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Homélie du dimanche 30 décembre 2018

Aujourd'hui, nous fêtons la fête de la Sainte famille. Nous la voyons en ce dimanche au Temple de Jérusalem pour la Pâque juive. A une époque où  l'Église se pose beaucoup de question sur transmission de la foi, regardons comment Marie et Joseph ont éduqué religieusement Jésus. 

 

Une éducation familiale. Jésus est tout de suite à l'aise dans le Temple, alors qu'il y va pour la première fois. Il discute facilement de la Bible avec les docteurs de la Loi. Cela n'est pas que le résultat de l'incarnation. C'est aussi le fruit de l'éducation religieuse de ses parents. Ils l'ont rendu familier au monde de Dieu et au monde de la religion. 

Joseph lui a raconté l'histoire de son glorieux ancêtre David et de la construction du Temple par Salomon. Marie a peut-être plus insisté sur la place des femmes dans la Bible. Toujours est-il que Jésus est un familier de l'Histoire Sainte. 

Cette éducation n'est pas la transmission d'un glorieux héritage, mais une foi actualisée. La Bible est source d'intérêt et de questionnement pour l'enfant. Elle est sûrement perçue comme une boussole pour la vie de ses parents. Jésus cherche à son tour à savoir comment appliquer la Loi à son niveau et dans sa vie. 

 

Une dimension communautaire. La démarche de Marie et Joseph n'est pas simplement familiale. Ce n'est pas un hasard si c'est au cours de la plus grande fête religieuse du pays que ce pèlerinage se place. Le voyage se fait en groupe avec les voisins et le reste de la famille. 

Certains chrétiens savent bien parler de Dieu à leurs enfants, mais leur insertion communautaire est faible. Certains se croient différents des autres et participent du bout des lèvres et du bout des pieds aux offices chrétiens. D'autres ne viennent à l'église que pour y brûler un cierge en dehors de la messe. 

 

Une dimension personnelle. On parle de transmission de la foi, mais il ne faut pas oublier qu'elle est aussi un don de Dieu. Il y a une part mystérieuse dans le développement de la foi. Dans une même famille, ou dans un même groupe, chaque enfant va profiter différemment de la même éducation. Il y a des enfants non croyants qui ont des parents bien insérés dans la paroisse. Il y a des croyants dont les parents sont profondément athées.

A 12 ans, Jésus a manifesté son indépendance religieuse. Il a reçu une grâce spéciale de la part du Seigneur. Cet épisode est une étape de la croissance spirituelle de Jésus comme le laisse entendre l'évangéliste : "Quant à Jésus ... il grandissait en grâce devant Dieu."

 

Que le Seigneur nous aide dans l'éducation de la foi.

Amen


Homélie de Noël 2018

Nous sommes venus nombreux pour célébrer cette belle fête de Noël. Nous comprenons le message simple et limpide de cet événement : Dieu se fait petit enfant. Tout le monde comprend : des plus jeunes aux plus anciens, des plus petits aux plus grands, car nous avons tous été petits enfants.

Ce mystère de Noël nous aide à comprendre le mystère de la messe, le mystère de l'eucharistie. C'est le même paradoxe : si on comprend que le Fils de Dieu est devenu un petit enfant, on comprend que le fils de Dieu devienne une bouchée de pain, une hostie. Jésus avant de naître a été un embryon pas plus gros qu'une hostie. Alors, comment une si grande personne peut tenir dans un si petit corps ?

Si je veux mettre ce tableau dans cette petit boîte, je serai obliger de briser le cadre pour tout faire entrer dans un si petit volume. Le cadre est rigide et ne pas être plié pour tenir dans ce carton.

Si je prends un ressort, je vais le comprimer et il entrera facilement dans la boîte. Jésus est humble ; il a su s'aplatir pour entrer dans notre monde, il su se faire minuscule pour devenir petit enfant.

Oui, Jésus est comme un ressort quand il vient de le monde et ce ressort va se déployer au fur à mesure que Jésus va grandir. Oui, Jésus est comme un ressort lorsqu'il est présent dans l'eucharistie. A quoi cela sert-il d'avoir un ressort dans notre corps ? C'est utile à ceux qui sont malade du cœur. Le ressort devient un sten qui va dilater les veines et les artères de notre corps pour mieux faire circuler le sang dans notre organisme. De cette façon, Jésus nous aide à aimer les autres. 

Accueillons l'enfant de la crèche et le Jésus de l'eucharistie.

Amen. 


Homélie du dimanche 23 décembre 2018

En cette semaine préparatoire à Noël, nous avons entendu le beau récit de la visitation. Nous avons lu aussi le passage de la lettre aux Hébreux qui indique les dispositions du Fils de Dieu en venant dans notre monde. Regardons cette lettre plus en détails.

 

"Tu m'as fait un corps".  Le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, ne nous a pas aimé seulement par de belles paroles. Il n'a pas fait que des déclarations d'amour. Il a voulu aimer en acte. Pour cela, il a pris chair de la Vierge Marie.

Savons-nous nous engager pour rendre service ?

Beaucoup ont soutenu le mouvement des gilets jaunes ; peu étaient sur les ronds-points et dans les manifestations. 

Jésus a préféré l'engagement au sacrifice d'animal. Le sacrifice nous dépouille d'une partie de nos biens : il faut acheter un animal. L'engagement implique notre personne :  il faut mettre les mains à la pâte. De cette façon, le culte est plus authentique.  

 

"Voici, je viens pour faire ta volonté". Le Fils de Dieu a toujours fait la volonté de son Père. Il l'a faite dans le ciel, puis sur la terre. Il s'est déplacé pour réaliser le projet de Dieu.

Savons-nous quitter notre maison pour rendre service ?

Beaucoup font le bien dans leur famille ; moins s'engagent dans une association ou dans leur commune. 

 

Aimons nos frères à la suite de Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 16 décembre 2018

Aujourd'hui, Jean Baptiste nous invite à la joie. Il annonce la bonne nouvelle au peuple qui est dans l'attente, qui est insatisfait de la situation. 

 

Que devons-nous faire? Insatisfaites, les personnes se tournent vers Jean Baptiste. Le précurseur invite à l'attention envers son prochain.

Vivons-nous dans le statu quo ?

Vivons-nous dans la routine ?

Restons-nous nos dans nos mauvaises habitudes ? 

Les soldats ne doivent pas piller. Savons-nous résister aux mauvaises coutumes de notre temps ?

Savons-nous - comme la foule  - demander conseil aux autres ?

 

Le peuple était en attente. Attendons-nous quelque chose de Dieu ? Comme Zacharie, sommes-nous défaitistes pour l'avenir de l'Église ?

 

Allons de l'avant en cet avent.

Amen.

Homélie du 9 dimanche décembre 2018

Luc nous rappelle le contexte historique de la prédication de Jean Baptiste. Le précurseur a réveillé l'espérance dans le peuple d'Israël. Avons-nous encore de l'espérance 2000 ans plus tard ?

 

"Empereur Tibère". Dans sa présentation de Jean Baptiste, Luc utilise le calendrier romain et non celui de la royauté d'Israël : Hérode vient en troisième position après l'empereur Tibère et le gouverneur Ponce Pilate. On est face à la réalité de l'occupation romaine qui pèse sur les esprits du peuple d'Israël.

Certains dans le peuple espère une libération. Jean Baptiste parle d'espérance. L'espoir est humain et l'espérance vient de Dieu. L'espoir peut être déçu ; mais l'espérance ne l'est jamais. On a l'espoir de passer dans la classe supérieure ; mais on a l'espérance d'aller au ciel.  On a l'espoir d'un monde plus juste ; mais on espère la conversion des pécheurs. On a l'espoir d'avoir un cadeau à Noël ; mais on espère recevoir le don de Dieu. 

Le chrétien peut garder l'espérance dans les situations les plus désespérées. Le martyr, torturé par son bourreau, garde l'espérance d'aller au ciel. Le malade en phase terminale garde l'espérance du salut éternel. L'espérance est une grande force pour traverser les épreuves de la vie. 

 

"La parole de Dieu fut adressé à Jean". Le précurseur a eu la joie d'entendre la parole de Dieu. Il s'y est préparé dans le désert. Fils de prêtre, il s'est installé dans le désert, dans la solitude et la pauvreté. Il a préparé son cœur pour pouvoir entendre le Seigneur lui parler. 

Avons-nous des déserts où nous aimons nous promener ? Une belle ballade, loin de l'agitation du monde, nous aide à retrouver l'essentiel.

Savons-nous prendre le temps de décompresser ?

Savons- faire le désert intérieur, vider notre tête et notre cœur de ce qui les agitent ?

Savons-nous évacuer les trop plein de vie ? 

 

"Tout homme verra le salut de Dieu". Le verbe est au passif. C'est Dieu qui se montre. C'est la volonté de Dieu de se manifester. Pourtant, il faut une préparation préalable à cette manifestation. Avant de rencontrer un grand personnage, on nous donne des consignes pour savoir se comporter et profiter de cette entrevue. Avant de voir un tableau, on nous explique ce qu'il représente et comment il est composé.

Avant de voir Dieu, il faut des explications pour comprendre qu'au-delà de sa puissance, il y a son amour ; qu'au-delà de sa justice, il y a sa miséricorde.

Les athées rejettent un Dieu qui n'est pas celui de la Bible. Avons-nous besoin de changer notre regard sur Dieu pour voir son salut ?

 

Vivons dans l'espérance.

Amen. 


Homélie du dimanche 2 décembre 2018

Nous sommes le premier dimanche de l'Avent qui nous prépare à la venue de Jésus. Jésus, dans cet évangile, nous invite à l'espérance. 

 

"Les puissances des cieux seront ébranlées." La venue de Jésus s'accompagne de beaucoup de bruit : le fracas de la mer et des flots, et  le ciel ébranlé. C'est ce qui arrive lorsqu'un avion franchit le mur du son. En effet, la venue de Jésus sera fulgurante, sera excessivement rapide.

Les avions qui franchissent ce mur du son sont souvent des avions de chasse. Les soldats sont soulagés lorsqu'ils arrivent sur les lieux du combat. C'est un soutien dans leur engament. 

La venue de Jésus sera la victoire sur tous les acteurs du mal. Ce sera la victoire définitive du bien. 

 

"Relevez la tête". Lorsqu'on entend le bruit d'un avion à réaction, il faut lever rapidement la tête pour le voir dans le ciel tellement il avance vite. 

Nous devons nous poser la question sur ce qui nous fait baisser la tête :

  • Notre téléphone portable  au point que nous ne voyons plus personne lorsque nous marchons dans la rue ;
  • Le désespoir qui nous fait voir tout en noir ;
  • La honte d'avoir commis certains actes ;
  • La fatigue de ne pas savoir s'arrêter de travailler. 

Bon avent à tous.

Amen.


Homélie du dimanche 25 novembre 2018

Nous fêtons dans la joie la fête du Christ, roi de l'univers. L'Église nous présente le représentant de l'Empereur de Rome qui dialogue avec le Fils du Dieu de l'univers.

 

Ma royauté n'est pas d'ici. La royauté de Jésus ne tire pas son origine des hommes. Après la multiplication des pains, la foule enthousiaste voulait le faire roi. Jésus est parti seul prier dans la montagne.  Lors de son arrestation, comme il le dit à Pilate, il ne s'est pas défendu. Il a demandé à Pierre de ranger son épée, alors que celui-ci avait commencé à le défendre par les armes.

Sa royauté vient de Dieu, maître de l'univers. Nous le savons : il y a ceux qui sont sur les trônes et dans les palais présidentiels. Mais il y a aussi les mouvements qui agitent le cœur des gens et qui se traduisent en mouvements sociaux. Jésus ne veut pas le pouvoir, mais veut créer un mouvement social pour le bien de tous. Certains veulent canaliser la colère du peuple ; Jésus veut canaliser la bonté des cœurs. Il est la voie.

 

Témoin de la vérité. Devant Pilate, Jésus se présente comme simple témoin de la vérité. Il venait de dire à ses disciples : Je suis la Vérité. Car, pour lui, la vérité ne doit pas s'imposer par la force. Il recherche l'adhésion personnelle. 

Il est témoin de la vérité, car il nous a fait connaître le vrai Dieu et la manière de lui rendre le vrai culte. Il nous dit que nous sommes capables d'accéder à la vérité.

Il est témoin de la vérité, car il révèle la part de vérité que nous avons déjà en nous. Il a dit à la Samaritaine tout ce qu'elle avait fait. Il a réveillé en elle sa soif de vérité. Comme il le dit : tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. C'est aussi ce qu'a fait Nicodème qui est venu de nuit pour l'interroger. La vérité scientifique nous dit comment fonctionne le monde ; la vérité de Jésus donne un sens à notre vie.

 

Témoin de la vie. La royauté appartient à une famille royale. Cette famille est confrontée à la mort. La question de la descendance est primordiale. Jésus est venu nous donner cette royauté. Par sa résurrection, il nous donne la vie éternelle qui donne un but à notre vie : la rencontre du Père. 

 

Écoutons la voix de Jésus pour avoir des vies rayonnantes.

Amen.

Homélie du dimanche 18 novembre 2018

Jésus parle de sa venue. Ce thème est développé, à longueur d'année,  par certains chrétiens, par certaines sectes. Chaque année, une fois par an, nous lisons un passage de ce discours eschatologique. Une fois par an, nous levons la tête vers l'avenir radieux que Dieu construit. 

 

La comparaison du figuier. Jésus utilise une belle image botanique pour parler de sa venue qui est en cours. Les feuilles sortent des bourgeons aux premiers jours de printemps. Pour Jésus, ce n'est pas le printemps, le temps présent, qui importe, mais la saison suivante, l'été. L'été où le soleil brille de tout son éclat. Cette luminosité est comparable à la gloire de Jésus. 

Jésus parle volontairement du début du processus. Les fruit viendront, non en été, mais à l'automne. Nous sommes encore au début de sa venue. Si 1.000 ans sont comme un jour pour le Seigneur, c'est le deuxième jour qui passe depuis son Ascension. 

Pour porter des fruits, le figuier devra affronter les gelées tardives, fatales aux feuilles ou aux fleurs.  Jésus n'est pas là pour annoncer des fruits, mais pour annoncer l'été. Lorsque Jésus viendra, porterons-nous des fruits en petite quantité ou en abondance ? Aurons-nous su affronter les refroidissements de ce monde ? Sommes-nous un arbre sensible aux froids ?

 

Le Fils de l'homme est proche, à votre porte. Ce passage de l'évangile souligne la proximité de Jésus ; une proximité réelle, même si, nous le savons, nous ne le voyons pas. Jésus est dans la gloire du Ciel avec les élus comme autrefois il était transfiguré sur la montagne en compagnie de Pierre, Jacques et Jean. Les 9 autres Apôtres étaient, comme nous, dans la plaine, privés de la présence visible de leur maître.  

Cette proximité géographique est renforcée par une proximité temporelle : "Cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive". Cette affirmation est mystérieuse. Oui, le soleil s'est obscurci le jour de la mort de Jésus. C'est là que le processus de salut a commencé. 

 

Le rassemblement final. Jésus parle de l'obscurité du ciel, mais aussi du rassemblement des élus. Il se fait de l'extrémité de la terre. Tous les peuples seront auprès de Dieu. Oui, l'évangélisation est un rassemblement de croyants. Dans ce processus, les anges travaillent auprès des chrétiens. La mission de l'Église fait partie de la venue de Jésus. 

Ce rassemblement se fait aussi dans le Ciel. Que peut-être l'extrémité du Ciel ? Un autre processus s'accomplit pour les défunts. Il y a eu tout d'abord le rassemblement de ceux qui sont morts avant Jésus dans la maison du Père. Il y a aussi le rassemblement des élus par la purification du purgatoire. 

Sur la terre et dans le ciel, le Seigneur travaille au bien de tous les hommes.

 

Entrons avec confiance dans cette histoire du salut.

Amen.


Homélie du dimanche 11 novembre 2018

Jésus, dans ce passage d'évangile, donne son avis sur les attitudes et les comportements de ses contemporains. Il parle des scribes, des riches et d'une veuve. Nous aussi, il nous arrive de donner notre avis sur notre société lors d'une conversation entre amis ou sur internet. Le faisons-nous avec autant de bienveillance et de délicatesse que Jésus ?

 

Jésus parle des scribes. Jésus dénonce le comportement des scribes. Ils sont sensibles aux honneurs. Jésus reste mesuré dans ses propos. Il ne fait pas des scribes un exemple de la corruption de la religion de son époque. Parfois, nous rejetons les mauvaises pratiques et la société qui l'accompagne. Soyons prudent pour ne pas nous emporter dans nos jugements sur les hommes politiques ou les chefs d'entreprise. Ils peuvent être nos adversaires : n'en faisons pas nos ennemis. 

Il y a 100 ans, sur le front, certains caricaturaient les Allemands, les présentant comme des monstres, au seul fait d'être l'adversaire.

 

Jésus parle de la veuve. Jésus, le meilleur homme qui est existé sur la terre, a su admirer le comportement de certains de ses contemporains. Il a admiré la foi du centurion et le don de cette veuve. Il ne regarde personne de haut. Il est assis pour regarder les fidèles faire leur don. 

Il fait de cette femme, pour nous,  un modèle et un exemple. Nous avons besoin de héros, de témoins.

Il y a 100 ans les héros étaient les militaires morts aux combats ou revenus couverts de médailles. Maintenant, d'autres figures de héros émergent dans notre société. En effet, le courage ne se trouve pas que sur les champs de batailles. Il n'y a pas que les militaires qui défilent désormais le 14 juillet. On le sent à travers le héros : on veut stimuler tel ou tel sentiment noble. Évaluons ceux que nous admirons pour savoir les valeurs qui sont importantes pour nous.

 

Discerner. A travers ces deux exemples, Jésus nous montre la force de son discernement. Il ne juge personne, mais discerne ce qui est juste ou injuste, ce qui a de la valeur et ce qui en a moins. Il tire une leçon personnelle de ce qu'il voit. En marchant vers la croix, il rejette les honneurs si chers aux scribes et donne sa vie à l'exemple de cette veuve. 

Discernons aujourd'hui, comment, pendant 100 ans, les Européens ont construit la paix. Certains ont attisé les déceptions, d'autres ont travaillé à la réconciliation. Discernons le meilleur chemin pour notre pays et pour notre Europe.

 

Regardons le monde comme Jésus le fait.

Amen. 


Homélie du dimanche 4 novembre 2018

Jésus répond habillement à une question d'un scribe. Il parle de la Loi de Moïse, mais aussi de lui-même. N'est-ce pas ce qu'il faut découvrir pour entrer dans le Royaume ?

 

La vraie religion. En donnant deux commandements, Jésus présente la vraie religion : la religion de l'amour ; la religion qui est bonne pour Dieu et pour les hommes.

 

Aimer est mieux que tous les sacrifices. Jésus a fait les deux. Il a aimé les autres, les malades et les pécheurs. Il a donné sa vie pour nous en mourant sur la croix et en ressuscitant d'entre les morts. Son amour nous a sauvés. Son offrande était belle, non pour les souffrances subies, mais pour l'amour qu'il a manifesté.

 

Aimer Jésus et aimer en Jésus. En aimant Jésus, nous accomplissons les deux commandements. Il vrai Dieu et vrai homme. En l'aimant, nous aimons sa divinité et son humanité. Nous aimons sa divinité lorsqu'il accompli des miracles. Nous aimons son humanité lorsqu'il pleure la mort de son ami Lazare.

 

Que Jésus nous aide à aimer.

Amen.


Homélie de la Toussaint (1er novembre  2018)

Nous fêtons dans le joie tous les saints. Aujourd'hui, je vais vous parler de l'un d'entre eux : Saint Vincent Ferrier qui est mort à Vannes il y a 600 ans.

 

Sa conversion à Avignon. Vincent est né à Valence. Il est entré chez les Dominicains et a été professeur de théologie. Lorsque que son ami devient pape en Avignon, il le rejoint pour être son conseiller. L'Église est alors en crise : deux papes entendent gouverner l'Église. Vincent écrit un livre pour défendre son ami. Mais un jour, il tombe malade et se convertit. Il décide alors de quitter Avignon, de rompre avec son ami pour prêcher à travers l'Europe. Quelle humilité de reconnaître son erreur. Quel courage de changer de vie.

 

Évangéliser à la manière des Apôtres. Vincent parcourt pauvrement les routes de l'Europe. C'est comme cela qu'il arrive dans le Morbihan à la demande du duc de Bretagne. Il n'est pas seul, car prêtres et laïcs l'accompagnent. Savons-nous faire équipe dans notre travail et dans nos engagement associatif ?

Vincent prêche pour les adultes en leur faisant découvrir la foi chrétienne. Il y a aussi un enseignement destiné aux enfants. Il prêche en parole et en actes. Il a pris soin de beaucoup de malades et on dit qu'il a accompli de nombreuses guérisons. Il a quitté le confort d'Avignon pour la fragilité des voyages. C'est pourquoi il se montre sensible aux fragilités des autres. Et moi comment je vis mes fragilités ?

Vincent a évangélisé. Il pense qu'une parole authentique et vraie peut changer les cœurs.  Croyons-nous à la puissance de la parole ? 

 

Un homme d'espérance. Vincent a vécu au moment d'une grande division de l'Église (schisme). Il y a deux papes. Il a parcouru la France qui est encore en guerre : la guerre de cent ans. Pourtant, il a donné un message d'espérance annonçant une nouvelle manière d'évangéliser. 

Aujourd'hui encore notre Église va mal. Elle remplit moins ces églises et des actes épouvantables sont commis par certains prêtres. Gardons-nous encore l'espérance ? Pensons-nous que Dieu peut changer notre Église ?

 

Que Saint Vincent nous aide à être de bon chrétien.

Amen.


Homélie du dimanche 28 octobre 2018

Nous avons entendu le récit de la guérison de Bartimée. C'est à cause de sa foi que le Seigneur répond à son appel et à son cri. Arrêtons-nous ce matin sur sa prière.

 

Le Seigneur passe. Jésus sort de Jéricho avec une grande foule. Il ne voit pas l'aveugle qui mendie sur le bord du chemin. Parfois, nous avons le sentiment que Dieu ne nous voit pas et ne nous connaît pas. Il doit s'occuper de tant de gens, comme cette foule qui entoure Jésus ; et nous nous sentons seul et isolé au bord du chemin du salut.

Que faisons nous alors ?

Nous restons seuls et en silence, ou bien, comme Bartimée, savons-nous crier notre détresse ? Pensons-nous pouvoir attirer l'attention de Jésus sur nous ? Avons-nous cette foi en nous de pouvoir sortir de l'anonymat de la foule ?

 

Beaucoup de gens le rabrouaient. Bartimée a dû se battre pour crier vers Jésus. La prière peut-être aussi un combat pour nous : combat contre ceux qui ne croient pas à la piété ; un combat plus souvent contre nous-mêmes. Tant de choses peuvent nous détourner de la vie intérieure : nos préoccupations qui ne quittent pas notre esprit ; nos excitations ou notre énervement qui agitent notre cœur ; notre fatigue, comme les Apôtres à Gethsémani, qui nous submerge. Dans de telles circonstances, persévérons-nous, comme Bartimée, ou baissons-nous les bras ?

Bartimée crie vers Jésus pour se faire entendre. C'est une prière intense. Mettons-nous toute notre âme dans la prière, mettons-nous toute notre vie dans la vie intérieure ? Parfois, notre prière est un peu indolente ou un peu nonchalante. 

 

Bartimée court vers Jésus. Un aveugle qui court, c'est spectaculaire. Vous connaissez ce jeu : une personne doit atteindre les yeux bandés un point d'arrivée grâce aux indications verbales de son partenaire. C'est déjà difficile. Bartimée s'avance sans que Jésus ne lui parle. Il fait appel à sa mémoire pour savoir où est Jésus. 

La mémoire nous aide à aller vers Jésus : la mémoire célébrée lors du mémorial qu'est la messe ; la mémoire des défunts ou des saints qui nous ont précédés. 

Cette course est un beau symbole du chemin de la foi. Lorsqu'on court, contrairement à la marche, nous avons qu'un seul pied au sol. L'autre est suspendu en l'air. Le chrétien est celui qui avance avec un pied vers le ciel et un pied sur terre : un pied vers le ciel, car il veut rencontrer Jésus ; un pied sur terre, pour rester humble et réaliste. 

 

Prions à la suite de Bartimée.

Amen.


Homélie du dimanche 21 octobre 2018

Aujourd'hui, s'achève la semaine de prière pour les missions. Le pape François a adressé son message annuel aux jeunes, car, en ce moment, un synode leur est consacré à Rome. Reprenons quelques éléments de ce message pour mieux comprendre notre mission de chrétien.

 

Le fils de l'homme est venu servir.

Jésus parle de sa mission. Il est venu servir. quand a-t-elle commencée? A 30 ans, le jour où il a quitté Nazareth? Non, Jésus est l'envoyé du Père depuis sa conception. Sa personne est mission, sa vie est toute entière une mission du Père. 

Ce qui est vrai pour le sauveur est vrai pour nous. Le pape François ne dis pas que chacun a une mission dans le monde, ce qui est déjà beaucoup, mais que chaque personne est mission. Il est dans la nature de l'être humain de sortir de soi pour aller vers les autres. Les rêves et l'espérance des jeunes sont une mission. 

Sachons reconnaître que nous sommes tous envoyés par le Père dans le monde actuel. Notre personne même petite et fragile est un message de Dieu.

 

Donner sa vie en rançon. 

Jésus donne sa vie, ce qu'il a de plus précieux. Il se consume pour nous faire vivre. C'est cela l'amour oblatif : tout donner pour les autres. Lorsqu'on aime la mission n'est pas un fardeau mais un accomplissement de soi. En effet, nous sommes fait pour aimer et être aimé. En mission, nous aimons les autres et nous sommes aimés du Père.

L'amour nous fait sortir de nous-même. Nous brûlons, nous nous consumons pour les autres, pour apporter la lumière et la chaleur aux autres. 

 

Accomplissons-nous à travers notre mission de chrétien. Amen.


Homélie du dimanche 14 octobre 2018

Jésus invite un jeune homme au dépouillement. Pour illustrer ses propos, Jésus cite une expression de son époque : "Il est plus facile à un chameau de passer par le chat d'une aiguille, qu'à un riche d'entrer dans le Royaume". 

 

Un chameau. Dans cette expression, Jésus parle d'une bête de somme. Il montre que les richesses pèsent sur la vie des hommes. C'est la cause de beaucoup de tracas et de soucis. 

Les moines travaillent dans la paix. Ils sont bien occupés, mais ils savent décharger leur fardeau en Dieu.

 

Une caravane de chameaux. Les chameaux sont souvent en groupe et forment toute une caravane. Les riches ont tendance de suivre le mouvement, de ne plus choisir leur vie. 

Jésus nous invite à retrouver de la liberté par rapport aux tendances du moment et à certains usages de l'époque.

 

Soyons libre par rapport aux richesses.

Amen.


Homélie du dimanche 7 octobre 2018

Après avoir parler du mariage, Jésus met en valeur les qualités des enfants. Il faut se mettre à leur école, non pour rester immature, mais pour entrer dans le Royaume. Quelles valeurs devenons-nous développer ?

 

Un monde de tendresse. Jésus embrasse les enfants. Il montre toute sa tendresse et toute la tendresse du Père. Le pape François nous invite à découvrir et développer cette tendresse les uns vis à vis des autres. Elle se manifeste par des paroles et par des gestes.

Le monde serait moins violent si chacun recevait et avait reçu suffisamment de tendresse dans sa vie.

 

Un monde d'encouragement. Jésus bénit les enfants. il leur dit du bien ; il les encourage. Les enfants ont besoin d'être soutenu dans leurs apprentissages. Les parents doivent relever ce qui est positif, en oubliant les maladresses de leurs actes. 

Si cela se vivait entre adultes, la vie sociale serait plus apaisée. Il y aurait moins de laissés pour compte, car chacun serait stimuler par des encouragements et des soutiens inconditionnels. 

 

Se faire petit. Jésus s'est fait petit enfant. Lorsque vous allez à Bethléem, vous devez pencher la tête pour entrer dans la basilique de la Nativité. Il faut se faire humble où Jésus s'est fait humble : humilité dans ses paroles et dans ses gestes. 

Si tous les hommes étaient humbles, personne ne se sentirait méprisé. 

 

Se faire aider. L'enfant a besoin d'aide pour grandir. Il est d'abord porter dans les bras, puis tenu par les deux mains pour apprendre à marcher, puis par une main pour circuler en sécurité et enfin il marche tout seul auprès de ses parents.

Dans notre vie spirituelle, il faut se faire aider. Les premiers temps ont a besoin de beaucoup d'aide. Petit à petit, on peut prendre son autonomie sans être pour autant totalement indépendant. 

 

Lever les yeux. Les enfants lèvent souvent les yeux. Il les lèvent vers leurs parents, vers la nature, vers leur village. Leurs yeux sont pleins d'admiration et pleins d'espérance. 

Le chrétien lèvent les yeux pour admirer le monde et le Seigneur. Son regard doit être plein d'espérance, car les promesses de Dieu sont très belles.

 

Prenons le chemin de l'enfance spirituelle.

Amen.


Homélie du dimanche  30 septembre 2018

Jésus commente le comportement de ses disciples. Il se montre plus ouvert qu'eux. Que retenir de sa réponse et de son développement ?

 

Comment définir l'Église ? On peut définir l'Église en désignant ceux qui en font partie : ceux qui suivent le Christ, les baptisés. En revanche, Jésus nous invite à définir les relations des chrétiens avec les non-chrétiens. C'est aussi important que la première définition.

Le concile Vatican II a beaucoup réfléchi sur les relations de l'Église avec les autres hommes : relations avec les autres confessions chrétiennes, les autres croyants ou les non croyants. Ce magistère a posé un regard positif sur tous les hommes. Il dit ce qu'ils faisaient de bien, avant de voir leur manquement. 

Cette attitude positive permet de construire des ponts et non des murs. Aller vers les autres est plus évangélisateur que d'attendre que les autres viennent à nous.

 

Les occasions de chute. Jésus continue son discours en parlant non d'un danger extérieur, mais intérieur : la main, le pied ou l'œil. Ces trois éléments du corps humain sont tournés vers l'extérieur.  Ce n'est pas le monde extérieur qui nous fait chuter, mais bien notre appréhension de ce monde.

  • On fait main basse sur le bien d'autrui ; la main  qui frappe au visage.
  • Le pied qui piétine les autres ; le pied qui occupe un territoire illégalement.
  • L'œil qui convoite le bien d'autrui ; l'œil qui jalouse son voisin.

Il faut noter que Jésus, dans ce passage, parle  du cœur. On peut être bienveillant avec ses frères et sœurs et être en guerre avec les autres hommes. Les sectes généralement valorisent leurs fidèles et dénigrent les autres.

Ces trois éléments du corps sont au singulier. Jésus parle de cette façon de ce qui peut se corriger, de ce qui peut se guérir. Ce sont les péchés les moins graves. 

 

Le scandale ou péché grave. Lorsque Jésus parle du scandale, il est radical : il vaut mieux que l'homme ne vive pas. C'est la même remarque qu'il a fait sur la trahison de Judas. 

Ce passage de l'évangile me donne l'occasion de parler des cas de pédophilie. Ce sont des actes graves qui détruisent les victimes à jamais. L'Église lentement en prend conscience et se met progressivement à l'écoute  des enfants.

Le pape François nous invite à la compassion : quand l'un de nous souffre, c'est tout le corps qui souffre. Oui, nous devons penser plus aux conséquences de ces actes pour les victimes qu'aux conséquences pour notre Église. Ces scandales changent le regard que les hommes portent sur les prêtres, mais ce n'est pas grand chose au regard de l'image brisée que les victimes portent sur elle-même. Cela nous attriste, mais ce n'est rien par rapport aux larmes versées par les enfants abusés. 

 

Ouvrons notre cœur au monde.

Amen.


Homélie du dimanche 23 septembre 2018

Le récit que nous venons d'entendre, se passe après la transfiguration de Jésus. Les disciples sont enthousiasmés par ce qu'ils ont vu. Pierre, Jacques et Jean sont fiers d'avoir été les confidents du Maître. Alors, la question se pose qui est le plus grand ?

Qui va partager la gloire qui s'est révélée sur la montagne ?

Jésus donne sa réponse.

 

Le plus grand ou le premier. Le plus grand est celui qui commande à beaucoup de personnes. Qui va commander les disciples ? Jésus invite à l'humilité en parlant de son choix. Il est le premier en se faisant le dernier de tous. Il est le premier, car il est entré le premier au ciel. Il est aussi le premier a donné sa vie. C'est ce qu'il vient d'annoncer :  "le fils de l'homme est livré". Le premier donne l'exemple ; le premier montre ce qu'il faut faire. 

On comprend mieux, alors, ce qu'est l'autorité : ce n'est pas se faire craindre par de nombreuses personnes ; c'est faire grandir beaucoup de monde en les aidant à progresser.

 

Proche des grands ou proche de Dieu. Pierre, Jacques et Jean sont entrés dans la lumière de Jésus. C'est grisant de vivre auprès de grands hommes. Jésus met au milieu des disciples un enfant, quelqu'un qui ne commande pas et qui ne fait qu'obéir. Il se rappelle qu'il a été petit enfant. Les chefs obéissent en cherchant le bien commun, le bien de tous.

On peut comprendre aussi que l'on ne s'approche pas de Dieu, mais qu'on accueille par l'humilité le Très Haut. La grandeur ne se conquière pas : elle se reçoit. La grandeur n'est pas dans la force, mais vient du cœur. 

 

Grandissons dans l'humilité.

Amen.


Homélie du dimanche 16 septembre 2018

Pierre a eu du mal à comprendre les paroles de Jésus. De nos jours encore, ses propos vont à l'encontre de nos habitudes. Les assurances nous protègent contre de nombreux risques. Les vaccins nous immunisent contre plusieurs maladies mortelles. Jésus nous invite à perdre sa vie pour la sauver.

Comment comprendre cette demande ?

 

Messie des miracles ou messie de la résurrection ? Pierre a vu Jésus guérir tant de malades, à commencer par sa belle-mère, et vu tant de démons chasser Jésus qu'il a pensé qu'avec un tel Messie le mal était vaincu. Son Maître ne pouvait pas être atteint par la brutalité de la société. 

Jésus est le messie de la résurrection, d'un monde nouveau, mais aussi différent, d'un royaume : pas de ce monde. C'est difficile à imaginer, une telle réalité, mais Jésus nous en fait la promesse. 

 

Messie de la parole ou messie de l'existence ? La deuxième chose qui a frappé Pierre, ce sont les grands et beaux discours de son Maître. Il a compris qu'il avait les paroles de la vie éternelle. Pierre a compris que le Royaume promis allait être merveilleux. La paix était promise. Le bonheur était donné. 

En fait, Jésus invite à changer sa personne. La parole est un appel pour aller plus loin. Dieu ne change pas notre existence : c'est nous qui construisons notre bonheur avec lui.

 

Chemin triomphal ou chemin de croix ? Pierre s'est engagé à la suite de Jésus, car il avait la conviction qu'il allait devenir un grand homme. Il a vu les foules venir nombreuses pour l'écouter et pour se faire soigner. Il a vu l'enthousiasme grandir dans le peuple. 

Jésus choisit un autre chemin et nous invite à prendre un autre chemin: c'est le chemin de l'amour. Nous passons du "je" au "nous" dans la vie familiale et dans la vie de couple. C'est un premier décentrage. Jésus nous invite à passer du "nous" au "ils". Organiser sa vie pour ses enfants au détriment de la vie de couple. Organiser sa vie pour les autres dans l'oubli de soi. 

 

Suivons Jésus sur le chemin de la croix.

Amen.


Homélie du dimanche 9 septembre 2018

Jésus guérit un sourd muet. Comme un médecin consulte dans un cabinet, il l'amène à l'écart. Le Sauveur veut nous guérir de notre surdité et nous redonner la parole. Que doit-il soigner en nous ?

 

Surdité volontaire. Il arrive que nous ne voulions pas entendre les autres. Nous faisons la sourde oreille à quelqu'un qui demande un service ou une aide financière. Il y a des mauvaises nouvelles que ne voulons pas entendre : la mort d'un proche ou une catastrophe dans un pays voisin.

 

Surdité sélective. La nuit, notre organisme sélectionne les bruits. On n'entend pas la cloche de l'église sonnée les heures ou le coq chanté au petit matin. Ce n'est pas un son important. Nous sélectionnons les informations que nous entendons. Nous ne pouvons pas répondre à toutes les détresses ; nous n'en entendons que quelques unes qui nous émeuvent particulièrement. 

Certaines oreilles n'entendent qu'un spectre restreint de sons: elles sont fermées aux sons graves des cris de désespoir.  D'autres n'entendent pas les sons aigus des cris de joie : elles refusent d'entendre les bonnes nouvelles.

 

Les paroles étouffées. Dans un monde où le flots de paroles est continu et où la musique est constante, nous oublions de faire silence pour écouter la nature et les autres. Le cardinal Sarah a dénoncé cette abondance de sons dans un livre populaire. Il revenait d'un monastère et avait rencontré un moine devenu muet par la maladie. Il a fait l'expérience de la force du silence. 

 

Entendre pour parler. Jésus guérit un sourd muet. Il est muet, car il est sourd. Nos difficultés à entendre nous empêche de dire la bonne parole au bon moment : une parole de réconfort ou d'encouragement ; une parole de vérité ou de compassion ;  une parole douce ou une parole rude.

 

Apprenons à entendre pour dire des paroles bonnes.

Amen


Homélie du dimanche 19 août 2018

A la fin du discours de Jésus, beaucoup partent et quittent Jésus. Pierre montre son attachement au sauveur en disant : "Tu as les paroles de la vie éternelle." Regardons de plus près cette déclaration, cette profession de foi.

 

Tu as les paroles. Pierre ne dit pas : tu prononce des paroles de vie éternelle. il dit que Jésus détient les paroles de la vie éternelle. C'est qu'il les garde dans sa mémoire et dans son cœur. C''est une parole lui viennent de son Père.

Ce sont les mêmes paroles qui ont été prononcées lors de la création du monde. Ce n'est pas une parole magique, mais une parole créatrice.

 

Les paroles de la vie éternelles. Ces paroles ne conduisent pas à la vie éternelle : elles sont la vie éternelle. Les accueillir permet de vivre. Elles ne protège pas de tous les dangers, mais maintiennent les personnes dans l'être. Cette vie éternelle est une relation permanente et constante avec Dieu qui fait vivre.

Dans le ciel, les hommes ne sont pas seulement libérés de la mort, mais Dieu les fait vivre pour l'éternité. Ce ne sont pas des être qu'on ressuscite et qu'on laisse dans un coin. Dieu prend soin continuellement de chacun des élus.

 

Jésus partage les paroles de la vie éternelle. Lors de la cène, Jésus invite ses Apôtres a garder sa parole. L'Église détient les paroles de la vie éternelle.

Cette affirmation est au présent. La vie éternelle commence aujourd'hui.

 

Vivons déjà de la vie éternelle.

Amen


Homélie de l'Assomption  (15 août 2018)

Aujourd'hui, nous fêtons la montée au ciel de la Vierge Marie. Elle rejoint son fils. Il la fait venir dans la maison du Père. On ne sait pas combien d'années après l'ascension cet événement a eu lieu. Essayons d'établir trois critères qui ont, sans doute, déterminés la durée du séjour sur la terre de la mère du Sauveur.

 

Le bien des Apôtres. Marie était là lors de la Pentecôte. Elle a accompagné de sa sollicitude et de sa présence les premiers pas des chrétiens : d'abord à Jérusalem, puis à Ephèse, auprès de l'apôtre saint Jean. Ce départ vers la Turquie actuelle s'est vraisemblablement fait après la mort de Jacques en l'an 44, 11 ans après le départ de Jésus.

Marie a pris part à la vie de l'Église. Peut-être, était-elle dans le groupe des veuves qui vivaient à Jérusalem ? Elle a soutenu les plus jeunes comme les plus anciennes dans un esprit de fraternité et de prière. C'est sûrement avec modestie qu'elle a pris sa place dans la communauté chrétienne sans se vanter, ni raconter ses moments vécus avec le Fils de Dieu. Comme toujours, elle gardait cela dans son cœur sans en parler à personne.

 

Le bien de Marie. Marie n'a pas été tout de suite prête pour suivre son fils parti vers la maison du Père. Elle a vécu ce temps de séparation comme un chemin de croissance où le désir de voir Dieu s'agrandit. Elle a vécu cette absence dans la foi en la vie éternelle. Elle devait s'imaginer pendant de nombreuses années son fils dans le ciel, sans connaître cette réalité.

Jésus n'a pas quitté son cœur de mère. Il était présent dans les nombreux souvenirs qu'elle conservait précieusement. Les souvenirs heureux de la naissance à Bethléem ou ceux plus douloureux de la croix. Elle avait la joie - comme nous - de communier. Elle a porté Jésus pendant 9 mois dans son ventre pendant sa grossesse. Elle a reçu Jésus en son cœur pendant des années par la communion eucharistique. 

 

Le bien de Jésus. Jésus, pasteur éternel, a veillé sur son Église. Elle a grandi lentement. A partir de 44, elle s'est dispersée sur la terre. On dit que Marc a été en Inde et Pierre à Rome. Pour protéger cette communauté grandissante et florissante Jésus a eu besoin de Marie. C'est une des raisons de sa venue dans le ciel. En montant au ciel, Marie ne veille plus seulement sur l'apôtre Jean et les chrétiens d'Ephèse, mais désormais sur les croyants du monde entier.

Celle qui prie à l'heure de notre mort a prié lors des martyrs des Apôtres et de nombreux chrétiens. Elle les a accueillis dans la maison du Père. 

 

Prions avec confiance Marie, notre mère et la mère de l'Église.

Amen.


Homélie du 12 août 2018

Jésus, dans son discours à la synagogue de Capharnaüm, insiste sur le fait que lui, le fils de Marie et de Joseph, descend du ciel. Comment descend-t-on du ciel ?

 

Descendre ou tombé. Jacques Higelin est tombé du ciel. Jésus est descendu du ciel. Le chanteur subit les choses, c'est la fatalité qui le fait tomber. Il ne contrôle rien.

Jésus descend du ciel. C'est un choix de sa part et il a un projet sur terre. Cette descente revêt deux aspects :

  • Higelin tombe amoureux ; Jésus descend sur terre par amour ;
  • Higelin tombe de son piédestal ; le Fils de Dieu s'abaisse en prenant la nature humaine.

Un escalier ou une échelle. Dans nos maisons, nous descendons un escalier. Il a été construit du sol jusqu'à l'étage. Jésus descend du ciel et en partant du ciel. L'échelle est installée depuis le grenier et posée au sol avant d'en descendre. 

On descend de l'escalier en faisant face au vide. On se montre de face aux personnes. La descente des marches à Cannes est solennisée. On descend d'une échelle en regardant vers le mur et vers le sol. C'est une démarche plus simple, plus modeste. 

 

Être accueilli. Lorsque qu'on descend ou qu'on tombe le lieu de l'atterrissage est important. C'est dangereux de descend dans un océan. Descendre sur le sol ferme est moins risqué. Jésus a été accueilli dans sa descente par Marie et Joseph.

Le pain qui descend du ciel est-il bien accueilli dans notre cœur ? Notre cœur est -il ferme pour son atterrissage ? 

 

Ouvrons notre cœur à Jésus.

Amen.


Homélie du 5 août 2018

En bon pédagogue, Jésus explique, en dialoguant, le signe de la multiplication des pains. Il désire que la foule comprenne le sens profond de ce geste. Regardons les éléments de son discours.

 

Se déplacer pour communier. La nourriture vient le plus souvent des champs et des jardins qui sont cultivés par la main des hommes. La terre est travaillée. Cependant, il existe de la nourriture qui est gratuite qu'il faut aller chercher dans les bois ou les champs : les champignons, les mûres ou le miel sauvage. Jésus invite la foule à se déplacer non pour du pain, mais pour le salut offert par Dieu. 

Pour communier, nous devons nous déplacer en sortir de nos maisons. Il faut quitter sa vie quotidienne, ses occupations personnelles pour s'ouvrir à quelque chose de plus haut, de plus grand.

Pour communier, il faut quitter son banc, sa chaise. Nous laissons notre prière personnelle pour accueillir le don de Dieu. Nous vivons une rencontre avec Jésus. Dans ce passage de l'évangile, Jésus insiste sur celui qui donne plus que ce qui est donné. Il parle beaucoup de lui : celui que le Père a marqué de son sceau, celui qui donne sa vie au monde.

 

Moïse et Jésus. La foule évoque le grand signe du temps de Moïse. Jésus les invite à voir le grand signe d'aujourd'hui. La communion actualise les dons de Dieu. Jésus dit que c'est le Père qui a donne le pain du ciel. Le pain n'est pas celui qui a été mangé la veille, mais celui qui descend du ciel. Tout est au présent.

Il faut actualiser notre foi en faisant de la Bible un livre qui parle de notre vie d'aujourd'hui. L'homélie y contribue, mais il y a aussi un travail personnel à faire.

Jésus est celui qui descend encore aujourd'hui. La messe n'est pas la commémoration d'un exploit du passé, mais le don sans cesse renouveler de l'amour de Dieu.

 

Travaillons aux œuvres de Dieu.

Amen.


Homélie du dimanche  29 juillet 2018

Jésus accompli un grand signe pour tout le peuple réuni autour de lui. Regardons certains éléments de cet événement déjà accompli par des prophètes.

 

La place des Apôtres. Les apôtres ont accompli des guérisons pendant leur mission, en l'absence de Jésus. Jésus a fait des signes en présence des Apôtres. Là, Jésus implique ses disciples. Ils sont chargés de distribuer la nourriture et de la récolter. C'est une œuvre commune, comme lorsque Jésus et ses disciples baptisaient dans le Jourdain.

Les Apôtres apportent les 5 pains et les 2 poissons à Jésus. Ils recueillent les provisions de nourritures de ce grand peuple. Le prêtre doit accueillir les dons des fidèles, même s'ils paraissent insuffisants. 

Les apôtres font asseoir la foule. Il faut que chacun trouve sa place. Les Apôtres organisent la foule en peuple. 

Les apôtres distribuent les pains et les poissons, devenus abondants grâce à Jésus. Les prêtres distribuent largement les bienfaits du Seigneur, qui sont plus abondants que l'appétit du peuple. Toute personne qui  demande un sacrement est incapable d'en tirer tous les fruits dans sa vie.

Les Apôtres recueillent les restes de pains. C'est la tradition qui recueille les mystères du salut et les maintient dans le temps pour les distribuer en temps voulu. 

 

La place de Jésus. Jean est très rapide sur les gestes de Jésus. Il arrive et, voyant la foule, multiplie les pains et aussitôt s'isole. Pas de prédication, pas de guérison, comme chez les autres évangélistes. Il passe dans la vie de ces gens. 

Les gens ne gardent que le souvenir de ce signe. Oui, il y a des communions qui nous marquent pour toute la vie.

Les gens ont reçu une force pour longtemps. L'eucharistie doit nous aider pour toute la semaine qui suit.

Que vive l'eucharistie dans notre vie.

Amen.


Homélie du dimanche 22 juillet 2018

Marc nous raconte brièvement le retour de la mission des Apôtres. Il développe la réaction de Jésus et des foules, suite à cette fructueuse prédication. Le Seigneur invite ses disciples à aller à l'écart et à prendre du repos. Regardons ce que cela signifie.

 

Venez à l'écart. Jésus veut que ses disciples prennent du recul par rapport à leur mission. Il faut que l'émotion, voire l'euphorie de cette prédication, retombe. Ce n'est pas rien de vivre par soi-même l'expulsion de démon et les guérisons. Cela provoque un grand enthousiasme. Le recueillement est salutaire pour ne pas vivre que dans l'émotion.

Cette victoire, moins grande que celle des footballeurs français, est à vivre dans l'humilité. Il faut que les disciples restent réalistes et humbles. Il ont accompli de belles choses, mais ils ne sont pas les meilleurs pour autant. C'est le Seigneur qui a agit par leur main. Les saints ont toujours pris beaucoup recul par rapport à leurs oeuvres et aux miracles.

Jésus dit : "Venez". Il ne dit pas : "Allez". C'est lui qui conduit le petit troupeau. Les disciples se laissent conduire là où ils n'auraient pas été spontanément. Dans la joie, que le Seigneur nous guide toujours.

 

Ils arrivèrent. Les foulent sont guidées par l'émotion, par l'enthousiasme. La popularité a quelque chose d'irrationnel. Les personnes qui ont entendu parlé de Jésus par les apôtres veulent le voir. 

Ils voient Jésus partir, s'éloigner d'eux. C'est une déception de se retrouver abandonné. Oui, parfois il nous semble que Dieu nous abandonne. Heureusement, ces foules devinent l'itinéraire de Jésus. Cette abandon prend un sens, une direction. Alors, commence le grand détour par la terre ferme. Pour rejoindre Dieu, lorsqu'on est seul, il ne faut pas s'aventurer sur les flots tumultueux de la mer, mais passer par la terre. Il faut s'appuyer sur de solides amitiés, sur de solides certitudes, sur de bons souvenirs.

Les foulent arrivent avant Jésus. Il a fallu attendre un peu. Temps qui a peut-être semblé long pour certains. Restons-nous constant lorsque Jésus se fait attendre ?

 

Les brebis sans berger. Jésus voit la détresse des foules qui veulent le voir. N'y a t-il que les malheureux qui croient en Dieu ? Il est vrai que les nations développées ont le taux le plus élevé d'athées. Notre confort a vidé les églises. Les incertitudes poussent les gens à brûler des cierges et à prier. 

Les habitants des pays développés qui croient sont ceux qui ne recherchent pas que le confort. Ils ont compris que l'homme est faible. Il est faible face à la mort. Il est faible moralement. Il est faible face à la sainteté. Ces croyants ont besoin d'être guidés ; ils ne veulent pas suivre leurs propres opinions, mais se laisser guider par Dieu.

 

Allons à la rencontre de Dieu.

Amen.


Homélie du dimanche 15 juillet 2018

Jésus envoie en mission ses disciples. Il ne peut pas être partout et il faut que son message soit diffusé rapidement, car sa fin est proche. Jésus ne parle pas du contenu du message, mais seulement des conditions de la prédication. Que retenir de cela ?

 

Envoyés par Jésus. Jésus partage son pouvoir et sa mission, alors qu'au temps des prophètes ou des juges, il y a un seul envoyé de Dieu, un seul homme de Dieu. Élisée a succédé à Élie et  Ézéchiel est venu après Jérémie. Là, Jésus délibérément partage son pourvoir et envoie ses disciples faire comme lui : prêcher le Royaume, guérir les malades et chasser les démons.

Cet envoi annonce les temps nouveau, les temps nouveaux où le pouvoir de Jésus sera confié aux évêques et sera diffusé partout dans le monde.

 

Envoyé comme Jésus. Jésus est envoyé par le Père. Il ne parle pas et n'agit pas lui-même, mais au nom du Très-Haut. Être envoyé est une force, car on a l'autorité de celui qui nous envoie. C'est une démarche d'humilité, car on ne parle pas en son nom. On est un simple messager. 

Le messager n'impose pas sa doctrine, car il ne cherche pas à contrôler le monde. Les disciples doivent quitter les villages qui ne veulent pas d'eux ; en secouant la poussière de leur pieds, ils font un rite de purification pour dire que ce territoire est impur comme celui des païens.

Jésus commence à envoyer ses disciples. Ce n'est qu'un début. Cette mission prendra tout son éclat après la résurrection. En envoyant les apôtres dès maintenant, Jésus non seulement les préparent et les forment à leur futur métier, mais surtout enracine la mission de l'Église dans sa propre mission. 

 

Être comme le Christ. Les disciples reproduisent les paroles et les gestes de Jésus. il doivent être d'autres Christ par leur attitude. Ils doivent vivre pauvrement, sans argent, comme Jésus s'est fait pauvre en venant sur terre. Ils sont des messagers de la paix, comme Jésus, en portant un message de paix. 

Ils sont comme le Christ aujourd'hui et encore plus demain après la résurrection, ayant été baptisé dans sa mort. Ils seront aussi remplis de l'Esprit Saint. La mission des chrétiens s'enracine dans le baptême. La mission est pour tous et pas seulement pour les clercs.

Ils ont un bâton et une ceinture au rein, comme lors de la sortie d'Égypte. Comme les Hébreux ont affrontés les armées égyptiennes, les disciples affrontent victorieusement le malin et les maladies. 

 

Soyons tous missionnaires.

Amen.


Homélie du dimanche  8 juillet 2018

C'est un épisode banal dans la vie de Jésus : Il revient à Nazareth pour voir sa mère et il en profite pour aller à la synagogue. Son identité est mise en cause. 

 

Retour au source : Jésus va où il a grandi. Le succès de sa prédication ne lui fait pas oublier ses origines. C'est avec humilité qu'il revient à la campagne. C'est ce que faisaient les Bretons partis à Paris ou à New York. Ce retour était émouvant et permettait non seulement de voir la famille, mais aussi de voir le chemin parcourus. Dans la Bible, le Seigneur rappelle ses origines modestes à David et au peuple d'Israël pour qu'il marche humblement dans la voie du Seigneur. Quel rapport avons-nous avec notre enfance ? Sommes-nous dans la nostalgie ou l'action de grâce ?

 

Le charpentier. L'accueil de la prédication de Jésus est mitigé. Comment comprendre cette sagesse ? A cause de cette question, les auditeurs n'écoutent plus le message. L' étiquette est un obstacle à la vraie relation. Mettons-nous des étiquettes sur certaines personnes ? Y a t-il certaines personnes que nous n'écoutons pas à cause de leur origine ?

La sagesse de Jésus est personnelle. Il n'a été formé par aucune école juive de son époque. Il n'est ni pharisien ni saducéen ni hérodien ni zélote. Il parle avec toutes ces écoles et courants de pensée. Et nous, sommes-nous enfermés dans un courant de l'Église ?

 

Avec ses disciples. Jésus n'est pas venu seul. Ses disciples sont avec lui. Ils connaissent sa mère depuis leur rencontre à Cana. Jésus montre son identité à ses Apôtres à travers son enfance provinciale. Savons-nous parler aux autres de notre enfance ?

Les disciples sont préparés à la mission par ce rejet des habitants de Nazareth. La mission se fait loin des lieux connus, se fait loin de chez soi. Et nous, sommes-nous près à partir de chez nous pour parler de Dieu ?

 

N'oublions jamais d'où nous venons.

Amen.


Homélie du dimanche 1er  juillet 2018

Jésus a eu beaucoup de succès au début de son ministère. Nous le voyons bien dans l'évangile d'aujourd'hui. Une foule l'entoure et l'accompagne dans ses déplacements. Voyons comment Jésus réagit à cette situation.

 

Un mouvement populaire. Une foule importante le presse de toute part et le ralentit dans sa mission. Alors qu'il est pressé, il laisse faire ce mouvement populaire, malgré l'urgence de la situation et de cette fillette qui est au bord de la mort. Le Pape François, comme Jésus, aime ces bains de foule, aime sentir l'odeur des brebis.

C'est facile d'aller à la messe ou à un rassemblement religieux quand on sait qu'il y aura du monde. Il y a un enthousiasme pour les JMJ ou pour certains pardons.  

Au milieu de cet élan populaire, une femme fait une démarche personnelle, un acte authentique et courageux. 

 

Une guérison particulière. Cette femme a été guérie par sa foi. Jésus prends le temps de lui parler. Jusqu'à maintenant, il parlait avant de guérir ; là il parle après la guérison. La liturgie s'explique avant de la vivre, mais aussi après l'avoir reçue. 

En parlant à cette femme, Jésus la reconnait pour elle-même. Elle n'est pas un individu perdu dans cette foule. A l'heure de la mondialisation, certains ont peur de perdre leur identité. Ils pensent la trouver en revendiquant leur culture ou leur nationalité. Ils oublient qu'aux yeux de Dieu nous sommes tous uniques.


Homélie du dimanche 24 juin 2018

Aujourd'hui, nous fêtons dans la joie la naissance de Saint Jean-Baptiste. Il fait partie des rares saints que nous honorons plusieurs fois dans l'année. Après la Vierge-Marie, nous célébrons deux fêtes pour Saint Joseph, Saint Pierre, Saint Paul et le précurseur. Nous louons le Seigneur pour ce qu'il a fait en lui au moment de sa naissance et ce qu'il a fait par lui-même au moment de sa mort. Il fait parti aussi de la catégorie des saints mentionnés dans la Bible, comme les 12 apôtres,  Marthe et Marie, Saints Innocents, Marie Madeleine, Barnabé, Paul, Timothée, Tite, ...

 

Un nom nouveau. L'entourage d'Élisabeth et de Zacharie est étonné du choix du prénom. Ce nouveau nom indique que Dieu fait du nouveau : une nouvelle alliance s'annonce en Jésus. Nous sommes aussi étonnés du choix des prénoms des enfants d'aujourd'hui. C'est là aussi un forme de nouveauté. Le droit de l'Église ne demande pas de porter le nom d'un saint. 

 

Un nom dévoilé par la mère. C'est Élisabeth la première qui donne le nom de Jean. Elle sait ce qui s'est passé au Temple lors de la visite de l'ange. C'est un signe du dialogue qui existait dans ce couple. La communication ne s'est pas faite par les mots, mais par les gestes ou les écrits. Faisons de nos couples des lieux de dialogue, en particulier sur l'éducation des enfants.

 

Un nom donné par Dieu. Le nom dans la Bible est souvent symbolique. Jean veut dire Dieu a fait grâce. En donnant ce nom, Zacharie et Élisabeth entre dans le projet de Dieu. 

 

Louons le Seigneur à la suite de Zacharie.

Amen.


Homélie du dimanche 17 juin 2018

Jésus parle en parabole pour nous expliquer les mystères du Royaume. Une seule parabole n'explique pas toute la réalité et tous les aspects du salut en Jésus. Aujourd'hui, le Sauveur nous parle de la croissance du Royaume. Voyons ce qu'il nous enseigne.

 

La petite graine devient un grand arbre. Facilement, on assimile le Royaume à l'Eglise qui a commencé petitement et qui est maintenant mondiale. On peut voir les choses autrement. Jésus parle de la plus petite graine, comme il parle souvent du plus petit dans le Royaume. C'est cette humilité qui est mise en valeur. C'est de lui-même dont il parle. 

Une petite graine a moins de réserve que les autres. Elle est plus fragile, plus dépendante de la richesse du sol. En venant dans le monde, Jésus a confié le plus possible sa vie aux hommes, en particulier à Marie et à Joseph. 

Cette petite graine devient un arbre, mais pas le plus grand de la terre, mais seulement du potager. Les séquoias sont plus hauts que les plants de moutarde. Jésus n'a jamais cherché à tout dominer, mais seulement à être utile comme le plant de moutarde rend service aux oiseaux.

 

Semer plutôt que planter. La graine est semée. Pour cela, il faut faire un sillon en fonction de la taille de la graine. Dans le cas de la moutarde, c'est le plus petit sillon possible. Planter un arbre, en revanche, aurait demandé de creuser un trou large et profond. 

Jésus n'a pas besoin de beaucoup d'espace dans notre vie ou notre coeur pour y prendre racine. Une petite fente, une petite ouverture et il se développe dans notre existence. C'est ce petit espace qu'il a trouvé en rencontrant Zaché ou la Samaritaine.

 

Semence qui prend racine. Une fois semée, la graine prend racine dans le sol. Petit à petit, les racines entrent dans les profondeurs de la terre, comme Jésus entre dans les profondeurs de notre cœur et de notre vie. Les racines puisent les nutriments dans le sol. Jésus trouve dans notre cœur de la bonté qui fait grandir le Royaume. 

 

Laissons Jésus grandir dans notre cœur.

Amen.


Homélie du dimanche 10 juin 2018 (1ère communion)

Aujourd’hui, c’est la première des communions pour quelques enfants de nos paroisses. Ils sont, aujourd'hui, les invités au repas du Seigneur. C’est un jour de joie pour eux. Ce repas de famille ne se passe pas dans une maison, mais dans une église, comme on va au restaurant. Voyons les points communs entre un déjeuner au restaurant et la messe.

 

La musique. Dans beaucoup de restaurant, on diffuse de la musique. C’est de la musique classique dans un restaurant étoilé ; de la musique contemporaine au Mac Donald. 

Dans cette  église, la musique est présente pour nous faire chanter. C’est l’esprit de fête, une fête un peu feutrée, mais une fête tout de même. 

A l’église, nous aimons chanter, mais aussi prendre des temps de silence pour se trouver soi-même et trouver Dieu.

 

Un plat et un menu unique. Au restaurant, on nous présente la carte des entrées, des plats et des desserts. On choisit en fonction de ses goûts et surtout de son portefeuille. 

A l’église, on ne commande rien, car le menu est unique, le même pour tout le monde, les enfants comme adultes ; les fortunés comme les plus modestes. Un menu unique, car nous avons tous reçus un unique baptême. 

On mange debout. Au restaurant, on dresse des tables avec de belles nappes et de beaux  couverts. 

A l’église, plus de table pour communier ; on se lève pour recevoir l’hostie. On marche vers l’autel, car on est un peuple debout et en marche. La communion est plus qu’une nourriture : c’est un cheminement, une démarche de foi, une avancée vers Dieu. 

On marche vers l’autel et le prêtre vient vers nous. Ce repas est une rencontre entre l’homme en marche et un Dieu qui se fait proche. 

On annonce le menu. Dans les restaurants gastronomiques, le serveur annonce le nom du plat avant de le déposer sur la table. Cette mise en scène permet de savoir et de comprendre ce que le chef à préparer pour nous.

A l’église, le prêtre présente le corps du Christ avant de le déposer dans la main du fidèle. Il faut adhérer au mystère eucharistique pour le savourer à sa juste valeur. 

Aujourd'hui, soyons les invités du Seigneur.

Amen.


Homélie du dimanche 3 juin 2018

Aujourd'hui, nous fêtons la fête du corps et du sang du Seigneur. Cette année, les textes bibliques nous invitent à méditer sur le sang du Christ offert en breuvage, sur le sang de l'alliance. Que nous dit cette espèce eucharistique sur la présence réelle de Jésus ?

 

La coupe du salut. Le corps et le sang du Christ sont partagés à la cène. Cela ne se fait pas de la même manière. Jésus rompt le pain et en donne à chacun un morceau. La coupe du Christ passe de main en main pour que chacun y boive à son tour. Dans le premier cas, c'est une relation directe de Jésus avec chacun des Apôtres. Dans le deuxième cas, chacun des Apôtres reçoit la coupe de son voisin. C'est un partage par transmission. Voilà deux manières pour Jésus de se donner : directement ou indirectement. 

Nous pouvons communier au corps du Christ, dans la main ou sur langue. Pour le sang du Christ, tout le monde boit à la même coupe, car on ne peut pas tenir le précieux sang dans la main. Nous avons là deux manières pour Jésus de se manifester : ce qui est saisissable et ce qui insaisissable, ce qui est mystérieux.

 

Une coupe à vider. Les deux espèces eucharistiques n'ont pas le même devenir. Le pain consacré est consommé en grande partie, mais aussi conservé pour l'adoration ou la communion aux malades. Le sang du Christ est consommé en totalité à chaque messe. C'est un signe plus fort du don de Dieu, donné en une fois et en totalité. C'est le signe du service. C'est pourquoi le diacre soulève la coupe du salut lors de la doxologie.

Deux présences différentes de Jésus. Le corps est la présence constante auprès de son peuple, symbolisée par la lampe de sanctuaire. La présence qui attend notre visite dans chacune des églises. Le sang est la présence dynamique qui stimule, qui nous emporte dans le don du Seigneur à son peuple.

 

Du vin avec un peu d'eau. Le corps du Christ est consacré à partir du fruit de la terre. Le sang du Christ est la consécration de vin et d'eau; pour être plus précis : de vin dans lequel est mélangé une goutte d'eau. Cette goutte qui nous représente devient aussi le sang du Christ. C'est un symbole de l'Église, corps du Christ. Oui, l'eucharistie fait l'Église.

 

Adorons le corps et le sang du Christ.

Amen


Homélie du 27 dimanche mai 2018

Aujourd'hui, nous fêtons dans la joie la fête de la Trinité. Pour certains, ce grand mystère de notre foi peut paraître abstrait. Ils se disent que c'est une notion intellectuelle, une construction de la pensée. Pourtant, depuis longtemps, les chrétiens représentent la Trinité en peinture ou en sculpture. Essayons aujourd'hui de nous mettre à leur place. Composons une sculpture de la Trinité. 

 

Pour représenter le Fils, c'est simple, car il venu dans notre monde. Il s'est fait homme. Il faut juste choisir son âge : enfant ou adulte. Il faut choisir le moment de sa vie : sur la croix ou ressuscité. Choisissons ce qui représente le mieux son message d'amour : Jésus sur la croix. 

 

Le Saint Esprit s'est manifesté lors du baptême de Jésus. Il a pris l'aspect d'une colombe. Il faut juste choisir sa position : percher sur une branche ou en plein vol. Prenons ce qui indique son rôle de messager : en plein vol, les ailes déployées. 

 

Tout se complique pour représenter le Père. Mais, comme nous le savons, le Fils en est l'image visible. Alors pourquoi ne pas le figurer comme un homme, barbu comme lui. Dans quelle position ? Assis ou debout ? Debout, il nous dominerai de sa hauteur et de sa grandeur ; assis, il nous enseigne le chemin de la vérité. Choisissons la position assise. 

 

L'union des trois personnes. Nous avons les trois personnes divines. Il nous faut maintenant les positionner les unes par rapport aux autres. Elles peuvent être en cercle se regardant l'une l'autre, dans une belle communion d'amour. Elles peuvent aussi nous regarder, être tournées vers les hommes qu'elles veulent aider. 

C'est le choix de l'artiste de cette église de Lanvénégen. Regarder ce beau geste du Père qui présente son Fils cloué par amour sur la croix. Regarder la colombe du Saint Esprit qui plane au-dessus de la croix, car il a permis à Jésus de donner sa vie par amour de tous les hommes. Oui, la Trinité nous dit ce qu'est le salut divin : l'œuvre des trois personnes de la Trinité.

 

Louons la Trinité Sainte qui nous aime tellement.

Amen.


Homélie du dimanche 20 mai 2018 (Pentecôte)

C'est la grande fête de la Pentecôte aujourd'hui. L'Esprit Saint s'est manifesté sous forme de langue de feu. C'est tout un symbole qui a été développé lors du mariage de Harry et de Meghan. L'invention du feu a permis à l'humanité de faire un grand pas dans son évolution. L'Esprit Saint est là pour faire grandir notre humanité.

 

Le feu et la nourriture. Le feu a permis de cuir les aliments et, ainsi, de les digérer plus facilement. Le feu de l'Esprit Saint permet de rendre le message de Jésus plus digeste, plus facilement assimilable.  

La cuisson rend la viande moins saignante. Le feu de l'amour chasse la violence du langage humain.  Prions l'Esprit pour qu'il enseigne la non-violence.

 

Le feu et la locomotion. Nous ne circulons plus à pied ou à cheval, mais en auto ou en avion, grâce au moteur à explosion. L'Esprit permet de franchir les frontières terrestres ou maritimes. L'Esprit supprime les barrières entre les hommes comme la barrière de la langue. 

Le moteur à explosion a accéléré les déplacements. Jésus a évangélisé par la parole ;  l'Esprit le fait par le feu de l'amour. Or la lumière est plus rapide que le son. L'évangélisation des Apôtres fut plus rapide que celle de Jésus. En trente ans, Jésus a évangélisé la Palestine. En trente ans, Saint Paul est arrivé jusqu'à Rome. 

 

Le feu et la protection. Le feu est le meilleur moyen de faire fuir les animaux sauvages. L'Esprit chasse le mal dans nos cœurs par la rémission des péchés. Alors, les apôtres n'ont plus peur de partir évangéliser le monde.

Ce feu protecteur est aussi le feu du rassemblement familial, le foyer, ou ecclésial, autour du feu nouveau. Que l'Esprit réchauffe nos cœurs.

 

Seigneur en nous le feu de ton amour.

Amen.


Homélie du dimanche 13 mai 2018

Nous sommes le dimanche après l’Ascension. C’est aussi le dimanche avant la Pentecôte. Nous avons entendu la belle prière de Jésus et aussi l’émouvant passage des Actes des Apôtres qui raconte l’élection de Mathias. Ce texte nous dit des choses sur l’Église. 

 

Une Eglise marquée par la passion de Jésus. L’absence de Judas est un souvenir de la passion douloureuse. Jésus ressuscité n’a pas remplacé ce traite durant les 40 jours qui ont suivi la victoire pascale. Il est apparu plusieurs fois, mais il a laissé un siège vide. Comme son corps était marqué par les blessures de la passion, son Église était marqué par le comportement de Judas. 

Jésus a pardonné à Pierre son reniement. Il a pardonné aux Apôtres leur fuite et leur incrédulité. Il a rassemblé plusieurs fois ses disciples sans remplacer le traite.

Nous vivons dans une Église marquée par le péchés de ses membres : violence, convoitise, cupidité, … Ces marques sont ineffaçables.

 

Un choix humain. Nous pouvons admirer l’initiative de Pierre. Avant le don de l’Esprit Saint promis par Jésus, il complète le collège des Apôtres, comme on restaure un meuble abimé. On choisit un morceau de bois aussi vieux que l’original pour que la réparation soit le moins visible possible. Il choisit un disciple qui connaît Jésus depuis aussi longtemps que lui.

Nous sommes étonnés par ce tirage au sort. Le hasard à une place dans notre vie ; tout n’est pas providence, comme le pensait Leibnitz. Tout appel n’est pas une intervention de Dieu.

Les hommes sont interchangeables. Ce n’est pas un charisme particulier qui permet de choisir Mathias. Dans cette circonstance, on ne peut pas tomber dans le culte de la personnalité. Mathias occupe une grande fonction, mais lui-même est un homme quelconque. 

On peut souffrir  parfois des limites des gens d’Eglise, de la faiblesse humaines des chrétiens. 

 

Un choix confirmé par le don de l’Esprit. Mathias est peut-être celui qui a attendu le plus fortement l’Esprit Saint. Il est celui qui avait le plus besoin de l’aide de Dieu. Il n"a sans doute  jamais participé à la mission. Les 11 ont été envoyé par Jésus. Les 72 ont prêché le royaume du temps de Jésus. Mathias n’a fait que recevoir les enseignements de Jésus. 

L’Esprit Saint complète les compétences humaines. Mathias sait que l’évangélisation sera accompagnée de signes et de miracles qui confirmeront la prédication du Royaume. Il y a les signes sacramentels et les guérisons miraculeuses. 

C’est à travers la faiblesse humaine que nous recevons les grâces de Dieu.

 

Accueillons l’Église telle qu’elle est.

Amen.


Homélie du jeudi 10 mai  2018 (Ascension)

Aujourd'hui nous sommes dans la joie pour fêter l'ascension du Seigneur. Il monte définitivement auprès de son Père ; il cesse de se montrer publiquement à ses disciples. Il faut aussi noter qu'il est désormais assis à la droite du Père ; il est divinisé. Il nous faut aujourd'hui découvrir ce qu'apporte cette divinisation.

 

Une nouvelle présence. Dieu est présent partout, il est dans tout l'univers. Jésus ressuscité s'est manifesté plusieurs fois, mais à des endroits précis : le cénacle, sur la route d'Emmaüs, au bord du lac ou au tombeau. Marie est toujours dans ce régime de manifestation ponctuelle.

Désormais, Jésus est présent partout dans le monde, dans le cœur des chrétiens du monde entier et, en particulier, dans tous tabernacles du monde. Sans cette divinisation, pas de présence réelle. 

 

Une nouvelle connaissance. Jésus ne peut pas dire aux disciples quand le royaume sera établi. 

Divinisé, il a la même connaissance que Dieu le Père. Il sait tout désormais. il connaît nos besoins avant que nous les formulions. Il connaît notre avenir. Il a guidé les Apôtres dans la première évangélisation. On peut penser, en particulier, à sa manifestation glorieuse sur la route de Damas. Il a converti le persécuteur des premiers chrétiens et changé de manière radicale l'évangélisation du monde romain. Il guide et conduit son Église encore aujourd'hui. 

 

Une nouvelle liturgie céleste. Les anges adorent la gloire de la Trinité. La Trinité, avec l'Ascension, s'éclaire d'une lumière nouvelle. Le Fils est divinisé avec son humanité. Notre humanité est placée au-dessus des anges.

Notre intercesseur est assis à la droite du Père. Il peut se pencher, comme l'a fait saint Jean, pour parler à "l'oreille" du Père. Marie, si grande soit-elle, n'est pas aussi proche de Dieu.

 

Honorons le Christ comme il se doit.

Amen.


Homélie du dimanche 6 mai 2018

Jésus nous invite à rester dans son amour. Les disciples étaient dans cet amour au bout de 3 ans de vie commune. Pour notre part, nous devons découvrir et entrer dans l'amour de Jésus.

Rester dans cet amour demande de l'entretenir. Les couples le font par le dialogue ; les chrétiens par la prière. 

 

Un amour qui dynamise. L'amour de Dieu n'est pas un lieu : c'est une force. Le chrétien est comme un satellite qui tourne autour de la terre. Il reste en orbite grâce à la force de gravité. Le chrétien est mû par l'amour de Dieu.

Les satellites gravitent à différentes hauteurs de la terre. Certains sont à basse altitudes et d'autres beaucoup plus haut. Nous sommes plus ou moins proches de Jésus.

Amen


Homélie du dimanche 22 avril 2018

 

Aujourd'hui, nous avons entendu la partie centrale du discours du Bon Pasteur. Il est bon d’entendre cette belle déclaration de Jésus après la fête de Pâques : J’ai le pouvoir de donner ma vie et de la reprendre. Nous sommes invités, chacun à notre place, à suivre son exemple de dévouement. Devenons-nous nous sacrifier pour les autres ?

 


Homélie du dimanche 15 avril 2018

 

 

Nous avons entendu le beau récit de Jean sur la manifestation de Jésus ressuscité à ses disciples. Il y avait la joie de 10 d'entre eux et l'incrédulité d'un seul. Luc nous livre une autre version. Nous y découvrons la frayeur, la crainte et l'étonnement de tous les Apôtres. Il se montre différemment, et ainsi capable de traverser les murs. C'est le même Jésus, mais aussi un autre.  C'est le même être, mais sa personne a de nouvelles capacités. C'est ce qui provoque la frayeur et la crainte.

Jésus, pour montrer qu'il n'est pas un esprit, pas un fantôme, mange devant eux. Est-ce une simple démonstration physique ? Y a -t-il un message dans ce geste un sens théologique ?

 

Ressuscité selon la chair. Jésus est vivant et son corps a repris vie. Sa victoire n'est pas une évasion de sa condition charnelle. Les Bouddhistes recherchent l'éveil qui doit les conduire dans un monde totalement spirituel. Au contraire, notre vie de chrétien se fait avec notre âme et notre corps. Notre prière se fait avec notre corps, avec sa force pour lever les mains vers lui et ses faiblesses, lorsque la fatigue nous submerge. Comme la croix, le corps peut être un poids lourd à soulever, mais pas un fardeau, car il est le lieu où se manifeste l'amour pour les hommes. Sans corps, nous ne pourrions plus faire de caresses.

 

Médiateur. Jésus est toujours avec nous par son humanité. Étant entrer aussi dans le monde de Dieu, il peut être un médiateur. Lorsqu'il prie avec nous, il est capable de redire les mêmes mots que nous. Il ne transmet pas seulement notre pensé et nos désirs. Comme un bon acteur, il reprend les paroles mêmes de nos prières en les interprétant superbement et sublimement.  Dans sa bouche, notre louange et nos demandes prennent plus de poids et plus de saveur.

 

Jésus mange. Ressuscité, Jésus mange du poisson. Ce n'est pas un besoin physiologique chez lui. Tout comme Dieu, il n'a pas besoin non plus de nos prières et de nos louanges. La reconnaissance, il l'a reçoit totalement et parfaitement de son Père. Le reconnaître est un besoin pour nous. Nous avons besoin pour notre bonheur de reconnaître Jésus ressuscité. 

Son corps n'a pas besoin de nourriture. Tout ce qu'il absorbe est digéré. Chez lui, il n'y a pas de déchet. Le recyclage est total. Autrefois, on brûlait le papier ou les boîtes de conserve usagés. Aujourd'hui, on les recycle pour n'avoir aucun déchet. Jésus recycle toutes les réalités humaines et les valorise. La haine reçue à la passion s'est transformée en pardon, l'indifférence en réconciliation,  la lâcheté en force ou  le péché en grâce.

 

Reconnaissons dans la joie Jésus ressuscité selon la chair.

Amen.

 

 


Homélie du dimanche 8 avril 2018

 

En ce deuxième dimanche de Pâques, nous avons entendu le beau récit de l’apparition de Jésus à Thomas. Jésus se manifeste à ses Apôtres un dimanche. On peut se demander où il était avant et après cette apparition.

 

Jésus a entendu les paroles de Thomas. Jésus montre les plaies de sa passion pour se faire reconnaître par Thomas. On voit bien qu’il a entendu les paroles de l’Apôtre. Il n’était pas visible, mais il était présent à  ses disciples. Déjà, au début, de son ministère, il avait dit à Nathanaël : « Je t’ai vu sous le figuier. »

Maintenant  que le Seigneur est ressuscité, il voit, entend et surtout s’intéresse à la vie de ses disciples. Jésus est toujours présent par son regard ; le même qu’il posa sur le jeune homme riche ou sur Saint Pierre qui venait de le renier. Un regard plein de miséricorde. Jésus est toujours en relation avec nous.

 

Jésus communique par sa parole et par son souffle. Les retrouvailles sont joyeuses, mais pas démonstratives. Lorsqu’on retrouve quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps, on se jette dans ses bras. Là, pas d’embrassade ni d’effusion. Seule la parole touche les cœurs. Seule la salutation très positive exprime la tendresse : la paix soit avec vous

Les disciples ne parlent pas à Jésus. Ils reçoivent cette parole et la transmette à Thomas : « Nous avons vu le Seigneur. »

Le contact n’est plus corporel : il se fait par la parole. La parole est capable de traverser les murs et ne nécessite pas de se voir, tellement elle porte au loin. Jésus est toujours en contact avec nous, qu’il soit visible ou invisible. Il nous parle par la bible, mais aussi de manière particulière et personnelle lorsque nous prions.

 

Jésus est présent et se laisse toucher dans l’eucharistie. Jésus apparait le dimanche. Il attend une semaine pour se montrer à Thomas. A-t-il voulu le faire languir ? Thomas n’est-il revenu que 8 jours après ? Je pense que le choix d’apparaître un dimanche a une dimension eucharistique. Les Apôtres ont célébré la messe après le départ de Jésus. Jésus a été alors parmi eux d’une nouvelle façon. Il est entré, encore une fois, malgré les portes fermées. Cette fois là, les disciples ont touché le corps de Jésus. Jésus est venu pas seulement dans la pièce où ils étaient réunis, mais aussi dans leur cœur. 

Autrefois, les Apôtres ont eu la chance de voir Jésus ressuscité. Nous avons aujourd’hui le bonheur de participer à la messe et de recevoir Jésus ressuscité au fond de notre cœur.

Croyons à la présence de Jésus dans notre vie.

Amen.

 

 


Homélie de Pâques, 1er avril 2018

 

Le message de la résurrection est délivré aux femmes venues au tombeau. Elles sont autant dans l’erreur et dans la tristesse que les disciples restés à Jérusalem. Le message est confié à celles qui se sont déplacées. La foi est un chemin de foi. Nous allons le découvrir tout au long de ce temps pascal.

 

Tout commence au tombeau. Les trois femmes avaient bien regardé où on avait déposé Jésus. Elle savait qu’elles avaient besoin d’aide pour accéder au corps de Jésus. Elles ne pouvaient pas rouler la pierre. Dieu l’a fait pour elles. Rendons grâce, nous aussi, car Dieu a enlevé les gros obstacles qui nous empêchaient d’aller au Ressuscité. 

Jésus a mis son guide au tombeau. Il les attend, car il est assis dans le tombeau. Il est celui qui va remettre sur le bon chemin les femmes égarées dans leur foi ; il est le GPS qui donne la nouvelle direction à prendre : celle de la vie au début de ce printemps. C’est le ciel qui a envoyé sur terre ce message, comme les satellite de l’espace nous indiquent la route à suivre.

Les femmes sont privilégiées. Les disciples restés dans leur tristesse et enfermés dans leur maison de Jérusalem n’ont pas reçu d’aide de Dieu. Ceux qui sont en route, même s’ils s’égarent, sont privilégiés. Mettons nous en route et Dieu nous guideras sur le sentier de la vie.

 

« Allez dire à ses disciples et à Pierre ». Le message s’adresse aux disciples et en particulier à Pierre. Pourquoi le chef des apôtres est-il personnellement nommé ? Car, vous vous en souvenez, nous avons entendu, le dimanche des Rameaux, que Pierre avait jurer une fidélité totale envers Jésus lorsque celui-ci avait annoncé que tous allaient l’abandonner. C’est à ce moment qu’il avait donner rendez-vous en Galilée. Le rendez-vous est confirmé.

Pourquoi se voir en Galilée ? C’est là que tout à commencer. La Galilée où Jésus va se montrer n’est pas Nazareth, mais Capharnaüm. C’est là où le Seigneur les a appelés qu’ils le verront. C’est en revenant aux sources de leur vocation que les disciples vont comprendre les événements et trouver la force de marcher à la suite de Jésus.

 

Jésus précède les disciples. C’est un rendez-vous que Jésus a donné à ses disciples. Il les attend. Encore aujourd’hui, nous avons rendez-vous avez lui dans la prière, en particulier dans les sacrements. Jésus nous précède sur la route du ciel. C’est là aussi qu’il nous attend dans la gloire du Royaume.

Ce rendez-vous pour Jésus est un retour, un retour vers le futur pour reprendre le titre d’un célèbre film. Un adolescent part dans le passé grâce à une voiture innovante. En  revenant 30 ans en arrière, il va pouvoir influencer positivement son futur. Lorsqu’il revient dans le temps présent, sa situation s’est améliorée.

En mourant, Jésus a rencontré les hommes du passé. Il a vu Adam, Moïse et les prophètes retenus dans les liens de la mort. Il les a libéré du shéol pour les introduire dans le paradis. Ainsi, non seulement il n’est pas le seul être humain dans la maison du Père, mais il a aussi changé notre présent. Ces défunts, qui ne pouvaient pas influer sur notre vie, sont devenus des intercesseurs par la communion des saints. Les croyants d’autrefois nous précèdent aussi dans le Royaume.

 

Soyons au rendez-vous du Ressuscité.

Amen.

 


Homélie du jeudi saint, 29 mars 2018

 

Aujourd'hui, nous fêtons dans la joie le dernier repas de Jésus avec ses disciples. Nous avons entendu le beau récit du lavement des pieds qui est présenté sur ce vitrail. C'est la première scène, le premier épisode de la passion de Jésus. Oui, il y a un lien très fort entre la Cène et la passion. C'est pour cela que, dimanche dernier, nous avons inclus dans la lecture de la passion selon Saint Marc le récit de l'institution de l'eucharistie. Regardons ce lien d'un peu plus près.

 

Un objet fait le lien entre le repas et la passion : la coupe, le calice. Nous le voyons bien devant Jésus en prière dans le jardin de Gethsémani. La coupe de bénédiction de la Pâque juive est un coupe de douleur que Jésus doit boire, comme le fit auparavant Socrate condamné à mort par les Athéniens. 

On comprend mieux les paroles de la consécration lorsqu'on les entend dans la perspective de la passion. Le pain est le corps livré, car Jésus fut livré par Judas aux païens pour être mis a mort. Le sang est le sang versé sur la croix après le coup de lance du soldat romain.

Dans ce vitrail, on ne voit pas les disciples manger le pain offert par Jésus. On voit Judas manger une bouchée donnée par Jésus. La bouche qui accepte cet aliment est la même qui, deux images plus loin, embrasse Jésus pour aider son arrestation par les soldats du Temple. 

 

Le pain et le vin nous parle de la passion. Le pain est fait avec de la farine qui est broyée dans un moulin ; la meule de pierre passe plusieurs fois sur le grain pour en éliminer l'écorce et le réduire en farine. Jésus fut dépouillé de ses vêtements et a reçu plusieurs fois des coups, des coups qui ont broyé son corps : 39 coups de fouet, coups de roseau et  gifles.

Le vin est fait avec du raisin qui est écrasé dans un pressoir. Jésus a été écrasé par une lourde croix qui a fatigué ses épaules et ses bras. C'est une pression longue et continue sur son corps épuisé.

Le blé est récolté en un seule fauche comme Jésus a souffert une seule fois sa passion. Il a donné sa vie une fois pour toute. C'était autrefois.

Le raisin est récolté plusieurs fois sur le même cep de vigne, pendant de nombreuses années, pendant des siècles. Depuis ce premier jeudi saint, nous bénéficions des fruits de la passion. C'est l'aujourd'hui de l'eucharistie.

 

Rendons grâce au Seigneur pour sa passion et son eucharistie.

Amen.

 


Homélie du dimanche 25 mars 2018

 

Nous avons entendu le bouleversant récit de la passion de Jésus. Marc nous dit que le rideau du Temple s'est déchiré en deux après la mort de Notre Seigneur. Que retenir de ce détail ?

 

Le Sanctuaire s'ouvre au moment où Jésus arrive dans la maison du Père. En mourant, Jésus arrive dans la maison de son Père, dans le ciel. Sur la terre, la maison, que Dieu a choisi pour y habiter, s'ouvre enfin. Seul un prêtre pouvait y entrer. Jésus est désigné comme prêtre par cet événement.

 

Le rideau est entr'ouvert. La séparation existe toujours mais elle n'est plus infranchissable. A la suite de Jésus, nous sommes invités à rejoindre la maison du Père. C'est dans le sanctuaire que le prêtre prononçait une fois pas an le nom de Dieu. Maintenant, tous les jours, nous prononçons le nom de Dieu révélé par Jésus : le nom de Père.

Le prêtre le faisait le jour du Grand Pardon. Par sa mort Jésus nous a obtenu le pardon de nos fautes. Le pardon nous est offert tous les jours. 

 

Que Jésus nous aide à rencontrer le Père.

Amen.

 


Homélie du dimanche 18 mars 2018

 

Aujourd'hui, nous avons écouté le beau texte qui annonce la nouvelle alliance. Dieu promet un cœur nouveau. Oui, soigner son cœur est important. La médecine nous invite à la prévention en la matière, face au développement des maladies cardio-vasculaires.

 

Ne pas avoir une alimentation trop riche. C'est un premier conseil : l'alimentation doit être pauvre en graisse. Dans la vie chrétienne, la pauvreté est aussi conseillée. Le meilleur moyen d'y arriver, c'est de ne plus acheter d'aliments industriels et de faire la cuisine soi-même. On achète dans les magasins ou - mieux sans doute - sur le marché des produits frais. Ayons une vie chrétienne qui retourne aux sources de la grâce. Allons puiser nous-mêmes aux sources de la sainteté ; rencontrer notre créateur et sauveur. 

Un autre moyen est de limiter les quantités de protéine, de viande. Une alimentation est moins abondante lors des périodes de jeûne. Elle ouvre souvent au partage, ce qui profite à tous. 

 

Ne pas manger trop sucré. Le sucre est mauvais pour le poids. Une vie chrétienne trop acidulée n'est pas bonne pour notre âme. N'ayons pas peur, s'il y a un peu d'amertume dans notre vie. Ne cherchons pas top vite et trop souvent les consolations diverses et variées. 

 

Sachons soigner notre cœur de chrétien.

Amen.

 


Homélie du dimanche 11 mars 2018

 

Nous continuons de découvrir la beauté de l'alliance divine. Après la figure de Noé, d'Abraham et de Moïse, nous lisons le récit de la déportation à Babylone. Le temps de l'exil est vécu comme un drame, mais le livre des Chroniques en dresse un tableau plein d'espérance. Après l'exil, arrive le retour à Jérusalem. Nous chrétiens du 21ème siècle, dans ce monde sécularisé, nous vivons, peut-être, comme des exilés.

 

Causes de la déportation. Les livres des Chroniques nous montre à la fois la grandeur des péchés du peuple et la miséricorde de Dieu. Le peuple ne suit pas la Loi. Mais le Seigneur réagit sans attendre et sans se lasser, car il a pitié du peuple et de sa demeure. La miséricorde est plus grande que les forfaits des hommes ; la pitié est plus large que les fautes des Hébreux. Le peuple a été pendant de nombreuses années protégé par le Très Haut.

La fidélité de Dieu a des limites. Lorsqu'il y a plus de remède à la fureur, le malheur arrive par les païens. Comme une plaie infectée est vidée de son pue, la terre d'Israël a été vidé de ses habitants et de ses richesses. La déportation est vue non comme une punition mais comme un remède, comme un temps de ressourcement. 

Et nous comment vivons nous la crise de l’Église ? Comme une punition ou comme un remède à la modernité ?

 

Nous sommes en exil. Trois conséquences de l'exile sont évoquées dans ce texte.

a) Le peuple d'Israël se retrouve minoritaire. Ceux qui ont échappé à la guerre des Babyloniens étaient un petit nombre. Nos églises se vident. Ce petit nombre peut soit nous déprimer, soit favoriser la fraternité. - Que choisissons-nous ?

b) Le peuple d'Israël a été dépouillé de ses richesses. Le Temple n'a pas été épargné. Nos liturgies ne sont pas aussi fastueuses qu'autrefois. - Cette sobriété les rend-t-elle ennuyeuses ou plus méditatives ?

c) Le peuple d'Israël a vécu l'esclavage en exile. Il n'était plus maître de son destin. L’église ne fait plus la pluie et le beau temps en France : elle ne maîtrise plus la situation dans les écoles, les hôpitaux ou la législation. - Vivons-nous cela comme une humiliation ou comme un chemin d'humilité?

 

La figure de Cyrus. Curieusement, le retour d'exil se réalise grâce à un païen. Tout comme un païen avait déporté les Hébreux, un autre païen les fait revenir en terre promise. Le renouveau de nos paroisses ne viendra pas forcément de l'intérieur. De nouveaux arrivés viennent de temps en temps remplir les bancs de nos églises. Saurons-nous leur tendre la main ?

C'est un petit nombre qui est revenu à Jérusalem. Tous les Hébreux n'ont pas répondu à l'appel du Seigneur. Le pape François et notre évêque proposent un chemin différent d'autrefois. Sommes-nous prêts à marcher derrière eux ? Sommes-nous prêt à nous déplacer dans la paroisse voisine ou jusqu'à la cathédrale ? Dimanche prochain, c'est l'ouverture du jubilé de saint Vincent Ferrier. Allons-nous profiter de cette opportunité pour vivre un temps fort de foi et d'espérance ?

Dans le diocèse du RP André-Noël, une fois par mois la messe est pour tout le doyenné. Les chrétiens font plus de 10 kilomètres à pied pour prier avec les autres. Une fois par trimestre, la messe est pour tout le diocèse. Il faut marcher encore plus loin pour chanter avec les autres croyants. Ils ne regrettent pas leurs efforts car la grâce est au rendez-vous.  Il y a des grâces que nous ne pouvons recevoir qu'en faisant ce déplacement.

 

Vivons dans l'espérance du retour d'exil.

Amen.

 


Homélie du dimanche 4 mars 2018

 

Nous continuons notre découverte de l’alliance entre Dieu et les hommes. Après Noé et Abraham, nous arrivons au temps de Moïse avec les 10 paroles données sur le mont Sinaï.

 

10 paroles. Ce n’est pas notre manière habituelle de nommer ce texte. Nous disons les 10 commandements. C’est comme cela que vous les avez appris au catéchisme. Le texte hébreu commence ainsi : « Dieu prononça les dix paroles que voici ». Le discours ne commence pas par un ordre, mais par ce rappel, par une déclaration d’identité : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte. » C’est dans la gratitude que nous devons mettre en œuvres les consignes qui suivent. 

Moïse et tout le peuple savent le prix de la libération de l’esclavage. Moïse avait voulu le faire de ses propres forces en défendant un Hébreu contre un Égyptien. Mais il a dû s’enfuir, car il était menacé de mort. Le peuple sait les 10 signes qu’a réalisés le Seigneur pour faire céder pharaon. Le dernier signe, la dernière plaie fut la mort des premiers nés. Après tout cela, la confiance du peuple a été récompensée par la sortie de la maison d’esclavage. 

Moïse et le peuple savent avec quelle puissance le peuple fut sauvé de la mort par le passage de la Mer Rouge. C’est bien d’échapper à l’esclavage ; encore faut-il ne pas être rattraper par son maître. Le pharaon a voulu récupérer ses esclaves, mais le Dieu sauveur a mis fin définitivement au lien de servitude. 

On peut décider de changer de vie, de renoncer au mal. Dieu seul peut nous libérer de l’emprise du mal. C’est cette expérience qui est proposée, par exemple à des toxicomanes. Il sont invités à vivre en communauté et à faire l’expérience de la guérison par la prière. Un film de cinéma sort le 21 mars 2018 sur le sujet. Il s’appelle « La prière ».

 

Une charte de fidélité. Les paroles les plus longues, les consignes les plus développées sont celles sur la relation à Dieu. On y voit le refus des images idolâtriques, de la fausse religion et l’affirmation du monothéisme. Ces demandes sont accompagnées d’un engagement de fidélité. Le Seigneur punit 3 ou 4 générations, mais il est fidèle jusqu’à la millième. 

Cette affirmation de fidélité résonne de manière particulière dans les oreilles des Hébreux. Ils ont passé 400 ans en Égypte comme esclaves. Ils avaient oublié ce que voulait dire la liberté. Dieu n’avait pas oublié son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Cette génération ne fut pas libérée car elle était plus pieuse que la précédente : c’est un choix de Dieu. L’histoire de Moïse le montre parfaitement. Il a grandit à la cour d’Égypte qui adorait les idoles. IL s’est réfugié dans le désert, chez Jéthro, un païen. Il a fallu qu’il apprennent à connaître le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. C’est ce qu’illustre le dessin animé « Prince d’Égypte », sorti en 1998. Moïse fait un rêve qui lui permet de découvrir l’histoire du peuple hébreu.

Dieu a toujours l’initiative dans notre vie. C’est particulièrement vrai pour ceux qui sont baptisés tout petit. Dieu fait le premier pas pour faire connaître sa bonté et sa miséricorde. Nos parents ont agit de la même manière. 

Lorsque nous rechutons, rappelons-nous la grande fidélité de Dieu.

 

Une charte sociale. La consigne sur le sabbat est aussi très développée. C’est une règle très importante pour le peuple d’Israël. Il faut aussi noter que c’est une bénédiction d’avoir un jour de repos par semaine ; c’est un bien inestimable pour des anciens esclaves. Que faire de ce temps de repos ? Que faire de ce temps de loisir ? Dans notre société, où le temps de repos est encore plus développé, la question se pose de manière encore plus cruciale. Est-ce un  temps de fête ou un temps pour grandir humainement ? Que faisons-nous de nos week-end et de nos vacances ?

Ce temps de repos, nous disent les consignes du Seigneur, doit profiter à tous, adultes et enfants, hommes et bêtes, résidents et étrangers : ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, tes bêtes et l’immigré. C’est une mise en œuvre de la bénédiction d’Abraham qui doit descendre sur tous les peuples. C’est une mise en œuvre familiale des commandements du Seigneur. 

 

Soyons fidèle au Dieu sauveur.

Amen.

 

 


Homélie du dimanche 25 février 2018

Cette année, pendant ce temps de carême, nous lisons des passages de la Bible qui nous parlent de l’alliance entre Dieu et les hommes. Nous avons entendu le récit de l’alliance conclue après le déluge avec Noé.  Aujourd'hui, nous découvrons un épisode de l’alliance entre le Seigneur et Abraham. Pour mieux le comprendre, relisons l’histoire du patriarche. 

 

Une promesse qui fait voyager. Nous le savez bien, Abraham est parti de son pays pour aller vers le pays promis par le Seigneur. Il est parti pour un long voyage vers la terre de la Palestine ; mais il est passé aussi en Égypte à cause d’une famine qui a sévi sur cette terre promise. 

Nous aussi nous sommes guidés par la parole de Dieu. Elle nous fait avancer toujours plus loin et souvent nous devons faire des détours avant de toucher au but. Ayons le même courage que ce grand patriarche. 

 

Le temps de l’alliance. Abraham a marché longuement sur ce sol de Palestine. Sa prospérité fait qu’il doit se séparer de son neveu. Ils ne peuvent pas vivre tout les deux sur le même territoire tellement leur troupeau sont abondants et les pâturages pauvres. Le patriarche n’utilise pas la promesse pour revendiquer des prairies. Ils laisse son neveu choisir son lieu d’habitation. 

Il a agit de même après la guerre victorieuse contre quatre rois. Il ne veut pas de butin pour lui-même, mais seulement pour ses serviteurs. 

C’est après ces deux actes désintéressés que Dieu fait alliance avec le patriarche. Il lui fait une deuxième promesse, celle d’une nombreuse descendance. Cela sera réalisé dans longtemps, pas de son vivant, car, vous le savez, il a eu un seul fils de la promesse. Sachons travailler pour les générations à venir. 

 

Une alliance féconde. Le premier don de Dieu, c’est d’abord un fils. Avant qu’Abraham soit propriétaire, il accueille un enfant qui n’a que le cœur d’un père et d’une mère pour le recueillir, qui n’a que les bras de ses parents pour le porter. 

Pour Dieu, ce qui est premier se sont les hommes, c’est la vie familiale avant le pays, avant le territoire. 

Ce don de Dieu a été fait à Abraham après qu’il a accueilli le Seigneur au chêne de Mambré. L’ouverture de la maison à trois inconnus a disposé le cœur du patriarche au don de Dieu. Il a laissé les calculs humains qui lui avait donné un fils par l’intermédiaire de sa servante Agar. Il a laissé le Seigneur réalisé son plan. 

Ouvrons nos cœurs et notre vie à la grâce de Dieu. Il nous fait passer par des chemins qui nous sont inconnus. 

 

Une bénédiction pour tous. Par deux fois, dans l’histoire du patriarche, Dieu sauve un enfant. Il a sauvé Ismaël de la soif alors qu’il  avait été renvoyé dans le désert à cause des craintes de Sara. Elle voulait qu’Isaac soit le seul héritier. Il sauve, la deuxième fois, Isaac, qui était sans doute déjà adulte,  et que son père était prêt à tuer dans une fausse conception de la religion. 

C’est alors que Dieu renouvelle l’alliance avec Abraham et l’étend à tous les peuples. Notre foi chrétienne ne doit pas nous profiter égoïstement, mais doit être une bénédiction pour tout le monde. C’est le principe du ruissellement dont parlent certains politiques. Le premier de cordée doit aider les autres à gravir la montagne de la perfection. 

 

Méditons la vie d’Abraham notre père dans la foi.

Amen.


Homélie du dimanche 18 février 2018

En ces premiers jours et en ce premier dimanche de carême, il nous faut sans doute du temps et du courage pour entrer dans ce temps de pénitence. Nous avons peut-être besoin d'encouragement et de motivation pour choisir et pour tenir jusqu'au bout nos efforts personnels et collectifs. Regardons comment Jésus est parti au désert et comment il y a vécu.

 

Jésus venait d'être baptisé. C'est dans l'élan de sa démarche de baptême que Jésus part au désert. C'est lui qui, avec humilité, a fait cette belle démarche de venir parmi les pécheurs pour recevoir ce baptême de conversion. Aujourd'hui, nous devons nous souvenir de notre baptême pour entrer dans ce temps de carême. C'est la source de notre foi et de notre amour pour Dieu.

L'exemple de sainte Bernadette, que nous fêtons aujourd'hui, est à suivre. Elle a creusé le sol pour dégager la source de la grotte de Massabielle. Enlevons la boue de notre vie pour trouver l'eau limpide de la grâce de Dieu.

Soyons humble dans nos efforts. Ce n'est pas la force du poignet qui nous fera tenir jusqu'au bout nos résolution. Ne visons pas trop haut pour ne pas avoir de déconvenues en cours de route. C'est plus prudent de monter en puissance : on risque moins de baisser en régime.   

 

L'Esprit pousse Jésus au désert. Si le premier pas vient de Jésus, le second, qui conduit au désert, est le fruit de l'Esprit. Le Seigneur est encouragé et soutenu pour aller jusqu'au bout de sa démarche. C'est une véritable corrélation que nous montre Marc entre le baptême et le désert. La grâce de Dieu nous pousse à ce dépouillement pour rencontrer le Seigneur. C'est la promesse faite par le prophète Isaïe : je le conduirai au désert et je me fiancerai à lui

L'Esprit reçu par Jésus est un esprit de force. Il en a besoin pour tenir dans la durée. Cet esprit lui permet d'aller au bout de lui-même et de se dépasser. C'est ce que le Seigneur peut faire dans les cœurs bien disposés. Pour les autres, 40 jours c'est long.

 

Les anges le servaient. Nous voyons Jésus dans le désert parfaitement à l'aise dans ce milieu hostile. Le diable et les bêtes sauvages ne semblent pas l'atteindre. Les anges le servent comme on sert un roi. Adam n'avait réussi à dominer ni le serpent du paradis terrestre ni le démon des origines. Le nouvel Adam triomphe modestement, mais réellement des deux. 

Ce n'est pas seulement la force intérieur de l'Esprit qui le fait tenir, mais aussi l'aide extérieure qui le maintient en vie dans le désert. Nous avons besoin de cette aide extérieure de la communauté chrétienne et de familiale pour vivre saintement ce carême.  Seul, c'est très difficile. Seul, on va plus vite ; mais à plusieurs, on va plus loin. Sachons profiter des temps communautaires qui nous sont proposés : bol de riz ou chemin de croix. Profitons des livrets que nous pouvons avoir à droite à gauche pour nous soutenir dans ce temps de grâce. 

 

Bon carême à tous.

Amen.


Homélie du dimanche 11 février 2018

Nous l'avons entendu dimanche dernier, Jésus a parcouru la Galilée en annonçant la Bonne Nouvelle. Sa renommée de thaumaturge s'est répandue dans toute la région. Sa popularité va encore grandir grâce à la guérison d'un lépreux. C'est le seul lépreux que Jésus a guéri, mais ce signe et ce geste ont marqué les esprits. Je voudrai examiner, aujourd'hui, le comportement de cet homme qui brave les interdits.

 

"Un lépreux s'approcha de Jésus". Les lépreux vivaient à l'écart du reste de la population. Le lépreux de l'évangile est sorti de son camp et marche sur la route. Il était enfermé, mais il a choisi de quitter sa communauté et de voyager pour chercher Jésus. Il ne fait pas comme Nicodème qui est venu de nuit. Il vient de jour et en public à la rencontre de ce guérisseur. Il est audacieux jusqu'au bout.

Nous pouvons vivre des enfermements plus ou moins importants lors d'une maladie ou d'un deuil. Certains y restent enfermés jusqu'à la fin de leur vie. Ils n'ont pas la force ni le courage de sortir.  L'espérance est morte en eux. 

 

"Si tu le veux, tu peux me purifier". Les lépreux devaient crier "impur, impur". C'était un cri tragique car il n'appelait pas de guérison, mais aggravait l'exclusion. Le haut du visage était couvert d'un voile jusqu'aux lèvres. On ne voyait que la bouche d'où sortait ce cri effrayant. 

Devant Jésus, ce cri devient prière, devient humble supplication. A genoux, le lépreux demande, sans revendication, et d'une façon toute respectueuse, d'être purifier.  La réponse est au bon vouloir de Jésus. Le lépreux ne fait pas pression sur le thaumaturge. Le malade ne le touche, ne pose pas la main sur lui car sa demande n'est pas un acte désespoir mais une demande d'une autre vie.

On devine toute l'attente de cette homme qui est aux genoux de Jésus. Une attente qui n'écrase pas. Il est à genoux mais pas écroulé aux pieds de Jésus. Il garde sa dignité dans sa supplication.

 

"Jésus le toucha". Jésus étend la main vers celui qui est venu à lui. Il voit cet homme à ses genoux, digne dans sa demande, humble dans sa prière. Étant debout, Jésus voit l'homme tout entier ramassé sur lui-même. Jésus ne voit pas un lépreux, ni un exclut, mais une personne, un être humain qui veut une autre vie. Jésus est touché pas tant par le gravité de la situation de ce lépreux que par son courage dans le malheur. 

Il le touche sans le relever. Alors, il est purifié, il retrouve la peau de sa jeunesse. "Sois purifié". Jésus ne dit pas : "je le veux, je te purifie". Il utilise le passif : "sois purifié". C'est sans doute une allusion à la création : "que la lumière soit". Jésus annonce la nouvelle création qui se manifestera dans la résurrection. 

Nous le comprenons maintenant, Jésus ne répond exactement à la demande du lépreux : "tu peux me purifier". En faisant ainsi, Jésus ne donne pas seulement un bienfait, mais dévoile son être. Il dit au lépreux, je ne suis pas un thaumaturge, mais je suis créateur.  

Les malades guéris par le ciel le disent tous : "ce qui est le plus beau ce n'est pas la guérison mais de découvrir l'amour de Dieu".

 

"Va te montrer au prêtre". On voit dans cet épisode la joie du lépreux. Mais Jésus lui demande de faire quelque chose de pas facile : ne rien dire et aller à Jérusalem. Le Seigneur veut se faire un nom dans la capitale religieuse. Il veut aussi que cet homme aille plus loin dans sa vie religieuse. Il lui faut passer de la prière personnelle à la prière collective, du cœur à cœur à la prière ritualisée et formalisée. 

Les convertis ont souvent de la difficulté à entrer dans la liturgie de l'église tant leur prière personnelle est riche et intense. Il leur faut canaliser leur louange dans le chant d'un psaume, il leur faut remercier avec les mots, parfois compliqués, des prières de l’Église. 

En revanche, certains chrétiens se plaisent dans une prière toute faite, sans la renouveler pas une rencontre personnelle avec Dieu.

 

Que nos liturgies sont embellies de note prière personnelle.

Amen.

Homélie du dimanche 4 février 2018

Nous venons d'entendre la fin du récit de la prédication de Jésus à Capharnaüm. L'histoire ne s'arrête pas le soir, mais le lendemain matin. C'est à cette occasion que Jésus explique son attitude. Il est sorti pour annoncer la Bonne Nouvelle.  Voyons comment son comportement nous dit quelque chose de l'évangile.

 

Jésus est sorti de la maison de Simon. Après la prière synagogale, Jésus se rend chez Simon. Il guérit la belle-mère de Pierre. Elle a été sûrement très heureuse. Le repas a dû être très bon. Elle a servi les meilleurs plats et les meilleurs ingrédients. Jésus quitte cette maison et le confort d'une vie familiale pour être toujours en chemin sur les routes de Galilée. Il refuse le confort de la sédentarité.

Et nous, acceptons-nous de sortir de notre confort, de notre canapé, comme dirait le pape François ?

 

Jésus est sorti pour aller à la rencontres d'autres malades. Toute la soirée, Jésus a guéri des malades amenés par leurs proches. Ils étaient nombreux, suite à la guérison spectaculaire du samedi matin.

Jésus sort de la ville. Il sait qu'il y a des malades qui sont isolés. Personne ne viendra les conduire à lui. Il veut les rencontrer chez eux. On peut penser au fils du centurion qui n'était pas transportable ; à la fille de Jaïre, au fils de la veuve de Naïm ; ou à la fille de Syro-Phénicienne.  Et nous, allons-nous vers ceux qui sont seult, qui ne peuvent plus sortir de chez eux ?

 

Jésus est sorti pour aller dans un lieu désert. Jésus, dans son discours sur la montagne, demande de prier dans sa chambre. Ce dimanche matin, il va dans un lieu désert. Après l'agitation et la frénésie de la journée de samedi, il apprécie le calme de la nature. Il peut contempler le lever de soleil et admirer l'oeuvre de son Père. Il veut lui aussi dissiper les ténèbres des cœurs. Où trouvons-nous un lieu de calme et de repos ?

 

Jésus est sorti pour prier. Jésus prie dehors, mais sa prière est sortie. Ce n'est pas une prière de demande, mais d'ouverture à son Père. L'amour nous fait sortir de nous-même. La prière est un acte d'amour et non un repli sur soi-même. Notre prière est-elle une expérience de sortie de nous-même, de décentrement ?

 

Vivons l'évangile comme une sortie.

Amen.


Homélie du dimanche 28 janvier 2018

Après avoir choisi quatre disciples, Jésus s'installe à Capharnaüm. Marc nous raconte une de ses prédications dans une synagogue.  Il y a de la nouveauté dans l'air :  Jésus prêche différemment des scribes. L'évangéliste souligne l'autorité de sa parole qui commande à un esprit mauvais.

Que retenir de ce signe du Royaume ?

 

"Tu es le Saint de Dieu". L'esprit connaît Jésus et lui donne un beau titre : tu es le saint de Dieu. A l'époque de Jésus, la sainteté n'était attribué qu'à Dieu lui-même. L'esprit reconnait en Jésus le fils de Dieu. Mais cette reconnaissance ne provoque pas de la joie ; au contraire, de la crainte : es-tu venu pour nous perdre ?

La connaissance de Jésus ne suffit pas pour être sauvé. Jean-Paul Sartre, philosophe athée, alors qu'il était prisonnier, a écrit un texte sur Noël et la naissance de Jésus. Il a respecté l'évangile qu'il connaissait bien, même s'il n'était pas croyant.

L'esprit sait qui est Jésus, mais ne sait pourquoi il est venu sur terre et dans cette synagogue. Il ne comprend pas le langage d'amour du Sauveur. 

 

L'esprit fait entrer l'homme en convulsion. Par sa voix et par sa parole, Jésus chasse l'esprit. C'est une réponse aux interrogations des auditeurs : quel est ce langage nouveau ? Ce n'est pas un langage sur Dieu ; c'est la parole de Dieu. Elle est efficace et chasse le démon. Cette sortie du démon commence par des convulsion. Pourquoi ?

Lorsque nous avalons de travers, un raclement de gorge suffit pour éjecter le morceau de nourriture coincé dans notre larynx. C'est un morceau solide et bien délimité. Mais lorsque nous voulons chasser la poussière d'un tapis, nous le secouons par la fenêtre. En effet, la poussière a envahit toutes les fibres du tapis. Cet homme était envahi par cet esprit. 

Il arrive qu'un mauvais esprit nous tourmente : la jalousie, l'envie, la convoitise, la peur, l'orgueil. Ce sont tous les éléments de notre vie qui doivent être débarrassés de ce poison : la vie familiale, la vie scolaire, la vie professionnelle, la vie amicale et la vie amoureuse. Comme cet homme, nous avons besoin d'une aide extérieure pour chasser ces sentiments négatifs. Les parents peuvent nous aider, mais Jésus est le plus puissant pour le faire. 

 

L'esprit est chassé par Jésus. L'amour chasse la crainte. La parole d'amour de Jésus chasse l'esprit craintif qui avait peur du Sauveur. Cela se fait dans un cri. 

Ce n'est pas sûrement pas un cri de douleur, car Jésus n'est pas venu nous faire du mal. C'est un cri de stupeur face à la force de Jésus. C'est le cri que l'on pousse comparable à celle  du grand huit dans une attraction foraine ou lorsqu'on descend à toute vitesse une forte descente. C'est l'adrénaline qui nous fait pousser ce cri animal. 

Jésus a imposé le silence et pourtant l'esprit crie. Ce ne sont plus des mots, mais un son, certes fort et violent, mais un bruit. Oui, la parole de Dieu remplace le langage de la haine et de la jalousie. Elle rend incompréhensible et inaudible l'envie et la convoitise. La parole de Dieu nous libère pour que nous puissions dire des mots de bonté, de tendresse et de consolation. 

 

Laissons nous libérer par la parole d'amour de Jésus.

Amen.


Homélie du dimanche 21 janvier 2018

Nous avons entendu le récit du début du ministère de Jésus. Celui-ci commence à parler du royaume et choisit des disciples. 

 

Après l'arrestation de Jean-Baptiste. Jésus a quitté définitivement sa ville de Nazareth. Il était d'abord allé en Judée où Jean-Baptiste baptisait. Jésus commence son ministère en s'appuyant sur la fructueuse prédication de son cousin. Ils sait que le temps de la moisson est proche, que le réveil spirituel a commencé dans le cœur de certains croyants. 

C'est dans un contexte hostile que Jésus commence sa mission. Il sait qu'il sera la prochaine victime de l'hostilité des autorités au réveil spirituel. Il ne reste pas en Judée, mais va dans un territoire plus éloigné des pouvoirs civils et religieux, dans la Galilée qu'il connaît bien. Il invite à croire à la Bonne Nouvelle de l'évangile dans une situation difficile.  Nous aussi nous devons croire malgré les obstacles et les oppositions de toutes sortes. 

 

Pécheur d'homme. Jésus choisit comme disciples des pêcheurs. Cependant, il y a, dans cet évangile, deux types de pêcheurs : Simon et André, d'une part ; et Jacques et Jean, d'autre part. 

Sur le bord de la mer, Jésus rencontre Simon et André. Ils sont en train de pêcher sans être en haute mer. En effet, ils pêchent à l'épervier en lançant un filet qui est retenu par un filin. Une fois que ce dernier a coulé, ils tirent sur le bout pour fermer les mailles et ramener le poisson sur la berge.  Ce type de pêche est le symbole de la mission qui se fait de chez soi. L'exemple où la parole a assez de force et de puissance pour conduire les hommes vers le Royaume de Dieu.

Jacques et Jean ont pêché toute la nuit et réparent leur filet dans leur barque. Ils pêchent en allant au milieu de la mer, là où l'eau est profonde. C'est le symbole de la mission qui va à la rencontre des gens chez eux, dans leur lieu de vie. 

Et nous, quel type de mission préférons-nous ?

 

C'est une pêche au filet. Dans un étang, on peut pêcher au filet ou en le vidant. Si on le vide, tous les poissons sont emportés vers la pelle de l'écluse et on n'a plus qu'à les ramasser. Aucun ne peut s'échapper. Lorsqu'on pêche au filet, en revanche, les petits poissons passent au travers les mailles du filets. On ne pêche que les plus gros. 

La prédication est comme un filet qui propose des convergences qui mènent à la foi sans enfermer les gens dans une idéologie. Le filet est fait d'une seule corde. C'est le symbole de la cohérence et de l'harmonie du discours de l'Eglise. 

 

Pêche familiale ou sociale. Simon et André travaillent à deux. C'est une petite entreprise familiale. Certaines familles sont rayonnantes et c'est bien suffisant ainsi. 

Jacques et Jean travaillent avec leur père et ses ouvriers. C'est une vraie entreprise socialement organisée. La mission peut se faire au sein de groupe spirituel ou d'action catholique. 

Quelle organisation préférons-nous pour notre mission ?

 

Croyons à l'évangile pour le diffuser autour de nous.

Amen


Homélie du dimanche 14 janvier 2018

Après le temps de Noël, nous continuons à suivre la vie de Jésus. Aujourd'hui, avant de commencer son ministère public, le Seigneur rencontre les disciples de Jean Baptiste, en particulier,  deux frères : André et Pierre.

 

Jésus allait et venait.  Jésus erre aux alentours de Jean-Baptiste. Il montre à André un lieu où ils passent l'après-midi. Cela se passe en Judée et son ministère sera en Galilée. 

André, qui est Galiléen lui aussi, est en voyage en Judée. 

André cherche un maître et Jésus cherche des disciples. Ils sont faits pour se rencontrer.

 

Kephas. C'est par ce nom que Jésus surnomme Simon. C'est un lien particulier qu'il veut établir avec lui. Un lien de familiarité. Il efface le nom donné par les parents pour établir une nouvelle parenté. C'est la transmission de la foi qui prime sur celle du sang.

Ce nom parle de la communauté des disciples. Simon est une pierre de la nouvelle demeure du maître. Il veut vivre au milieu des hommes. Il fonde une demeure sur terre dans une communauté d'hommes.

Ce nom parle de Jésus. Nous le saurons plus tard, Jésus est la pierre angulaire de l'Eglise. Pierre est ainsi associé au projet du maître. 

Ce nom parle de l'incarnation. Le marin va désormais s'ancrer sur la terre et laisser ses filets. 

 

Soyons de bons disciples de Jésus.

Amen


Homélie du dimanche 7 janvier 2018

Nous fêtons dans la joie l'épiphanie du Seigneur. Il se manifeste sans se déplacer, mais les mages ont fait un long voyage vers lui, un périple où la science et la révélation divine ont joué leur rôle.  Regardons chacune des étapes de ce parcours. 

 

De l'Orient à Jérusalem. Au milieu de la nuit, l'espoir d'une naissance se lève avec cette nouvelle étoile. Les mages ont été attentif à ce petit signe parmi des milliards de lumières. C'est un petit changement qui transporte plein d'espérance. Dans les nuits de nos vie, le plus petit bouleversement peut nous faire repartir. Accrochons nous à cette étoile nouvelle.

C'est de jour qu'ils marchent. C'est en groupe qu'ils ont vu cet astre de lumière. C'est en équipe qu'ils ont interprété le signe céleste. C'est toujours ensemble qu'ils marchent une fois le jour levé vers Jérusalem. Sachons nous appuyer sur les autres pour transformer l'espérance en espoir, pour changer une petite lumière en clarté. 

 

De Jérusalem à Bethléem. Ils ont marché sans but avec seulement une ligne de conduite. La bible leur donne un terme à leur voyage. Le science donne une orientation mais pas une finalité. Grâce à la Parole de Dieu, ils n'ont pas erré indéfiniment.

C'est de nuit qu'ils marchent désormais. Désormais, la lumière est dans le cœur, car le message divin à apaiser leur attente. Le plus difficile, désormais, est de trouver le chemin qui mène vers la maison de Jésus, car la nuit on ne voit pas très bien. Pour nous chrétiens, il en va de même. Nous savons où est Jésus mais nous savons pas toujours la route la plus sûr et la plus directe pour y arriver. Seul nous ne pouvons pas y parvenir.

Heureusement, l'étoile les guide en éclairant la maison de l'enfant et la route pour y arriver. C'est la grâce du Seigneur qui éclaire notre coeur et nous guide sur le chemin de la perfection. Cette grâce s'accompagne de la joie de faire la volonté de Dieu et de s'accomplir soi-même.

 

De Bethléem à l'orient. C'est encore illuminés par la beauté de l'enfant Jésus que les mages se sont endormis. Ils sont prêts à raconter à tous cette belle et magnifique rencontre. Mais dans la nuit de la jalousie et de la cruauté, un ange les avertit de ne rien dire à Hérode. 

Il leur faut, de jour, partir par un autre chemin. C'est d'autre paysages qu'ils découvrent et d'autres contrées qu'ils explorent. Le mal n'arrête pas leur chemin, mais le modifie simplement. La joie de la rencontre de Jésus est plus forte que ce petit désagrément. Ce n'est pas une charge, mais l'occasion d'une nouvelle aventure et de nouvelles rencontres. Sachons garder la joie dans les difficultés et contrariétés.

 

Marchons vers la maison de Jésus.

Amen.