Homélie du dimanche 31 décembre 2017

Nous fêtons dans la joie la fête de la Sainte Famille. Cette fête nous invite à imiter les vertus familiales qu'elle a pratiquées. Même si la situation de la sainte famille est bien différente de la notre, Marie, Joseph et Jésus ont tous les trois quelque chose à nous dire. 

 

Ils l'amenèrent. C'est pour nous évident que Marie et Joseph montent au Temple avec leur enfant, Jésus. Pourtant, en matière d'obligation les choses étaient différentes. Marie devait aller au Temple 40 jours après la naissance de son enfant. Joseph devait offrir un sacrifice au Temple, mais pas dans les mêmes délais. C'est ensemble qu'ils font chacun leur démarche. La présence de Jésus n'était pas nécessaire.

Le processus de décision n'est pas explicité, mais nous pouvons imaginer qu'il y a eu une discussion pour arriver à ce résultat. Chacun, avec sa personnalité et au prix de concession, a accepter la décision de partir ensemble à Jérusalem et d'y emmener l'enfant Jésus. 

Il y a, en effet, une complémentarité dans le couple. Le mariage de Joseph à Marie en est un exemple. Fiancée à Joseph, Marie reçoit le message de la naissance de Jésus par une apparition de jour. On ne lui a pas donné l'ordre de se marier. Joseph hésite à se marier. C'est en songe qu'il reçoit le message du ciel. Deux interventions célestes différentes pour deux personnalité différentes. 

Chaque couple et chaque famille doit élaborer des règles de décisions. chaque couple définit ce qui est fait en commun et ce qui est fait individuellement. 

 

Anne et Syméon. Syméon porte l'enfant dans ses bras et bénis Dieu. Anne parle de l'enfant au peuple. Le mari et la femme ne vivent pas les événements de la famille de la même manière. L'évangile parle peu de Joseph dont on n'entend pas la voix. En revanche, on a gardé quelques paroles de Marie. C'est sûr que porter un enfant dans son ventre et le porter dans ses bras ne donne pas les même émotions.

Dans la démarche religieuse de cet évangile nous voyons que chacun a son rôle : Marie d'être purifiée ; Joseph de racheter son premier né ; Jésus  d'accomplir les prophéties en étant présenter au Temple. Il y a une spiritualité féminine et une spiritualité masculine. En effet, un homme n'a pas le même rapport à Dieu le Père qu'une femme. Les émotions religieuses sont différentes chez un homme et chez une femme. Chacun va pouvoir s'identifier à un personnage différent de la Bible : une femme plus facilement aux femmes de la Bible, les hommes plus naturellement aux hommes de la parole de Dieu. 

 

L'enfant. Jésus, dans cet évangile, est passif. Il est conduit dans le Temple ; il est porté par Syméon. 

On peut se demander comment Marie et Joseph ont éduqué religieusement le Sauveur du monde. On imagine que la grâce de Dieu était importante. Pourtant, la dernière phrase de cet évangile parle de cette grâce, qui était non en lui, mais sur lui. En revanche, Jésus grandit en sagesse, vertu acquise par l'enfant. Celle-ci a pu être transmise par ses parents. Cela semble dire que Dieu n'a envoyé sa grâce en lui que dans une deuxième temps, après que l'enfant ait reçu la sagesse de ses parents, sagesse nourrie, nous en sommes sûrs, par la lecture de la Bible. La transmission de la foi est une collaboration entre Dieu et nous. 

En cette fête de la Sainte Famille, nous avons parlé de quatre personnages adultes : Marie, Joseph, Syméon et Anne. Nous le savons, l'éducation des enfants n'est possible que grâce au soutien et à l'aide de nombreux intervenants. Cela demande de la confiance de la part des parents.

 

Vivons les vertus familiales.

Amen.


Homélie de Noël 2017

Nous fêtons dans la joie la naissance de Jésus. C'est un grand mystère. Nous avons choisi de faire de la naissance de Jésus le point de départ de notre calendrier. C'est une bonne chose pour nous, chrétiens. On se souvient que celui qui était hors du temps est entré dans le temps. Peut-il nous apprendre à gérer notre temps ?

 

Celui qui est immuable a connu la croissance. Pour mesurer le temps, il y a plusieurs méthodes. Il y a les sabliers où les heures et les minutes défilent. Il y a nos pauvres bougies de l'Avent que nous avons allumés les unes après les autres. Le sablier nous montre que le temps s'écoule et que les journées sont un perpétuel recommencement. Les bougies nous dise autre chose du temps. Elles ont été allumées les unes à la suite des autres sans qu'on n'éteigne la précédente. Ainsi, la lumière s'est étendue dans notre église.

Pour nos activités, il en va de même.

Il y a les activités qui occupent le temps qui passe sans que en retirions quelque chose. Il y a les activités qui se succèdent pour former un tout cohérent. Par exemple, ce sont toutes les actions pour la construction d'une maison ou tous les exercices de l'apprentissage scolaire. 

Il faut aussi remarquer que, pour allumer les bougies, on peut utiliser une seule allumette. Les bougies suivant peuvent être allumées à la précédente. On voit qu'on initie un processus qui se diffuse et se répand. C'est ce qu'a fait Jésus : il a allumé le feu de l'amour et de la paix sur la terre.

 

Celui qui ne compte pas les jours a vécu au rythme de son horloge biologique. Notre corps a besoin d'une vie régulière pour être en bonne santé. Il y a les rendez-vous de la table et du lit. Jésus a fait du rendez-vous de la table l'occasion de faire des rencontres et d'enseigner. Les repas sont importants pour l'unité des familles. Manger ensemble ce n'est pas seulement remplir un estomac, mais aussi créer du lien social, de la convivialité et  de la joie. 

Les rendez-vous pour la famille terrestre sont primordiales ; ceux avec la famille de Dieu sont importants. Venir à la messe construit du lien social. C'est un des rare lieu où toutes les couches de la population se retrouvent, où toutes les générations se rassemblent. Quand tous les habitants d'un village allaient à la messe le dimanche, la vie de la commune était bien différente. 

 

Celui qui est éternel a connu la finitude. Jésus n'a pas eu peur de la finitude de l'être humain. Peter Pan ne voulait pas grandir et encore moins vieillir. Jésus n'a pas hésiter à devenir mortel et périssable. Il n'a pas eu peur des cheveux blanc de son père. Il  a fait de cette faiblesse une force d'amour et une puissance de résurrection. Ce fut pour lui un chemin d'humilité qui l'a fait grandir spirituellement. 

Peter Pan vivait au pays imaginaire. Jésus nous propose d'aller dans le plus merveilleux des pays que l'on puisse imaginer : le paradis. Peter Pan devait penser à des choses agréables pour s'envoler. Jésus nous demande de penser à des choses charitables pour monter vers le ciel. Peter Pan était aidé par la fée clochette pour s'envoler. Jésus nous donne l'Esprit Saint pour aller vers le Père. 

 

Sanctifions le temps que Dieu nous donne.

Amen.

Homélie du dimanche  24 décembre 2017

Nous avons entendu le beau récit de l'annonciation où la Vierge Marie accepte dans la foi d'être la mère de Jésus. Examinons en quoi Marie a eu raison de dire "Oui" à lange Gabriel. Regardons les bienfaits d'une grossesse.

 

L'accueil de l'enfant et la nidation. Pour se développer, l'embryon doit se fixer dans le ventre de la maman. Jésus ne doit pas seulement passer dans notre vie. Il faut qu'il se fixe à nous et que nous nous fixons à lui. Lui veut entrer en relation avec nous d'une manière durable. Et nous, le voulons-nous ? Cherchons-nous à tisser des liens forts et durables avec Jésus ?

Le fœtus dans le ventre de la mère ne commande pas, mais provoque des secrétions hormonales qui épanouissent la femme. Si nous accueillons Jésus au cœur de notre vie, il saura nous combler de ses bienfaits pour que nous puissions nous épanouir. 

 

La communion par le cordon ombilical. Il existe un lien très fort entre la mère et l'enfant. Il y a un échange entre deux personnes. Dans la foi chrétienne nous croyons à la communion des Saints. La sainteté de Marie vient de Jésus. Mais, nous savons aussi que, par la grâce de l'Immaculée Conception, Dieu a voulu que Jésus grandisse dans un milieu saint. Cette communion entre Jésus et sa mère est facilitée par l'Esprit Saint. 

 

La croissance et la division cellulaire. Le l'embryon devient un fœtus par division cellulaire. La grâce de Dieu se répand dans nos vies de façon semblable. Une seule grâce reçue au baptême se développe tout au long de notre vie. Elle reproduit à l'infini le même message d'amour et d'espérance dans notre cœur. 

Dans un deuxième temps, les cellules se différencient. Il en va de même de la grâce. En grandissant, la grâce se spécifie en fonction de nos engagements et de nos choix de vie.  C'est ce que l'on appelle "la grâce d'état". 

Il n'y a rien de plus beau que de sentir le cœur de son bébé battre dans son ventre. Il n'y a rien de plus beau que de sentir l'amour de Dieu au fond de notre âme. La mère peut communiquer avec son enfant. 

 

Laissons Jésus grandir dans notre cœur.

Amen. 

Homélie du dimanche 17 décembre 2017

Ce temps de l'Avent est un temps d'attente et de préparation de la venue du Sauveur. Nous avons, pour cela, entendu le beau récit du témoignage de Jean Baptiste le précurseur. Il a eu la magnifique mission de préparer le peuple à la venue de Jésus. Voyons comment il s'y ait pris. Il a fait comme pour la promotion d'un artiste. 

 

Promotion du spectacle. La promotion a pour but d'attirer l'attention au milieu du brouhaha du monde. Il faut attirer l'attention, alors que le peuple est sollicité de toute part. Beaucoup avant Jean Baptiste et Jésus se sont présentés comme des sauveurs. 

Pour sa promotion, Jean Baptiste s'est placé non à Jérusalem : lui, fils de prêtre, a choisi le désert pour y prêcher. Il s'est mis à un point de passage, à une frontière. Nous aussi sachons profiter des passages de la vie pour parler de Jésus : les naissances, les mariages ou les décès. 

Jean Baptiste a non seulement attiré l'attention du peuple, mais aussi celle des autorités religieuses. C'est la force des grands témoins qui, en attirant des foules, intriguent les puissants de ce monde. Son père était un prêtre quelconque dans le Temple ; Jean Baptiste a su se faire remarquer pour le bien de tous. 

 

Chauffer la salle. En quelques années, Jean Baptiste a réuni une communauté de disciples comme les vedettes attirent les fans. Certains venaient souvent écouter ses paroles de feu. D'autres ne venaient qu'une seule fois. Souvent, ils étaient marqués à vie. 

Jean Baptiste invitait les gens à se faire baptiser pour chasser les ombres de leur vie et retrouver la joie. C'est la fraîcheur de l'eau qui permet cela ;  c'est la fraîcheur de ses paroles également. Notre discours ne doit pas être un flot d'eau tiède, mais des paroles fraîches et percutantes avec des mots mots nouveaux et enthousiastes.

En quittant le temple où son père Zacharie exerçait un culte routinier, Jean Baptiste a cherché dans le désert l'intériorité. Il cherche à toucher les cœurs, même les plus endurcis des pharisiens ou des soldats romains. Invitons les hommes à l'intériorité. 

 

Jean Baptiste passe le témoin. Après l'appel à la conversion, Jean Baptiste annonce dans un deuxième temps, une fois sa mission accomplie, la venue de Jésus. Comme un artiste faisant la première partie du spectacle d'une vedette, le précurseur annonce la vedette que tout le monde attend. Il fait l'éloge du Sauveur des hommes. Il a l'honneur, la joie et l'avantage de nous présenter le Fils de Dieu. 

L'honneur, car c'est un privilège d'être le précurseur. On dit que Jean Baptiste est le plus grand des prophètes.

La joie, car il se réjouit de la venue du sauveur. Il avait tressailli autrefois dans le ventre de sa mère. Cette joie ne l'a pas quittée depuis. 

L'avantage, car on profite toujours d'approcher des grands hommes. Jean Baptiste a reçu une leçon d'humilité lorsqu'il a baptisé Jésus dans les eaux du Jourdain. 

Sachons faire l'éloge de Jésus en soulignant ce qu'il nous apporte. Disons, haut et fort, l'honneur, la joie et l'avantage d'être chrétien. 

 

Guidons les hommes vers Jésus.

Amen.

 

Homélie du dimanche 10 décembre 2017

En ce temps de l'Avent, nous sommes invités à préparer un chemin pour le Seigneur. Il faut préparer une route alors que, nous le savons, Jésus nous a ouvert le chemin du salut. C'est ce qu'affirme la préface de l'Avent : "Il est déjà venu en prenant la condition des hommes, pour accomplir le dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut."

Que manque-t-il à cette route ?

 

Redresser la route. Jésus nous a ouvert le chemin du salut. Il a prêché la Bonne Nouvelle, mais il a rencontré des obstacle infranchissables. Alors, ce chemin a fait des détours et des détournements pour arriver au ciel. Il faut redresser cette voie, comme il faut redresser la route du Faouët à Guiscriff. Levons les obstacle que nous mettons à la venue de Jésus dans nos vies. 

 

Les bornes kilométriques. Lorsqu'un chemin est fini, il faut faire les derniers aménagements. Elle est dotée de bornes kilométriques qui mesurent la distance entre la ville de départ et la ville d'arrivée. Il nous faut mesurer la grande distance qui nous sépare du ciel. Alors, nous découvrons combien nous sommes loin de la sainteté de Dieu. Nous découvrons aussi l'abaissement de Jésus venu, de si loin, dans notre monde. 

 

La signalisation. Une route neuve est dotée de panneau de signalisation. Jésus en a mis pour nous indiquer le chemin du ciel. Seuls ceux qui vont de la terre au ciel peuvent les lire. Il faut des panneaux dans l'autre sens. Pour celui qui vient du ciel vers la terre. Ces panneaux manifestent notre désir de voir le Seigneur parmi nous. En particulier, on peut mettre un panneau de bienvenue.

Pour placer ces panneaux, il faut se placer du point de vue de Dieu. Il ne s'agit pas de savoir comment je vais être sauvé ; il faut aussi découvrir comment Dieu nous sauve et nous rejoint. 

 

Les habitations. Une route si belle soit-elle est triste lorsqu'elle est dépeuplée. Mettons des habitations sur ce chemin du salut. Il y a tous les saints qui ont bâti leur demeure sur la route vers le ciel. Ce sont des lieux que nous pouvons visiter et où nous pouvons nous ressourcer. La maison Saint François d'Assise, la maison Saint Vincent de Paul ou Saint Ignace de Loyola sont autant d'étapes qui nous permettent d'avancer plus avant sur le chemin du salut. 

Nous le savons : les supporters n'attendent pas que les coureurs cyclistes passent chez eux. Il vont au-devant des sportifs sur les routes de France.  Marchons au devant de Jésus avec des banderoles d'encouragement. Écrivons sur les routes notre amour de Jésus. 

 

Bon chemin de l'avent.

Amen.

Homélie du dimanche 3 décembre 2017

Certains événements sont bien programmés, d'autres sont imprévisibles. On connaît à l'avance les horaires des trains, mais on ne sait pas la date et l'heure d'une naissance. Il y a ce qui est programmé par les hommes et il y a aussi les surprises que Dieu nous prépare. Il faut veiller pour en profiter.

 

Veiller la nuit et aussi le jour. Jésus nous invite à veiller, à ne pas s'endormir. La veille concerne avant tout la nuit. Oui, dans les périodes sombres de nos vies, il faut garder toujours l'espoir d'une nouvelle aurore. Celui qui n'attend plus rien de la vie, va s'endormir rapidement. Les apôtres se sont endormis dans le jardin de Gethsémani.

Veiller le jour est une autre activité. Il faut veiller au bon fonctionnement de la maison qui nous est confiée. Il faut que la cheminée fonctionne. Il faut enlever les frelons qui peuvent y installer leur essaim. Certains ont une avidité désordonnée de surnaturel, de ce qui vient du ciel.

Il faut réparer les toitures après les tempêtes.  Il faut que la maison soient toujours un lieu de protection de la vie des gens.

 

Veiller tout en gérant son temps. On s'endort lorsque la fatigue est trop forte. On ne peut pas travailler 24 heures sur 24. Il faut des moments de calme. C'est pendant ces répits que nous pouvons prier ou lire. Sachons avoir un planning qui nous rend toujours attentif aux autres dans le travail et à Dieu dans la prière. 

Les militaires le savent : veiller veut aussi dire planifier des rondes régulières. Il faut faire le tour de sa vie pour réparer ce qui ne fonctionne plus. Il faut faire le tour de sa famille et de ses amis pour soutenir ceux qui flanchent.

 

Veiller en cultivant le désir. Il faut rester dans le désir de la rencontre du Christ.

L'oubli de Dieu est un danger. On va le compenser par d'autres personnes. C'est le risque qui guette certains époux séparés par le travail.

La résignation est un autre danger pour notre foi. Zacharie avait construit sa belle vie de prière. Il n'attendait plus l'imprévu de Dieu. 

En veillant, nous pourront être attentif aux premières lueurs de l'aurore. Oui, regardons autour de nous les belles et petites choses que Dieu commencent à faire dans notre monde avant l'arrivée du grand jour de Dieu. Ces petites lueurs nous feront aimer encore plus la lumière du jour. Ces petites bontés nous feront mieux  aimer la bonté de Dieu. 

 

Que notre désir soit à la hauteur des merveilles que Dieu nous promet.

Amen.

Homélie du dimanche 26 novembre 2017

Nous fêtons dans la joie le Christ, roi de l'univers. Dans cette parabole, nous voyons un roi assis sur son trône de gloire. Il gouverne le monde de tous les humains qui sont rassemblés devant lui. C'est l'universalité de la royauté qui est mis en valeur dans cet évangile. 

 

Règne sur le bien et sur le mal. Il est évident que Jésus est à la source de tout bien. Il est moins facile d'imaginer qu'il est aussi là où il y a de la pauvreté. Pourtant, lors de sa venue sur notre pauvre terre, il a vécu une certaine précarité. Il a eu faim après son jeûne dans le désert ; il a eu soif et a demandé à boire à la Samaritaine. Il a été un étranger lorsque, avec ses parents, il a vécu en Egypte. Il a été nu et dépouillé de ses vêtements sur la croix. Il a été en prison la nuit de sa passion. 

L'universalité de la royauté du Christ tient à cette proximité invisible et mystérieuse auprès de tout ceux qui souffrent. Il continue de vivre les douleurs de sa vie terrestre en chacun des hommes. C'est une royauté de service qui prépare une royauté de gloire. 

Les empereurs romains triomphaient à Rome après avoir fait des campagnes militaires. Jésus est en campagne contre la pauvreté. Il est le général ; nous sommes son armée. Pendant la guerre, le général dort à la dure sous la terre et affronte les rigueurs du climat. Oui, Jésus en ce moment affronte les affres de notre vie humaine. 

 

Les brebis et les boucs. Le roi sépare les brebis des boucs. Comme Jean de la Fontaine dans ses fables, Jésus utilise le symbolisme des animaux pour parler de deux attitudes, de deux comportements. Le bouc a des cornes pour dominer le troupeau, pour se battre contre les autres mâles. Il voit dans les autres des concurrents et des adversaires. Il ne connaît que la loi du plus fort. 

La brebis n'a pas de corne. Elle est celle qui fournit tant de biens aux hommes : la laine et le lait. C'est la figure maternelle qui prend soin des autres, qui materne les faibles et les petits. 

Jésus parle d'un tri final entre ces deux attitudes. Je pense que ce tri se fait dès maintenant dans notre cœur. Nous chassons de notre vie les envies de domination,pour nous ouvrir à la douceur maternelle de l'Eglise. Le berger nous y aide pour que la bonté triomphe dans notre cœur.

 

La gloire et le feu. Le roi est assis sur son trône de gloire. Les boucs vont dans le feu. Nous avons là deux manières d'éclairer. 

Le feu éclaire, mais en consumant les morceaux de bois, qui deviennent  de la cendre. Nos passions peuvent nous consumer de cette façon. Elles nous détruisent. 

La gloire est comme une ampoule électrique. Le filament chauffe et éclaire sans se détruire. L'amour du prochain chauffe notre coeur et éclaire notre vie et la vie des autres. C'est un amour qui fait du bien à tous. 

 

Soyons généreux comme les brebis.

Amen.

Homélie du dimanche 19 novembre 2017

Par cette parabole, Jésus lance un avertissement à ses auditeurs. Avant de passer de ce monde à son Père, il dit clairement ce qu'il attend de ses disciples : être des serviteurs bons et fidèles. Essayons de savoir, ce que le Seigneur attend des chrétiens.

 

La confiance en soi. Le mauvais serviteur explique qu'il a eu peur. Il reçoit la plus petite somme et prend peur devant cette responsabilité. Les autres serviteurs ne sont pas effrayés d'avoir 5 ou 2 talents en leur possession. Rapidement, juste le temps de le dire, ils ont fait fructifier les biens du maître. Cette peur est tellement puissante que l'homme ne veut même pas garder chez lui la pièce de monnaie. Il la cache dans la terre et, sans doute, pas dans son champ. Il n'a plus de lien avec elle.

 

Faire valoir. Les bons serviteurs gagnent de l'argent. Ils doublent la mise de départ. Pour cela, il ont besoin d'autres personnes. C'est avec d'autres que nous pouvons faire valoir ce que le Seigneur nous a confié : sa parole, ses sacrements, sa miséricorde, sa joie, sa paix, son amour...

Le texte souligne que les serviteurs gagnent d'autres talents, comme s'ils avaient conservé les premiers. Ils redonnent au maître la mise de départ et de nouvelles pièces. C'est ce que faisons, lorsque nous rendons actuelle  la parole de Dieu. De nouvelles interprétations prennent place au côté d'écrits plus anciens. 

 

Longue absence. Jésus nous parle d'une monnaie qui n'est plus utilisée.  Au fil des siècles, le patrimoine mondial a été converti en monnaie plus moderne. Nous avons connu le passage à l'euro assez récemment. Avec la parole de Dieu, il en va de même : nous devons l'actualiser pour qu'elle ne devienne pas une pièce de collection, mais reste une monnaie d'échange. L'actualisation de la théologie, lors du concile Vatican II, a obligé les chrétiens a faire des conversions dans leur manière de vivre et de penser. 

 

Donner à celui qui en a dix. La fin de la parabole peut nous choquer. Celui qui a reçoit encore. Pas de recherche de l'égalité. Sans doute, il est plus facile de poser une pièce supplémentaire sur une bourse de dix talents que sur une de 5. Cette pièce se retrouve au-dessus et est sans doute visible. N'est-ce pas ce qui arrive aux saints et bienheureux : leur bonté est visible aux yeux de tous. Ils ont une statue dans l'église, mais pas d'autres chrétiens, pourtant aussi dans le ciel. Cette pièce donnée, et non acquise, est ce miracle que Dieu permet pour la canonisation après le passage sur la terre.

 

Soyons de bons gérants des dons de Dieu.

Amen.

Homélie du dimanche 12 novembre 2017

JÉSUS nous parle positivement de sa venue. Elle est comme la fête des noces. Il nous invite à ne pas gâcher la fête en étant imprévoyant. Soyons lumineux pour accompagner joyeusement l'époux. Il est bien habillé. Ce n'est plus l'enfant de Bethléem, couché dans une mangeoire. Ce n'est pas non plus le crucifié, dépouillé de ses vêtements. C'est le roi de gloire que nous attendons dans l'espérance. C'est la lumière de la foi qui nous permet de marcher avec lui dans la nuit. Cette foi sera-t-elle assez durable pour aller jusqu'au bout du chemin ?

Prenons nos lampes et vérifions qu'elles fonctionnent bien.

 

Le réservoir de notre lampe est-il plein d'huile ? L'huile est douce pour la peau. C'est un symbole de la bonté et de la tendresse. Sommes-nous remplis de  tendresse ? Nous ne l'avons pas en nous à la naissance. Nous l'accueillons en grandissant de nos parents ou de nos amis.

Il faut faire attention en versant l'huile de la tendresse de ne pas en verser à côté, vu que le trou est petit. Parfois, nous ne savons ni voir ni accueillir la bonté de notre entourage. Nous nous comportons comme des adolescents rebelles qui ne veulent dépendre de personne. Au contraire, utilisons un entonnoir pour recevoir largement la tendresse de nos proches, pour profiter de chaque instant avec les nôtres.

 

Avons-nous une réserve d'huile de côté ? Cette tendresse reçue dépasse souvent nos besoins. Alors, nous sommes pleins de reconnaissance pour ce grand amour. Cet amour sur-abondant, nous permet de tenir lorsque nous sommes séparés des nôtres. La mère qui voit son enfant partir pour suivre ses études ou en voyage. Le souvenir de l'amour conjugal permet aux époux de vivre les séparations géographiques pour raison professionnelle. 

Nous accumulerons d'autant plus de l'huile que nous accueillerons le plus grand amour qui existe sur terre : l'amour de Dieu. A ne fréquenter que les hommes, comment pourrons-nous dégager de la réserve ? L'amour humain est limité. L'amour infini de Dieu peut, à lui seul et en peu de temps, remplir le réservoir de notre lampe et un réservoir annexe. 

 

La mèche est-elle en bon état ? Pour que la lampe éclaire, il faut l'équiper d'une mèche qui fasse monter l'huile jusqu'à la flamme. Elle fait le lien entre l'huile de l'amour et la flamme de la foi. C'est l'espérance. L'huile sans cette mèche pourra soigner les brûlures ou servir à l'assaisonnement. Pour qu'elle serve à éclairer, il faut cette mèche qui soulève cet amour et nourrit la foi. C'est le passage de l'amour horizontal - l'amour humanitaire -,  qui reste dans un bol, à l'amour vertical, amour de Dieu, qui espère le salut du monde. 

 

Soyons des chrétiens lumineux.

Amen.

Homélie du dimanche 5 novembre 2017

JÉSUS invite ses disciples à un nouveau comportement religieux. En dénonçant certains abus des scribes et des pharisiens, il veut mettre en lumière la vie idéale de l'Eglise, servante de l'humanité.

 

Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. On peut comprendre cette phrase de deux façons. Le responsable de la communauté doit se mettre au service des autres. L'expression "votre serviteur" désigne Jésus. Alors, cette affirmation est dans la logique de la phrase précédente : "Vous avez qu'un seul maître le Christ". 

Les prêtres ne sont pas meilleurs que les scribes et les pharisiens d'autrefois. Mais désormais, quoi qu'il arrive, il y a un exemple à suivre : c'est celui de Jésus.

 

Ils disent et ne font pas. Le discours de Jésus montre un mauvais rapport à la Loi. Les apparences des scribes montrent un attachement à la parole de Dieu : les phylactères et la boîte que l'on porte au front qui contient un verset de la Bible sont larges pour être bien visibles, et les franges, signes d'observance religieuse, sont longues. On sait que Jésus portait un vêtement à frange, mais mangeait avec les pécheurs. Ne soyons pas trop démonstratif dans notre vie chrétienne.

Jésus parle de fardeaux qui sont liés sur les épaules des gens. Les verbes "lier" et "délier" sont utilisés pour parler du pardon accordé ou pas. Ce que Jésus reproche, c'est le manque de miséricorde. Il propose un fardeau léger, facile à porter. Nous savons combien de consciences il a soulagé. Heureux les miséricordieux, a dit Jésus.

 

Qui s'abaisse. Jésus est celui qui a vécu le plus grand abaissement. C'est comme celui qu'il a grandi en grâce, comme le dit l'évangéliste Luc. L'abaissement est notre oeuvre. L'élévation est l'oeuvre de Dieu. La formule est passive. 

Cet abaissement permet la vie fraternelle. On ne fraternise pas avec les chefs. La simplicité de vie permet la rencontre de tous.

 

Suivons l'exemple du Christ.

Amen.

 

Homélie de la Toussaint 2017

Les béatitudes que nous avons entendues aujourd'hui nous indiquent huit chemins de bonheur, huit chemins vers le ciel. C'est le discours inaugural de Jésus qui éclaire et donne sens à tout son ministère. Le texte est rédigé au pluriel, car ces béatitudes se vivent en communauté, en groupe. C'est l'idéal de la vie religieuse, c'est le schéma de la vie familiale. De nos jours, les papes cherchent à valoriser la sainteté dans la vie conjugale. Sans oublier Marie et Joseph, Anne et Joachim, Valérie et Vital, des couples sont mis en avant, comme les parents de Sainte Thérèse ou les Italiens Louis et Marie BELTRAM.  C'est de ces derniers dont nous allons parler aujourd'hui. 

 

Louis, né en 1880, est avocat. Il épouse, en 1905, Marie qui a fait des études de commerce. Ils ont eu quatre enfants.

Tous deux ont vécu, comme toutes les familles, les béatitudes, la pauvreté qui nous dépossède par la vie commune, dans une maison. Partager une salle de bain, le salon ou la salle à manger est une contrainte et impose des règles pour une vie paisible. Au ciel, nous ne vivrons que dans des pièces communes, dans la maison du Père. 

Les parents sont des artisans de paix pour faire vivre dans un même espace des âges et des caractères différents. On y apprend la miséricorde, l'indulgent envers les autres. On pardonne à celui qui ne range pas sa chambre ou à celui qui monopolise la salle de bain.

La vie professionnelle est un lieu où se vit la recherche de la justice. Justice d'un salaire équitable. Louis a refusé de prendre la carte du parti de Mussolini. Sa carrière fut bloquée pendant la guerre. 

Marie est restée veuve pendant 14 ans. Elle a su trouvé la consolation par ses enfants et dans la prière. On console par un câlin. Dans le ciel, le Père nous accueillera les bras grands ouverts.

 

Vivons saintement dans nos familles.

Amen.

Homélie du dimanche 29 octobre 2017

JÉSUS répond, une fois de plus, avec habileté à une question piège. Il résume toute la Loi de Dieu en deux commandements : l'amour du Seigneur et l'amour du prochain. Voyons les conséquences d'une telle affirmation. 

 

"Toute la Loi dépend de ces deux commandements". Jésus veut indiquer par cette conclusion que les commandements sont liés entre eux. Nos actes ne sont pas comme un tas de pierres où s'accumulent des cailloux dans un grand monticule. Nos actes construisent un édifice, un projet ou une vie. C'est la même pierre ronde ou carré qui édifie une église. Seule la place de cette pierre change.

Cette église est formée de murs et de voûtes. Elle peut avoir des portes et des vitraux. Nos actes, en plus d'être coordonnés les uns aux autres, contribuent à l'accueil et à la protection des autres. 

 

Le premier et le second. Les pierres ne sont pas posées les unes à côté des autres. Elles se chevauchent pour former un mur solide. Nous alternons des actes envers le prochain et envers Dieu. Dans une même action les deux amours se retrouvent. On aime son prochain qui prie a côté de soi lorsqu'on va à la messe.

Cependant, il y a la pierre de fondation, la première pierre qui donne la solidité à tout l'édifice. Jésus nous dit que cette première pierre est l'amour de Dieu. 

Pour construire une maison ou une église, on utilise des grosses et des petites pierres. Notre amour envers Dieu et notre prochain ne prend toujours la même importance. Pour faire un linteau au-dessus d'une porte, il faut une longue pierre. L'ouverture aux autres prend du temps. 

 

L'urbanisme. Chacun, dans sa vie, respecte ces deux commandements. D'autres fois, c'est ensemble, en communauté, que nous suivons la Loi du Seigneur. Entre tous ces édifices, entre toutes les familles ou communautés chrétiennes où règne l'amour, il faut des rues et des avenues. Il faut des places d'où on peut admirer une belle façade d'église et de château. Sachons apprécier  les œuvres des autres. Sachons être complémentaire du travail des autres. 

 

Bâtissons des maisons où Dieu et notre prochain aiment y demeurer.

Amen.

 

Homélie du dimanche 22 octobre 2017

La réponse de Jésus est devenue célèbre. Elle indique qu'il existe une différence entre le religieux et le politique, entre l'Eglise et l'Etat. Cette affirmation ne parle pas seulement de la question des pouvoirs, mais aussi de la personne de Jésus. Regardons les composantes d'une pièce de monnaie.

 

L'effigie de César et l'image de Dieu. Sur chaque pièce de monnaie, il y a l'effigie de César. Cette représentation invite à reconnaître l'autorité de l'empereur qui a le pouvoir de battre monnaie. C'est une empreinte de possession et de puissance.

Jésus, lui, est à l'image de Dieu. Envoyé par lui, il veut qu'on reconnaisse la puissance d'amour et de bonté de son Père par l'accomplissement de tant de signes et de bienfaits parmi le peuple. Cette image est aussi un signe du don de Dieu, qui a envoyé son fils unique parmi nous.

Il faut faire attention à la propreté des pièces de monnaie. Au fil du temps, la saleté ne permet plus de distinguer l'effigie du pouvoir. Parfois, on ne peut plus distinguer en nous l'image de Dieu que notre créateur a imprimé en notre être.

 

Le nom de César et le nom de Jésus. Le nom de César provoque la crainte de ses ennemis et le respect des citoyens de Rome. Il est devenu synonyme d'empereur ; comme celui qui a voulu recenser toute la terre au moment de la naissance de Jésus (ce prénom veut dire "le Seigneur sauve"). Il invite les croyants à la foi et à l'espérance de jours meilleurs et de paix universelle. Nous participons à ce beau nom en tant que chrétien.

Il faut faire attention que les pièces de monnaie ne s'usent pas trop au point de devenir lisses. Alors, on ne peut plus lire le nom qui figure sur celle-ci. Le temps peut user notre foi chrétienne au point qu'elle n'ait plus de relief, car elle est tombée dans la routine et l'habitude. On ne sait plus se réjouir des fêtes liturgiques. Notre vie de prière devient insipide. 

 

Une pièce d'argent et la gloire de Jésus. La pièce d'argent brille plus que celle de bronze. Elle était la plus noble et plus précieuse de son époque. Jésus brille de la gloire de Dieu. Son visage est devenu resplendissant le jour de la Transfiguration. Il veut que nous partagions cette gloire. 

Les pièces de monnaie n'aiment pas l'humidité. Elles peuvent s'oxyder. En revanche, nous partageons la gloire de Dieu grâce à l'eau de notre baptême.   Les larmes qui coulent sur nos péchés nous lavent et nous purifient. 

 

Contribuons à la croissance de notre pays et de l'Eglise.

Amen.


Homélie du dimanche 15 octobre 2017

JÉSUS parle du royaume comme d'une noce, comme d'une fête. Oui, le Seigneur a scellé une alliance avec les hommes. Il veut que tous les hommes participent à cette joie. Quelques-uns vont décliner l'invitation, préférant aller à leurs propres affaires.  Pour nous, il faut revêtir l'habit de noce pour festoyer en présence de Dieu.

 

Un habit pour l'occasion. Ce n'est pas un habit de travail ou de sport ; c'est un vêtement de fête, unique, pour aller à une noce. Alors avant de partir, on se change, laissant les vêtements du quotidien à la maison. Ce changement de style va avec un changement de mentalité ou d'esprit. Pour entrer dans la fête du Père, il faut oublier tous ses soucis de la vie de tous les jours.

 

Un habit propre. Avant de se vêtir pour la noce, il convient de se laver ou se doucher. Un si bel habit demande beaucoup de soin. Sachons nous purifier pour être dans la joie. Rien ne doit tourmenter notre cœur. Sachons faire la paix avec nous-mêmes pour être dans la joie du Seigneur.

Il ne faut pas salir notre habit sur le chemin vers la salle des noces. Prenons les chemins dégagés et bien aménagés. Ne partons pas à l'aventure à travers les champ ou la forêt. 

 

Un habit sur mesure. Nous avions tous un habit de fête à note baptême. Cet habit est trop petit aujourd'hui, tout comme celui de notre première communion ou de notre confirmation. Oui, il faut acquérir un nouvel habit au fur et à mesure des années. Nous ne pouvons pas rester sur notre foi d'enfant ou d'adolescent. Il faut des manches plus longues, c'est-à-dire : grandir dans le service. Il faut un vêtement plus long, c'est-à-dire : une vision à plus long terme. 

Nous devons être à l'aise dans notre habit de fête. Il ne faut pas qu'il soit trop étroit. Le Seigneur ne veut pas que nous ayons l'esprit étroit. Il ne faut pas que le vêtement soit trop large. Le Seigneur ne veut pas que nous soyons négligent. 

 

Allons dans la joie à la noce du Seigneur.

Amen.


Homélie du dimanche 1er octobre 2017

Après son entrée triomphale à Jérusalem, Jésus enseigne dans le Temple. Les grands prêtres et les anciens l'interrogent pour trouver de nouvelles raisons de l'accuser. Jésus les met devant leur incohérence en proposant cette parabole des deux fils.

 

Lequel des deux a fait la volonté du Père ?  Aucun d'une manière parfaite, mais l'un plus que l'autre. Aucun n'est allé à la vigne le jour même. Le premier arrive après la bataille, lorsque tout est fait. Il arrive lorsque la vendange est faite. Il a montré son bon cœur et c'est cela que Jésus veut souligner. 

Nous sommes tous comme ses deux fils. Parfois, nous disons non et nous le faisons tout de même, car notre conscience nous titille ou parce que nous voyons les autres faire les choses à notre place. D'autres fois, nous sommes comme le second fils : nous disons oui, plein de bonne volonté, mais, pour diverses raisons, nous restons sur place sans partir au travail.

 

L'effet de groupe. Jésus parle de deux fils pour désigner, non pas deux attitudes, mais deux groupes. Les anciens et les grands prêtres, auxquels il parle, et les publicains qu'il cite en exemple. Nous suivons souvent le mouvement du groupe auquel nous appartenons. Par mimétisme ou par facilité, nous avons tous le même comportement oubliant tel ou tel devoir. Ouvrons les yeux, regardons autour de nous pour les belles choses faites par les voisins.

 

Jean-Baptiste. Dans le discours de Jésus, un seul vit selon la justice : c'est Jean Baptiste.  Dans notre monde, il y a des prophètes qui interpellent le monde par leur vie droite et leur sincérité. Sachons les écouter. Ils peuvent nous aider à faire la volonté de Dieu. 

Jean-Baptiste est le précurseur qui a permis aux publicains de marcher vers le royaume. Ils en ont pris le chemin sans y être entrés. Nous avons besoin de personnes qui nous devancent, qui nous  ouvrent la route. Suivons les avec confiance. 

 

Travaillons à la vigne du Père.

Amen.


Homélie du dimanche 24 septembre 2017

JÉSUS nous raconte une parabole à la conclusion paradoxale : les premiers seront les derniers. Nous comprenons qu'il veut mettre en lumière la générosité du maître de la vigne. Cette générosité nous invite à avoir le même regard sur la situation qu'il nous faut analyser maintenant.

 

Un maître généreux. Le maître est généreux envers les ouvriers de la première heure. Un seul denier permet de nourrir correctement une famille. C'est la fourchette haute des salaires des ouvriers saisonniers.  

Cette parabole vient après le récit du jeune homme riche qui n'a pas voulu suivre Jésus, car il avait de grands biens. Le maître a de grands biens, non pour en profiter égoïstement, mais pour en faire profiter les autres, la société. Il existe dans notre monde de tels patrons, même s'ils sont peu nombreux. 

 

Des ouvriers sans travail. Le maître embauche tous les ouvriers qu'il trouve sur la place de la ville. A cinq reprises, il quitte son domaine, qui est à la campagne, pour aller en ville sur la place, là où se font les embauches. Comment se fait-il qu'il y ait des ouvriers encore à 5 heures du soir ? D'où viennent-ils ? Certains pourraient croire qu'ils sortent de leur lit. On peut penser, avec raison, que ces ouvriers sont allés de ville en ville sans trouver d'emploi. Le maître leur rend un grand service. Les autres patrons n'ont pas de travail à donner. Le maître de cette vigne embauche tous les chômeurs. Ses biens sont apparemment immenses, voir illimités.

 

Quel sorte de domaine ? Le maître peut être un riche propriétaire issu d'une grande famille du pays. On peut aussi penser à un propriétaire d'un latifundium, ce grand domaine donné au soldat vétéran pour coloniser les pays conquis. Les latifundia sont devenus de grandes propriétés quand ces propriétaires ont racheté les terres des paysans ruinés par les guerres ou les mauvaises récoltes. Or, Jésus n'a t-il pas mené le plus grand des combats en souffrant sa passion ? Si c'est le cas, le maître est un étranger qui est généreux qui ne cherche pas à exploiter la misère sociale, mais à donner les moyens à chacun de vivre. Le chômage n'a pas fait baisser le salaire, bien au contraire. 

Le maître veut donner à chacun un denier, car les uns ont sué dans la vigne et les autres ont sué sur les routes à chercher du travail. Ce patron ne regarde pas son intérêt, ce que l'ouvrier lui a fait rapporté comme argent, mais les efforts fait par chacun pour aller travailler. 

Ce domaine détenu par un étranger est une figure du royaume, une figure de l'Eglise. On ne cherche pas un intérêt économique ; on cherche la justice qui récompense tous les efforts, un refuge où on soulage toutes les détresses par le travail. Les chômeurs dans cette parabole ont retrouvé leur dignité.

 

Soyons bon comme le maître de cette vigne.

Amen.


Homélie du dimanche 27 août 2017

JÉSUS fait une belle promesse à Saint Pierre : "Je te donnerai les clés du Royaume des cieux."

Comment concilier cette affirmation avec celle d'un Jésus sauveur ?

 

Un changement de gardien. Après la chute, après le péché originel, un ange fut posté devant la porte du paradis. Après la résurrection de Jésus, la porte n'est plus gardée par cet ange. Saint Pierre prend sa place. Il n'a pas d'épée, mais les instruments de la miséricorde, c'est-à-dire les sacrements. C'est un grande responsabilité que d'être gardien.

 

Pouvoir des clés. Le pouvoir des clés donne un pouvoir de jugement, de discernement relatif et non final. Le jugement final revient à Dieu. Sainte Odile a prié pour son père défunt,  grand pêcheur devant l'éternel. Elle a obtenu son salut. En plus de l'instrument sacramentel, l'Eglise détient la force de la prière pour les vivants et pour les morts.

 

Prier pour le salut de tous les hommes.

Amen.


Homélie du dimanche 20 août 2017

Face à la montée de l'hostilité à son égard, Jésus est prudent. Il se cache facilement en territoire païen. Il continue à former ses disciples sans prêcher à la foule. Le Sauveur de tous les hommes s'est donnée une limite. Comment comprendre cela?

 

Sauveur de l'humanité. Depuis le triste épisode de la tour de Babel, les peuples sont dispersés et divisés. De plus, en matière religieuse, chacun a suivi son instinct. Seul le peuple d'Israël a eu la chance de recevoir la révélation divine. Cette loi, à cause de la dureté du cœur des hommes, a instauré un mur de haine entre les Juifs et les païens. Jésus ne veut pas franchir cette frontière avant d'avoir réconcilié l'humanité. Cela sera réalisé par sa mort et sa résurrection.

Nous voyons cependant que Jésus est capable de franchir ce mur d'hostilité. En effet, son amour est tellement grand qu'il déborde les limites humaines comme l'arbre étend ses branches sur le terrain du voisin. Et aussi, nous le voyons aujourd'hui, des païens aspirent au salut d'une manière sincère. Jésus ne veut pas refuser une demande légitime.

 

Les miettes de pain. Jésus utilise la belle image des miettes de pain. Lorsqu'on mange du pain on fait inévitablement des miettes, car on mange en plusieurs bouchées. La Bible, vrai pain vivant,  ne peut pas être absorbée en une seul fois. On doit la comprendre progressivement. Oui il faut pour nous-même et pour les autres proposée des bouchées de la parole de Dieu. C'est le but des lectures de la messe qui sont des passages courts, mais digestes, du pain vivant. Dans la transmission de la foi, sachons rendre le mystère de Dieu assimilable par tous, enfants et adultes.

 

Sachons diffuser le message de Jésus.

Amen.


Homélie du 15 août 2017 (Assomption)

Pour fêter l'assomption de la Vierge Marie, nous avons lu avec plaisir ce beau récit de la rencontre de deux femmes enceintes. Toutes les deux attendent la naissance de leur enfant. Cette première attende est finie pour toute les deux. Mais, Elisabeth, désormais dans le ciel, attend la résurrection de son corps, tandis que Marie, glorifiée avec son âme et son corps, n'attend plus rien pour elle-même.

 

La femme enceinte. L'attente de la femme enceinte est finie lorsque le corps de l'enfant est complètement développé. Marie n'a pas attendu, car son âme était parfaitement développée. Tous les actes de foi qu'elle a manifestée durant sa vie ont permis l'achèvement de son âme. Certains, plus vif d'esprit que les autres, sautent une classe. Marie, plus vive en matière de foi, a sauté une étape dans le processus de rédemption. 

 

Avec son âme et son corps. Marie est dans le ciel avec son âme et son corps. Elle ne doit pas, comme nous, pauvres pécheurs, attendre la résurrection des corps. Tout de suite, Dieu lui a donné son corps glorieux. Certains malades attendent des années une greffe d'un donneur. D'autres malades, qui perdent un doigt, sont recousus tout de suite. On veut qu'ils retrouvent l'usage de leur doigt. Jésus n'a pas voulu que l'âme reçoive un autre corps à la fin des temps. Il a voulu qu'elle puisse être glorifiée dans le même corps.  Marie n'a pas attendu :  son Fils qui avait reçu d'elle un corps de chair lui donne immédiatement un corps glorieux. 

 

Le vrai visage de Marie. Sainte Anne est une âme glorifiée. elle est dans le ciel sans son corps. Lorsque que Sainte Anne est apparue à Nicolazic, elle a pris un corps d'emprunt. Lorsque Marie apparaît à Lourdes elle n'a pas besoin de corps d'emprunt. Elle montre son vrai visage physique et aussi spirituel. Elle se montre en vérité en toute franchise. Elle n'a pas besoin que beaux habits qu'elle n'a pas emporté dans le ciel. 

Ayant un corps, Marie a donc des yeux. Alors que les âmes des saints voit Jésus tout spirituellement. Celle qui a porté et soigné le corps de Jésus le voit corps glorieux de son fils avec ses yeux. La proximité physique de mère est dignement récompensé par ce privilège obtenu immédiatement. 

 

Louons Marie dans son assomption.

Amen.


Homélie du dimanche 13 août 2017

Nous sommes après la multiplication des pains, Jésus met à l'épreuve ses Apôtres. Il leur demande de traverser seuls la mer. Jésus prépare-t-il ses disciples à son départ ? Voyons les leçons que nous pouvons tirer de cet évangile.

 

Les Apôtres seuls dans la barque. Les Apôtres étaient sûrement enthousiastes après la multiplication des pains. Pourtant, Jésus les renvoie ainsi que la foule. Ils sont alors confrontés à la solitude : ils traversent la mer sans le maître. Ils vont vers les païens qui habitent de l'autre côté du lac. Quel beau symbole de l'évangélisation ! On quitte l'enthousiasme de la vie entre chrétiens pour aller seul vers les autres. Ce passage se fait par la mer en quittant la fermeté de la terre, des convictions, pour être bousculé, comme sur mer agitée,  par les opinons des autres. 

 

Jésus veut rejoindre la barque des disciples. L'amour de Jésus le pousse, après son temps de prière, à aller vers ses Apôtres. Il marche sur l'eau. Est-ce de la lévitation ? En tant que mystique, il en est capable. Mais, apparemment, il marche sur l'eau, c'est-à-dire qu'il appuie ses pieds la surface de la mer.

Aucun animal ne marche sur l'eau. Le dauphin saute au-dessus des flots, mais en plongeant dans les flots. Une pierre est capable de bondir sur une surface liquide. C'est le ricochet. Vous le savez sans doute, pour cela il faut lancer le caillou assez horizontalement pour qu'il ne coule pas, mais rebondisse. En effet, lorsqu'on plonge la tête la première, on fend les flots et on descend dans les profondeurs de la mer. Mais si on arrive à plat ventre sur la mer, elle devient dure. Jésus marche sur l'eau car il remplit deux conditions : une vitesse assez grande à cause de son amour des disciples et un appui confiant de tout le plat du pied sur la mer qui devient ferme sous son pas.

 

Pierre veut rejoindre Jésus. Pierre a besoin d'une preuve. Il veut rejoindre le Seigneur. Mais sa foi n'est pas assez grande. Comme je l'ai dit, il faut poser le pied fermement et bien à plat sur la mer pour qu'elle devienne une surface plus dure. Le doute ou la peur fait qu'on marche sur la pointe des pieds, alors on coule comme lors d'un plongeon la tête la première. 

On voit donc que l'enthousiasme de Pierre est grand au départ. Mais il s'appuie sur un sentiment. Celui-ci change dans l'adversité. En sentant le vent sur son visage, l'enthousiasme disparaît. Alors, il coule. Jésus lui montre que la foi reste ferme, mais que le sentiment est changeant. 

 

Les disciples se prosternent. Ce n'est pas la marche sur l'eau de Jésus, ni celle de Pierre, qui provoque la confession de foi, c'est le calme après l'agitation. Pourtant, on est loin du signe de la tempête apaisée du début du ministère du Seigneur. Ce n'est plus la voix forte qui commande au vent, mais sa simple présence qui calme les flots. La présence de Jésus dans son Eglise est capable de faire régner la sérénité. C'est la présence eucharistique qui est silencieux mais qui apaise. 

 

Grandissons dans la foi en la présence de Jésus dans notre vie.

Amen. 


Homélie du dimanche 6 août 2017

Nous fêtons dans la joie la Transfiguration de Jésus. C'est un événement important pour lui mais aussi pour les Apôtres.

 

Une étape dans la vie des disciples. Après la première annonce de la passion, Pierre avait prit à parti Jésus. Il refusait la mort du fils de l'homme. Aujourd'hui Jésus prend à part Pierre et lui montre sa gloire. C'est une réponse éloquente à l'interpellation de l'Apôtre. C'est aussi une étape pédagogique pour que la foi de Pierre ne sombre pas. 

En montant sur la montagne, Pierre est invité à prendre de la hauteur, a voir plus loin. Jésus lui fait voir la gloire qui lui est promise par le Père. C'est la deuxième fois que Jésus prend avec lui Pierre et ses deux compagnons. La première fois ce fut lors de la résurrection de la fille de Jaïre. 

avant le secret de Fatima confié au pape, il a eu le secret de Jésus confié à Pierre. Secret qui marque la confiance du sauveur envers son disciple. Comme le secret de Fatima n'a pas empêché l'attentat contre Jean-Paul II, le secret de Jésus invite Pierre a accepté le plan de salut voulu par Dieu. 

 

Une étape dans la Révélation. Jésus est transfiguré en présence de  Moïse et Élie. On peut penser qu'il est légèrement au-dessus des deux saints hommes. Cela montre que tout la première alliance converge vers le sauveur. Il est attendu par les prophètes et il est le nouveau Moïse qui donne la Loi nouvelle. 

On peut se dire qu'il est encadré par ces deux personnages. Alors on en déduit qu'il est aussi celui qui fait la synthèse entre la rigueur de la Loi et la consolation des prophètes.

Il y a beaucoup de prophète qui ont annoncé le Messie et qui ont laissé des écrits. Élie n'a rien écrit. En revanche, Élie  comme Moïse a vu le Dieu très Haut sur la montagne du Très Haut. Moïse après le péché du peuple idolâtre avec le veau d'or ; Élie, après avoir fuit la colère de la méchante Jézabel. Jésus a vécu cette même confrontation avec la méchanceté des hommes. Pour lui la montagne est le lieu de la consolation et de la révélation du plan de salut de Dieu.

 

 

Une étape dans la vie de Jésus. Ce jour là Jésus a choisi le passage par la mort. La deuxième annonce de la passion est différente de la première. On passe de "il faut que le fils de l'homme meurt" à "le fils de l'homme va mourir". On passe d'une obligation morale à une prédiction. 

D'où vient le rayonnement de Jésus ? Il est différent de celui de Moïse qui était obligé de mettre un voile sur sur visage tellement il était éblouissant. Jésus redevient normal après cet événement. Ce n'est pas Dieu qui l'illumine extérieurement, c'est de l'intérieur qu'il est transfiguré. Son âme est sans doute toute illuminée de l'amour de Dieu grâce à l'union de ses deux volontés humaine et divine de telle sorte que est telle que la divinité se laisse voir dans l'humanité. 

 

Rendons grâce au Christ pour cette divinisation qu'il a fait voir à ses apôtres.

Amen.


Homélie du dimanche 30 juillet 2017

Nous arrivons à la fin du discours de Jésus sur le royaume. Il convient de résumer ce que nous avons appris en lisant en trois parties ce bel enseignement.

 

Au commencement, le semeur. C'est le Christ lui-même qui est venu semé la parole de Dieu sur notre terre. C'est une parole qui se fait proche. Elle est semée largement, mais ne germe que dans la bonne terre. Le semeur ne prend pas le temps de défricher ; à d'autres de le faire plus tard. Il passe en diffusant la bonne parole qui produit suffisamment de fruits. 

Le semeur n'est pas le seul dans le monde à répandre du grain. Le Mauvais sème des grains stériles, qui ne donne pas de fruits. Tout cela sera réglé à la fin des Temps. 

Le projet de Dieu réussit, mais se heurte à la liberté des hommes. 

 

Ensuite, il nous a parlé du jardinier. Le semeur a été confronté à l'ivraie que l'on brûle au moment de la récolte. Dans le jardin, il n'y a que de bons légumes. Ils sont plus ou moins gros, plus ou moins savoureux, plus ou moins grand. Le royaume est ce qui existe de plus grand et il réconcilie l'homme avec la nature à l'image des oiseaux qui nichent dans le moutardier. 

Le Royaume est appelé à dépasser tous les mouvements religieux, non pas en les écrasant, mais en les surplombant. 

 

Et l'homme dans tout ça ? Toutes les plantes citées par Jésus pousse d'elle-même. Jamais il ne parle de l'action de l'homme qui cultive son champ ou son jardin. Dans les deux dernières paraboles, c'est l'homme qui cherche le trésor caché dans le champ ou la perle fine de grande valeur. Le Royaume bouleverse la vie de cet homme. Plus rien compte désormais à ses yeux. Qu'il trouve, apparemment par hasard, le trésor ou qu'il cherche méthodiquement la perle, il vend tout pour cette chose unique. 

jusqu'ici, Jésus a utilisé des images de plantes pour parler du royaume. Là il évoque un bien matériel. Le Royaume a quelque chose de fixe d'intangible. Sa valeur est tellement immense qu'elle surpasse le fruit du travail des hommes. 

 

Le tri final. Avec l'image du filet, Jésus nous dit la date de la fin des Temps : lorsque le filet est plein. Mais nous savons que son amour est infini. Le filet ne sera pas plein de sitôt. 

Jésus nous dit aussi que le tri sera qualitatif. Beaucoup de poisson seront gardés, de valeur gustative différente : éperlan, sardine, saumon ou sole. 

Amen.



Homélie du dimanche 23 juillet 2017

JÉSUS nous parle encore du Royaume. Il le fait en parabole. Il montre aujourd'hui la grandeur de celui-ci, qui est plus abondant que l'ivraie et plus grand que toutes les plantes du potager. Nous allons nous attarder aujourd'hui sur la parabole du levain dans la pâte. Regardons ce qu'est le levain ?

 

Plusieurs jours de préparation. Aujourd'hui, le pain est fait à la levure chimique. Le levain a été abandonné, car il faut plusieurs jours pour le préparer. La fermentation de la farine et de l'eau doit se développer pendant plusieurs jours pour être opérationnelle pour faire du bon pain. Le mélange doit tripler de volume. Jésus a pris le temps que le levain du Royaume lève bien en formant avec douceur et persévérance ses disciples. Il a fallu qu'ils comprennent bien le message évangélique avant de pouvoir le diffuser dans le monde entier. 

 

Le levain fermente grâce aux bactéries. Les bactéries sont présentent dans l'eau, l'air et la farine. Ce sont elles qui provoquent la fermentation du levain. Cette triple source rappelle la Trinité. Oui, le royaume est le fruit de l'action conjointe du Père, du fils et du Saint-Esprit dans le cœur des croyants. 

Il faut remarquer que chaque levain est unique. En effet, les bactéries sont variées et se développent en fonction de l'air ambiant, du type de farine ou de la source d'eau. De même, le Royaume se développe différemment suivant les pays et les périodes. C'est ce qu'on appelle l'inculturation

 

Le levain doit rester toujours actif. Comme le levain se fabrique en plusieurs jours, les boulangers gardent une partie du levain en réserve pour le pain du lendemain. Il faut, pour qu'il reste actif, régulièrement le développer en ajoutant de l'eau et de la farine. Le Royaume est actif et doit être entretenu et conservé actif pour perdurer dans le temps. Nourrir sa foi et sa charité est une obligation pour le chrétien. 

 

La conservation du pain. Nous le savons le pain au levain se conserve plus longtemps que le pain à la levure. Il ne ramollit pas lorsque le temps est humide et sèche moins vite que le pain à la levure ; il peut se conserver une semaine. Le Royaume résiste au changements dans la vie des hommes. Il perdure lorsque le temps est humide à cause des pleurs des hommes ou lorsque le temps est sec à cause l'ingratitude des humains. 

 

Le levain demande du travail. Soyons actif à la construction du Royaume.

Amen.


Homélie du dimanche 16 juillet 2017

JÉSUS parle du royaume en parabole. Il en montre sa fécondité particulière semblable à celle des grains de céréales,mais bien différente de celle des ronces. 

 

Parole créatrice et parole recréatrice. Au commencement du monde, Dieu a parlé et les choses ont existé. Jésus nous parle de la parole comme une semence qui ne donne pas toujours du fruit. Elle doit s'enraciner dans la terre pour porter du fruit. La parole recréatrice a besoin de l'adhésion de l'homme pour agir. Il faut la comprendre ; il faut la laisser grandir dans le temps. 

 

Céréales contre ronces. Jésus parle de deux plantes : les céréales que l'homme sème et les ronces qui poussent naturellement. Voyons leurs différences :

  • Les céréales poussent verticalement, cherchant le soleil, la lumière, prenant de la hauteur. La ronce pousse en longueur s'étalant sur 2 ou 3 mètres, toujours tournée vers la terre.
  • Les céréales sont fécondes dans le temps : de moissons en moissons, les grains s'accumulent dans les greniers. Les ronces sont fécondent en formant un buisson qui empêche toutes les autres plantes de pousser. Le pape François le dit souvent : le temps est supérieur à l'espace. 
  • Les mûres, une fois récoltées, pourrissent rapidement. Les grains de céréales peuvent se conserver longtemps. 
  • Les ronces poussent naturellement et se multiplient par marcottage. Elles s'enracinent et forment de nouveaux plants. Le blé a besoin d'être récolté et semé de nouveau. L'intervention de l'homme est indispensable. Oui, la parole de Dieu se diffuse par une activité de Dieu continue. 
  • Les céréales mûrissent en quelques mois. La ronce se développe la première année et donne du fruit seulement la deuxième année. Les dons du Seigneur se renouvellent chaque année, comme le cycle liturgique. On moissonne successivement : l'orge, le blé, l'avoine et le maïs. Les richesses, comme la ronce, sont toujours les mêmes qu'il faut récolter en se piquant et en se griffant les mains. 

Laissons la parole de Dieu produire du fruit dans notre cœur.

Amen.

 


Homélie du dimanche 9 juillet 2017

JÉSUS est heureux. Il rend grâce au Père de diffuser largement le message de l'évangile. Tous peuvent connaître le Père, même les petits qui ne savent pas lire. Tous peuvent connaître le Père et pas seulement le grand prêtre qui entrait dans le Saint des Saints. Tous peuvent connaître le Père, et pas seulement les prophéties gratifiés de visions et de révélations exclusives. 

 

Un message pour les petits. Ce message est fait pour les petits. Il n'est pas fait pour les savants qui voient l'infiniment grand  en regardant le ciel à travers un télescope ou l'infiniment petit à travers un microscope. Tous ces savants réduisent leur champ de vison pour comprendre le monde. Il regarde à travers un tout petit cercle de verre sans voir le monde dans sa globalité.

Le message de Dieu est fait pour les petits qui regardent le monde, non du dessus, mais du dessous : en levant les yeux. Allonger dans la forêt, on contemple toute la nature : des herbes jusqu'au ciel, en passant par les arbres aux majestueuses ramures. C'est alors un monde que l'on reçoit, que l'on contemple. C'est le mystère de la vie et de la création que nous admirons en contre-plongée. 

 

Jésus est humble. Cette humilité est sensible dans les deux parties de ce texte. Jésus lui-même n'a pu connaître le Père qu'en se faisant petit, en se faisant petit enfant. Celui qui n'a pas fréquenté les écoles rabbiniques de l'époque, en sait plus sur Dieu que les scribes et les docteurs de la Loi qui lisent continuellement la Torah. 

Il est aussi cet humble homme qui se met sous le joug de la Loi pour aider les hommes à faire le bien. 

 

Prenez mon joug. Le joug généralement est fait pour deux bœufs. Prendre le joug de Jésus, c'est marcher à côté de lui pour tirer la charrue. Cette charrue est signe d'espoir et d'espérance, car elle promet de belles récoltes. Le joug est plus facile à supporter lorsque nous voyons la finalité des choses. On n'aime pas se fatiguer pour rien. On se donne avec joie pour aider ses amis et ses proches. 

Etre deux sous le même joug, c'est refuser l'individualisme. c'est penser au bien commun. Cette semaine, j'ai été visité un camp de scoutes. Elle allait chercher l'eau, non pas avec chacune leur gourde, mais avec un jerrycan pour toute la patrouille. La quantité d'eau était plus grande : 10 litres, au lieu 6 fois un litre. Cela est plus efficace ; deux personnes vont chercher l'eau pendant que les autres cherchent le bois et épluchent les légumes. Cela est plus mobilisateur. Avec les gourdes, il faudrait, comme un impôt, prélever une part de l'eau de la gourde pour avoir de l'eau pour la cuisson des pommes de terre. Avec le jerrycan, on partage l'eau en plusieurs parts : celle pour la cuisson, celle pour la vaisselle et celle pour la boisson de chaque scoute. Enfin, c'est une équipe qui travaille au bien commun. Deux scoutes portent le jerrycan en passant une branche dans la poignée, comme les Hébreux ont porté les grappes qu'ils ont récoltés en Terre de Canaan. Le travail de chacun est moindre. 

Jésus nous apporte une aide immense, car il n'a pas de besoins pour lui. Il nous aide à subvenir à nos besoins. Il porte avec nous cette eau qu'il ne boit pas lui-même.

 

L'humilité est source de joie.

Amen. 


Homélie du dimanche 2 juillet 2017

Voilà des paroles fortes. Après nous avoir dit de parler sans crainte, Jésus nous parle des choix de vie que nous devons faire. Pour être digne de lui, il faut aimer Dieu par-dessus tout et prendre sa croix.  Ce n'est pas seulement en parole que nous sommes missionnaires, mais en tant que disciples et, en conséquence, par toute notre vie.  Que nous demande Jésus, au juste ?

 

Trois aspects du témoignage. Les trois dernières affirmations de Jésus décrivent l'accueil de la Bonne Nouvelle par les auditeurs. Il évoque trois manières de témoigner de Dieu et de répandre la bénédiction de Dieu. Il y a le prophète qui parle au nom de Dieu pour exhorter ou rendre l'espérance. Il y a l'homme juste qui édifie les hommes par sa droiture de vie, comme Saint Jean-Baptiste. Il y a, enfin, le disciple qui adhère au message de Jésus. Ne sommes-nous pas les trois à la fois ? Prophète, parfois, lorsque nous transmettons la foi à nos enfants ; homme juste, lorsque nous savons récompenser et punir nos enfants ; disciples, lorsque, avec d'autres, nous nous mettons à l'écoute de la Parole de Dieu.

 

Choisir l'amour le plus grand.  Jésus nous invite à l'aimer plus que nos parents ou que nos enfants. Mais nous le savons, dans l'ordre chronologique, c'est bien nos parents que nous aimons en premier. Avec l'âge nous grandissons en amour pour passer d'un amour captatif à un amour gratuit. Cet amour doit encore grandir pour aimer Celui qui est l'Amour infini : Dieu. Jésus n'a pas cessé d'aimer sa mère en quittant Nazareth pour partir sur les routes de la Galilée et de la Judée. Un amour plus grand a envahi son cœur ; un amour d'un être plus parfait a surpassé l'amour d'une créature. 

 

Choisir la vie la plus durable. Jésus nous invite à perdre notre vie. Ce qui est important, c'est le possessif. Trouver sa vie, c'est choisir son emploi du temps et son travail. Perdre sa vie, c'est se mettre au service des autres. En portant sa croix Jésus a laissé de côté son confort pour prendre sur lui les difficultés de l'humanité. Il a reçu la vie du Père par la gloire de la Résurrection. Ceux qui sont esclaves de leur passion vivent-ils vraiment ? Telle est la question que nous pose Jésus. Il y en a qui on réussit dans la vie, mais qui n'ont pas réussi leur vie. 

 

Soyons des disciples-missionnaires digne de Jésus.

Amen. 


Homélie du dimanche 25 juin 2017

JÉSUS nous exhorte ce dimanche au témoignage. Il nous dit que nous devons faire confiance à la providence qui protège même les moineaux. Je pense que cet évangile s'éclaire à la lumière de la vie de Saint Pierre. 

 

"Celui qui m'aura renié devant les hommes". Cette phrase s'applique, bien sûr, à Pierre qui a renié son maître lors de la passion. Par trois fois, il a nié connaître Jésus le Galiléen. Pourtant, la deuxième partie de la phrase ("je le renierai devant mon Père") ne s'est pas passé pour lui. En effet, Pierre a eu le temps de se repentir. Il est dans le ciel. Osons, même avec retard, parler de Jésus devant les hommes. Que devons nous dire ? Jésus l'a évoqué dans les phrases précédentes de son discours. 

 

"Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour". Jésus a parlé à ses disciples dans l'ombre, c'est-à-dire : au moment sombre de sa vie ; en particulier : la passion. Les trois annonces de sa résurrection doivent être révélées par les Apôtres pour que tout le monde connaisse la totalité du message. C'est dans l'ombre de la nuée que Pierre a entendu la voix du Père lors de la Transfiguration. Tout cela doit être connu de tous. 

Sachons témoigné de l'amour de Dieu qui nous accompagne dans les difficultés. 

 

"Ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits." Plusieurs fois, Jésus a parlé à ses disciples seuls. Il leur a confié des secrets dans le creux de l'oreille.  En particulier, il leur a expliqué les secrets du Royaume en expliquant en privé les paraboles que la foule ne comprenait pas bien. Saint Jean a été encore plus proche de Jésus lorsqu'il a mis sa tête contre sa poitrine. Il a senti battre son cœur et a compris tout l'amour du Sauveur pour les hommes. 

Sachons témoigné de nos expériences spirituelles qui nous font comprendre l'amour de Dieu pour l'humanité. 

 

Nous le voyons, Jésus nous invite à dire les bienfaits que nous recevons. Nous sommes comme un directeur de musée qui possède plus d’œuvres d'art que ne peuvent en contenir les salles d'exposition. Il fait des expositions temporaires et expose tour à tour les merveilles de ses réserves.

Ne gardons rien que pour nous.

Amen.


Homélie du dimanche 18 juin 2017

Aujourd'hui nous célébrons la fête du corps et du sang du Seigneur. Nous avons entendu le beau passage du discours de Jésus après la multiplication des pains, le discours du pain de vie. Il annonce qu'il donnera sa chair à manger. Comment comprendre cela? Prenons des éléments de comparaison pour élucider ce mystère.

 

Adam a donné sa côte. Au début de l'humanité Adam a donné sa cote pour que le Seigneur forme la première femme. Un os donne de la solidité mais pas de la vitalité. Ezéchiel a compris cela dans sa vision des ossements desséchés. Il faut de la chair en plus des os. Oui le Seigneur veut donner de la consistance à nos vies pour ne pas agir mécaniquement, pour ne pas être l'ombre de nous-même.

Jésus nous donne sa chair, mais surtout un coeur de chair capable d'aimer.

 

La femme qui allaite. La femme peut nourrir son enfant en produisant elle-même du lait. il se crée un lien unique et très fort entre la mère et l'enfant. Un lien de proximité inégalé.

Jésus nourrit les hommes en donnant de sa personne. Il nourrit des foules dans le monde entier. Il crée un lien avec chacun de nous, un lien fort de proximité. 

 

Le lion qui nourrit ses petits. Le lion chasse pour nourrir les lionceaux. Il leur apporte de la chair fraîche chaque jour. Il faut pour cela chasser, livrer un combat victorieux.

C'est un beau et grand combat que Jésus a livré lors de sa passion pour pouvoir nous nourrir de sa chair. 

Nous pouvons être étonné que la chair que Jésus donne à manger soit sous l'apparence du pain. Le caractère sanglant est absent de l'hostie pour indiquer sans doute le caractère non sanglant du sacrifice eucharistique. Ce n'est plus les sacrifices d'animaux qui nous mettent en communion avec Dieu, mais une offrande végétale qui concentre en elle-même tous les sacrifices. 

Ceci évoque aussi le jardin d'Eden, le paradis terrestre où tous les animaux, mêmes les lions, mangeaient de l'herbe. En donnant sa chair sous l'aspect du pain, Jésus nous invite à retrouver cette paix originelle où les animaux n'avaient pas besoin de s'entre tuer pour se nourrir. 

 

Rendons grâce au Seigneur pour son eucharistie. Amen.

Homélie du dimanche 11 juin 2017

Après la fête de Pâques, à la gloire de Jésus ressuscité, et la Pentecôte, en l'honneur de l'Esprit-Saint, nous fêtons dans la joie la Sainte Trinité. Il n'y a pas de fête du Père créateur ; il ne peut être honoré séparément du Fils et de l'Esprit. Cette fête est aussi la nôtre, car nous sommes créés à l'image de Dieu. Ce que nous pouvons dire de Dieu, nous pouvons le dire des hommes.

 

Amour trinitaire. C'est le maître mot de cet évangile : "Dieu a tant aimé les hommes". Cet amour n'est pas vécu dans un face à face entre le Dieu du Ciel et les habitants de la terre. Nous sommes englobés, entourés de l'amour de Dieu, comme un enfant est baigné dans l'amour de ses parents. En venant dans le monde, l'amour de Dieu habite notre terre. En nous donnant l'Esprit, nous respirons un souffle d'amour. 

Cet amour trinitaire doit se vivre aussi chez nous. Nous sommes invités à entourer les autres d'un amour bienfaisant. Cela se vit dans l'amitié, dans la vie conjugale, dans la vie familiale ou dans les associations.

 

Salut trinitaire.  Dieu a envoyé Jésus pour sauver l'humanité. Il ne supprime pas la réalité de la mort et du péché sur terre. Il nous permet d'accéder au monde de Dieu, au monde de la bonté éternelle. On peut comparer ce sauvetage à celui d'un enfant hélitreuillé, alors qu'il est tombé en mer. Il faut descendre une échelle dans les flots, mais il ne peut pas la saisir, car il est trop petit.  Alors, un pompier descend lui-même par cette échelle, prend l'enfant dans ses bras et monte avec lui jusqu'à l'hélicoptère. Le pompier est Jésus ; l'hélicoptère est le Père resté dans le ciel ; et l'échelle est le Saint-Esprit qui fait le lien entre le Père et le Fils.

Lorsque nous voulons aider les autres, il ne faut pas le faire seul. Trois personnes sont au moins nécessaires. Un qui descend, comme le Fils,  pour comprendre la réalité sur terre. Un qui a le recul, car il prend de la hauteur de vue, comme le Père. Un, enfin, qui fait le lien entre les deux. 

 

Dieu unique en trois personnes. Nous pouvons admirer l'unicité de Dieu : unité sans fusion et sans séparation.

Nous cherchons à vivre cette unité dans une famille, dans une commune, dans une association. Tous concourent au même but et participent au bien commun et au bien de chacun. Croyons-nous que cette unité est possible ?

 

Fêtons dans la joie la Sainte Trinité.

Amen.

Homélie de la Pentecôte 2017

Le jour de la Pentecôte, il eut un fort coup de vent dans le cénacle. Comment les Apôtres se sont préparés à cette bouffée d'oxygène? De la même manière, que lorsque nous ouvrons notre fenêtre pour aérer la maison.

 

Eviter que les papiers s'envolent. Il faut ranger ce qui est ancien, et les mettre dans les tiroirs ou dans des classeurs dans la bibliothèque. Il y a tant de chose que nous voulons pas considérer comme passé. 

Ce qui servira demain, il faut les mettre sous un presse papier, leur donner du poids. Même les factures qui nous paraissent futiles ont un poids si nous les réglons avec amour, avec joie.

 

Ouvrir toutes portes. Si on veut faire un vrai courant d'air dans la maison, il faut ouvrir toutes les portes. Pas de lieux fermés, l'Esprit doit envahir tous les aspects de notre personnalité. 

 

Ouvrir la porte de la maison. Pour que l'aération soit totale, on peut ouvrir la porte de la maison. L'ouverture sur le monde est indispensable. C'est ce que les Apôtres ont découvert ce jour là.

 

Prenons un bon bol d'air en ce jour de la Pentecôte.

Amen.

Homélie du 28 mai 2017

Nous entendons aujourd'hui une partie de la belle et grande prière que Jésus a prononcé lors du dernier repas qu'il prit avec ses disciples. Il a prié durant sa vie terrestre, il ne cesse de prier dans le ciel. Cependant, sa prière a pris une nouvelle forme et une nouvelle tournure dans le paradis. C'est ce que nous allons voir ce matin.

 

Adoration. Jésus est un adorateur du Dieu vivant. Il invite ses disciples a adoré en esprit et vérité. Durant sa vie terrestre, il adorait dans son coeur et dans son âme. Maintenant, dans le ciel, il voit le Père face à face. 

Son adoration aussi passe par la contemplation de la création et des créatures. En regardant ce monde du haut du ciel, Jésus voit ce qu'il a de beau et contemple la Paternité divine en oeuvre chaque jour sur la terre. Son face à face avec son Père ne le fait pas oublier les hommes de ce monde. 

 

Prière exclusive et universelle. Dans le ciel, Jésus n'a plus besoin de prier pour lui. Sur terre, il pensait un peu à lui et beaucoup à nous. Aujourd'hui, comblé de la gloire de Dieu, il ne pense qu'à nous, restés dans ce monde. 

Sa prière s'est élargie. Dans sa vie terrestre il priait pour ceux qu'ils connaissait. Aujourd'hui, il voit toute l'humanité et prie pour tous les hommes. Il connaît la situation de chacun. Sa prière manifeste le souci qu'il a pour chacun d'entre-nous. Seule la prière du Christ est vraiment et véritablement universelle. 

 

Médiateur. Durant sa vie terrestre, il priait le Père comme ses disciples et avec eux. Il récitait les psaumes, allait à la synagogue et au Temple de Jérusalem pour y offrir des sacrifices. Après la Pentecôte, les disciples prient d'une nouvelle façon. Ils prient en invoquant le nom de Jésus. C'est ce qu'a fait Pierre avant de guérir l'infirme de la Belle Porte. Oui il a désormais un homme et quel homme, qui dans le ciel présente nos prières au Père.  

Ce lien entre le ciel et la terre se réalisait autrefois à chaque prière. Dans le Christ, cette union du ciel et de la terre est continue et permanente. Nous avons parfois du mal à nous connecté à internet par Wifi car il a des parasites qui brouillent les ondes. Il y a  aussi des zones blanches. La connection par fibre optique est bien meilleur et jamais perturbée. 

 

Prions comme et avec Jésus. Amen.

Homélie de l'ascension 2017 25 mai

Au musée du Faouët, il existe un tableau de l'ascension. L'artiste, Jean-Georges Cornélius, représente en gros plan les visages des Apôtres regardant vers le ciel. On voit aussi Marie la tête dans les mains  qui est émue par cette séparation. Essayons d'imaginer ce que vit la mère de Jésus ce jour?

 

Emotion. C'est sûr la séparation est émouvante. Marie, au contraire de Marie-Madeleine, ne cherche pas à retenir Jésus, son fils unique. Elle le voit s'élever dans la nué. On n'arrête pas un enfant qui est à l'honneur, qui prend des nouvelles responsabilités, même si on doit le voir moins souvent. C'est une émotion de fierté de voir le vainqueur de la mort rejoindre son Père. Elle sait que c'est l'intérêt de son fils de monter au ciel. Elle sait que c'est l'intérêt de tous les hommes cette ascension du Christ. Elle sait qu'elle le rejoindra un jour dans la beauté du Royaume.

 

Le regard tourné vers la terre. Tous les disciples regardent médusés vers le ciel. Marie regarde vers la terre. Elle contemple cette communauté de disciples, perplexe et perdue de n'avoir plus de chef. Elle les regarde avec amour et avec émotion son fils adoptif, Jean le bien-aimé. 

Elle se souvient de cette parole entendu il y a un peu plus 20 ans : "Pourquoi vous inquiétez? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père?" L'inquiétude d'autrefois a disparu. Marie la croyante a le regard tourné vers son avenir de veuve au milieu des croyants. 

 

Les yeux fermés. Marie fait ce qu'elle a toujours fait à chaque épisode de la vie de son fils, Jésus : elle retient cet événement et le médite dans son coeur. Pour cela, elle a les yeux fermés. La présence de Jésus est dans sa mémoire et dans son coeur. 

Elle a les yeux fermés pour recevoir la bénédiction de son fils. Elle commence une vie de prière d'intercession pour toute l'humanité. Elle commence a demandé l'Esprit-Saint, celui qui l'a couverte de son ombre pour que Le Verbe se fasse chair dans ses entrailles. Ce même Esprit permettra au pain de devenir le corps du Christ. Alors, lorsqu'elle communiera elle portera de nouveau, mais d'une autre manière, Jésus dans son coeur. Autrefois, elle a porté un enfant dans son ventre, en communiant elle portera son fils ressuscité et glorieux, qui a tout pouvoir au ciel et sur la terre. 

 

Vivons cette fête de l'Ascension comme Marie, notre mère. Amen. 

Homélie du 21 mai 2017

Jésus nous invite à garder ses commandements. Cette expression est différente du respect ou de l'observance à loi. On les garde comme on garde un trésor, un trésor spirituel. 

 

Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements. Jésus met en premier l'amour de sa personne. Il ne donne pas des ordres. Ce n'est pas un impératif, mais une affirmation. L'amour de Jésus aide à lui obéir. Le Christ est dans la droite ligne du livre du deutéronome.

Pour garder les commandements, il faut les garder en mémoire. L'amour nous aide à nous souvenir de chacune de ses paroles. Il nous arrive de garder en mémoire toute notre vie un conseil d'un parent ou d'un ami. Cette maxime oriente notre vie et nous aide à prendre des décisions. Le souvenir des paroles de Jésus est aider bien sûr par la lecture des évangiles. 

On garde en mémoire les paroles d'un être cher et aussi parfois un de ses outils ou de ses machines. si elle reste sur étagère ou d'un un grenier à prendre la poussière, la machine ne sera conservera pas longtemps. La rouille fera son effet. Les paroles de Jésus doivent mise en action. Elles être vivante et non phrase imprimé dans un beau livre qui reste dans notre bibliothèque. 

 

Moi en vous. La nouveauté qu'apporte le Christ c'est sa présence et celle de l'Esprit saint dans notre coeur. C'est une force intérieure pour garder les commandements. Nous le savons ce n'est pas toujours facile de vivre selon l'évangile. C'est une force purificatrice pour détruire le mal en nous. nous avons besoin d'être guéri pour avoir des paroles et des gestes bons. 

 

Celui qui reçu mes commandements. Jésus parle de chaque croyants après avoir parler de la communauté des croyants. Nous le savons, garder les commandements est une oeuvre individuelle et collective. Notre croissance spirituelle influe sur le groupe. La fidélité du groupe nous soutien dans notre démarche de foi. La vie religieuse le montre bien. La vie fraternelle et de prière nous porte à faire le bien. La sainteté d'un  moine galvanise toute la communauté. 

 

 

 

Homélie du 14 mai 2017

A partir de ce dimanche nous allons réentendre le discours de Jésus au cours de son dernier repas avec ses disciples. Ce dimanche, il se présente comme le chemin qui conduit à la maison du Père. 

 

 

Le chemin. Tout au long de la première alliance, le Seigneur accompagne son peuples dans sa marche. Il est au côté d'Abraham qui quitte Canaan. il est avec Jacob que fuit la vengeance d'Esaü. Il protège Joseph vendu aux Egyptiens. Il marche au milieu de son peuple en direction de la terre promise. Il est avec Daniel dans la fosse aux lions. Jésus nous dit quelque chose de plus fort et de plus inouï : il est le chemin. Son abaissement est tel qu'il est celui qui soutien nos pas sur le chemin de la vie spirituelle. chemin bien empierré où nous pouvons marcher sans craindre de se fouler les pieds. Un chemin entre le ciel et la terre, c'est plus facile a emprunter que l'échelle de Jacob dressée dans le désert. 

Plus loin dans son discours, il évoquera une seconde aide pour notre marche : l'Esprit Saint. Nous savons combien le vent peut aider notre marche lorsqu'il nous pousse vers l'avant. un vent bien mais pas trop sec qui nous fait du bien et qui nous réconforte grandement. 

Chemin attrayant qui invite au départ. La motivation est primordiale pour prendre le chemin. Le risque est de jamais partir, d'être attaché au confort de sa vie. Tout  au long de son ministère, le Christ a chercher à attirer les hommes vers lui pour qu'ils se mettent en route. 

 

La maison. C'est beau et c'est bon de marcher sur une belle route. Le but aussi doit être attractif. La maison du Père pour y demeurer à jamais. Avant de louer ou d'acheter une maison, on la visite toujours. C'est parfois la'gent immobilier qui ce charge de cette tâche. L'Eglise est cet agent qui nous fait découvrir le royaume de Dieu et qui nous en vante toutes les qualités. Parfois, le propriétaire lui-même s'occupe de la visite. Il en connaît tous les secrets. La maison du Père nous pouvons la visiter dès maintenant. En effet, nous pouvons rencontrer le Père dans la prière, nous demeurer en lui. Plus nous visiterons cette maison par la prière plus nous aurons envie d'y demeurer pour toujours. Cette demeure nous sera familière. Comme la fiancée se familiarise à la demeure de son future avant de s'y installer définitivement. Tous les repas pris en tête à tête et à la chandelle permet de s'approprié les lieux.

Nous voulons aller dans cette demeure du ciel pour le propriétaire mais aussi pour le voisinage. Auprès du Père, il y a que gens bons et heureux. Il y a tant de gens que nous aimons. 

 

Nous irons dans la joie vers la maisons du Seigneur. Amen.

Homélie du dimanche 7 mai 2017

 

La résurrection de Jésus a fait de lui le Seigneur et le Christ. Il est celui qui sauve les hommes de leurs péchés. Jésus l'avait déjà annoncé dans les paraboles du Pasteur et de la porte des brebis.

Que retenir de ces deux enseignements ?

 

Les brebis. Les brebis sont élevées pour leur laine, leur lait et, enfin, leur viande. Pour que ces trois produits soient de qualité, il faut que la nourriture des ovins soit bonne. Le berger est alors utile, lorsque le temps le permet, pour faire sortir le troupeau dans les champs d'herbe fraîche. Cela est possible à la bonne saison : au printemps et en été. Jésus est celui qui nous donne la meilleur nourriture et celui qui est le printemps du monde. De plus, il prend soin des brebis en leur parlant doucement, paisiblement. 

Les brebis donne du lait, de la laine et de la viande. Elle donne ce qu'il a et ce qu'elle est. C'est le symbole du don total. Que cela signifie pour nous ?

  • la laine : elle repousse après la tonte. Cela représente ce que nous pouvons donner sans nous dépouiller : l'amour, le service, la joie, le surplus d'argent...
  • la viande : la viande est donnée une fois pour toute. Cela représente ce que nous sacrifions pour les autres, ce dont nous nous séparons pour le donner aux autres, ce à quoi nous renonçons pour faire plaisir aux autres. 
  • le lait : il se donne suite à une maternité. Cela représente ce que nous donnons pour éduquer les autres. 

La porte. Dans la deuxième parabole, Jésus affirme qu'il est la porte par où passent les brebis. Apparemment, elles sont devenues autonomes, car elles entrent et sortent à leur guise. Belle image de l'Eglise ouverte à tous et qui permet à chacun d'accéder aux meilleurs pâturages. Jésus n'est pas une porte blindée qui ferme les coffre-forts. Jésus n'est pas une porte à judas qui permet de dévisager les visiteurs. Jésus est la porte de verre, toute transparente qui s'ouvre automatiquement. De telles portes, on les trouve dans les magasins en libre service, où chacun trouve ce dont il a besoin. 

Nous sommes invités à imiter Jésus. Ne soyons pas une porte blindée qui protège coûte que coûte nos avoirs. Ne soyons pas une porte à judas qui scrute le visage de nos voisins avant de leur donner notre confiance. Soyons des portes automatiques qui accueillent largement à bras ouverts les amis comme les inconnus. 

 

Soyons généreux, comme Jésus le bon pasteur.

Amen.

Homélie du dimanche 30 avril 2017

 

Jésus se montre à deux disciples. Ils marchent avec lui sans le reconnaître. Ils sont aveuglés. Jésus leur ouvre les yeux après une longue route et une longue conversation.

Que se passe-t-il ? Il est important de le comprendre, car le déroulement de cet évangile est similaire à celui de la messe. 

 

Jésus touche le cœur. En se montrant aux apôtres, Jésus montre ses plaies pour se faire reconnaître. Là, il prend le temps de parler avant de se faire connaître, comme Joseph retrouvant ses frères. Lorsque nous avons fermé nos volets, il nous faut engager un petit dialogue avant de les ouvrir à celui qui frappe en pleine nuit. Nous sommes comme le Pierrot de la chanson : nous nous faisons tirer un peu l'oreille avant de faire entrer le visiteur. Il faut allumer la chandelle qui est morte pour trouver la clef  de la porte. C'est ce que fait Jésus qui allume le cœur des disciples pour qu'ils retrouvent la motivation intérieure. Cette motivation sera si grande qu'ils feront le chemin de retour de nuit et le soir même.

 

Jésus fait comprendre. Pierrot ouvre la porte à son ami pour lui donner une plume. Peut-être est-il mal réveillé ? Il fait le geste par habitude, sans y penser. Jésus veut une compréhension de nos actions. Il éclaire le présent par le passé des écritures. Si l'émotion est bonne, la compréhension est meilleure pour notre vie spirituelle. On peut se laisser porter par la musique, mais il faut faire aussi attention aux paroles, souvent inspirées de la bible. 

 

Jésus touche l'âme. A la fraction du pain, les disciples reconnaissent Jésus. C'est le moment de la communion avec Dieu, mais aussi avec les hommes. Au début, ils discutaient car ils n'étaient pas d'accord entre eux. Il font part de leur expérience commune de leur progression spirituelle. "Notre cœur", disent-ils. Ils sont désormais un seul cœur et une seule âme comme le dit souvent les Actes des Apôtres. Ce partage se fait aussi avec les Apôtres : "C'est vrai" montre qu'ils sont sur la même longueur d'onde.

 

Que chacune de nos eucharisties soient une rencontre avec le Christ ?

Homélie du dimanche 23 avril 2017 (dimanche de la Miséricorde)

Huit jours après Pâques, nous sommes toujours dans la joie de la bonne nouvelle de la Résurrection. Nous voyons les apôtres découvrir la réalité de ce grand mystère. Jésus est un vrai passe-muraille.

Que retenir de ce pouvoir inouï ? 

 

Les portes étaient closent. Les apôtres sont enfermés dans la salle commune où Jésus avait célébré le repas de la Pâque. Ce n'est pas seulement le bâtiment qui était fermé, mais les personnes elles-mêmes. Leur intelligence était fermée : ils n'ont pas compris le message de l'ange transmis par les femmes venues au tombeau. leurs corps étaient fermés par la peur et la crainte des Juifs. 

Heureusement, le Seigneur est capable de franchir les murs. Il est capable de se manifester dans notre cœur, pour nous libérer de nos craintes et de nos incompréhensions. 

Rendons-grâce au Seigneur pour tous les blocages qu'il a fait disparaître !

 

Il souffla sur eux. Jésus transmet un pouvoir aux Apôtres : il donne celui de pardonner. Il le fait en soufflant sur eux. C'est la force qui entre en eux, qui franchit l'obstacle de leur corps. Jésus a accompli beaucoup de guérisons en touchant les corps, celui  des lépreux ou des aveugles. Jésus pardonne en touchant le cœur de son Esprit créateur. 

Les successeurs des Apôtres ne font pas de guérisons, mais pardonnent toujours. C'est sans doute le plus grand des miracles : la transformation des cœurs. Ce souffle est différent de notre respiration. Nous absorbons de l'oxygène et rejetons du gaz carbonique qui pollue notre atmosphère. Là, Jésus a fait l'inverse. Il a absorbé le mal et la mort, et nous donne le souffle de vie. C'est ce que font les arbres qui captent le gaz carbonique pour le transformer en oxygène. Oui, l'arbre de la croix est facteur de vie et de dépollution.

 

La vie en son nom. La fin ultime de la prédication de l'évangile est la vie éternelle. Mais peut-on garder pour toujours des hommes mauvais ? Non, bien sûr. Des populations à travers le monde veulent renverser les dictatures et les présidents à vie. On ne peut pas vivre durablement dans l'injustice. On ne peut souhaiter que la poursuite de démocratie juste et bonne pour tout le monde. 

Avant de nous donner la vie éternelle, Dieu veut nous rendre juste et bon à son image. C'est pourquoi la prédication de la Résurrection s'accompagne du pardon des péchés. 

 

Ouvrons-nous au monde nouveau que Jésus nous propose.

Amen.

Homélie du 16 avril 2017 - Dimanche Pâques

Le récit de saint Matthieu est spectaculaire. Il nous parle de tremblement de terre et d'un ange qui roule la pierre du tombeau. Il n' y a aucun témoin de la résurrection de Jésus. Les soldats dorment. Notre foi est basée sur ce tombeau vide, découvert par les femmes et exploré plus-tard par Pierre et Jean.  

Que nous dit l'ange sur cet événement ?

 

Il est ressuscité. Cette affirmation peut être un simple constat. Jésus est vivant à jamais. On peut en comprendre que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts. L'amour du Père n'a pas voulu laissé son ami, son fils voir la corruption, comme l'a si bien dit Pierre dans son beau discours lors de la Pentecôte. On peut aussi dire que Jésus s'est relevé d'entre les morts, car il a le pouvoir donner sa vie et de la reprendre. Ce pourvoir vient de l'amour de Jésus pour nous. La résurrection est le signe et la marque de l'amour du Père et du Fils pour nous. 

L'âme de Jésus, remplie de l'amour des hommes, est montée au ciel auprès du Père. Elle fut accueillie avec joie par le Père qui l'a serrée très fort dans ses bras. Il a découvert que l'âme du Christ aimait tellement l'humanité qu'elle souhaitait rejoint sa tunique de peau. Ouvrant ses bras, le Père laissa le Fils rejoindre cette humanité qu'il avait tant aimé et qu'il ne pouvait pas quitté plus longtemps. De nouveau réunis l'âme et le corps de Jésus furent pour jamais unis et vivants. 

On pourrait comparer cet amour à un élastique : un bout représentant le corps de Jésus et l'autre son âme. La mort éloigne l'âme du corps, enfermé dans le tombeau. L'élastique se tend d'une façon démesurée. Le Père saisit l'âme de Jésus entre ses mains et sent cette tension du Verbe qui fait le lien entre Dieu et l'humanité. Il lâche le bout de l'élastique pour qu'il retrouve le repos. Celui revient dans l'unité première de l'âme et du corps pour toujours.

 

Il n'est plus ici. L'évangile ne dit pas quand Jésus est sorti du tombeau, gardé par des soldats, comme le sont les prisons.  Avant ou après la visite de l'ange. On sait que Jésus ressuscité peut traverser les murs. Comment imaginer cela ? Comment passer à travers ce qui nous paraît compacte ? Regardons au microscope la structure de la pierre. Nous découvrons alors la structure atomique et l'espace qui sépare les molécules entre elles. La pierre nous apparaît comme un grillage infiniment petit que peuvent franchir les électrons ou les protons. Or, nous le savons, Jésus est le plus petit dans le Royaume. Son infinie humilité lui a permis de passer entre les molécules de la pierre. 

 

Admirons donc l'amour infini de Jésus pour nous qui n'a pas pu rester longtemps séparé de nous. Admirons aussi son infinie humilité qui lui donne un liberté immense.

Amen. 

Homélie du jeudi Saint 13 avril 2017

C'est dans la joie et la fête que nous célébrons l'institution de l'eucharistie. Nous nous souvenons du soir ou Jésus prit du pain et du vin et les partagea avec ses apôtres. Parmi tous aliments déposés sur la table, il prit seulement le pain et le vin et laissa de côté l'agneau pascal et les herbes amères. Analysons ce choix.

 

Le pain, un aliment non sanglant. Jésus laisse de côté l'agneau pascal, pour choisir le pain comme signe de sa mort et de sa résurrection. Le vrai agneau pascal sera livré le vendredi et sera immolé sur le bois de la croix. C'est la fin des multiples sacrifices par l'unique et vrai sacrifice de la passion. 

Jésus a parlé de sa mort comme comme d'un grain blé tombé en terre qui porte du fruit en abondance. Il meurt pour germer. Il est enseveli pour se multiplier. En choisissant le symbole du pain, Jésus souligne la fécondité de sa mort. 

 

le pain, un aliment transformé. Jésus laisse de côté les herbes amères que l'on coupe et sert sur la table. Il choisit un aliment élaboré, à base de farine de blé. C'est un processus qu'il engage dans sa passion. Un parcours qui a commencé par sa prédication, par cette semence de royaume qu'il a largement diffusé. Oui, c'est ainsi qu'il a parlé de son ministère avec la parabole du semeur. 

Le pain de nos eucharistie est fait de farine de blé, de la parole de Dieu qui a germé dans notre coeur. Ce pain est élaboré avec ce que Jésus fait et aussi avec ce que nous faisons. Il nous arrive de faire du pain avec plusieurs farines blé et seigle ou avoine et blé. Le pain eucharistique associe notre oeuvre et celle de Dieu.

 

Associons-nous à l'oeuvre de Jésus. Amen.

 

Homélie du dimanche 9 avril 2017

Nous avons entendu ce beau et sobre récit de la passion. 

 

Le guérisseur est devenu blessé. Jésus n'est n'est plus le thaumaturge qui a guéri tant de lépreux, mais un homme dont la peau est lacérée par de nombreux coups de fouet. Ce n'est plus l'homme qui guérit cette femme malade d'un flux de sang, c'est Jésus qui laisse couler du sang de son côté. Ce n'est plus le messie qui guérit le paralytique couché sur une civière, mais c'est le roi qui est immobilisé sur le bois de la croix.

 

Il a été couronné d'épines et cette blessure nous a guéri.  Cela fait penser à la médecine chinoise, à l'acupuncture. Les aiguilles permettent aux flux d'énergie de mieux circuler dans le corps. C'est bien ce que fait Jésus : Il permet à l'énergie de Dieu de circuler dans son corps mystique, c'est-à-dire : l'Eglise. En mourant, il remet l'esprit  et cet esprit nous a été donné à la Pentecôte. Les nombreuses épines de sa couronnes ont supprimé les obstacles qui empêchaient l'énergie divine d'arriver à chaque homme.

 

Faisons circuler en nous cette énergie qui a permis à Jésus de donner sa vie pour nous.

Amen.

Homélie du dimanche 2 avril 2017

JÉSUS accomplit un geste fantastique en faisant sortir de son tombeau un mort, vieux de 4 jours. Il le fait avec l'aide de nombreuses personnes qui sont venues manifester leur deuil aux sœurs éplorées. Au cours des trois étapes, il a besoin des hommes pour délivrer totalement Lazare de la mort. Il fait sortir cet homme de son sépulcre et aussi, ne l'oublions pas, Marie de sa maison.

Regardons le processus de résurrection et de deuil décrit dans cet évangile.

 

"Où l'avez-vous mis?" Lazare est seul dans son tombeau. Il est enfermé dans le sépulcre en dehors du village, séparé du monde des vivants par une lourde pierre. Cette lourde pierre est aussi dans le cœur de Marie, accablée par le chagrin. Elle est bien seule dans sa douleur, même si de nombreuses personnes pleines de vie sont autour d'elle pour lui manifester sa sympathie. Dans le deuil nous sommes bien seuls. Nous avons l'impression que notre monde s'est arrêté, alors que tout s'agite autour de nous.

Jésus, grâce aux indications de la foule, va trouver le tombeau de Lazare. Jésus, grâce à la foi de Marthe, va faire le lien avec Marie. Les équipes d'accompagnement des familles en deuil veulent faire cette même démarche : voir les personnes en deuil pour leur dire que Jésus se tient à leur porte.

> Première délivrance : sortir de la solitude du deuil.

 

"Lazare, sors dehors !" C'est par ce cri que Jésus obtient de faire sortir le mort de son tombeau. Une force le soulève et le déplace. Ce n'est pas Lazare qui marche, ce n'est pas Lazare qui se lève d'entre les morts, comme la fille de Jaïre. Le cadavre subit une lévitation et une translation par la force de l'Esprit Saint, évoquée dans la première lecture. 

En entendant Marthe lui parler doucement, Marie aussi se lève et sort de sa maison, mue par une force extérieure à elle-même : l'amour de Jésus. Bien des personnes dans le deuil savent que l'amour  pour leurs enfants ou l'amitié ont été des forces qui les ont fait sortir de leur maison pour un repas ou pour une promenade.

> Deuxième délivrance : sortir de l'inaction.

 

"Déliez-le et laissez-le aller". Lazare est sorti du tombeau, mais n'a pas retrouvé l'usage de ses membres et de la parole. Il faut le débarrasser de son suaire pour qu'il puisse marcher par lui-même. Lazare reprend sa marche lorsqu'il voit qu'il est hors du tombeau. Il va pouvoir reprendre sa place dans le village.

Marie est bien sortie de chez elle, poussée par l'amour qu'elle porte à Jésus. Elle n'est pas capable de dialoguer avec lui. Il est capable seulement de lui faire un reproche. Tant de questions la paralysent. En voyant qu'elle est sortie de sa maison et, surtout, que son frère est vivant, elle a pu le remercier. 

Les personnes en deuil mettent un certain temps pour réaliser que l'amour de leurs enfants leur ont permis de sortir de leur solitude et qu'ils sont debout. Alors, elles reprennent place dans la vie sociale.

> Troisième délivrance : sortir de nos interrogations paralysantes.

 

Grâce à la foi, aidons les personnes enfermées dans le deuil.

Amen.