel. Il y a le déluge qui punit, sans succès, la violence des hommes. Il y a la déportation à Babylone. A chaque fois, la leçon n'a pas été comprise par tous. Le mal a continué a être fait sur la terre.

De nos jours, la loi morale, telle qu'elle est comprise par l'Église, a perdu en grande partie de sa force. Elle n'est plus soutenue par la force de la loi civile. Certains le regrettent fortement pour l'avortement ou pour la procréation médicalement assistée. Presque personne ne le regrette pour l'adultère, le divorce et encore moins pour le blasphème. - C'est pour cela que Jésus a été condamné par les Juifs et crucifié par les Romains. - Au contraire, on trouve obsolètes les législations où le blasphème est puni par la mort. On trouve que la liberté de conscience est violée. Nous le savons bien : cette loi contre le blasphème sert de persécution contre les autres croyants. Des chrétiens en subissent la rigueur et cela nous révolte. Dans ce cas, la dissociation de la loi religieuse et morale de la loi civile est perçue comme une bonne chose, comme une législation qui respecte les croyances et les opinions de tous. La question que je me pose pour la situation française est la suivante : devons-nous reconnaître cette même liberté de conscience pour ceux qui ne voient pas l'avortement comme un meurtre ou la procréation médicalement assistée comme une atteinte à la dignité humaine ? La Loi morale a-t-elle besoin de la force de la civile pour s'imposer ?

 

Soyons miséricordieux comme Dieu est miséricordieux.

Amen.


Homélie du dimanche 31 mars 2019

Après la parabole du figuier, nous entendons aujourd'hui la parabole du fils prodigue. En ce dimanche, ce beau récit apporte de la joie. 

 

Le chemin du retour. Comme ce chemin du retour a dû être long pour le fils prodigue ! Il est sans doute parti à cheval ou en char vers ce pays lointain. Maintenant, il revient à pied et il est mal chaussé.

Comme il nous paraît loin le chemin spirituel, psychologique et physique qui nous conduit au confessionnal ! Nous ne voyons pas que le Seigneur accourt vers nous comme dans cette belle parabole. C'est Dieu qui parcourt la plus grande distance ; lui, qui descend du ciel et qui nous rejoint dans notre misère. Réjouissons que le Seigneur puisse courir ainsi vers nous !

 

Vite. Dans ce beau récit, nous voyons la précipitation du père. Il court. il presse ses serviteurs. Il faut tout faire rapidement. Il a attendu trop longtemps. Il ne veut pas que cette situation perdure.

Comme il est rapide le temps de l'absolution ! Même si, comme le fils prodigue, nous n'avons pas tout dit dans la confession, tout est pardonné, tout est absout. D'un coup nous sommes déchargés d'un poids et d'un fardeau. Le mal est réparé avant même que nous ayons travaillé. Comme le fils prodigue, nous retrouvons la fortune sans aucun effort.

Réjouissons, car le Seigneur nous enrichit sans cesse de sa miséricorde !

 

Le plus beau vêtement. A qui appartient le plus beau vêtement ? Cela n'est pas dit dans la parabole. Sûrement pas à un ouvrier ni un serviteur ; encore moins au fils aîné. C'est le vêtement du père.

Dans la confession, le Seigneur nous habille de nouveau de sa gloire. A nouveau nous retrouvons la ressemblance avec notre Créateur.

Réjouissons-nous que le Seigneur nous habille de sa lumière ! 

 

Soyons dans la joie du pardon que le Seigneur nous offre.

Amen.


Homélie du dimanche 24 mars 2019

Cette année, nous lisons principalement l'évangile de Luc. En particulier, nous découvrons, durant les trois dimanches qui viennent, la miséricorde divine avec la parabole du figuier, la parabole du fils prodigue et l'épisode de la femme adultère. Que découvrons nous aujourd'hui de  la miséricorde de Dieu ?

 

Trois ans sans fruit. Ce chiffre n'est pas choisi au hasard. Il correspond étrangement au nombre d'année du ministère de Jésus. Pendant trois ans, il a prêché et accomplit des miracles en Judée et en Galilée. Lorsqu'il regarde le fruit de son ministère, il trouve le bilan très mince. Les foules, qui venaient nombreuses les premiers mois, ne sont plus là. Les uns après les autres, les gens sont partis à cause d'une parole ou d'un geste qui les a heurtés ou choqués. 

Pour autant, Jésus ne se décourage pas. Il veut encore sauver cet arbre de la destruction. Il veut bêcher et mettre du fumier dans la terre. Cette œuvre, nous le comprenons, est celle de la passion et de la résurrection qui va donner un nouvel élan à l'œuvre de salut. 

 

Un figuier dans une vigne. La figure de la vigne est courante dans la Bible pour parler du peuple de Dieu. On comprend la valeur de cette image : les croyants sont comme des ceps de vigne plantés sur le coteau. L'image du figuier est plus rare. Ce qu'il faut noter c'est que le figuier est seul dans une parcelle rempli de pieds de vigne. Le vigneron veut tout faire pour sauver cet arbre unique.

Oui, Jésus, lui aussi, veut tout faire pour sauver les hommes dans leur ensemble, mais aussi chacun d'entre nous. Jésus aurait vécu sa passion même s'il y avait eu qu'un seul homme a sauvé, même s'il y avait eu qu'un pécheur et que des justes. Jésus est mort pour moi seul. C'est ce que nous rappelle la pratique du chemin de croix. 

 

Bêcher et mettre du fumier. Le vigneron a bien vu la cause de la stérilité du figuier. Cet arbre n'est pas malade, mais il donne des feuilles et pas de fruits. Il garde pour lui ce qu'il reçoit de la terre et de la pluie. Il faut qu'il passe de cette attitude égocentrique à l'altruisme.

La stérilité vient des racines. C'est la terre qu'il faut remuer et qu'il faut enrichir. 

Oui, Jésus veut nous sauver en profondeur. Il veut prendre le mal à la racine. Il veut nous permettre de donner le meilleur de nous-même. C'est notre cœur qu'il faut remuer ; c'est notre cœur qu'il faut enrichir. C'est le but de nos démarches de pénitence : le jeûne, les célébrations pénitentielles et le sacrement du pardon.

 

Découvrons encore plus la miséricorde de Dieu.

Amen. 


Homélie du dimanche 17 mars 2019

Après les tentations au désert, nous lisons aujourd'hui la Transfiguration. Après avoir renoncer au mal, nous confessons la divinité de Jésus. Je voudrais réfléchir sur les personnages qui se manifestent avec le sauveur : Moïse et Élie. Beaucoup de commentateurs ont souligné que Moïse représentait la Loi et Élie les Prophètes. Mais il faut remarquer que celui qui est choisi n'est pas parmi les 4 grands et les 12 prophètes qui ont laissé des oracles dans la Bible. Qui y a t-il de commun entre Moïse et Élie ?

 

La montagne. Moïse est monté sur le Sinaï pour recevoir les tables de la Loi. Élie est parti au mont Carmel pour défier les faux prophètes de son temps. Oui, la montagne fut un lieu de vérité et d'épreuve pour le peuple. Au temps de l'Exode, le peuple s'est impatienté et a fondu le veau d'or. Au temps d'Élie, le peuple fut mis au défi de faire brûler un holocauste. 

A la Transfiguration, la foi des apôtres est mis à l'épreuve. Pierre ne sait plus quoi dire. Il est silencieux; il veut garder cette vison lumineuse et a peur de l'ombre de la nuée. Deux aspects de Jésus et de notre vie chrétienne a tenir ensemble. 

 

Le départ. Moïse et Élie parle avec Jésus de son départ à Jérusalem. Ils sont tous les deux partis, non comme Abraham, mais ils ont quitté tout de même un lieu. Moïse a quitté l'Égypte la terre d'esclavage. Élie a quitté la terre pour être enlevé au ciel. Il y a ces deux aspects dans le départ de Jésus. Il part, obéit, il se fait l'esclave de tous pour libérer les autres, comme Moïse revient en Égypte pour sauver ses frères. Le départ de Jésus comme celui d'Élie est un départ vers le Ciel, vers la Maison du Père.

 

L'avant et l'après le départ. La libération d'Égypte se fait après la dixième plaie, après la mort des premiers nés. Jésus est un premier né. Sa mort est le prélude de la liberté. Après le départ d'Élie, Élisée récupère son manteau. Il devient prophète à son tour. 

Il faut accepter la douleur de la mort de Jésus pour accéder au don de l'Esprit. Il faut laisser partir Élie et Moïse pour les rejoindre un jour au Ciel.

 

Entrons totalement dans le mystère de Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 10 mars 2019

Jésus est poussé par l'Esprit Saint dans le désert pour être tenté. Il est vainqueur du démon. Affaibli physiquement, il est plus fort spirituellement. Cet épisode nous démontre la nécessité de passer par le jeûne pour grandir dans notre foi. Découvrons les avantages du jeûne.

 

Éliminer les toxines. De nos jours, certains jeûnent non pas dans une démarche religieuse, mais pour être en meilleur santé. Ils disent qu'ainsi ils éliminent les toxines de leur corps. Des médecins ont fait des recherches dans ce sens et ils ont découvert que le manque de nourriture provoque une réaction de survie qui renforce les défenses de l'organisme. 

Nous devons en ce temps éliminer les toxines de notre cœur, de notre esprit et de notre âme. Les rancœurs, le mauvais esprit, la colère, la jalousie, les déceptions, les fake news doivent disparaître de notre vie. alors, se développeront d'autres forces en nous.

Le jeûne peut s'étendre à certaines émissions de télévision ou de radio, à certains sites internet qui nous encombrent l'esprit et mangent notre temps inutilement.

Un esprit fort dans un corps affaibli. Jésus met sa force dans la parole de Dieu, dans son lien à son Père. Son esprit est renforcé dans ce face à face avec lui-même. Il a quitté sa maison et sa mère pour être plus proche de son Père du Ciel.

Les sportifs ont besoin de se muscler. Il faut aussi être fort mentalement. Les joueurs du PSG ont perdu mercredi dernier face à Manchester, car ils étaient trop fébriles pour réussir leurs passes et leurs attaques. Dominateurs, ils n'ont pas su profiter de leur possession de balle.

En ce carême, il faut être fort dans notre détermination à tenir nos engagements. Il faut être fort pour mieux servir les autres.

 

La puits dans le désert. Jésus a jeûné pendant 40 jours. Il a bu, il s'est hydraté tous les jours. Il vivait sans doute près d'un puits comme il en existe en plein milieu des déserts.

Dans les déserts, nous trouvons quelques arbres qui savent chercher l'eau en développant de grandes racines. C'est au fond de nous-même que se trouve cette eau jaillissante promise par Jésus. Ne restons pas à la surface des choses. Entrons en nous-mêmes en ce temps de carême pour découvrir inscrit dans notre cœur l'amour de Dieu.

 

Faisons de notre jeûne une force.

Amen.


Homélie du dimanche 3 mars 2019

Nous poursuivons la découverte du discours de Jésus dans la plaine. Dans ce passage que nous venons d'entendre, plusieurs comparaisons sont utilisées. Reprenons, aujourd'hui, celle des bons fruits. Cette parabole nous est utile pour évaluer notre comportement, mais aussi regarder, avec miséricorde, ceux de notre entourage qui ont du mal à produire du bon fruit.

 

Les épines et les ronces. Jésus constate que la vigne et le figuier, dont nous apprécions les fruits à l'automne, n'ont pas d'épines. Dans ce passage, il ne dit pas que les plantes à épines ne donnent pas de fruits, mais que la vigne et le figuier n'ont pas d'épines. Nous le savons : les ronces donnent des mûres, pour les confitures, et les épines donnent des baies qui servent, en Vendée, à fabriquer la trouspinette. Ces plantes sont sur la défensive, tandis que la vigne et le figuier offrent sans difficulté et sans crainte leurs fruits. Jésus nous invite donc être accueillants envers tous pour offrir le meilleur de nous-mêmes.

Lorsqu'on est sur la défensive, nous parlons peu, nous allons difficilement faire des compliments et nous allons, en traînant des pieds, vers les autres pour engager une conversation.

Les épines poussent dans des milieux hostiles. C'est dans le désert que nous trouvons les acacias et les cactus. Malheureusement, certains ayant vécu dans un milieu violent ont un langage vif et brusque. Sachons aussi apaisé par nos paroles ceux qui ont grandi dans un milieu violent.

 

Les bons arbres et les arbres pourris. Un fruit pourri peut se trouver sur un bon arbre, comme sur un arbre pourri. Pourquoi on ne trouve-t-on pas de fruits pourris sur les bons arbres, comme le dit Jésus ? C'est qu'il ont été cueillis avant de pourrir. Les raisins qui restent à pourrir sont ceux des vignes isolées. Dans les vergers, les producteurs surveillent les fruits pour les cueillir à maturité. Dans les vignes, les vendangeurs ramassent les raisins en bonne santé. L'isolement fait des ravages chez les gens. Les personnes ruminent leur solitude et plus rien de bon ne sort de leur cœur. Certains s'isolent et entre dans un chemin de misanthropie.

Pourquoi les arbres pourrissent ? Une branche d'arbre qui casse ou un pic vert qui picore l'écorce met à l'air libre l'aubier, le cœur de l'arbre. Les champignons ou les parasites s'installent dans cette blessure et l'arbre pourrit lentement, mais sûrement. Oui, tant de personnes blessées n'ayant pas su ou pas pu guérir leurs blessures, alors, le ressentiment ou la jalousie s'est installée en eux. Avec le temps, les choses se sont aggravées. Ils disent facilement des paroles désagréables. Demandons au Seigneur de guérir les cœurs blessés. 

 

Donner de bons fruits. Un fruit est composé de trois éléments. Ces trois composants doivent se trouver dans notre langage, dans nos paroles. Il faut que le fruit ait de la chair ; il faut qu'il soit charnu. Un fruit cultivé artificiellement, comme les fraises que l'on vend en février dans certains magasins, ont goût d'eau. Nos paroles et nos conversations doivent avoir un contenu qui apporte quelque chose aux autres. Ne parlons jamais pour ne rien dire. 

Le fruit doit avoir un noyau ou des pépins. Nos paroles doivent pouvoir porter du fruit, être fécondes. Un conseil peut être utile à la personne qui l'entend mais aussi va pouvoir se répandre et faire le bien à de nombreuses personnes.

Enfin, le fruit est enveloppé d'une peau. Il ne faut pas négliger et mépriser l'enveloppe de nos paroles. Cela va du ton que nous prenons pour s'adresser à quelqu'un jusqu'au gestes qui accompagnent nos propos. Un merci prend tout son sens s'il est dit avec le sourire. Il a moins de valeur lorsqu'il est  murmuré entre les dents. 

 

Portons de bons fruits.

Amen


Homélie du dimanche 24 février 2019

Jésus poursuit son discours dans la plaine. Il invite à ne pas juger. Analysons cette demande en profondeur.

 

Vous ne serez pas jugé. Jésus parle d'un jugement divin. Il aura lieu à la fin de notre vie. Il y a plusieurs sortes de juges.  Dans quelle catégorie plaçons-nous Dieu ?

  • Dieu est-il comme un homme de loi qui sanctionne toutes les infractions en appliquant le code pénal ?
  • ou Dieu est-il comme un juge pour enfant qui sait comprendre la faiblesse humaine ?
  • ou Dieu est-il comme un juge arbitre de sport qui évalue les figures réussies avec leur niveau de difficulté et les figures moins bien réussies, pour donner, au final, une note globale ?
  • ou Dieu est-il un père qui sait aime ses enfants quoi qu'il arrive, mais sait les punir avec douceur lorsqu'ils ont un comportement désagréable ?

Ne pas jugé. Jésus nous demande de ne pas juger les personnes et surtout de ne pas les condamner. C'est une mesure de prudence. Nous ne connaissons pas les circonstances de leurs actes. 

Ne pas juger, c'est d'abord ne pas coller une étiquette. Commettre un vol ne fait pas de la personne un voleur à vie. Les étiquettes enferment les personnes dans un rôle ou un personnage. 

Jésus nous demande de ne pas juger les personnes, mais aussi, je pense, la société. On lui donne facilement des qualificatifs péjoratifs : société individualiste, société de consommation, société relativiste. Tout l'art de l'exercice est de dénoncer les dérives et les abus, parfois collectifs, sans juger la société. L'Église sait le faire pour elle-même : elle dénonce les abus de certains clercs, tout en montrant la beauté de l'Église. Je ne suis pas sûr qu'elle fasse toujours le même exercice impartial pour le monde politique, social et économique. 

 

Ne jugeons jamais.

Amen.

 

Homélie du dimanche 17 février 2019

Nous avons entendu le premier discours de Jésus. Il parle du bonheur de vivre la pauvreté. Dans une société d'abondance, son message est toujours pertinent. Voyons, en prenant trois exemples, comment cet évangile résonne dans la société contemporaine.

 

Les Béatitudes vécues à Abu Dhabi. Le pape François a fait un voyage historique dans la péninsule arabique. Lors de la messe, il a lu l'évangile des Béatitudes devant une assemblée de 150.000 chrétiens vivant au milieu de musulmans. Il a parlé à une foule de travailleurs, souvent pauvres, dans un pays ou règne la prospérité pour les élites. Il a rencontré des croyants de divers peuples et nations. 

"Vivre en bienheureux et suivre la voie de Jésus ne signifie pas toutefois être toujours dans l'allégresse", dit le pape. 

Le pape ajoute : "Vivre les Béatitudes ne demande pas des gestes éclatants. Regardons Jésus : il n'a rien laissé d'écrit ; il n'a rien construit d'imposant. Et lorsqu'il a dit comment vivre, il ne nous a pas demandé d'élever de grandes œuvres ou de nous signaler en accomplissant des gestes extraordinaires. Il nous a demandé de réaliser une seule œuvre d'art, possible pour tous : celle de notre vie. .... Celui qui  vit [les Béatitudes] selon Jésus rend propre le monde. Il est comme un arbre qui, même en terre aride, absorbe chaque jour de l'air pollué et le restitue oxygéné. Je vous souhaite d'être ainsi, bien enraciné en Christ et prêts à faire le bien à quiconque vous est proche. Que vos communautés soient des oasis de paix."

 

Aux gilets jaunes. Il est difficile de proclamer cet évangile à ceux qui manifeste pour défendre leur pouvoir d'achat. Il est compliqué de dire heureux les pauvres à ceux qui ont du mal a bouclé leur fin de mois. Pourtant, il y a 100 ans les gens n'avaient pas à manger tous les jours, mais étaient heureux. 

Le pape, dans son encyclique sur l'écologie [Laudato Si], invite à la sobriété heureuse. Cette expression me trotte dans la tête depuis le début des événements. Le pape écrit : « La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété et une capacité de jouir avec peu. C’est un retour à la simplicité qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas. [...] La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. [...] On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d‘apprécier d‘autres plaisirs et qu'on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l‘art, dans le contact avec la nature, dans la prière. Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu'offre la vie. »

Et  le pape ajoute : « Par ailleurs aucune personne ne peut mûrir dans une sobriété heureuse, sans être en paix avec elle-même. »

 

Découvrons la sobriété heureuse.

Amen.


Homélie du dimanche 10 février 2019

Dans cet évangile, Luc nous raconte, à sa manière, le recrutement  de Pierre comme Apôtre. Cela se passe après une prédication devant une grande foule, une foule dont on ne connaît pas l'origine. Là encore, Luc est dans le symbolique et non dans le récit chronologique comme Marc. Décortiquons plusieurs symboles de ce récit.

 

Une barque. Pour parler à la foule, Jésus a besoin d'une barque. Il peut, de la mer, parler à la foule qui est sur le rivage. Cette disposition est proche celle d'un théâtre. 

Le premier contact entre Pierre et Jésus se fait pour un service matériel, pour le  prêt d'une barque. Pierre n'a pas été choisi pour ses compétences, mais parce qu'il était propriétaire d'un bateau. Le hasard tombe sur lui.

Dans les paroisses, nous recrutons des personnes, parfois éloignée de l'Église, pour un coup de main matériel. Il faut trouver un chauffeur pour conduire une personne à une réunion ou un cuisinier pour le bol de riz. Certains restent à ce niveau de service. D'autres, de fils en aiguilles, prennent des responsabilités plus grandes. 

 

Le faire et l'être. Pierre, à la demande de Jésus, pêche du poisson. Il fait un geste qu'il a souvent fait. Cette fois-ci, il est touché dans son être. Il se découvre pécheur sans qu'il ait fait une nouvelle faute.

Certaines actions nous touchent au plus profond de nous-même. Alors, elles nous permettent de progresser. Ce n'est pas seulement un travail ou un service que l'on rend aux autres, mais aussi un service qui nous fait grandir, qui nous fait progresser.

 

Un chef d'équipe. Jésus recrute Pierre. C'est à lui seul qu'il s'adresse : "Tu prendras des hommes". Pourtant, les autres pêcheurs laissent aussi leur barque et leurs filets et suivent le Sauveur. Dans la paroisse, il est important de vivre le service dans un esprit d'équipe. 

L'équipe de Pierre va pêcher des hommes. Elle le fera pour le bien de l'humanité. En paroisse, les équipes ne servent pas le curé, mais les paroissiens. C'est une différence importante. Les curés changent, mais les paroissiens sont plus stables. Être au service du curé, c'est s'appuyer sur ses compétences. Elles sont forcément limitées. Être au service des paroissiens permet de s'appuyer sur les compétences de chaque membres du groupe. Les compétences sont alors plus variées et plus nombreuses.

 

Ayons l'esprit d'équipe.

Amen. 


Homélie du dimanche 3 février 2019

Nous voyons dans cet évangile les réactions négatives des habitants de Nazareth. Elles peuvent être aussi les nôtres. Je vais m'inspirer aujourd'hui de l'homélie du pape François à Panama lors des dernière Journées Mondiales de la Jeunesse.

 

Croire en un Dieu concret. Les habitants de Nazareth n'ont pas cru en Jésus. Le pape poursuit : "Il peut se passer aussi la même chose pour nous. Nous ne croyons pas toujours que Dieu peut être si concret et si quotidien, si proche et si réel, et encore moins qu'il se rend si présent et agissant à travers une personne connue, comme peut l'être un voisin, un ami, un parent. Nous ne croyons pas toujours que le Seigneur peut nous inviter à travailler et à nous salir les mains avec lui pour son Royaume, de manière si simple, mais si forte. Il en coûte d'accepter que l'amour divin devient concret et presque tangible dans l'histoire avec tous ses événements amers et glorieux."

 

Croire en un Dieu proche. Le pape poursuit : "De nombreuses fois nous nous comportons comme les voisins de Nazareth, quand nous préférons un Dieu à distance : beau, bon, généreux, bien décrit, mais à distance et, surtout, qui ne gène pas, un Dieu "apprivoisé". Car un Dieu ami et frère, nous demande de tirer les enseignements en termes de proximité, de vie quotidienne et surtout de fraternité. Il n'a pas voulu se manifester de manière angélique ou spectaculaire, mais il a voulu nous offrir un visage fraternel, amical, concret, familier."

 

L'heure des jeunes. Le pape fini en parlant de la jeunesse : " On aime dire  [au jeunes] "vous êtes l'avenir  ...." Non [les jeunes] sont le présent ! ..... Comme si être jeune était synonyme de salle d'attente de celui qui attend son heure et n'a rien à voir avec le présent. Et dans l'"entre-temps" nous vous inventons ou vous vous inventez un avenir hygiéniquement bien emballé et sans conséquences, bien armé et garanti, et avec tout "bien assuré". Nous ne voulons pas un avenir de laboratoire ! C'est la "fiction" de la joie, non la joie de l'aujourd'hui, du concret, de l'amour. Et ainsi avec cette fiction de la joie nous vous "tranquillisons", nous vous endormons, pour que vous ne fassiez pas de bruit, pour que vous ne dérangiez pas trop, pour que vous ne posiez pas de question  à vous-même et à nous, pour que vous ne vous remettiez pas en question vous et nous; et dans cet entre temps, vos rêves perdent de la hauteur, deviennent rampants, commencent à s'assoupir et sont des illusions, mesquines et tristes."

 

Soyons à l'heure de Dieu.

Amen.


Homélie du dimanche 27 janvier 2019

Nous découvrons aujourd'hui, Jésus prêchant à la synagogue de Nazareth où il a grandi. C'est une chose qu'il a fait souvent durant son ministère public. Nous avons la chance d'avoir le récit de sa prédication, un résumé puisque nous avons qu'une seule phrase en ce dimanche. Cette affirmation en dit long sur le rapport de Jésus à l'Écriture. C'est l'objet de cette homélie. 

 

"Jésus trouva le passage où il est écrit". Jésus a devant les yeux les mots de Dieu, les mots de la Révélation. Ces mots vont passé de l'écrit à l'orale. Il va les faire vivre, il va les faire sien. Lorsque nous lisons la Bible, il faut que la parole de Dieu soit assimilée pour transformer notre esprit et notre cœur. 

Pour que ce message passe bien auprès des auditeurs, des fidèles, il faut trouver le ton juste et la bonne interprétation du texte. Il faut montrer que ses mots sont des mots d'amour et de tendresse et non des paroles de jugement ou de reproche.

 

Jésus a lu le texte d'Isaïe en Hébreux. Le premier testament est écrit en Hébreux. La grammaire de cette belle a beaucoup de sens pour Jésus. Il n'existe pas dans cette langue de passé, de présent et de futur. Il a deux modes l'accompli et l'inaccompli. Ce qui est déjà réalisé et ce qui doit être fait. Cette langue met en lumière le travail qui reste à faire. 

Dieu n'a pas accompli toutes promesses. A la suite de Jésus, nous devons pouvoir dire que le message de l'évangile s'accompli aujourd'hui. Il se réalise par nos paroles et par nos gestes. Nous l'avons compris Jésus ne dit pas que Dieu va faire toutes ces merveilles dont parle le prophète. Il dit ces promesses s'accomplissent par mes mains. Faisons de même, mettons en œuvre l'évangile.

 

Jésus a prêcher en Araméen. Jésus en prêchant actualise la parole de Dieu écrit des siècles auparavant. Il se l'approprie et la traduit dans le génie de sa langue, l'araméen.

Chez nous et à l'église, nous lisons la Bible en français. Dans notre grammaire, il y a deux règles qui me paraissent importantes. Avec l'auxiliaire "avoir", le verbe s'accord en genre et en nombre seulement s'il est placé avant.

  • "J'ai vu des chrétiens prier dans l'église" ou "Des chrétiens priaient dans l'église et je les ai vus." Autrement dit : que je voie un ou plusieurs chrétiens mon regard ne change pas, si l'avoir est placé en premier. Mon regard ne change et ne s'adapte à ce que je vois que si l'avoir est placé après. 

Avec l'auxiliaire "être", on accorde toujours le verbe en genre et en nombre avec le sujet :

  • Un garçon dit "je suis chrétien" et une fille "Je suis chrétienne". Il y a une manière d'être chrétien pour les garçons et une manière d'être chrétienne pour les filles.
  • "Je suis chrétien" ou "Nous sommes chrétiens". Nous ne formons pas seulement un rassemblement de chrétiens où chacun est chrétien dans son coin. Nous sommes un groupe chrétien, nous nous rassemblons en chrétien. La manière de se rassembler est chrétienne.

Actualisons la parole de Dieu dans notre vie.

Amen.


Homélie du dimanche 20 janvier 2019

Aujourd'hui, nous retrouvons Jésus quelques temps après son baptême dans le Jourdain. Il est entouré de ses disciples, mais il n'a pas commencé son ministère personnel. Il accomplit un signe à la demande de sa mère, Marie. 

 

Jésus est plus grand que Moïse. Moïse a frappé l'Égypte de 10 plaies. La première est l'eau changée en sang. Jésus change de l'eau en vin, non plus pour punir, mais pour donner de la joie. La liberté que donne le sauveur ne s'obtient pas au détriment d'un autre peuple, mais en faisant le bien. Saint Thomas a défini le mal comme l'absence de bien. A Cana, Jésus a suppléé à une absence. Tout au long de son ministère, Jésus va mettre de l'amour là où il n'y en pas.

Le concile Vatican II va dans le même sens. Il n'a pas publié d'anathèmes, mais affermit la vraie doctrine pour faire triompher la vérité sur l'erreur.

 

Jésus a besoin des serviteurs. Le premier signe de Jésus est différent des suivants. Jésus ne prend pas l'initiative de ce geste. Il ne l'accomplit pas seul. Les serviteur remplissent les jarres et apportent l'eau, devenue du vin. Il aurait pu l'accomplir seul, mais pas dans une telle quantité : 600 litres d'eau à puiser et à verser dans les récipients. 

De nos jours, Jésus accomplit des signes par nos mains. Il montrent sa miséricorde envers les plus fragiles et les plus pauvres par l'action de l'Église. Nous pensons en particulier, ce dimanche, aux migrants.

 

L'obéissance et la foi. Nous pouvons admirer dans cet évangile l'obéissance des serviteurs. Ils font le travail demandé sans en connaître le résultat. Il font confiance. Et nous, faisons-nous facilement confiance ?

Les disciples découvrent la foi. C'est le nouveau mode de relation envers Dieu. Il vont suivre Jésus en le connaissant mieux. Une religion fondée sur la foi est plus belle qu'une religion basée sur l'obéissance.

 

Entrons dans la foi.

Amen.

Homélie du dimanche 13 janvier 2019

Aujourd'hui nous clôturons le temps de Noël par une deuxième manifestation de Jésus. Il se manifeste à l'âge adulte au peuple d'Israël en demandant le baptême de Jean.

Reprenons les étapes de cet épisode de la vie du Sauveur.

 

"Jésus priait" Sans raconter en détail le baptême de Jésus, Luc raconte ce qui a suivi cet événement, car c'est ce qui est remarquable dans la vie du Sauveur. Après le baptême, Jésus prie. On ne donne pas le contenu de sa prière. Il s'agit peut-être d'une prière d'action de grâce pour la vie reçue, pour l'alliance, pour le salut du peuple. Cette prière est sans doute aussi une intercession pour les besoins de l'humanité. Jésus s'est mis au rang des pécheurs pour prier pour eux. 

 

"Le ciel s'ouvrit" Le ciel qui s'ouvre permet à deux mondes de communiquer entre eux : la terre et le ciel. Le ciel s'ouvre sans qu'on voie les anges qui louent le Seigneur, comme le vit Isaïe ou Jacob. Le ciel s'ouvre, mais le mystère reste entier. 

Les bienfaits descendent plus facilement sur la terre : c'est ce qu'a permis la naissance de Jésus. Le chemin du ciel s'ouvre pour tout les hommes : c'est ce que permet le salut en Jésus Christ. 

 

"L'Esprit descend sur Jésus" C'est, en quelque sorte, une Pentecôte pour Jésus avant celle des Apôtres. L'Esprit se manifeste par une colombe et non par le feu. C'est la colombe de Noé qui annonce la paix, la fin du déluge. 

L'Esprit annonce le baptême dans l'Esprit et le feu. Un baptême plus profond et plus fondamental que le baptême de Jean. Ce n'est pas une simple conversion, mais la transformation des cœurs.

 

"Celui-ci est mon fils bien aimé" Jésus reçoit l'amour du Père, mais va le communiquer lors de son ministère. Il est celui qui veut faire connaître le Père. Par les guérisons et les pardons, il dit que Dieu nous aime comme un père. 

Nous sommes aimés de Dieu dans le Fils. Devenu semblable à Jésus par le baptême, le Père nous aime d'un amour infini. 

 

Soyons fiers de notre baptême.

Amen.

Homélie du dimanche 6 janvier 2019

Aujourd'hui, nous fêtons dans la joie l'Épiphanie du Seigneur, sa manifestation à des mages venus d'Orient.

 

Regarder le ciel. Les mages ont cheminé vers Jérusalem. Pour cela ils ont regardé vers le ciel. Ils n'ont pas regardé en arrière dans une nostalgie dangereuse et mortifère. Ils n'ont pas regardé en avant, croyant en une utopie dangereuse. ils ont regardé vers le ciel un signe du Seigneur qui les a mené vers le salut en gestation. C'est le conseil que donnait Marthe Robin : regarder ni trop en arrière, ni trop en avant, mais toujours vers le haut

Mettons notre espoir dans le Seigneur. Il est le seul qui ne nous décevra jamais. Les hommes sont souvent décevants quant à leurs promesses et aussi parfois à leur passé. 

Le salut est lointain, comme l'étoile dans le ciel. Ce salut est pourtant réel et accessible grâce à Dieu. Pour cela, il faut cheminer, avancer longtemps sans se désespérer.

 

Marcher de jour comme de nuit. Les mages ont fini leur chemin de nuit. Le Seigneur les a guidés par l'étoile, un temps cachée, et par la parole de la Bible. La parole de Dieu est un bon guide lorsque nous sommes dans le noir. 

Comme l'étoile, le seigneur se manifeste à nous pas forcément en continu. Il y a des moments de solitude dans toute vie spirituelle. Sachons attendre avec patience le retour de la grâce divine. 

 

Savoir s'adapter. Les mages sont revenus par un autre chemin. La colère d'Hérode les a obligé a changé leur itinéraire. Savons-nous adapter à la violence du monde ?

Le chemin du retour fut plus beau que celui de l'aller. Les mages avaient en tête et dans le cœur la merveilleuse rencontre avec Jésus et sa mère. Les souvenirs sont-ils un stimulant dans notre vie spirituelle ?

 

Marchons comme les mages sur le chemin du salut.

Amen.