Homélie du 16 avril 2017 - Dimanche Pâques

Le récit de saint Matthieu est spectaculaire. Il nous parle de tremblement de terre et d'un ange qui roule la pierre du tombeau. Il n' y a aucun témoin de la résurrection de Jésus. Les soldats dorment. Notre foi est basée sur ce tombeau vide, découvert par les femmes et exploré plus-tard par Pierre et Jean.  

Que nous dit l'ange sur cet événement ?

 

Il est ressuscité. Cette affirmation peut être un simple constat. Jésus est vivant à jamais. On peut en comprendre que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts. L'amour du Père n'a pas voulu laissé son ami, son fils voir la corruption, comme l'a si bien dit Pierre dans son beau discours lors de la Pentecôte. On peut aussi dire que Jésus s'est relevé d'entre les morts, car il a le pouvoir donner sa vie et de la reprendre. Ce pourvoir vient de l'amour de Jésus pour nous. La résurrection est le signe et la marque de l'amour du Père et du Fils pour nous. 

L'âme de Jésus, remplie de l'amour des hommes, est montée au ciel auprès du Père. Elle fut accueillie avec joie par le Père qui l'a serrée très fort dans ses bras. Il a découvert que l'âme du Christ aimait tellement l'humanité qu'elle souhaitait rejoint sa tunique de peau. Ouvrant ses bras, le Père laissa le Fils rejoindre cette humanité qu'il avait tant aimé et qu'il ne pouvait pas quitté plus longtemps. De nouveau réunis l'âme et le corps de Jésus furent pour jamais unis et vivants. 

On pourrait comparer cet amour à un élastique : un bout représentant le corps de Jésus et l'autre son âme. La mort éloigne l'âme du corps, enfermé dans le tombeau. L'élastique se tend d'une façon démesurée. Le Père saisit l'âme de Jésus entre ses mains et sent cette tension du Verbe qui fait le lien entre Dieu et l'humanité. Il lâche le bout de l'élastique pour qu'il retrouve le repos. Celui revient dans l'unité première de l'âme et du corps pour toujours.

 

Il n'est plus ici. L'évangile ne dit pas quand Jésus est sorti du tombeau, gardé par des soldats, comme le sont les prisons.  Avant ou après la visite de l'ange. On sait que Jésus ressuscité peut traverser les murs. Comment imaginer cela ? Comment passer à travers ce qui nous paraît compacte ? Regardons au microscope la structure de la pierre. Nous découvrons alors la structure atomique et l'espace qui sépare les molécules entre elles. La pierre nous apparaît comme un grillage infiniment petit que peuvent franchir les électrons ou les protons. Or, nous le savons, Jésus est le plus petit dans le Royaume. Son infinie humilité lui a permis de passer entre les molécules de la pierre. 

 

Admirons donc l'amour infini de Jésus pour nous qui n'a pas pu rester longtemps séparé de nous. Admirons aussi son infinie humilité qui lui donne un liberté immense.

Amen.