Homélie de Noël 2016

Dans la joie, nous fêtons la naissance de Jésus. Elle est inscrite dans la chronologie de l'humanité ; elle parle du passé, du présent et de l'avenir. 

 

Noël est une histoire du passé. Cet événement, qui est arrivé il y a plus de 2000 ans, est une belle histoire qui ne se produira plus. C'est une belle page de l'histoire qui nous fait rêver, petits et grands. On aime s'en souvenir et on essaye de s'imaginer ce qu'ont vécu Marie et Joseph cette nuit là. Cette histoire met de la joie dans notre cœur et de la lumière dans nos yeux. Cela fait beaucoup de bien à tous. 

 

Noël est une histoire pour aujourd'hui. Notre liturgie actualise cet événement. Par la force de la prière, Jésus est là dans cette église. Il est là dans cette commune frappant au auberge de nos cœurs pour trouver un endroit accueillant, un cœur aimant et compatissant qui puisse accueillir sa faiblesse et sa petitesse. Laissons la lumière de Noël envahir notre cœur.

 

Noël est une histoire pour demain. L'avènement d'hier annonce l'avènement de demain. Jésus en ce moment vient vers nous et nous nous préparons à ce jour nouveau qu'il a promis. Si c'est le passé et le présent qui nous éclaire nous ne pouvons par aller très loin. En effet, lorsque, à pied, je quitte ma maison pleine de lumière, et que je n'ai plus qu'une lampe à la main pour m'éclairer, ma marche nocturne est hésitante. Je ne vois pas à 10 mètres, tant la nuit est noire autour de moi. Pour s'aventurer sur le bon chemin, il faut trouver la bonne route indiquée par les lumières de la Jérusalem céleste. Alors je sais si je dois aller à l'ouest ou au nord. Levons les yeux vers le monde qui vient, vers le Royaume en construction. 

 

Que Noël nous tourne vers l'avenir.

Amen.

Homélie du dimanche 18 décembre 2016

Joseph a eu la lourde tâche d'éduquer Jésus. Cette mission, qui lui paraissait au départ trop grande pour lui, fut remplie avec succès par cet homme du silence. Apprenons de lui à accueillir le Fils de Dieu dans nos vies. 

 

Prendre chez soi. Joseph a ouvert sa maison à Marie, son épouse, puis à Jésus. Il a fallu qu'il fasse de la place dans sa maison et dans son emploi du temps d'artisan pour s'occuper comme il faut de cette petite famille. Il est facile de décorer sa maison d'une belle crèche. C'est plus exigeant d'ouvrir son cœur à Jésus. Il nous bouscule dans nos sentiments. Nous devons lui donné la première place dans nos vies. 

 

Faire grandir. Joseph a éduqué l'enfant Jésus. Il lui a ordonné ce qu'il devait faire ; il lui a fait découvrir la loi divine. Il a été un modèle pour cet enfant. Pour que Jésus grandisse en nous, il faut suivre la loi de Dieu. Il faut devenir un exemple pour les autres. 

 

Parler avec Jésus. Joseph a raconté l'histoire de sa famille à son fils. Jésus racontait ses journées à son père nourricier. Nous devons aussi avoir ce genre de conversation dans notre prière : écouter la Parole de Dieu et parler de soi. 

 

Ouvrons nos cœurs à Jésus.

Amen.

Homélie du dimanche 11 décembre 2016

La liturgie de ce dimanche nous invite à la joie. Non pas la joie d'une fête entre amis ou d'une sortie festive, mais la joie chrétienne, une joie plus durable et plus intérieure.

 

Joie de Jean-Baptiste en prison. Jean-Baptiste entend parler des œuvres accomplies par Jésus, son cousin. En entendant les signes extraordinaires et les nombreux miracles réalisés par l'agneau de Dieu, il a en son cœur la joie du supporter qui suit les exploits de son équipe préférée. Chaque victoire fait vibré le cœur du sportif, surtout lorsque l'adversaire est important. Jésus a remporté de grandes victoires sur la maladie et même sur la mort. On sait que cette victoire est éphémère, mais l'enthousiasme est grand pour autant. Oui, Jean-Baptiste de sa prison a vibré et s'est réjouit du beau et grand ministère de Jésus. Il a oublié sa propre situation, peu reluisante, pour s'ouvrir à la joie des autres. 

 

Devons-nous en attendre un autre ? Trouver une réponse à nos problèmes prend parfois du temps. Dans une administration, l'employé ne sachant pas répondre à notre question appelle un collègue, puis un chef et encore un autre. On se demande à chaque fois si la personne sera compétente et efficace. Certaines difficultés remontent ainsi la hiérarchie jusqu'au ministre ou au président de la République. Beaucoup de prophètes ont fait des miracles comme Jésus, mais lui seul a changé le cours de notre vie en inaugurant son Royaume. Le fait d'entendre : "Ne vous en faites pas : on se charge de votre dossier ; tout sera réglé dans les plus brefs délais" nous met le cœur en joie. Nous avons été entendus, nous avons été écoutés et pris en considération. 

 

Une attente joyeuse.  Nous avons été entendus. mais nos difficultés ne sont pas résolues pour autant. Nous sommes sauvés en espérance, comme l'a si bien dit Benoît XVI dans une de ses encycliques. Cette attente doit être joyeuse, même si elle éprouve notre confiance et notre foi. Lorsque le chef nous dit que notre dossier sera traité dans les meilleurs délais, allons-nous être rassuré pour autant ? Pas toujours. Cela dépend la confiance que nous avons dans l'administration concernée. Nous sommes donc invités à entrer dans la joie de la confiance et de la foi. 

 

Que ce temps de l'Avent soit un temps de joie.

Amen. 

Homélie du dimanche 4 décembre 2016

Autrefois, pour la confirmation, on préparait la venue de l'évêque tous les quatre ans en fabriquant un arc de triomphe et en décorant les rues de la paroisse. Le recteur allait le rencontrer à l'entrée du bourg. La venue de Jésus au temps de Jean-Baptiste ne fut pas aussi solennelle. Celle que nous attendons encore, sera encore  différente. Nous l'avez remarqué, c'est dans le désert que Jean-Baptiste parle. C'est loin des habitations et de l'agitation que le Seigneur nous donne rendez-vous. Loin de nos habitudes et de nos assurances, il veut que nous construisions un chemin, un route qui le conduise jusqu'à notre porte. 

 

Une route et des chemins. Avez-vous remarqué que Jean-Baptiste parle d'une route à bâtir et des chemins à redresser. Ce n'est pas un synonyme pour éviter une répétition. Nous passons curieusement du singulier au pluriel. On construit tous ensemble une route ; on redresse de nombreux chemins. C'est que la préparation de la venue du sauveur à deux dimensions : une collective et une personnelle. Il peut y avoir une grande et belle route près de chez moi qui facilite l'accès à tous les voyageurs ; encore faut-il que le petit sentier qui conduise de la barrière de ma maison à la porte de ma demeure soit lui aussi accueillant. L'Eglise construit une route en permettant à Jésus d'être là parmi nous en célébrant l'eucharistie ou en témoignant de l'amour de Dieu. Elle ne peut faire entrer le sauveur dans le cœur des gens. Les sentiers qu'il faut redresser sont ceux qui existent dans notre cœur. C'est ce qu'avaient découvert les auteurs français qui parlaient de la carte du tendre qui décrit le chemin qui conduit à l'amour authentique et passionné. 

 

Jésus n'est pas le prince charmant de La belle au bois dormant. Vous connaissez ce beau conte. Le château est endormi pendant 100 ans, et la végétation pousse et devient impénétrable. Le prince charmant en arrivant à la lisière de la forêt voit un chemin s'ouvrir devant lui. Jésus n'avancera que si nous ne restons pas endormis et que si nous élaguons les broussailles de nos vies. Le Seigneur est capable de faire ce défrichement à notre place car la cognée est au pied de l'arbre. Alors, il rasera toute la végétation. Donc, que notre cœur soit un verger plein de pommes, de poires ou de raisins ; qu'il y pousse de belles et odorantes fleurs pour accueillir notre sauveur comme il se doit. Enlevons les arbres qui empêche le soleil d'entrer dans nos vies, pour faire de notre existence une vallée plein de soleil et de vie.  Que notre cœur soit un nouveau paradis terrestre où Dieu aime s'y promener.

Amen. 

Homélie du dimanche 20 Novembre 2016

Pour fêter le Christ, roi de l'univers, nous avons entendu ce beau passage du dialogue de Jésus avec les deux malfaiteurs cloués sur leur croix, comme lui. Que nous dit ce texte sur la miséricorde de Jésus ?

 

Roi miséricordieux. Jésus entend la belle déclaration du bon larron : reconnaissance de ses fautes et humble prière envers lui, alors qu’il est impuissant, cloué sur la croix. Il ne veut plus et ne peut plus faire de miracles. Il lui reste la parole ; une parole est réconfortante. Cette miséricorde s’exerce envers ceux qui croient en lui, envers ceux qui lui font confiance. Jésus voit en ce malfaiteur un homme qui cherche à s’en sortir, mais qui est dans l’incapacité de le faire par lui-même. Ce malfaiteur est comme la brebis égarée que le berger ramène sur ses épaules pour rejoindre le troupeau laissé dans le désert. La route est trop longue pour cet animal si loin de ses congénères. Mais cette brebis ne peut être aidée que si elle se laisse approcher et attraper par le berger. Le bon larron est de ceux là. Il a été touché par Jésus mourant sur la croix. Il se laisse emmener par lui sur le chemin du royaume. La miséricorde ne peut s’exercer que si elle touche le cœur des hommes. 

 

Roi d'humilité. Jésus exerce sa royauté, mais pas dans des palais ou dans des universités. Il est déclaré roi lorsqu'il entre à Jérusalem juché sur un âne. Il est reconnu roi lorsqu'il est condamné à mort. C'est au cœur de nos détresses et de notre faiblesse qu'il veut régner et faire triompher la foi et l'espérance. Diriger le monde lorsque tout va bien, beaucoup de personnes peuvent le faire. Un seul peut orienter notre vie lorsque nous sommes aux frontières de la vie : c'est Jésus. Dans nos détresses, comment réagissons-nous ? Sommes-nous comme les chefs des prêtres demandant un signe spectaculaire de Jésus ? Ou bien comme ce malfaiteur demandant de le suivre jusqu'en son royaume sans échapper aux souffrances et à la mort ?

 

Reconnaissons la royauté de Jésus.

Amen. 

Homélie du dimanche 13 novembre 2013

Dans cet évangile, Jésus se montre prophète. Il annonce la destruction du Temple de Jérusalem et bien d'autres événements spectaculaires. Que retenir de ce discours ? 

 

La date. Ce discours se situe dans l'évangile de Luc avant la mort et la résurrection de Jésus. Alors, c'est bien à la lumière de cet événement que nous devons entendre et comprendre ce passage de l'évangile. Le Temple de Jérusalem sera détruit, mais, avant cela, le corps de Jésus, temple de l'Esprit, sera crucifié. Le premier est en ruine et le second est entré dans la gloire. Prions dans le vrai Temple.

Jésus annonce des persécutions. Le premier, il a été mis à mort. Il donne l'exemple à ses disciples. Il a su répondre avec courage à ses accusateurs. Il a donné une leçon de confiance en l'Esprit Saint.

 

Le contenu. Jésus parle de trois périodes : les persécutions contre les Apôtres, la destruction du Temple en 70 et les signes de la fin des Temps. Ainsi, il couvre l'histoire de l'humanité depuis la Pentecôte jusqu'à la consommation des siècles. C'est un temps de malheur qui ne doit pas nous effrayer, comme la femme qui accouche n'est pas effrayée par les contractions qui annoncent l'arrivée d'un nouvel être humain ou comme le passager de l'avion n'a pas peur lorsqu'il est pris dans de grosses turbulences. On se fait confiance et on fait confiance au pilote. 

Notre histoire est bouleversée par des drames humains, mais il y a un pilote : c'est le Seigneur qui nous conduit aux rives du Royaume. 

 

Le message. La persévérance obtient de grand résultat. On sait qu'on a appris à lire et à écrire grâce à notre persévérance. Les sportifs savent combien il faut persévérer, sans se laisser abattre par les échecs, pour gagner un jour des compétitions. Au milieu des guerres, n'oublions pas la béatitude : heureux les artisans de paix. Au milieu des famines, n'oublions pas la béatitude : heureux les assoiffés de justice. 

Mel Gibson vient de réaliser un nouveau film sur un infirmier américain. Au cours de la bataille d'Okinawa, dans la Pacifique, il est allé chercher, sous la mitraille,  au moins 75 blessés pour les ramener au poste de secours. Il ne portait pas de fusil ; sa seul arme était sa foi. 

 

Que Dieu nous guide dans les troubles de ce temps.

Amen. 

Homélie du dimanche 6 novembre 2016

En répondant à la question tordue des Sadducéens, Jésus affirme qu'il n'y a pas de mariage au ciel. Les amoureux sont sans doute déçus de cette affirmation. Ce n'est pas romantique. Que veut dire Jésus ? 

 

Ils sont enfants de Dieu. Jésus souligne la relation la plus importante et la plus durable de notre vie : nous sommes enfants de Dieu. Célibataire, marié ou veuf, nous sommes et nous restons enfants de Dieu, tout notre vie et pour toute l'éternité. C'est la relation qui structure notre être et notre vie. C'est l'amour de notre vie. 

En disant cela, Jésus affirme aussi que la résurrection n'est pas une seconde vie, dans le prolongement de la première. C'est une vie transformée. Nous quittons les nécessités de la vie terrestre pour vivre sans obligation : plus de repos obligatoire, plus besoin de se nourrir. Cette absence de contrainte change radicalement les relations humaines. On vit dans la gratuité les uns vis à vis des autres, car il n'y a plus besoin de gagner sa vie.  

 

Ils n'ont plus de mari, ni de femme. La transformation de la vie transforme la vie sociale. Il n'y a plus de cités à construire ni de productions à fournir. C'est une société de loisir sans aucune hiérarchie, sans différence raciale, ni de sexe. Nous aimerons toutes les personnes de cette même manière et de cette même façon. 

Ceci ne veut pas dire que nous allons oublier ceux que nous avons aimé durant notre vie terrestre. Cet amour ne peut pas mourir. Jésus exprime bien cette fidélité : c'est le Dieu d'Abraham pour toujours, le Dieu de Joseph pour l"éternité et le Dieu de Jacob à jamais.  

 

La fin du romantisme ? La résurrection des morts rabaisse-t-elle l'amour conjugal ? Pas du tout. Elle le met à sa place non comme une finalité, mais comme un moyen d'aimer Dieu et son prochain. Si dans le ciel, nous aimerons les autres à la mesure de notre amour terrestre, plus nous aimons parfaitement ici-bas notre femme ou notre mari plus nous aimerons au ciel tous les hommes. Dans le ciel, nous nous vivrons le romantisme avec tous les hommes. Dans le mariage, on ne vit plus pour soi-même ; au ciel, nous vivrons pour les autres. 

 

Aimons nous les uns les autres pour être heureux dans le ciel.

Amen. 

 

 

Homélie de la Toussaint 2016

Cette année, le 1er décembre, nous commémorons les 100 ans de la mort du bienheureux Charles de Foucauld. Regardons ce qu'ont été sa belle histoire et sa belle vie. 

 

Un famille solide dans les épreuves. En 1858, l'année où Marie apparaît à Bernadette à Lourdes, Charles naît à Strasbourg, au début du Second Empire de Napoléon III. Il grandit dans une famille chrétienne. 

Très vite, à six ans, il est éprouvé par le deuil. La même année, il perd sa mère au mois de mars et son père au mois d'août. Heureusement, il est accueilli, avec sa sœur, par ses grand-parents maternels. Voilà la force des familles : elles permettent de surmonter bien des épreuves. Charles va connaître l'amour familial auprès de son grand-père et de sa grand-mère. 

Il a connu aussi la guerre de 1870. La famille se réfugie en Suisse. Et s'installe ensuite, une fois la paix revenue, à Nancy, car l'Alsace est occupée par les Allemands. C'est là que, à 14 ans, il fait sa communion et sa confirmation. Sa famille a été un facteur important de stabilité lors de ce déménagement. 

 

La foi mise à l'épreuve. Au début de la IIIème République, Charles achève ses études secondaires dans un lycée laïc. Les cours de philosophie ébranlent ses convictions religieuses. Il devient agnostique ne sachant plus si Dieu existe ou n'existe pas. Après son bac, il prépare le concours militaire de Saint-Cyr chez les Jésuites. La rigueur de la discipline des révérends pères le pousse à abandonner la pratique religieuse. Il devient indiscipliné et noceur pendant de longues années au désespoir de sa famille. Officier dans la cavalerie, il est toujours aussi rebelle, profitant de la belle vie que lui permet une grande fortune personnelle. Tant et si bien qu'il est écarté des cadres de l'armée. 

Puis, il décide de rejoindre son régiment qui est engagé dans la conquête de l'Algérie et de la Tunisie. C'est là que sa vie de noceur s'arrête. Comme il a besoin d'action, les combats terminés, il décide ensuite d'explorer le Maroc en se déguisant en juif. Pauvrement, il accompagne un rabbin et visite sans encombre tout le pays. Son récit obtient une médaille d'or de la part de la Société de Géographie. 

Le contact avec les croyants musulmans au Maroc et avec des chrétiens pratiquants en France va le rapprocher de Dieu. Il a écrit : "L'Islam a produit en moi un profond bouleversement. La vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu m'a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines." Il se convertit en se confessant à un prêtre, dans l'église Saint-Augustin (à Paris). Il a 28 ans. Au regard de cette vie, on peut dire que Dieu écrit droit avec des lignes courbes.

 

Vivre l'évangile. Pendant les 30 dernières années de sa vie, Charles veut suivre Jésus avec radicalité. Il cherche la pauvreté d'abord en étant jardinier pendant un an chez les Clarisses de Nazareth, puis en étant ermite en Algérie. 

Il veut vivre au milieu des Touaregs, les hommes du déserts, pour mieux les connaître et mieux les aimer. Il va patiemment rédiger un dictionnaire, en quatre volumes, de leur langue et collecter plus 3.000 pages de poésies. On voit en cela que c'est un grand amoureux de l'humanité. Son désir est d'être le frère universel. Il invente pour cela un chapelet d'amour qui peut être dit aussi bien par les chrétiens que par les musulmans.  C'est un message fort que nous livre cet ancien soldat de la conquête coloniale. 

Malheureusement, au cours de la première guerre mondiale, en 1916, il est tué dans son ermitage, à l'âge de 58 ans. Son tombeau se trouve en Algérie. 

Que le message de paix et d'espérance de Charles de Foucauld nous accompagne en cette belle fête de la Toussaint. Amen.

Homélie du dimanche 30 octobre 2016

Demain, le pape se rendra en Suède pour plusieurs cérémonies œcuméniques en vue de la commémoration des 500 ans de la Réforme de Luther. Nous sommes invités à rendre grâce pour ce que le Seigneur a donné à son Eglise pendant cette période, à faire une démarche de repentance et à s'engager sur le chemin du témoignage. Avant de remercier le Seigneur, il faut nous demander pourquoi il faut rendre pour la Réforme.

 

Le premier motif d'action de grâce est celui du nombre de baptêmes reçus pendant 500 ans. La grâce du Seigneur s'est répandue en Europe de générations en générations ; par le ministère d'hommes d'Eglise qui ont administré validement des millions de baptêmes, la vie baptismale fut proposée. Que ces personnes soient baptisées dans l'Eglise catholique ou luthérienne, ce sont de nouveaux baptisés qui enrichissent l'Eglise du Christ. Nous pouvons encore plus rendre grâce pour le travail d'évangélisation accomplis par les catholiques et les protestants. Ainsi, de nouveaux continents ont reçu avec joie le message de Jésus. Les missionnaires sont partis de leur pays où ils fréquentaient rarement les autres chrétiens. En terre de mission, isolés dans d'autres cultures et d'autres religions, les évangélisateurs catholiques et protestants se sont rapprochés. 

 

Le second motif d'action de grâce est celui des œuvres socialesFidèles au message de Jésus, les chrétiens se sont engagés dans de nombreuses œuvres sociales : hôpitaux, écoles, orphelinats..... Nous admirons tous saint Vincent de Paul et le docteur Albert Schweitzer, Bartolomé de Las Casas qui a défendu les Indiens d'Amérique et Martin Luther King qui fait progresser les droits des Noirs. Les œuvres sociales furent un autre lieu de rapprochement entre catholiques et protestants.

 

Le troisième motif d'action de grâce est celui de l’œcuménisme. Nous pouvons rendre grâce pour la paix et la communion qui a progressé entre les communautés chrétiennes. Il y a eu de nombreux échanges théologiques pour mieux se comprendre. Il y a eu de nombreux temps de prière en commun pour vivre au mieux dans une communion, certes, imparfaite. 

 

Rendons grâce au Seigneur pour ce qu'il donne à tous les chrétiens, catholiques et protestants.

Amen. 

Homélie du dimanche 23 octobre 2016

Nous terminons aujourd'hui la semaine de prière pour les missions. Regardons ce que fait le missionnaire pour évangéliser dans un pays qui ne connaît pas le Christ pour savoir ce qu'il faut faire dans un pays qui a déjà été évangélisé une première fois.

 

Aimer la culture de l'autre. Les missionnaires ont aimé autant les pays dans lesquels ils ont été envoyé que le leur. Cet amour les a aidé et poussé à apprendre la langue et les coutumes locales. Cet amour est indispensable pour être plein de bienveillance envers le peuple vers qui ils ont été envoyé.

Pour évangéliser notre pays et notre époque, il faut avoir cette même bienveillance envers la culture moderne. Des groupes de musiciens se forment pour jouer de la pop louange laissant de côté les beaux motets d'autrefois. D'autres se lancent avec enthousiasme dans les moyens de communications sociaux que permet l'informatique. Toutes ces belles initiatives sont motivées par un amour de la culture moderne.

 

Les semences de vérité. Les premiers missionnaires étaient  persuadés que la culture porte des semences de vérité. Des éléments positifs de la culture celte furent gardés par les évangélisateurs de la Bretagne. Le culte des fontaines devint le rappel de notre baptême. La fête d'Halloween devint celle de la Toussaint. La langue est devenue un vecteur de la foi.

Dans la culture actuelle, il y a des semences de vérité. La recherche de bonheur fait écho aux Béatitudes prononcées par Jésus. L'art abstrait, non figuratif, basé sur la couleur, trouve sa résonance dans les couleurs liturgiques et parle de l'indescriptible mystère de l'être. La musique, si rythmée, met les corps en mouvement et met à l'honneur le corps. 

 

L'attente de la Vérité. Les missionnaires sont tous persuadés que les cultures ont quelque chose d'inachevé. Les cultures sont, comme le Panthéon de Rome, ouvertes sur le ciel. Elles sont en attente de quelque chose ou de quelqu'un. Les missionnaires ont essayé de faire comprendre que cette attente est celle de Jésus. Ce-dernier parachève l'édifice sans le détruire ou le dénaturer. 

Dans la sinistrose actuelle, nous devons faire comprendre que le chemin de Jésus est le seul qui permet une nouvelle espérance. La science et les idéologies ont ruinés tous les espoirs de nos contemporains. Proposons l'espérance du salut en Jésus. Ce n'est pas le chemin de la facilité, mais celui du courage qui mène au vrai bonheur. 

 

Soyons les missionnaires de notre temps.

Amen.

Homélie du dimanche 16 octobre 2016

JÉSUS nous a parlé, il y a quelques semaines, de la prière. Il nous a transmis la belle prière du Notre Père. Il nous disait que Dieu est un bon Père qui donne de bonnes choses à ses enfants.

Aujourd'hui, Jésus nous dit que Dieu a le souci de la justice. Il faut tenir ces deux éléments, ces deux facettes de la figure de Dieu pour en avoir une juste conception. Un Dieu toute bonté risque de tout accorder à ses enfants au point de les gâter. Un Dieu toute justice risque de devenir un père fouettard tant nous faisons des choses répréhensibles. Dieu est juste et bon, comme nous le chantons au début de chaque préface de la messe. 

 

La prière comme un procès. Ce n'est pas l'image qui nous vient la première à l'esprit lorsqu'on pense à la prière. Jésus compare la prière à un procès. Le procès est différent de la demande de subvention ou d'allocation chômage. Dans ce cas, on présente un dossier et l'administration accorde les fonds en fonction de critères pré-établis. Lors d'un procès, il y a un débat, un échange de point de vue relatifs aux droits et aux devoirs des personnes. C'est en ce sens que la demande de pardon du Notre Père est conditionné à notre attitude de pardon envers nos frères. 

 

Un procès qui dure. La procédure pénale pour être la plus juste possible doit prendre son temps. Il faut entendre toutes les personnes impliquées dans l'affaire. Il faut mener une enquête approfondie. La prière méditative nous bouscule car elle invite à reconnaître notre responsabilité : nous ne sommes pas que victimes. On peut surestimer le mal qui nous est fait. On peut avoir aggravé le mal commis par notre imprudence. Par exemple : on peut être victime d'un accident de la route. Le chauffeur, qui a provoqué l'accident et qui a embouti notre voiture, avait bu trop d'alcool et téléphonait au volant. Il est le principal responsable. Cet accident peut être aggravé parce que nous roulions trop vite. 

 

Demander l'aide d'un avocat. Au tribunal, on peut plaider soi-même. Il est conseillé, surtout dans les affaires graves, d'avoir recours à un avocat. Jésus est cet avocat qui nous connaît et qui sait prendre notre défense. 

 

Obtenir justice. Le procès se termine par la désignation du ou des coupables et le mode de réparation. Dieu ne répare pas le mal par une compensation financière. Il est le seul a pourvoir réparer les cœurs. C'est le rôle de l'Esprit Saint consolateur. Cette réparation est bien supérieure à celle des procès humain. Faut-il alors obtenir assez rapidement une réparation humaine ou savoir attendre plus longtemps une réparation divine ? 

Cette réparation divine est une opération à cœur ouvert. Pour cela, il faut lui faire confiance ; il faut avoir la foi. Quand le Seigneur viendra trouvera-t-il la foi sur la terre ?

 

Ayons foi en la justice de Dieu.

Amen. 

Homélie du dimanche 9 octobre 2016

JÉSUS vante et se réjouit de la foi du Samaritain. Sa foi s'est manifestée par son obéissance. Regardons ce qu'est l'obéissance de la foi ?

 

"La foi est la garantie des biens que l'on espère" dit la lettre aux Hébreux. Cette affirmation s'applique totalement à ces dix lépreux. Il partent sur l'ordre de Jésus pour se montrer aux prêtres - et ainsi faire constater leur guérison - alors qu'il sont encore malades. Ils ont tous confiance dans la parole de Jésus. 

Les neufs lépreux qui sont allés au Temple de Jérusalem ont fait un acte d'obéissance. Une obéissance que je qualifierai d'intéressée. Ils savent qu'au bout du chemin il y a la réintégration dans la vie sociale. Parfois, les parents offrent une récompense pour se faire obéir. C'est souvent le cas lorsqu'ils demandent d'accomplir une démarche difficile ou désagréable. 

 

"La foi est la preuve des réalités qu'on ne voit pas" dit aussi la lettre aux Hébreux. Les lépreux sont tous guéris. Ils ne sont pas tous d'accord sur l'auteur de cette guérison. Neufs pensent que c'est le Dieu d'Israël qu'ils honorent à Jérusalem. Le Samaritain croit que c'est Jésus. Personne ne le sait car personne n'a vu ni Jésus ni le Dieu œuvrer dans cette guérison. Pour les premiers, Dieu est le docteur et Jésus le pharmacien. Pour le Samaritain, Jésus est le généraliste et Dieu le spécialiste. 

On remercie le docteur qui nous a soigné. Il nous donné la démarche à suivre pour guérir. Nous avons suivit avec soin l'ordonnance, la posologie et nous avons été guéris. 

 

"Ta foi t'a sauvé". Par cette parole, Jésus constate la foi de ce Samaritain qui a su reconnaître le rôle de Jésus dans sa guérison. Jésus ne garde pas cet éloge pour lui seul. Il sait que la foi de cet homme est un don de Dieu le Père. En faisant cet éloge, il rend hommage et rend grâce à son Père, le grand professeur, spécialiste en médecine. 

Notre action de grâce est petite en comparaison de celle de Jésus vis-à-vis de son Père. C'est une belle petite fleur des champs en comparaison au gros bouquet qu'offre Jésus à son Père. Si nous nous associons à l'action de grâce de ce Fils unique, nous pourrons avec lui offrir un énorme bouquet de fleurs. C'est toute la grandeur de la messe. On peut remercier Dieu chez soi, à la maison. Nous lui offririons que des bouquets maigrichons. A la messe, en associant notre fleur des champs aux belles fleurs de Jésus, nous pouvons offrir un bouquet colossal à Dieu.

 

Entrons avec Jésus dans l'action de grâce.

Amen.

homélie du dimanche 2 octobre 2016

JÉSUS nous parle de la puissance de la foi en parabole. Il nous dit que la foi, même petite, peut faire de grandes choses, comme déraciner un arbre. Regardons d'un plus près cette parabole.

 

Déraciner et planter dans la mer. Je n'ai jamais vu d'agriculteur planter un arbre dans la mer. Cela ne pousse pas. Si on jette un arbre dans la mer, il sera détruit par le sel et l'eau. Donc, la parabole de Jésus nous dit que le déracinement a pour but de détruire. Mais pourquoi détruire une forêt ? Les moines du Moyen-Age ont détruit des forêts pour y cultiver des céréales ou y installer un potager. La graine de moutarde n'est-elle pas une plante potagère ? Jésus nous invite à enlever les arbres inutiles à l'alimentation des hommes pour y mettre des plantes comestibles. On peut se demander ce qui encombre notre vie et qui est inutile. Ne dois-je pas faire un peu plus de place à des choses utiles pour mon prochain ?

 

Les différents types de racines. Jésus nous invite avec cette parabole à nous intéresser aux différents type de racines.

  • La racine traçante. Le pin parasol a une racine traçante qui s'étale largement sur le sol. Il peut tenir dans le sable, par exemple, grâce à son étalement. Nos activités nous demandent parfois beaucoup d'espace. On court beaucoup. Mais cette agitation est-elle toujours utile ?
  • La racine pivotante. La racine du noyer s'enfonce bien droite dans le sol pour en puiser les nutriments. Certaines activités demandent beaucoup de cœur ou beaucoup de courage. Attachons-nous toujours à des activités utiles ?
  • Racine crampon. Le lierre a une racine crampon. Il ne peut se tenir verticalement tout seul. Dans certains domaines, nous avons besoin d'être épaulé. Il faut savoir prendre son autonomie à temps.
  • Racine suçoir. Le gui a une racine suçoir. Il puise son énergie dans la sève du chêne. Il arrive, malheureusement, que certains vivent au crochet d'un autre.
  • Racine tubercule. La betterave a une racine tubercule. Une réserve se forme par accumulation de l'énergie. Certains ont des activités qui prennent de plus en plus de place dans leur vie. Il y mette de plus en plus de temps, d'énergie et parfois d'argent.  Est-ce au profit des autres ?

 

Analysons nos emplois du temps à travers cette grille de lecture.

Amen.

 

0 commentaires

Homélie du dimanche 25 septembre 2016

JÉSUS nous a invité, dimanche dernier, à nous faire des amis avec l'argent malhonnête. Aujourd'hui, nous voyons ce qui arrive à un riche qui reste indifférent au sort de son frère. La sanction est terrible et définitive. Agissons dès maintenant.

 

Entendre le cri des pauvres. Le riche vit paisiblement dans sa belle demeure. Le portail est fermé et il ne voit pas et n'entend pas le cri du pauvre Lazare. Le pape François nous invite à entendre le cri des pauvres. Prenons le chemin de la solidarité. "La solidarité est une réaction spontanée de celui qui reconnaît la fonction sociale de la propriété et de la destination universelle des biens. comme réalité antérieures à la propriété privée. La possession privée des biens se justifie pour les garder et les accroître de manière à ce qu'ils servent mieux le bien commun, c'est pourquoi la solidarité doit être vécue comme la décision de rendre au pauvre ce qui lui revient. Ces convictions et pratiques de la solidarité, quand elles prennent chair, ouvrent la route à d'autres transformations structurelles et les rendent possibles."

 

Aimer les pauvres. Entendre le cri des pauvres et répondre collectivement à leur besoin est une très bonne chose. Il faut aussi aimer ces pauvres. "Notre engagement ne consiste pas exclusivement en des actions ou des programmes de promotion et d'assistance; ce que l'Esprit suscite n'est pas un débordement d'activisme, mais avant tout une attention à l'autre qu'il "considère comme un avec lui" Cette attention aimante est le début d'une véritable préoccupation pour sa personne, à partir de laquelle je désire chercher effectivement son bien. Cela implique de valoriser le pauvre dans sa beauté propre, avec sa manière d'être, avec sa culture, avec sa façon de vivre la foi. Le véritable amour est toujours contemplatif, il permet de servir l'autre non par nécessité ni par vanité, mais parce qu'il est beau, au-delà de ses apparences : "C'est parce qu'on aime qu'on lui fait des cadeaux." Le pauvre, quand il est aimé, "est estimé d'un grand prix", et ceci différencie l'authentique option pour les pauvres d'une quelconque idéologie,d'une quelconque intention d'utiliser les pauvres au service d'intérêt personnels ou politiques.

C'est seulement à partir de cette proximité réelle et cordiale que nous pouvons les accompagner comme il convient sur le chemin de libération. C'est seulement cela qui rendra possible que "dans toutes les communautés chrétiennes, les pauvres se sentent "chez eux". Ce style ne serait-il pas la présentation la plus grande et la plus efficace de la Bonne Nouvelle du Royaume ?"

Que le Seigneur nous aide à aimer les pauvres.

Amen. 

Homélie du dimanche 18 septembre 2016

Le mot argent est délicat à manier dans notre pays. Certains le méprisent, d'autres l'encensent. Jésus le met à sa juste place. Il est malhonnête, mais peut servir à faire du bien, à se faire des amis.  

Saurons-nous être dignes de confiance pour le gérer comme il faut ?

 

Gérant. En prenant cette figure de gérant, Jésus affirme que l'argent ne nous appartient pas. Il nous est confié, tout comme la création ou nos enfants. Qu'attend le Seigneur de notre gestion matériel du monde ? Jésus est clair : faîtes vous des amis avec l'argent malhonnête. Ne thésaurisons pas, mais faisons circuler cette argent qui doit profiter aux maximum de personnes. Possédons des biens sans être possédés par eux. Ils sont comme le ruban adhésif : il est parfois difficile de s'en débarrasser quand il est collé à notre main. Il peut aussi attraper les mouches qui foisonnent au printemps.

 

Confiance. Le scout met son honneur à mériter confiance. Il le fait en obéissant, mais aussi dans la gestion matérielle de sa patrouille. Si nous savons bien gérer notre argent, nous saurons bien gérer les biens spirituels qui nous sont confiés. De nombreux saints ont su gérer les biens que la providence leur accordait pour faire le bien autour d'eux. Ils avaient une grande confiance en Dieu et Dieu en eux. 

 

Gérons saintement nos richesses.

Amen. 

Homélie du dimanche 11 septembre 2016

Dans ces trois paraboles de la miséricorde, la joie est présente. Nous sommes invités à la joie. "Il fallait se réjouir", dit le père dans la dernière parabole. La joie n'est pas spontanée, comme dans les deux premières paraboles, mais elle devient un ordre, un impératif, une obligation. 

 

La joie du père. Le père a un comportement bien différent du berger et de la ménagère. Alors que ces deux derniers se déplacent et font un grand effort pour chercher le brebis ou la pièce perdue, le père attend dans son grand domaine le retour du fils. On imagine sa tristesse. Elle est semblable à celle de Jacob qui croyait son fils Joseph mangé par les bêtes sauvages. Le père doit se réjouir pour évacuer tout ce chagrin accumulé au fil du temps.  Pour lui, cette joie éclate après tant de peine et de mélancolie. Cela lui a fait un bien fou.

 

La fête avec les serviteurs. Le père, dans sa joie, organise une fête avec les serviteurs. Il y a un festin avec le veau gras et les danses. Ils reçoivent l'ordre du chef du domaine de faire la fête. Apparemment, ils sont contents et ne se font pas prier pour entrer dans la joie de leur maître. La journée a sans doute été éprouvante et un peu de loisir ne fait pas de mal. Ils obéissent de bon cœur et cela leur fait du bien de se détendre.

Savons-nous nous réjouir lors des fêtes d'entreprise ou organisées par l’État ou la commune ? 

 

Le fils aîné. Le fils devrait se réjouir aussi. Il pense trop à son travail et n'arrive pas à oublier l'argent perdu par son frère. Sa rancune est si tenace qu'il ne veut pas voir la détresse de son frère. En refusant l'invitation à la joie ne risque-t-il pas de devenir malade psychologiquement ? La jalousie ne risque-t-elle de le détruire ? 

 

Entrons dans la joie de Dieu.

Amen.

Homélie du dimanche 4 septembre 2016

JÉSUS a des paroles fortes. Il nous invite à l'engagement à sa suite, un engagement fort et primordial. On dit qu'un soldat marié perd la moitié de sa valeur. C'est avec un image de guerre contre le mal que Jésus nous exhorte à nous engager à sa suite. Le discours du pape François aux jeunes à Cracovie allait dans le même sens. C'est pourquoi, il est bon ce matin d'entendre ou de réentendre les paroles fortes du Souverain Pontife.

 

Non à la fermeture. Préféré le Seigneur à tout, même à sa famille, c'est choisir la fraternité universelle. C'est vouloir ce faire le frère de tous. On ne regarde pas les difficultés du monde uniquement à travers l'écran de la télévision ou sur la page du journal. "Lorsque nous entrons en contact avec la vie, avec ces vies concrètes non plus médiatisées par les écrans, alors il nous arrive quelque chose de fort : nous sentons tous l'invitation à nous impliquer : "Assez des villes oubliées, il ne doit plus jamais arriver que des frères soient entourés par la mort et les tueries, sentant que personne ne les aidera .... Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s'appelle fraternité. "

 

Non à la paralysie. Jésus nous rappelle le coût de l'engagement : c'est le renoncement aux biens. Telle une tour de garde, il empêche d'être envahi par bien des maux. Par une image forte, le pape François nous invite à ne pas confondre bonheur et confort. 

"Dans la vie il y a une paralysie encore plus dangereuse et souvent plus difficile à identifier, et qu'il nous coûte beaucoup de reconnaître. J'aime l'appeler la paralysie qui naît lorsqu'on confond le bonheur avec un divan ! Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d'un bon divan. Un divan qui nous aide à nous sentir à l'aise, tranquilles, bien en sécurité."

Ensuite le pape invite les jeunes à s'engager : "Chers amis, Jésus est le Seigneur du risque, il est le Seigneur du toujours plus loin. Jésus n'est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le divan contre une paire de chaussure qui t'aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l'amour de Dieu, la joie que laissent dans ton coeur chaque geste, chaque attitude de miséricorde. Aller par les routes en suivant la folie de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l'ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul."

 

Engagez-vous, vous verrez du pays.

Amen.

 

Homélie du dimanche 28 août 2016

JÉSUS nous invitait dimanche dernier à franchir la porte étroite. Celle-ci permet d'entrer dans la salle des noces. Aujourd'hui, Jésus nous dit comment nous seront placer dans la salle du Royaume. 

 

Un dîner placé. A la cantine, chacun choisit sa place. On se met avec ses copains, avec ses amis. Dans un mariage, il y a un plan de table fait par les mariés. On suit les choix des époux. Chaque invité se place non en fonction de ses affinités, mais ce sont les mariés qui établissent un sorte de hiérarchie, avec les meilleures places à la table des mariés. On est mis à l'honneur ce jour-là. Avec cette image, Jésus nous invite à voir dans le salut comme un don, un cadeau. On ne se l'approprie pas. C'est ce qu'a fait David vis-à-vis de la royauté. Par deux fois, il aurait pu tuer le roi Saül et s'emparer du pouvoir. Il ne l'a pas fait. 

 

Humilité. Jésus voit ceux qui veulent la meilleure place. C'est la concurrence entre les convives. Dans le jeu de boule, on cherche la meilleure place : le plus près du cochonnet. Parfois, les premières boules sont loin du but ; on peut s'approcher encore de l'objectif en plaçant une nouvelle boule. D'autre fois, la boule touche le cochonnet ; alors il faut tirer pour dégager la boule de l'adversaire. Voilà, ce que donne l'ambition humaine. La victoire par l'élimination de l'adversaire. 

Dans les cirques, l'esprit n'est pas le même. Il y a une solidarité très forte. Lorsque les acrobates font une pyramide humaine, celui qui est au sommet est à l'honneur. Il sait qu'il a besoin de tous les autres pour grimper tout en haut. Ceux du bas vivent cet exercice comme un service. 

 

Soyons toujours humbles.

Amen.

 

Homélie du dimanche 21 août 2016

Jésus nous invite à continuer notre réflexion sur le salut. Suite à une question d'un auditeur sur le nombre des élus, Jésus nous invite à passer par la porte étroite. Que retenir de cette image?

 

La porte étroite. Jésus affirme qu'ils viendront nombreux de tous les pays pour remplir la salle des noces. Pourtant, la porte est étroite. Lorsqu'on accueille beaucoup de monde, comme dans un stade de foot, on ouvre largement les portes pour faire entrer le plus vite possible les spectateurs. En ce moment, pour monter dans les avions et aussi dans certains trains. la porte est restreinte pour mieux contrôler un par un les voyageurs. Il en va de même pour le salut en Jésus-Christ. Par sa mort et sa résurrection, Jésus a sauvé la multitude des hommes, à sauver tous les hommes. Mais le salut est aussi individuel. Chaque croyant doit faire l'effort pour marcher sur le chemin de la foi. 

Jésus a ouvert la porte de la foi et du ciel. Nous sommes invités à nous faire reconnaître comme chrétien par le portier. il faut avoir le visage découvert et ressembler à la photo de notre pièce d'identité. Le salut nous demande en plus d'être baptisé de vivre en cohérence avec ce baptême. 

 

Efforcez-vous. Toute la  grande foule appelé au festin du royaume ne peut pas passer en même temps la porte étroite. Une file d'attente se forme. Dans certains aéroport cette attente peut être longue. Alors on organise le flux des voyageurs. Le temps de l'Eglise est ce temps d'attente. Temps d'attente festif avec en entre autre la célébration de l'eucharistie. Attendre demande un effort. Les Hébreux dans le désert n'ont pas su attendre Moïse monté sur la montagne du Sinaï. Les Apôtres n'ont pas su attendre Jésus monté sur le mont Thabor. En ce monde où tout va si vite, ayons la patience d'attendre pour entrer dans la salle des noces. 

 

Du dehors. Jésus affirme que quelques uns resteront dehors. Ils ont entendu parler de Jésus et de ses miracles. Ils ne sont pas entrés dans la salle des noces. Lors des fêtes de chapelle, il y a ceux qui tardent à passer à table. Ils restent à discuter de longs moments avec leurs amis parfois devant un verre de bière ou un kir breton. Ils ne se décident pas à faire la queue pour prendre le plateau repas, ils attendent que le flot des convives s'amenuise.  Ils arrivent que des projets religieux, baptême d'un enfant ou mariage à l'église, ne se réalise pas faut de se décider, faut de prendre le temps de faire les démarches nécessaires. On reste dans le désir ou dans l'intention, mais pris par les événements on ne fait rien. 

 

Le salut est promis à tous, sachons le saisir en temps opportun. Amen.

Homélie du dimanche 14  août 2016

Le pape François a publié une encyclique intitulée : "la joie de l'évangile". Pourtant en lisant l'évangile de ce dimanche la joie de Jésus n'est pas très grande. Il parle de son impatience et de son angoisse. il parle aussi de la division de la famille humaine. Que retenir de ces affirmations?

 

Le bonheur est au terme du chemin. Jésus parle positivement du salut. C'est un feu qui illumine et qui embrasse tout de sa puissance et de sa force. C'est un baptême qui transforme et qui renouvelle. Cependant le chemin vers ce salut est difficile et ardu. Il passe par la passion. Jésus est fatigué par la rude tâche de prédication et sans doute aussi par les incompréhensions. Alors, l'impatience le gagne. Il a peur devant de cette mort ignoble qui l'attend. Dans un monde on nous devons toujours être en pleine forme, c'est bon de voir Jésus exprimer ses difficultés de missionnaire. Il le fait avec délicatesse; alliant le positif (baptême et feu) et le négatif (impatience et angoisse).

 

Le salut n'apporte pas la paix. Dans la deuxième partie de cet évangile, Jésus nous parle de la situation des premiers chrétiens. Il ne parle parle pas de toute les familles, mais en particulier des premiers chrétiens. On peut remarquer que cette division est entre les générations : celle des parents et celles des enfants, entre les filles d'un côté et les garçons de l'autre. Cette séparation est celle d'un enfantement difficile. Pour la première génération de chrétiens, il a fallu que Sainte Barbe s'oppose à son père qui l'a mise à mort. 

De nos jours, certains croyants sont obligés de choisir entre leur famille et Jésus. Dans certains pays on ne peut pas, par pression familiale, se convertir librement au christianisme.

D'autres familles vivent cette division autrement. C'est la nouvelle génération qui abandonne la croyance religieuse. Des parents ou des grands parents qui sont peinés que les enfants ou leurs petit enfant ne soit pas baptisés. Cette souffrance rejoint celle de Jésus qui n'a pas toujours été écouté par ses contemporains, qui a été chassé de la synagogue de Nazareth. 

 

Entrons dans le combat du salut. Amen.

 

Homélie du 15 août 2016 - Assomption

Le livre de l'Apocalypse nous parle d'une "femme ayant le soleil pour manteau". Cette vision de l'Apôtre Saint Jean ne sait pas reproduite à l'identique dans les siècles suivants. A chaque apparition, Marie portait une robe différente. Je voudrai vous parler aujourd'hui de la garde robe de Marie.

 

Des robes de haute couture. Pour parler d'une robe, on évoque le créateur de cette oeuvre d'art lorsqu'il s'agit d'un grand couturier. C'est le Seigneur lui-même qui a cousu cette robe du salut, une robe sur-mesure, une robe parfaitement ajuster qui met en valeur le corps de la Vierge Marie.

On parle aussi des tissus de la robe. Jean a vu une robe de lumière faite avec le soleil. C'est une robe unique qui fait de la vierge Marie la lumière du monde par excellence.

Une robe se porte avec des accessoires qui mettent en valeur la personne. Dans notre cas, il y a le diadème de 12 étoiles, plus beau que celui de miss France.

 

Une robe pour chaque apparition. Marie n'avait pas la même tenue à La Salette où elle pleurait sur la France qu'à Pontmain. Elle avait sa tenue du soir pour soutenir le morale d'une population inquiète pour ses soldats. Comme toutes les femmes, elle sait trouver la tenue adapté aux circonstances et aux personnes qu'elle visitait. Ce n'est plus habillée de lumière qu'elle vient sur la terre, c'est dans des tenue proche de celle des hommes. elle ne cherche pas à éblouir, c'est la maman qui vient voir ses enfants pour les soutenir dans leur vie de chrétien.

 

Une robe de dame. Il est frappant que les enfants qui ont vu la Vierge Marie ne l'ont pas identifié tout de suite. C'est une Dame qu'ils ont vus. Car la robe a caché la véritable personne de Marie. Ce n'est pas la femme glorifiée, mais l'humble servante, la croyante qui nous visite.  Le mystère du ciel n'est pas totalement dévoilé par ces apparitions, si belles soient-elles. Un jour tout sera dévoilé à nos yeux. Nous pourront voir Marie dans toute sa splendeur et toute sa grandeur. 

 

Nous aussi habillons-nous de lumière. Amen.

Homélie du 7 août 2016

Jésus nous demande d'attendre le retour de noce. Que fait le serviteur?

 

Il garde les biens de la maison. C'est la première fonction pour éviter les voleurs. Le trésor de la foi peut être dérober par des faux prophètes. Certains croyant partent sur des chemins incertains dans des sectes ou sur la route de la violence. Conservons une foi intacte en se formant tous les jours. 

 

Il nettoie la maison. il faut que toutes les pièces soient propres. La chambre du serviteur et les parties commune. Faisons le ménage chez nous et dans la société. 

 

Il donne des nouvelles de l'état de la maison. Comme le serviteur de la chanson donne des nouvelles du château à la marquise, le serviteur donne des informations sur l'état du domaine. Cela se fait par notre vie de prière. 

 

Attendons activement le retour de Jésus. Amen.

Homélie du dimanche 31 juillet 2016

Jésus nous raconte l'histoire d'une réussite professionnelle qui permet à un homme d'envisager l'avenir avec sérénité. Pourtant, celui qui nous invite à faire fructifier nos talents, ne vante pas le mérite de cet agriculteur. On peut se poser cette  question : quel développement est-il valable?

 

Le partage. Le travail est une bonne chose et permet de créer de la richesse. Comme le souligne Jésus, cette richesse est à partager. Voyons quelques cas de figure de partage. 

On peut tout d'abord partager cette richesse avec sa famille, sa femme et ses enfants pour ceux qui sont mariés. On voit bien que dans ses cinquante dernières années se partage familiale à bien changer. On peut se poser cette question : avec mes revenus, quel est le nombre idéal d'enfants ? Il faut trouver un équilibre entre un certain confort et partage. 

On peut partager par le don aux associations et le versement des impôts. Il faut trouver l'équilibre entre thésaurisation et dilapidation. Est-ce juste et confortable d'être très riche au milieu de pauvres ? La société se pose beaucoup de question sur la juste répartition des richesses par la grille des salaires. 

On peut partager aussi entre les pays et les nations. La crise des migrants pose la question d'une juste répartitions de l'entraide internationale. Pour l'instant ce n'est pas les pays de l'Union Européenne, ni de la péninsule arabique qui supporte la plus lourde charge migratoire. Ce n'est pas une situation juste et durable. 

 

Le souci des autres. On peut partager les richesses sans que cela profite aux personnes aidées. Malgré  cinquante ans d'aide à l'Afrique, ce continent peine encore à se développer. Il y a d'autres difficultés à résoudre. 

Dans la vie sociale, il y a des problèmes non résolus. Au Faouët, par exemple, certains trouvent qu'il y a beaucoup de mauvaise herbes dans les rues. Pour certains c'est le ressort de la municipalité. Celle-ci demande l'aide des propriétaires. Dans cette affaire, comme dans beaucoup d'autres, on voit que chacun se donne des limites, souvent à juste titre, et limite  son action et son domaine de compétence. Les mauvaises herbes poussent entre les territoires ainsi formés. Pour améliorer la situation, il faut se mettre autour d'une table pour que toute la commune soit prise en charge d'une manière raisonnable soit par la municipalité ou par les citoyens. 

 

Ne vivons pas que pour nous-même. Amen.

Homélie du dimanche 24 juillet 2016

Après le récit de Marthe et Marie où Luc parlait de l'articulation entre amour de Dieu et amour du prochain,  Jésus parle de la prière qui est une forme d'amour de Dieu. Pour cela, il donne trois verbes qui expliquent le cheminement de la prière. 

 

"Demander." C'est le verbe qui nous vient sans doute le premier à l'esprit lorsque nous parlons de la prière. On peut prier pour rendre grâce, pour louer. Cependant, la prière de demande est une démarche religieuse très répandue, comme le montre les cierges qui brûlent dans nos églises. 

A qui demander ? A Dieu bien sûr. Dans sa parabole, Jésus présente la demande d'un ami à un ami. Voyons-nous Dieu comme un ami ou comme l'administrateur du monde ?

Que faut-il demander ? La prière du Notre Père nous indique des pistes. On y demande le pain de chaque jour, tout comme l'ami importun de la parabole, mais aussi le pardon des péchés. Cette demande peut être individuel ou collective, comme dans le Notre Père. C'est, en quelque sorte, comme une pétition que nous envoyons à Dieu, car la demande est la même pour tout le monde. 

 

"Chercher." Jésus nous demande de chercher pour trouver. Ce verbe indique que la prière nous demande de nous déplacer, comme l'ami de la parabole, jusqu'à la maison du Père. La messe ou le chapelet ont cette dimension de cheminement, de progression. 

Beaucoup de chrétiens font des demandes à Dieu. Beaucoup moins cherchent Dieu par la prière personnelle. Et pourtant, Jésus ne nous demande-t-il pas de faire la volonté du Père ?

 

"Frapper." Dans la parabole, pour donner les pains, l'ami a ouvert à celui qui l'a réveillé. Il lui a donné les pains en main propre.  La prière nous met en présence, car Dieu nous ouvre sa demeure et son cœur. C'est particulièrement vrai au moment de la communion eucharistique. Alors, suivant la prière de Jésus, Dieu règne dans notre vie. C'est le terme ultime de la prière. Nous pouvons parler à Dieu comme un ami parle à un ami. C'est ce qu'a fait Moïse autrefois ; c'est ce que nous devons faire aujourd'hui. 

 

Progressons sur le chemin de la prière.

Amen. 

Homélie du dimanche 17 juillet 2016

Le docteur de la Loi avait résumé les commandements en deux propositions : 1) aimer Dieu et 2) son prochain. C'est dans ce contexte que Luc raconte cet épisode de Marthe et Marie. Il le fait après avoir raconté la parabole du bon Samaritain, qui parle de l'amour du prochain, et avant de parler de la prière. Cet épisode nous parle donc de l'articulation entre l'amour de Dieu et l'amour du prochain. 

 

Deux croyantes. Dans la vie de l'Eglise, il y a des personnes plus actives et d'autres plus contemplatives ; des chrétiens qui vivent dans l'engagement social et d'autres dans l'engagement liturgique. Nous sommes invités à vivre dans la communion pour la mission. Il faut s'accepter comme nous sommes et travailler ensemble pour la même évangélisation, sans jalousie ni rancune. L'évêque de Paris, lorsqu'il a construit la cathédrale Notre Dame de Paris, a consacré autant d'argent pour construire l'hôpital de l'Hotel-Dieu. 

 

Conflit personnel. Ces deux dimensions sont aussi en chaque croyant. On peut parfois être troublé lorsque nous avons l'impression que le service des autres empiète sur la vie de prière. Nous pouvons ressentir cela lorsque nous sommes discrets dans nos prières.  Un compagnon de Saint François voulait tellement être dans la vie de prière qu'il s'était totalement isolé de la vie sociale. Il n'était pourtant pas plus heureux pour cela. Les moines ont trouvé leur équilibre en consacrant autant de temps à la prière qu'au service de la communauté.

 

Trouvons le juste équilibre pour aimer Dieu et son prochain.

Amen.   

Homélie du dimanche 10 juillet 2016

JÉSUS raconte une histoire pour expliquer comment on devient proche des autres, comment on a une foi agissante.  Regardons ce que fait le Samaritain.

 

Le Samaritain s'approche. Le prêtre et le lévite font un détour et poursuivent leur chemin. On peut y voir un manque de cœur. Il peut aussi y avoir bien d'autre raisons qui peuvent être parfois les nôtres : le manque de temps, car leur famille les attend ; la peur de ne pas savoir prendre en charge un blessé ; la timidité face à un étranger... Tous les deux restent dans leur monde, dans leur bulle, comme ceux qui ont leur MP3 vissé sur les oreilles. 

Le Samaritain prend le temps d'examiner la situation en s'approchant du blessé, avant de lui prodiguer des soins. Il aime son prochain comme lui-même : il ne s'intéresse pas seulement à sa petite vie, mais aussi à celle des autres. 

 

Il charge le blessé sur sa propre monture. Le Samaritain aime le prochain comme lui-même en lui prêtant ses affaires. Il charge le blessé sur sa monture et continue le chemin à pied. Il prélève sur ses provisions un peu d'huile et un peu de vin. Il sait que ses biens ont une destinée universelle.

 

Il confie le blessé à l'aubergiste. Il donne les premiers soins. Certains passent le brevet de secouristes. Ils savent bien qu'ils ne sont pas pompiers pour autant. Les secours professionnels viennent ensuite pour continuer le sauvetage. Le Samaritain fait de même. Il aime son prochain comme lui-même, car il sait que nous avons tous besoin des autres et de l'aide de professionnels.

Il aide aussi financièrement l'aubergiste. Savons-nous à notre niveau faire de même ?

 

Ayons une foi agissante.

Amen.

Homélie du dimanche 3 juillet 2016

JÉSUS envoie ses apôtres et 72 disciples en mission pour que le règne de Dieu soit annoncé dans tous les villages de la Terre Sainte. Il demande de le faire pauvrement et sans s'imposer. Il veut aussi que ce soit un temps de guérison.

Que comprendre de cette dernière consigne ?

 

"Signe du royaume". Les guérisons sont un signe du royaume annoncé à tous. Jésus veut bien dire que sa venue est pour tous les bien-portants comme les mal-portants.  il n'y a pas d'exclus. Il l'a montré plusieurs fois en guérissant même les lépreux qui vivaient hors de la société. 

Le règne de Dieu est aussi l'intervention du divin dans la vie des hommes. C'est ce qu'on appelle la Providence qui fait concourir les choses pour notre bien. Crois-t-on encore à la Providence ?

C'est aussi un signe annonciateur de la passion de Jésus.  Jésus va passer par la fragilité de la croix pour y faire triompher la vie éternelle. Le règne de Dieu est l'entrée dans le monde de Dieu.

 

"Expérience pour les missionnaires". Jésus envoie des disciples en mission, car il sait qu'il ne peut pas aller dans tous les villages. Il les envoie aussi, car il sait que cela sera une bonne expérience pour eux. 

Une expérience de fraternité, lorsqu'ils seront accueillis dans une maison. Une expérience douloureuse, lorsqu'ils seront rejetés d'un village. Cela les forme à s'appuyer, non pas sur eux-mêmes, mais sur Dieu.

Les disciples sont invités à se confronter aussi à la maladie, à la faiblesse des êtres humains. De nos jours, en un temps où la médecine est très efficace, il est difficile de vivre la maladie, en particulier chez les jeunes. Cela nous renvoie à notre propre faiblesse.

Cette confrontation avec la maladie doit aussi préparer les disciples à vivre la passion de Jésus. 

 

Faisons la belle expérience de la mission.

Amen.

Homélie du 26 juin 2016

JÉSUS prend le chemin de Jérusalem, après avoir annoncer sa passion et sa résurrection à ses Apôtres.

Il avait demandé à tous les disciples de prendre sa croix et de le suivre.

Voyons comment trois personnes répondent à cette invitation ?

 

Tout quitter. Le premier pense que Jésus a une demeure sur la terre. Jésus n'a pas d'abri ni sous la terre, comme les renards, ni dans le ciel, comme les oiseaux.  Il va vers le Père ; il va être enlevé vers le ciel.

Jésus, comme une fusée, met tout son énergie et sa détermination à quitter cette terre. Il faut beaucoup de carburant pour cela, pour s'extraire de la pesanteur. Larguons toutes les amarres, tous les liens avec la terre. Jésus ne fait pas descendre le feu sur la terre les hommes. Il veut transmette le feu de son amour pour embraser le monde.

 

Se délester. Pour partir loin, il partir léger. Jésus demande qu'on coupe tous les liens avec la famille. 

Une fois que la fusée a décollé, elle largue ses étages pour aller plus haut dans l'atmosphère. Quittons ce qui nous fait regarder vers la terre ! Levons la tête vers le royaume et vers Dieu ! 

 

Etre préparé. Pour être digne du royaume, il faut regarder vers l'avant. 

Le cosmonaute s'entraîne pour aller dans l'espace. Il fait un stage dans la station spatiale pour apprendre à se mouvoir en apesanteur. Soyons citoyens du ciel.

 

Soyons aussi déterminés que Jésus .

Amen.

Homélie du dimanche 19 juin 2016

En cette période d'examen, pour les lycéens, nous entendons aujourd'hui Jésus interroger ses disciples. Il leur fait passer un oral après plusieurs mois d'enseignement et un envoi en mission.

Pourquoi Jésus fait-il cet oral ?

 

Passage en année supérieur. Un oral permet de vérifier les connaissances des élèves. Jésus vérifie que les apôtres ont été attentifs lors de leur mission : " Pour les hommes qui suis-je ? " Il est important de savoir positionner sa foi dans le contexte de notre époque, de notre temps et de notre milieu.  Jésus pose une deuxième question plus personnelle : " Pour vous, qui suis-je ? " Tous les apôtres entendent la bonne réponse de Pierre.  Alors, Jésus peut passer à une autre partie de son enseignement et, pour la première fois, il parle de sa passion et de sa résurrection.  On ne peut comprendre la passion qu'en sachant que Jésus est plus qu'un prophète : il est le Fils de Dieu. 

 

Entrer dans une nouvelle école. L'oral permet au bachelier d'entrer à l'Université. On voit bien que Jésus enseigne aux disciples des choses qu'il ne dit pas à tout le monde. Il faut garder le secret. L'annonce de la résurrection n'est dévoilée qu'aux disciples. Pierre, Jacques et Jean seront encore plus privilégiés en assistant, 6 jours plus tard, à la Transfiguration. 

Il y a des écoles théoriques, comme les universités, et des écoles pratiques, comme les écoles d'ingénieurs. Là, Jésus va faire entrer les disciples dans la pratique du renoncement et du dévouement qui permet de porter la croix chaque jour.

 

Encourager. Un diplôme est un formidable encouragement. Il permet de se rassurer sur sa capacité à faire tel ou tel métier. Jésus a besoin d'encourager ses disciples qui vont être confrontés aux rudes épreuves de la passion. Il faut qu'ils aient une confiance sans borne en Jésus qui est plus qu'un prophète. On ne donne pas sa vie pour un prophète. Les disciples de Jean-Baptiste l'ont abandonné aux mains d'Hérode. On est prêt à donner sa vie pour Dieu et pour le fils de Dieu. En tout cas, c'est que Jésus attend de ses disciples et de nous-mêmes. 

 

Suivons jusqu'au bout le Fils de Dieu.

Amen.

Homélie du dimanche 12 juin 2016

JÉSUS profite des occasions de la vie pour donner un enseignement sur le Royaume. Aujourd'hui, nous avons entendu comment il accueille favorablement les gestes délicats d'une femme de la ville. Le pharisien, chez qui il déjeune, ne comprend pas l'attitude de Jésus ; il ne pense pas qu'il soit un prophète, car il ne sait pas lire dans la vie de cette aimable femme. Pourtant, il oublie que Jésus, dans ce passage de l'évangile, lit dans ses pensées et dans celles des invités. C'est de cette manière qu'il se montre prophète. 

De cet évangile, nous pouvons retenir trois leçons.

 

Une leçon d'espérance. Le pharisien ne met pas beaucoup d'espérance dans cette pécheresse. En revanche, celle-ci attend beaucoup de Jésus et le bon accueil du Seigneur a sûrement enhardi sa démarche d'abord timide. Jésus est plein d'espoir pour cette femme qui montre de la bonne volonté, une envie de changer de vie. Mais, il espère aussi, par le dialogue avec son hôte, le faire changer d'attitude et changer son cœur.  En fait, Jésus espère convertir et l'homme et la femme.

 

Une leçon d'amour. Jésus reconnaît deux beaux gestes d'amour : celui du pharisien qui l'invite à manger et celui de la femme qui couvre ses pieds de baisers. En comparant ces deux amours, le petit et le grand,  Jésus montre que chacun doit apprendre à mieux aimer. Cette femme doit mieux aimer l'humanité en ayant de vraies et de bonnes relations avec les hommes. Et le pharisien doit mieux aimer l'humanité en ayant un regard plus positif sur ses contemporains. 

 

Une leçon de foi. L'amour couvre une multitude de péchés. Cette aimable femme en a fait l'expérience. Elle a été pardonnée grâce à son amour envers Jésus et sauvée par sa foi. Le pharisien a été pardonné autrefois, en allant dans le Temple et en faisant une offrande pour le péché. Mais, comme il n'a pas la foi, il n'est pas pour l'instant sauvé. 

On peut être pardonné sans être sauvé : cela arrive lorsque nous retombons dans le même travers après avoir obtenu le pardon. On peut être pardonné et sauvé : cela se produit lorsque, ayant reçu le pardon, nous arrivons à ne plus commettre telle ou telle faute. On peut être pardonné de l'alcoolisme, mais c'est mieux d'être sauvé de cette maladie.

 

Que Jésus nous aide à grandir dans l'espérance, l'amour et la foi.

Amen. 

Homélie du 5 juin 2016

JÉSUS dans sa compassion pour une veuve ressuscite son fils. Ce geste rappelle celui du prophétie Elie. Quelle espérance Jésus nous donne t-il par ce signe du Royaume ?

 

Jésus touche le cercueil. Par ce geste, Jésus arrête la marche du cortège funèbre, la descente dans la tombe. Jésus a guéri des malades, mais n'a jamais empêché quelqu'un de mourir. Il est intervenu après le décès. Ce geste illustre sans doute cette phrase qu'il a dit à ses disciples : "Je viendrai vous prendre avec moi." Jésus ne nous attend pas là haut dans le ciel auprès de Saint Pierre. ; il veut faire le chemin avec nous, avec notre âme, de cette terre vers le ciel. 

 

Le fils se lève. La résurrection est exprimée par le verbe "se lever". C'est un changement de trajectoire. Le fils passe du déplacement horizontal, à la montée. C'est cela la mort de Jésus : une glorification et non un déclin qui finit dans la tombe. La vie monte en nous par le déploiement de la résurrection dans notre vie. Certes, notre corps vieillit ; mais nous sommes plus qu'un corps. Notre coeur et notre âme peuvent grandir sans cesse. 

 

Jésus nous conduit vers le ciel. Un miroir est capable de dévier les rayons de la lumière, car il est composé d'une vitre et d'un tain. Jésus, vrai Dieu, transparent comme un vitre, et vrai homme, obscur comme le tain, dévie ce qui en nous est lumière. Ce qui est plus lourd, comme notre cœur de pierre, passe sous le miroir et reste sur terre à se décomposer.  Quelle lumière y a-t-il en nous ? Une simple chandelle bien petite et bien fragile ; ou un grand projecteur qui illumine tout un stade de football.

 

Grandissons dans la lumière de Jésus.

Amen. 

 

0 commentaires

Dimanche 29 mai2016  - Fête Dieu

JÉSUS accomplit le geste spectaculaire de la multiplication des pains et des poissons pour nourrir 5.000 personnes. Pour cela, il prend 5 pains qu'il fractionne et fait distribuer par ses disciples. Le fraction du pain est une expression pour désigner, au début de l'Eglise, l'eucharistie.

Que signifie ce terme ?

  

Partage. Dans certains restaurants, chaque client a son petit pain particulier. A la maison, la famille se partage un même pain coupé en tranches. A la messe, le prêtre partage la grande hostie pour en distribuer des morceaux aux fidèles. Manger un même pain, c'est être co-pain, c'est vivre en famille. A la messe, nous partageons le pain du Seigneur, dans sa maison. Nous entrons encore plus dans sa famille, dans son intimité.

 

Ouverture. Fractionner le pain, c'est casser la croûte et sentir l'odeur de la mie. Nous devons fractionner, ouvrir notre cœur pour partager avec les autres. Il faut que la bonté de notre cœur ne reste pas enfermée en nous. Libérons toutes les bonnes énergies de notre être pour les partager avec notre entourage. 

 

Multiplication. Lorsqu'on découpe un gâteau, on fait autant de parts que de convives. Plus y a de monde plus les parts sont petites. Avec Jésus, il n'en va pas de même. La fraction contribue à la multiplication des pains et des poissons. Comme si chaque fragment se dilatait pour faire le même volume que le pain entier initial. Dans la vie, il y a des choses que nous partageons et qui se multiplient : le savoir, les graines, l'amour, les conseils....

 

La Vie.  Les cellules, au début de la vie, se fractionnent pour former un embryon. De cette façon, chaque cellule à le même code génétique. La fraction que Jésus opère, c'est celle de la construction d'un être humain. Il multiplie son corps pour que nous devenions semblable à lui. Il multiplie son corps pour nous faire grandir jusqu'à  la plénitude de notre humanité. 

 

Que notre vie chrétienne soit partage.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 22 mai 2016 - Fête de la Trinité.

Le mystère de la Trinité est un beau mystère. Cette année, nous avons entendu Jésus nous parler du rôle des trois personnes de la Trinité dans notre cheminement vers la vérité. Comment s'opère cette navigation ?

 

L'Esprit reçoit ce qui vient de moi.  Jésus nous dit que nous sommes guidés par l'Esprit qui reçoit des informations du Père et du Fils qui sont dans Ciel. C'est le système du GPS. Les satellites, émettant des signaux, permettent de positionner n'importe quel véhicule muni d'un récepteur adéquat. La voix du GPS nous indique le chemin à prendre grâce aux informations des satellites. Ce système nous guide sûrement vers le but à atteindre si nous l'écoutons scrupuleusement. 

Parfois, on ne veut en faire qu'à sa tête. Le GPS nous sort des impasses, en nous redirigeant sur le bon chemin. En effet, il est capable de recalculer un itinéraire. D'autres fois, nous voulons passer par telle ville pour rendre une visite à un ami ou à un parent. Le GPS calcule l'itinéraire avec cette nouvelle option. Bref, le GPS, la Trinité, s'adapte à ce que nous sommes.

 

Vers la Vérité. Si on nous demandait le but de notre vie, on donnerait beaucoup de réponses valables : l'amour ou le bonheur.  Jésus parle de la Vérité. Elle peut se comprendre de différentes façons. La Vérité qui décrit et fait connaître la réalité sur le monde et sur Dieu. Ce qui voudrait dire que nous sommes appelés à devenir des encyclopédies. La Vérité est aussi synonyme d'authenticité : être vrai. Nous sommes appelés à vivre en conformité avec notre nature humaine. En fait, cette vérité permet le bonheur et l'amour. Elle permet le bonheur, car nous nous sentons bien dans notre être. Elle permet l'amour car l'amour a besoin d'être vrai.

 

Laissons nous guidés par la Trinité. 

Amen

0 commentaires

Homélie du 15 mai 2016 - Pentecôte

La Pentecôte est un mystère plein de feu. C'est pour cela que le prêtre met une chasuble rouge. C'est aussi, comme sur le mont Sinaï, un mystère bruyant qui annonce et précède la lumière.

 

Un bruit. Ce bruit n'est ni terrifiant ni assourdissant. Il est puissant, certes, mais pas au point de provoquer l'effroi. C'est un bruit qui invite à prendre le large, un son qui invite à sortir. Comme le starter qui donne le départ d'une course d'athlétisme, ce bruit est puissant et bref et invite à donner son maximum. Comme la sirène des pompiers qui retentit dans la caserne, il invite à porter secours aux autres. Comme la cloche qui annonce la fin de la classe, nous sommes invités à retrouver notre famille pour partager nos apprentissages.

Ce bruit emplit la maison. Il est stéréo, comme au cinéma. Il envahit toute la personne pour la stimuler et la faire vibrer. On est pris dans l'action, dans l'histoire du salut pour passer de spectateur à acteur.

 

Une voix. Chez les apôtres, ce bruit va devenir une voix. Tous parlent, mais d'une seul voix. Quelle cohésion ! Quelle entente ! C'est comme le chant polyphonique ou la musique d'un grand orchestre : le son unifié est en harmonie. Ni pupitre ni tessiture n'étouffe les autres voix ; pas une voix qui détonne par rapport à une autre. On s'écoute pour former un groupe uni.

Cette voix unique sortant de plusieurs bouches attire toutes les oreilles, charme tous les tympans.  C'est un délice à écouter. C'est une invitation à s'unir à ce groupe. 

 

Laissons-nous emporter par l'élan de la Pentecôte.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 8 mai 2016

Jésus est monté au ciel jeudi dernier. Il ne cesse de prier pour nous. Il veut l'unité des disciples, de son peuple.

 

"Qu'ils soient un". Cette unité est voulue ardemment par Jésus. Il a pleuré sur Jérusalem, car la ville ne s'est pas rassemblée comme les poussins autour de leur mère poule.  Cette unité est aussi voulue par l'action de Jésus. Après sa résurrection, il a rassemblé les apôtres dans la foi en convaincant Thomas de sa résurrection et en apparaissant aux disciples d'Emmaüs. 

 

Unité communautaire. L'unité peut se réaliser lorsque nous sommes tous rassemblés dans un même lieu. Jésus souhaite que nous soyons un dans le Père, entouré et protéger de son amour. Nous avons conscience d'appartenir à un même communauté, une communauté mondiale. Cette unité communautaire est réalisée par notre baptême. 

Si nous mettons plusieurs verres dans une caisse en cartons, il y aura unité de lieux ; ils seront protégés de la poussière. Cela est suffisant pour les conserver à l'abri dans un placard.  En revanche, pour les transporter, il faudra prendre plus de précaution.

 

Unité de destin. L'unité peut se réaliser lorsque nous travaillons tous à la même tâche. Chacun prend sa part de l'oeuvre à réaliser et suit les règles choisies par tous ou par le chef du groupe. Cela se réalise lorsque Jésus habite notre cœur et met en chacun de nous un même élan d'amour pour bâtir le Royaume. Cette unité de destin est réalisée par la communion eucharistique qui nous pousse tous à faire le bien envers les autres. 

Pour transporter les verres qui sont dans le carton, nous allons les remplir de papier journal et les caler avec ce même papier. Alors, ils ne craindrons plus les transports et les déménagements. 

 

Vivons dans cette unité.

Amen.

0 commentaires

Homélie de l'Ascension 2016

Nous avons entendu deux récits de l'Ascension : un tiré des actes des Apôtres et l'autre de l'évangile. Ces récits sont complémentaires, mais du même auteur. Pourquoi raconté deux fois le même événement ?

 

Un événement charnière. L'Ascension est un événement qui marque la fin de l'évangile, la fin de la vie de Jésus sur terre. C'est la fin d'une époque. C'est aussi le début d'une autre : la prédication par les Apôtres. C'est ce jour là qu'ils sont envoyés en mission. Les Actes des Apôtres montre la continuité de la vie de Jésus et de celle des Apôtres. 

Dans notre vie, il y a des moments charnières. C'est la fin d'une époque et le début d'une autre : la fin de l'enfance est le début de l'adolescence ; le mariage est la fin du célibat ; le premier travail est la fin de vie étudiante. C'est un changement, sans être une rupture, car la première phase prépare la seconde. Il ne faut pas regretter le passé pour se tourner totalement dans la nouvelle mission.

 

Pourquoi regardez-vous le ciel ? Alors que les apôtres attendent le royaume, Jésus monte au ciel. Rien ne se passe. Lors de l'ascension d'Elie son manteau de prophète était tombé du ciel.  Ce royaume tant espéré n'est-il à bâtir aussi par les apôtres avant d'être confirmé par Dieu le Père ? 

N'attendons pas tout du ciel ou d'en-haut ? Nous espérons que le monde soit meilleur. Nous attendons cela d'en-haut, des responsables politiques ou syndicales, de la hiérarchie catholique. Ne faut-il pas commencé par mettre place des choses par nous-mêmes ?

 

Ils bénissaient Dieu. Les Apôtres ne vivaient pas dans la nostalgie de la vie de Jésus, mais dans l'action de grâce. Les souvenirs douloureux de la passion étaient complètement effacer. La séparation totalement assumée. Notre passé est-il élan ou fardeau pour la vie d'aujourd'hui ? Ils vivaient dans la joie avec ceux qui vivaient encore sur terre.

 

Vivons dans la joie de l'Ascension.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 1er mai 2016

Dimanche dernier, Jésus nous a donné un commandement nouveau. Il demandait de s'aimer les uns les autres. Aujourd'hui, il nous dit comment être fidèles à cette parole. Lorsque le fondateur d'une oeuvre s'en va, il fait tout pour que son oeuvre continue. Il donne des conseils pour que ses successeurs soient fidèles à son intuition de départ.  

 

Celui qui m'aime. La condition, l'unique condition pour vivre l'évangile aujourd'hui est d'aimer Jésus. Ceci est à la portée de tous. Notre amour de Jésus peut être mis à l'épreuve. La maladie ou la mort d'un proche peut nous faire douter de l'amour de Dieu pour nous. Pour d'autres, l'enthousiasme de la première communion s'éteint rapidement comme un feu de paille. L'amour de Jésus devient un bon souvenir de jeunesse, mais c'est du passé.  Pourtant, beaucoup restent fidèles à leurs amis d'enfance. Sans doute que Jésus n'a pas eu le temps d'être leur ami et qu'ils n'ont pas eu le temps de devenir l'ami de Jésus.

 

Fidèle à ma parole. Jésus nous invite à être fidèle à sa parole. La parole est plus large que les commandements. C'est plus que des règles de conduite : c'est une manière de vivre et une relation à une personne. 

Cette parole de Dieu doit rester vivante. Pour cela, il faut qu'elle soit proclamée dans les églises. Il faut qu'elle soit mise en oeuvre par les chrétiens. Certaines lois sont mortes, car jamais appliquées. 

 

Nous ferons notre demeure. L'écoute de la parole de Dieu et la venue de Dieu chez nous sont les deux moments de la messe.  Venir à la messe est un acte d'amour envers Jésus, comme rendre visite à un ami est une preuve d'amour. Cela veut dire aussi que l'amour de Jésus, l'écoute de la parole sont les préalables de la demeure de Jésus et de son Père dans notre cœur.  La communion au corps de Jésus n'est pas suffisante pour qu'il demeure en nous. Il peut n'être que de passage.  Accueillir Jésus avec amour permet de le retenir dans notre cœur au-delà du temps de la messe. C'est un défi pour tous : laïcs et consacrés. 

 

L'Esprit Saint vous enseignera. Accueillir Jésus, c'est pouvoir progresser. Nous ne savons pas tout une fois la première communion faite.  Un long et passionnant chemin s'ouvre à nous. Lorsque nous avons décroché un diplôme de boucher ou d'ingénieur, il y a encore des choses à apprendre.  Le chrétien confirmé doit toujours apprendre à connaître Jésus et son beau message de l'évangile. 

 

Vivons dans la fidélité à Jésus.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 24 avril 2016

Avant de quitter ses disciples, Jésus livre son testament spirituel : "Aimez-vous les uns les autres". Quels sont les caractéristiques de cet amour ?

 

Un amour familial. Le livre du Lévitique, dans le Pentateuque, demandait d'aimer son prochain.  Jésus demande de s'aimer les uns les autres. C'est un amour réciproque, plus fort que l'amour entre concitoyens ou compatriotes. C'est un amour familial. Jésus ne dit-il pas :  mes petits enfants ? N'a-t-il pas dit que ses frères et ses sœurs sont ceux qui écoutent sa parole ? L'Eglise doit être une famille où on ne cherche pas les affinité, mais où on aime ses frères, donnés par le Père, tels qu'ils sont. 

 

Aimer les autres tels qu'ils sont. Saint Paul nous dit ce qu'est le véritable amour, dans sa première lettre aux Corinthiens. Le pape François en fait un commentaire suivi dans son exhortation sur la famille. 

 

a) Amour fait confiance.

"Cela favorise la sincérité et la transparence, car lorsque quelqu'un sait que les autres ont confiance en lui et valorisent la bonté fondamentale de son être, il se montre alors tel qu'il est sans rien cacher. Celui qui sait qu'on se méfie toujours de lui, qu'on juge sans compassion, qu'on ne l'aime pas de manière inconditionnelle, préférera garder ses secrets, cacher ses chutes et ses faiblesses, feindre ce qu'il n'est pas. En revanche, une famille où règne fondamentalement une confiance affectueuse, et où on se refait toujours confiance malgré tout, permet le jaillissement de la véritable identité de ses membres et fait que, spontanément, on rejette la tromperie, la fausseté ou le mensonge."

 

b) Amour est aimable.

 "Pour se préparer à une véritable rencontre avec l'autre, il faut un regard aimable porté sur lui. Cela n'est pas possible quand règne un pessimisme qui met en relief les défauts et les erreurs de l'autre; peut-être pour compenser ses propres complexes. Un regard aimable nous permet de ne pas trop nous arrêter sur ses limites, et ainsi nous pouvons l'accepter et nous unir dans un projet commun, bien que nous soyons différents. L'amour aimable crée des liens, cultive des relations, crée de nouveaux réseaux d'intégration, construit une trame sociale solide."

 

c) Amour prend patience

"La patience se renforce quand je reconnais  que l'autre aussi a le droit de vivre sur cette terre près de moi, tel qu'il est. Peu importe qu'il soit pour moi un fardeau, qu'il contrarie mes plans, qu'il me dérange par sa manière d'être ou par ses idées, qu'il ne soit pas tout ce que j'espérais. L'amour a toujours un sens de profonde compassion qui porte à accepter l'autre comme une partie de ce monde, même quand il agit autrement que je l'aurais désiré."

 

d) Amour se réjouit avec les autres.

"Quand une personne voit que la vie va bien pour l'autre, elle le vit avec joie, et de cette manière elle rend gloire à Dieu, parce que "Dieu aime celui donne avec joie". notre Seigneur apprécie de manière spéciale celui qui se réjouit du bonheur de l'autre. Si nous n'alimentons notre capacité de nous réjouir du bien de l'autre, et surtout si nous nous concentrons sur nos propres besoins, nous nous condamnons à vivre avec peu de joie, puisque, comme l'a dit Jésus : "il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir". La famille doit toujours être un lieu où celui qui obtient quelque chose de bon dans la vie, sait qu'on le fêtera avec lui."

 

Grandissons dans l'amour mutuel.

Amen

0 commentaires

Homélie du 17 avril 2016

Après avoir entendu plusieurs récits des manifestations de Jésus ressuscité à ses disciples, nous entendons une partie du discours sur le Bon Pasteur.  Jésus nous tient dans la main. Que retenir de cela?

 

Intimité. On peut prendre dans la main un insecte ou un poussin, des animaux de petite taille.  On est alors très proche d'eux.  Être dans la main de Jésus c'est entrer dans son intimité. Etre soulevé pour être en vis à vis.

Dans la main de Jésus nous sommes soutenus, nous sommes portés bien haut. Nous sommes portés non comme une brebis sur les épaules, mais dans la main.

 

La protection. On ne peut rien arracher de la main du Père. Il nous permet de franchir de grands obstacles.  On peut prendre un insecte dans sa main pour le sauver de la noyade ou le faire sortir d'une pièce de la maison. Dans le creux de la main l'animal se sent protéger. il est rassuré 

 

Unité. Toutes les brebis sont dans la main du Père. C'est une unité très grande comme celle qui unit Jésus à son Père.  

 

Dimanche des vocations. Nous entendons cet évangile en ce dimanche des vocations. Les prêtres sont des images vivantes du Bon Pasteur. ils soutiennent les brebis par leur ministère. Le pape François développe dans son exhortation sur la famille la spiritualité de l'attention, de la consolation et de l'encouragement. Tenir quelque dans sa main c'est faire ces trois choses. Le pape dit : "Dieu appelle [les parents] à procréer et à protéger. C'est pourquoi la famille est depuis toujours l'hôpital le plus proche. Prenons soin les uns des autres, soutenons-nous et encourageons-nous les uns les autres, vivons tout cela comme faisant parie de notre spiritualité familiale. [...] L'amour de Dieu trouve une expression significative dans l'alliance réalisée entre l'homme et le femme. Ainsi, les deux sont entre eux reflets de l'amour divin qui console, par la parole, le regard, l'aide, la caresse, par l'étreinte. Voilà pourquoi, vouloir fonder une famille c'est se décider à faire parie du rêve de Dieu, choisir de rêver avec lui, vouloir construire avec lui, se joindre à lui dans cette épopée de la construction d'un monde où personne ne se sentira seul;"

 

Laissons-nous porter par le Bon Pasteur.

Amen

0 commentaires

Homélie du 10 avril 2016

Nous continuons à contempler le mystère de la résurrection. Nous avons demandé au Seigneur de garder notre joie pour que ce mystère perdure dans notre vie. Il se maintient par le mystère de l'Eglise que nous découvrons à travers cet évangile et par la figure de Pierre.

 

"Je vais à la pêche". 8 disciples sont réunis en Galilée. Ils se reposent en attendant la mission qui suivra la Pentecôte.  Pierre propose de partir à la pêche. Il n'est pas là en tant que patron pécheur. Il propose , mais ne donne pas d'ordre. Il vont tous pêcher alors qu'ils ne sont pas tous pêcheurs de métier. C'est une nouvelle équipe qui va pêcher pour le loisir, tous dans la même barque. Jacques et Jean, les fils de Zébédée ne prennent pas leur barque. 

Dans l'Eglise, le pape n'est pas un général qui commande à ses troupes. Lors d'un synode, comme celui sur la famille, il propose de réfléchir sur un sujet. C'est la complémentarité des formations qui aide à la réflexion. C'est la diversité des fonctions qui aide aussi au cheminement. Ici, apôtres et disciples sont réunis dans la même barque. Au synode, il y avait évêques et laïcs.

 

"Apportez moi du poisson". Jésus prépare un repas avec du pain et du poisson. C'est le même menu que lors de la multiplication des pains. Il n'a pas besoin de l'aide des hommes pour nourrir les disciples : il veut seulement compléter le repas par du poisson frais.

La pêche est le symbole de l'évangélisation. C'est Jésus qui rempli nos filets. Mais nous ne sommes pas propriétaires des brebis. Nous devons, en bon gérant de la grâce de Dieu, rendre au propriétaire le fruit de la pêche. Nous ne devons pas être comme les vignerons de la parabole qui gardent pour eux la récolte de raisins. Pierre reçoit cette mission : "Pais mes brebis". Ces sont les brebis de Jésus.

 

"M'aimes-tu ?".  Pierre reçoit la mission malgré la faiblesse de son amour pour Jésus. Il ne s'agit pas de savoir s'il aime plus que les autres, mais de savoir qu'il est aimé et choisi par Jésus. On voit cela, car les questions sont de moins en moins fortes. On passe du "M'aimes-tu vraiment ?" au "M'aimes-tu ?". Et pourtant Jésus confirme la mission de Pierre. Lorsque Jésus embauche, il ne faut pas de lettre de motivation. C'est lui qui nous fait confiance.

 

Restons dans la joie de la résurrection.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 3 avril 2016

En cette année jubilaire de la miséricorde et en ce dimanche de la Miséricorde, nous devons parler de la miséricorde de Jésus, apparaissant à ses Apôtres. Il a manifesté sa miséricorde sur la croix en pardonnant à tous : les accusateurs, les railleurs, les lâches, les complices...... Ce pardon ne trouve sa plénitude qu'avec la résurrection de Jésus.

 

Il était au milieu d'eux. Les apôtres sont enfermés par la peur dans le cénacle. L'amour miséricordieux les rejoint en franchissant les portes closes et l'enfermement des disciples. Il peut franchir non seulement les frontières physiques, mais aussi les barrières spirituelles et morales. En venant, au milieu des chrétiens réunis en sont nom, il va ouvrir les verrous de la peur ;il va redonner la confiance là où la crainte s'est installée. L'amour chasse la crainte, comme dit l'Ecriture, car l'amour est capable de pénétrer tous les cœurs, mêmes les plus verrouillés. 

 

Je vous envoie. Les Apôtres sont bénéficiaires de la miséricorde. Jésus se manifeste à eux sans leur faire de reproche sur leur lâcheté ou sur leur manque de confiance. Par deux fois, il leur offre sa paix acquise par sa mort et sa résurrection. La première fois, c'est une salutation, comme au début de la messe. La deuxième fois, c'est une invitation à la partager, en étant envoyer par le Christ. C'est ce que nous dit le prêtre à la fin de la messe.

Cette paix est effective grâce au pardon des péchés et à l'action de l'Esprit Saint. C'est l'Esprit Saint qui a relevé Jésus d'entre les morts. Il  est capable de guérir toutes les blessures. Tout homme blessé par le mal reçu, peut être guéri par la rémission des péchés, grâce à l'Esprit régénérateur.

 

"Ne soit pas incrédule". Pendant long huit jours, Thomas a refusé de croire le témoignage de ses condisciples. L'ambiance dans la petite communauté n'a pas dû être bonne. Il faut espérer qu'ils avaient une même  charité, car ils n'avaient pas une même foi. Jésus, en venant une deuxième fois, veut réunir les apôtres dans la même foi. La miséricorde de Dieu a pour but de rassembler les hommes en une seule famille, où on peut partager ses expériences spirituelles. 

 

Accueillons la miséricorde de Jésus.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 27 mars 2016 - Pâques

Les femmes, venues au tombeau, ne trouvent pas le corps de Jésus. Les anges disent qu'il est ressuscité d'entre les morts. Donc, le tombeau est vide. Ce qui reste de Jésus, ce sont ses paroles que les anges rappellent aux saintes femmes. Elles vont changer de regard. Au début, elles n'osent pas regarder ces êtres de lumière. Elles regardent vers le sol. La promesse de Jésus les fait relever la tête. Elles sont capables d'expliquer tout cela aux Apôtres. 

 

Pierre, qui vient au tombeau, ne trouve que les linges qui ont servi à l'ensevelissement du corps de Jésus. Il est étonné, car on ne lui donne pas d'explication. 

 

Cette situation me rappelle celle de certains tours de magie. On enferme quelqu'un dans une boite bien fermée. Quand on l'ouvre au bout de quelques minutes, la personne a disparu ; il ne reste que sa cape. Bien sûr, il est sorti par une porte secrète et nous le revoyons plus tard, montant sur la scène après avoir traversé toute la salle de spectacle. La porte secrète ne s'ouvre pas l'intérieur , sinon on verrai la poignée quand on nous présente la boîte vide, mais bien de l'extérieur, grâce à l'aide d'un complice. 

 

Pour Jésus, c'est Dieu lui-même qui lui a ouvert la porte du ciel, car la poignée est de son coté et qu'il aime particulièrement son Fils. Le soir même, Jésus apparaissait à ses disciples que ne voulait pas croire qu'il était vivant pour toujours. A chacun de nous, Jésus ouvre cette porte du ciel à tous ses amis. Il l'a ouverte au malfaiteur qui avait reconnu sa faute pour accomplir sa promesse : "Aujourd'hui tu sera avec moi dans ton paradis". Tous les amis de Jésus iront au ciel. On devient ami de Jésus par le baptême. Mais il faut rester ami de Jésus. Il ne faut pas se disputer avec lui. En tout cas, lorsqu'on se dispute avec lui, on a parfois mauvais caractère; il faut vite se réconcilier avec lui.

 

Bonnes fête de Pâques.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 24 mars 2016 - Jeudi Saint

Aujourd’hui, nous fêtons l’anniversaire du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il partage le pain avec eux. Quel goût à ce pain partagé ?

 

Le pain a le goût de l’amour. Il ne suffit pas de mélanger de la farine de l’eau et du sel pour obtenir un bon pain. Il faut développer un savoir-faire et beaucoup d’amour. C’est-ce que Jésus a voulu dire en lavant les pieds de ses disciples : le pain que je vous donne a le goût de l’amour du prochain. Aujourd’hui, je vous donne le pain. Demain, ce sera vous qui donnerez ce pain d’amour, car moi je pars vers le Père. Comme un boulanger qui part en retraite, Jésus donne les consignes pour faire du bon pain. 

 

Le pain a le goût de la résurrection. On l’oublie, mais le blé qui sert à la fabrication de la farine, viens d’un grain de blé qui a germé dans le sol. Et pour germer, il s’est décomposé, il a éclaté pour laisser jaillir la semence de vie. L’épi de blé est fruit de cette mort et de cette résurrection. C’est pourquoi le pain de la messe a le goût de la vie éternelle.

 

Le pain a le goût de l’unité. La farine est très volatile. On souffle dessus : elle s’envole. L’eau fait un liant qui permet à la farine de former une seule pâte. L’eau de notre baptême nous lie les uns aux autres. Le pain de Jésus a le goût de cette unité. 

 

Savourons le pain de l’eucharistie.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 20 mars 2016 - Rameaux

Dans ce bel évangile de la passion selon saint Luc, nous découvrons la miséricorde de Dieu.

Celui qui était innocent est mort pour les coupables. C'est ce qu'a reconnu le bon larron qui reconnaît sa culpabilité et la justesse de Jésus.

Sachons, à sa suite, confesser cet amour de Dieu pour nous. 

Amen

Homélie du 13 mars 2016

La miséricorde est le thème de cette année. Regardons Jésus dans cet évangile.

 

"Jésus s'était baissé." Jésus est dans cette humble position. Il ne veut pas regarder cette femme, il ne veut pas la condamner du regard. Les scribes veulent un procès devant tout le monde, un procès public pour faire un exemple et tendre un piège à Jésus. Ils ne veulent pas juger eux-même, mais créer un débat de société sur les femmes adultères. Il arrive que des procès deviennent des cas d'école comme l'affaire Dreyfus ou le cas de Vincent Lambert.

 

"Jésus écrit sur le sol." Les commandements de Moïse étaient écrits sur une table de pierre pour ne pas être effacer. Les sanctions de l'adultère n'étaient pas dans le décalogue, mais dans le reste de la Loi, dans ce qui est provisoire et réformable. Les écrit de Jésus seront effacés par les passant ou par le vent. La lapidation a disparue du judaïsme. Le passé de cette femme a été effacé par Jésus.

 

"Celui qui n'a pas péché." Cette réponse de Jésus sauve cette femme. Elle permet aussi aux scribes de découvrir la miséricorde. Regardant leurs péchés, ils deviennent miséricordieux envers cette femme. Voilà une voie qu'il faut suivre comme le dit si bien le pape François dans son livre. Pour être un bon confesseur, il faut que le prêtre "pense à ses propres péchés, qu'il écoute avec tendresse, qu'il prie le Seigneur de lui donner un cœur aussi miséricordieux que le Sien, qu'il ne jette jamais la première pierre, car lui aussi est un pécheur qui a besoin de pardon."

Jésus, le seul qui n'a pas péché, ne condamne pas à mort la femme adultère. Il lui donne un sursis : "Va et ne pèche plus."

 

Soyons miséricordieux envers tous.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 6 mars 2016

Cette année, nous sommes invités à contempler la miséricorde de Dieu. Cet évangile nous y aide. Regardons la figure du père miséricordieux, analysons son comportement vis-à-vis de ses deux fils.

 

"Le père l'aperçut". Comment le père a pu reconnaître son fils alors qu'il était encore loin ? Le fils avait sans doute bien changé. Cela faisait quelques mois, voire quelques années, qu'il était parti, et sa vie de désordre avait changé sa physionomie. Il avait de nouveaux habits ramenés d'un pays lointain. Ces vêtements étaient sûrement usés et déchirés. C'est peut-être la démarche du fils qui n'a pas changée. Le cœur de ce père ne s'est pas trompé. Il court rejoindre son fils et le couvre de baisers.  Nos péchés, mêmes s'ils nous changent, ne peuvent altérer l'image de Dieu qui est imprimée en nous. On peut perdre la ressemblance, vivre avec les bêtes et même comme des bêtes: l'image est indestructible.

Sans doute, si le père n'était pas venu à la rencontre de son fils, l'accueil aurait été plus glacial. Les serviteurs n'auraient pas reconnu le fils. Ce dernier serait sans doute rester à la porte. 

 

"Apporter le plus beau vêtement". Le père ne répond pas à la déclaration de son fils. Il ne le laisse pas finir sa phrase. Il est empressé de lui donner, sans condition, le statut de fils. On apporte un beau vêtement qui n'est pas sur mesure. Le fils va flotter dedans, car il est trop grand pour lui. Il va falloir un peu de temps à ce fils pour s'habituer à cet accueil sans réserve. Il croit rêver. Nous aussi, nous ne réalisons pas vraiment la chance d'avoir été pardonnés sans condition, d'être des enfants de Dieu.

 

"Le fils aîné refusait d'entrer". Le fils aîné revient des champs avec son vêtement de travail. Il n'est pas habillé pour faire la fête. Il n'a pas le cœur à faire la fête tant la besogne prend de la place dans sa vie. Il a oublié la joie de travailler avec son père, de vivre avec lui. Pour lui, la fête, c'est avec des amis. Les serviteurs, eux, ont compris la joie du père. Ils l'expliquent au fils. Les commandements du Seigneur sont-ils une besogne pour nous ? Sommes-nous joyeux de faire le bien ? 

 

"Son père sortit le supplier". La bonté et la tendresse du père se manifeste aussi envers ce fils aîné récalcitrant. Il n'a jamais désobéi. C'est la première fois qu'il refuse l'ordre de son père : festoyons ! Le père fait un geste humble en suppliant son fils. Ce n'est pas le père autoritaire. Ce n'est pas le chef d'exploitation qui ordonne les travaux des champs. C'est un père aimant qui demande à son fils d'entrer dans la joie familiale, de quitter le vêtement de travail pour revêtir le vêtement de fête. 

Aujourd'hui, beaucoup savent faire la fête avec leurs amis. Ils sont moins nombreux à faire la fête avec Dieu le Père et leur frère dans le Christ, dans la louange eucharistique. 

 

Entrons dans la fête préparée par le Seigneur.

Amen

0 commentaires

Homélie du 28 février 2016

La mort de quelqu'un nous bouleverse toujours. La mort des Galiléens a bouleversée les habitants de Jérusalem. On cherche les responsabilités. On demande à Dieu des explications ; comme autrefois  des gens ont demandé son avis à Jésus. Que nous dit-il ?

 

Ils ne sont pas plus coupables que tous les Galiléens. Jésus par cette phrase refuse de voir dans le malheur un châtiment. Il renvoie ses interlocuteurs à un retour sur soi : convertissez-vous. Il est bon de prévenir les risques pour éviter de nouvelles catastrophes. ce qui est le plus important, ce n'est pas les circonstances de la mort, mais de mourir avec un cœur bon et non pas mauvais. 

Dans les deux exemples cités dans cet évangile, l'homme a clairement sa part de responsabilité. Pilate et les bâtisseurs de la tour. Ainsi Jésus veut que nous n'oublions pas la fragilité du monde que nous construisons : le monde politique ou le monde urbain. Notre culte n'a pas pour but de nous protéger des malheurs mais de changer de cœur pour progresser dans le bien. C'est la conversion permanente.

 

Un figuier dans une vigne. Le figuier est peut de chose face aux centaines de plants de vigne. Il n'est pas la production principale, mais un appoint, une petite douceur secondaire. 

Pourtant, cet arbre, sans importance, est le fruit du soin du vigneron. Il est défendu par lui. C'est toute l'image de la sollicitude de Jésus à notre égard. Il est patient et miséricordieux. 

 

Bêcher. La mort nous secoue. Elle peut nous secouer à la manière d'un tremblement de terre. Notre monde peut alors s'écrouler comme un château de cartes. Elle peut nous remuer comme le bêchage remue la terre, mettre notre cœur sens dessus dessous. Nous sommes pris aux entrailles, prêts à accueillir la tendresse de Dieu. Le bêchage casse les mottes de terre pour que l'eau de pluie puisse y pénétrer et non plus ruisseler sur une terre devenue trop dure. 

Notre cœur est aussi bêché par la contrition : c'est un cœur brisé et broyé, comme le dit le psaume. La miséricorde de Dieu adoucit l'épreuve de la contrition. 

 

Mettre du fumier. Notre finitude peut être comparer aux ordures, aux déchets. Notre vie se dégrade physiquement et parfois moralement. Ou elle peut devenir comme le fumier qui est bon pour les cultures. Le fumier n'est bon pour la plante que grâce à l'eau qui transporte les nutriments jusqu'au racines. L'eau de la compassion passant sur le fumier de la misère du monde nourrit le figuier. Comme le fumier ne salit pas la terre, mais la rend féconde, ainsi notre compassion pour les miséreux de notre monde ne nous salit pas, mais nous fait grandir en amour. 

 

Convertissons-nous pour mourir dans la sainteté.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 21 février 2016

Jésus monte avec trois disciples sur une montagne. Il monte sur une montagne avant de monter à Jérusalem. Deux montées qui aboutissent à la gloire de Jésus par la Transfiguration, d'abord, par la résurrection, ensuite. Nous sommes tous appelés à monter sur la montagne de la perfection et de la sainteté comme le dit Saint Jean de la Croix dans sa montée au Carmel. Que signifie, pour le chrétien, de monter ?

 

L'effort de la montée. La montée demande des efforts. Elle fait travailler d'autres muscles que ceux de la marche dans la plaine. L'équipe de France de football aime se préparer aux grandes compétitions par un stage en altitude : en VTT. Il font ainsi travailler les muscles des jambes et du cœur pour être endurants pendant les matchs. Travaillons, pendant ce carême, la générosité de notre cœur.

La montée commence avec facilité et enthousiasme. Après quelques minutes, les muscles se fatiguent et l'ardeur diminue. La pente paraît interminable. Pour ne pas se décourager, il est conseillé de regarder vers le sommet de la montagne. Contemplons cette gloire de Jésus, cette gloire de la résurrection pour aller jusqu'au bout des efforts de carême. 

 

Respirer l'air pur. L'air de la montagne est plus pur que celui des plaines, pollués par les usines et les voitures. Sachons respirer à plein poumon la pureté que Dieu apporte à notre monde. Sachons respirer à plein poumon de la prière. Respirons le bon air de la Bonne Nouvelle du salut racontée dans la Bible et l’Évangile. 

Le stage en altitude est important pour les sportifs, car il leur permet d'augmenter le nombre de globules rouges qui transportent l'oxygène aux muscles. Respirer l'air pur de la montagne permet d'être plus performant sur le terrain. Prions souvent pour être endurant au service de nos frères.

 

Contempler l'horizon. Arrivé tout en haut de la montagne, nous contemplons l'horizon. Voir au loin, requinque l'enthousiasme, redonne de l'énergie. On voit le paysage et on admire l'amour de Dieu pour nous. C'est ce qu'a vécu Jésus lors de la Transfiguration. Écoutons la voix du Père nous dire que nous sommes ses enfants bien-aimés. 

Du haut de la montagne, les villages sont petits et les hommes minuscules. On relativise notre personne dans l'immensité de la nature. Une bonne leçon d'humilité. 

 

En ce carême, montons sur nos montagnes pour grandir dans le service de nos frères.

Amen. 

0 commentaires

Homélie du 14 février 2016

Jésus est conduit par l'Esprit dans le désert. Il a vécu en harmonie avec ce milieu hostile. Le diable n'a pas pu briser cette communion. Nous avons nos déserts, à nous. Vivons-nous cette même harmonie ?

 

Le désert, lieu de la faim. Dans une société d'abondance, les magasins sont pleins de biens de consommation. Mais nous ne pouvons pas tout acheter. Le manque ou le désir peut-il se faire sentir ? Comment vivons-nous cette limitation de consommation ? Cela peut-être un lieu de tentation : jalousie vis-à-vis des riches, esprit de révolte contre la société de consommation, dégoût vis-à-vis des élites. Cela peut-être un chemin de liberté grâce à un mode de vie simple et sobre. Comment la parole de Dieu nous aide-t-elle à prendre ce chemin de la frugalité pour nous ouvrir à des richesse plus grandes ?

 

Dans le désert vivre avec la nature. Jésus a vécu pendant 40 jours hors de sa maison, couchant à la belle étoile et buvant l'eau à la rivière. Aujourd'hui, nous vivons dans des maisons, et de moins en moins de personnes ont un métier lié à la nature. Vivons-nous en lutte avec nature pour transformer notre corps, en râlant contre le mauvais temps, en polluant sans vergogne ? Ou bien vivons-nous en harmonie avec la nature en s'adaptant à la météo, en limitant notre impact sur le climat, en prenant soin des animaux ? La parole de Dieu nous aide-t-elle a découvrir dans la nature le don de Dieu ?

 

Le désert, lieu de solitude. Dans une société de communication avec des téléphones portables et des médias omniprésents, nous vivons aussi des moments de solitude. Nous pouvons mal les vivre  : les vivre comme un manque d'affection, comme une mise à l'écart. Nous pouvons prendre le chemin du recueillement, de la croissance spirituelle, de la rencontre avec Dieu.  La parole de Dieu nous aide-t-elle à vivre intensément cette relation filiale avec le Père ?

 

Choisissons avec Jésus le chemin de la vie.

Amen. 

0 commentaires

Homélie du 7 février 2016

Avant d'appeler ses disciples, Jésus leur montre sa puissance par une pêche extraordinaire. Pour être totalement réussie cette pêche a nécessité une coopération .

Voyons quelle coopération existe dans l'Eglise ?

 

Avance au large. Jésus invite les pêcheurs à travailler de jour après une nuit infructueuse. Ils sont invités à sortir de leurs habitudes, à aller au loin. C'est la parole du Seigneur qui les oblige à ce changement. En quoi la parole de Dieu est au cœur de notre pastorale ?

 

Les barques se rapprochent. Pour que la pêche soit réussie, il faut l'aide de l'autre barque. Il faut que la seconde barque se rapproche de la première. C'est un déplacement. En quoi, dans notre vie d'Eglise, les paroisses se rapprochent les unes des autres ? On peut renforcer les équipes trop restreintes pour un bol de riz, pour la préparation à la confirmation....

 

Remonter le même filet. Il faut un projet pour que chacun ne tire pas de son coté. La coopération demande l'unité et la solidarité. Il ne s'agit pas seulement de réfléchir sur le fonctionnement de nos activités, mais de réfléchir sur une stratégie pastorale. 

 

Tomba à genoux. Dans nos paroisses la prière est importante. Les équipes doivent prendre le temps de prier ensemble pour ne pas être que dans le fonctionnement. 

 

Travaillons ensemble pour le Royaume.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 31 janvier 2016

Paul VI voulait bâtir dans notre monde une civilisation de l’amour. A la lumière du texte de Saint Paul, nous pouvons imaginer ce que serait ce monde là ; une société sans tous les maux qu’énumère l’apôtre : rancune, jalousie, orgueil, vantardise …. Ce monde est-il possible ?

 

L’amour règne dans des familles. On ne se marie plus par intérêt, pour agrandir sa ferme ou son commerce, pour faire une alliance avec un autre royaume. On se marie par amour ; on a des enfants par amour. On ne s’emporte plus en frappant son conjoint ou ses enfants. Lorsque la jalousie est absente, la famille la joie est là grâce à des de vraies relations familiales.

Cet amour qui est possible dans de nombreuses familles est-il possible dans d’autres groupes sociaux ? Saint Paul nous dit que l’amour espère tout. Voyons maintenant en quoi cet amour existe en dehors du cercle familial.

 

L’amour dans la vie sociale se nomme le service. Là où le service est présent, l’amour est présent : l’amour de son métier, l’amour des clients, l’amour de la population.

Lorsqu’un chef d’entreprise, un homme politique ou un ouvrier ne cherche pas son intérêt, il vit le service dans son métier. Lorsqu’ils ne se réjouissent pas des injustices et qu’ils les combattent, ils sont au service des autres.

Le mot service est utilisé dans la vie sociale. On parle de service public, de service des ressources humaines, de service à la personne. La société serait plus belle si tout le monde avait cet esprit de service. Certains l’ont déjà ; les autres pas encore. Heureux les salariés qui travaillent dans des entreprises où le service est la règle du jeu. Le travail n’est pas moins pénible, mais l’ambiance y est meilleure.

 

L’amour fait confiance en tout et espère tout. Saint Paul nous parle d’un amour total, qui englobe tout. En disant cela, il parle de l’amour de Dieu. C’est le seul amour qui nous fait confiance et qui espère tout pour nous. C’est le seul amour en qui nous pouvons avoir une confiance totale et qui nous fait tout espérer. L’amour des hommes nous donne des ailes ; l’amour de Dieu nous ouvre les portes de la cité parfaite du ciel.

 

Mettons l'amour dans toutes nos relations.
Amen.

0 commentaires

Homélie du 24 janvier 2016

Nous venons d’entendre la première prédication de Jésus que nous transmet l’évangéliste Luc. Le récit se termine par cette très belle parole : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre ». Quel est cet aujourd’hui ?

 

Jésus accomplit cette prophétie. La lecture de l’évangile raconte comment Jésus a guéri des aveugles comme l’annonçait le prophète Isaïe. Par ce fait, Dieu accomplit sa promesse. Il le fait au bout de 500 ans. Il le fait. Mieux vaut tard que jamais, comme dit le dicton.

Les autres actes messianiques ne sont pas accomplis matériellement, mais spirituellement. Jésus n’a jamais été dans une prison pour en faire sortir les condamnés. Il a bien libéré des hommes et des femmes de la prison du péché : en leur pardonnant, et de l’enchaînement du malin : en chassant de nombreux démons en tout genre.

 

Luc est un exemple de l’accomplissement de cette prophétie. La bonne nouvelle a été annoncé aux pauvres. Luc en est l’héritier. Il n’a pas été le disciple de Jésus pendant sa vie terrestre de ce dernier, mais il l'a été en écoutant la prédication de Paul. En écrivant un évangile, il veut que cette Bonne Nouvelle s’accomplisse pour les générations à venir. Lorsque nous écoutons l’évangile à la messe ou lorsque nous lisons la bible à la maison, la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres que nous sommes.

Avons-nous à la maison un évangile ?

 

La parole s’accomplit par nous nous. La parole ne s’accomplit pas aujourd’hui, en 2016, chaque fois que nous faisons, à la suite de Jésus, les actes cités par le prophète. Mais, nous pouvons rendre la vue aux aveugles en conseillant notre famille ou nos amis. Mais, nous pouvons libérer les prisonniers en aidant des personnes à sortir de leur dépendance de la télévision, du tabac ou de l’alcool.

Nous pouvons faire de cette année une année de bienfaits en rendant chaque jour un service à notre prochain.

 

En cette année de la miséricorde, nous sommes invités à faire des œuvres de miséricordes. Il existe 7 œuvres de miséricorde corporelles et 7 œuvres de miséricorde spirituelles. Il faut donner à ceux qui ont faim et à ceux qui ont soif. Il faut accueillir les étrangers et vêtir ceux qui sont nus. Il faut assister les malades et visiter les prisonniers. Ce sont les œuvres pour les vivants. Pour les morts, il faut les ensevelir.

Il faut être vigilant pour conseiller, enseigner et avertir. Il faut être conciliant en consolant, en pardonnant et en supportant. Sans oublier de prier pour les vivants et les morts.

 

Accomplissons la parole de l’Ecriture.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 17 janvier 2016

Aujourd'hui, c'est la journée des migrants et des réfugiés. C'est un sujet d'actualité. Écoutons, ce que le pape François, fils de parents italiens immigrés en Argentine, nous dit sur le sujet dans son message publié pour cette journée de prière. 

 

La situation vue par le pape.

"A notre époque, les flux migratoires sont en constante augmentation en tout lieu de la planète : les réfugiés et les personnes qui fuient leur patrie interpellent les individus et les collectivités, défiant leur mode de vie traditionnel et bouleversant parfois l'horizon culturel et social auquel ils sont confrontés."

Le pape parle des réfugiés économiques et des réfugiés de guerre qui partent dans un pays voisin ou en Europe. Il parle aussi des conséquences pour les pays d'accueil. On peut penser au Liban qui accueille 1,7 millions de Syriens sur son territoire. 

 

Première affirmation : les migrants sont nos frères.

"Les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, de l'exploitation et de la répartition injuste des ressources de la planète qui devraient être divisées équitablement entre tous. N'est-ce pas le désir de chacun d'améliorer ses conditions de vie et d'obtenir un bien-être honnête et légitime, à partager avec les être qui lui sont chers ? "

 

Deuxième affirmation : la question de l'identité.

"En ce moment de l'histoire de l'humanité, fortement caractérisé par les migrations, la question de l'identité n'est pas une question d'une importance secondaire."

Pour le migrant.

"Celui qui migre, en effet, est contraint de modifier certains aspects qui définissent sa personne et, même s'il ne le veut pas, force celui qui l'accueille à changer. Comment vivre ces mutations, afin qu'elles ne deviennent pas un obstacle au développement authentique, mais soient une opportunité pour une authentique croissance humaine sociale et spirituelle, en respectant et en favorisant les valeurs qui rendent l'homme toujours plus homme, dans un juste rapport avec Dieu, avec les autres et avec la création ? "

Pour les pays qui accueillent.

"De fait, la présence des migrants et des réfugiés interpelle sérieusement les diverses sociétés qui les accueillent. Elles doivent faire face à des faits nouveaux qui peuvent se révéler délétères s'ils ne sont pas correctement motivés, gérés et régulés. Comment faire pour que l'intégration se transforme en un enrichissement réciproque, ouvre des parcours positifs aux communautés et prévienne le risque de la discrimination, du racisme, du nationalisme extrême ou de la xénophobie ? "

 

La réponse de l'Eglise : l'évangile de la miséricorde.

1°) la solidarité

La miséricorde "alimente et renforce la solidarité envers le prochain, comme exigence pour répondre à l'amour gratuit de Dieu... chacun de nous est responsable de son voisin : nous sommes les gardiens de nos frères et sœurs, où qu'ils vivent. Entretenir de bons contacts personnels et savoir surmonter les préjugés et les peurs sont des ingrédients essentiels pour faire fructifier la culture de la rencontre, où l'on est disposé non seulement à donner, mais à recevoir des autres. en effet, l'hospitalité vit à la fois de ce qui est donné  et reçu..."

 

2°) la promotion de la personne humaine

"Dans cette perspective, il est important de considérer les migrants non seulement en fonction de la régularité ou de l'irrégularité  de leur condition, mais surtout comme des personnes qui, une fois leur dignité assurée, peuvent contribuer au bien-être et au progrès de tous, en particulier lorsqu'ils assument la responsabilité de leurs devoirs envers ceux qui les accueillent, en respectant de façon reconnaissante le patrimoine matériel et spirituel du pays hôte, en obéissant à ses lois et en contribuant à ses charges. En tout cas, on ne peut pas réduire les migrations à une dimension politique et normative, à des effets économiques, ni à une simple coexistence de cultures différentes sur un même territoire. Ces aspects viennent compléter la défense et la promotion de la personne humaine, la culture de la rencontre des peuples et de l'unité, là où l’Évangile de la miséricorde inspire et encourage des itinéraires qui renouvellent et transforment l'humanité tout entière. "

 

3°) Aide aux pays de migration.

"L'Eglise est aux côtés de tous ceux qui s'emploient à défendre le droit de chacun à vivre avec dignité, avant en exerçant leur droit à ne pas émigrer pour contribuer au développement du pays d'origine. Ce processus devrait inclure, à un premier niveau, la nécessité d'aider les pays d'où partent migrants et réfugiés."

 

Cultivons partout la culture de la rencontre.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 10 janvier 2016

Nous fêtons, dans la joie du temps de Noël, le baptême du Seigneur, seconde manifestation, après celle aux mages, du Verbe Incarné. Ce baptême de Jésus nous dit quelque chose de notre baptême.

 

"Comme tout le monde se faisait baptiser". L'acte de Jésus est inclus dans un grand mouvement populaire, dans un enthousiasme général. Jésus ne se démarque pas de ses compatriotes ; il ne se distingue pas de ses coreligionnaires. Pourtant, on peut supposer que, pour lui, cet acte avait beaucoup de valeur. Il ne manifeste pas seulement une solidarité envers le peuple d'Israël, avec sa nation. Pour lui, c'est un acte inaugural, un point de départ de son ministère qui s'inscrit dans l'obéissance à l'Alliance, dans la fidèle au Dieu d'Israël. 

De nos jours, nous le savons, les demandes de sacrements sont parfois la conséquence d'une routine, d'une habitude. Heureusement, quelques croyants ont une grande conscience du geste qu'ils posent. Pour eux, c'est un appui dans leur vie de tous les jours, un soutien pour leur vie de croyant. Ne cessons pas de découvrir la grandeur de notre baptême qui est le début de notre vie de foi. 

 

"Après avoir été baptisé, Jésus priait". Jésus est en prière, sans doute pour rendre grâce pour son baptême. Il médite dans son cœur sur le geste qu'il vient de poser. Sachons, nous aussi, prendre le temps de mesurer l'importance du don reçu dans les sacrements. Aimons la prière des baptisés : le Notre Père. C'est une prière filiale qui nous fait grandir dans cet amour pour Dieu qui est un Père pour nous. C'est aussi une prière fraternelle, car nous reconnaissons que Dieu est le Père d'autres enfants. Il n'est pas seulement mon Père, mais aussi notre Père. Il est bon de se rappeler cela en ce temps de trouble : Dieu est bon pour tous, car il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants. Oui, à la messe - et j'espère aussi à la maison -, notre prière doit être universelle, pour tous les hommes et pas seulement pour notre paroisse ou notre famille. 

 

"Celui-ci est mon Fils bien-aimé" Jésus a fait l'expérience de l'amour de Dieu. Cette expérience va lui permettre de montrer cet amour lors de son ministère : guérison des malades, exorcisme des possédés, prédication consolante. 

Pour faire cette expérience, il faut laisser de la place à Dieu dans notre prière. Si on parle tout le temps, le Père ne pourra pas nous parler, nous dire son amour. A la messe, les temps de silence sont obligatoires et j'espère profitables. C'est peut-être difficile au début. Les distractions sont possibles. A terme, le silence permet une maturité spirituelle inégalable. Les moines et les moniales le savent bien : le silence est un trésor. 

 

N'oublions pas la grandeur de notre baptême.

Amen.

0 commentaires

Homélie du 3 janvier 2016

Nous fêtons, aujourd'hui, la venue des mages à Bethléem. C'est le signe de l'universalité du message de Noël.

 

Le langage universel de la science. Les mages sont des savants qui contemplent les astres dans le ciel. C'est une étoile qui les incite à venir en Palestine. La science permet aux hommes de se rencontrer pour avancer dans leur recherche. 

Dans notre recherche de Dieu, nous avons aussi besoin de rencontrer les autres peuples pour avancer dans notre recherche.

 

Le langage universel de la famille. Les mages cherchent un enfant et donc aussi ses parents. La famille est une institution universelle. Les enfants, comme les parents, ont les mêmes préoccupation à travers le monde. Nous avons besoin des autres pour vivre dans des familles unies. 

Pour que l'Eglise soit une vraie famille universelle, nous avons besoin de rencontrer les autres peuples. 

 

Le langage universel du don. Les mages offrent des cadeaux à l'enfant Jésus. Offrir est un langage universel. Il fait référence au don premier de la vie.

Pour aller plus avant dans le don de soi, il faut s'ouvrir à tous. 

 

Apprenons ces trois langages universels.

Amen. 

0 commentaires