Homélie du dimanche 5 mars 2017

Poussé par l'Esprit-Saint, Jésus va dans le désert. Il y reste 40 jours en jeûnant et en priant. C'est pour lui l'occasion de se perfectionner, de grandir dans la vie religieuse et en humanité. Cette croissance se vit dans le combat, dans la lutte. Le sable est souvent le symbole de ce ring d'où Jésus est sorti vainqueur.

 

Le sable dans les yeux. Lorsqu'un enfant est fatigué, on dit que le marchand de sable est passé. Cette expression tire son origine dans l'attitude des enfants qui se frottent les yeux avec les poings. Le premier combat est celui de la fatigue, de la lassitude qui guette tout chrétien. Fatigue à rendre service, lassitude de la routine du quotidien, fatigue du désespoir devant des situations inchangées. Que la parole de Dieu nous réveille ; que l'amour du Seigneur nous redonne goût à l'action et au service des autres. 

 

Le sable dans les rouages. Les engrenages sont sensibles au moindre grain de sable qui bloque tout le système. Un seul élément se bloque et tout le système s'arrête. Notre blocage peut entraîner l'arrêt des autres. Un parent, qui ne s'occupe plus de son enfant, le bloque dans sa croissance. Un collègue, qui se met en grève, bloque la chaîne de production. 

Pour remettre en marche la machine, il faut la démonter et la nettoyer. Pièces par pièces, il faut essuyer le mécanisme pour le rendre de nouveau opérationnel. C'est la fonction de notre examen de conscience qui nous permet de détecter les blocages de nos vies. L'amour de Dieu et sa miséricorde sont l'huile qui permet aux rouages de bien fonctionner.

 

Le sable dans les chaussures. On peut parfois avancer, mais être freiné. Le sable dans les chaussures nous retarde dans notre progression. Plein de choses et d'activités peuvent retarder notre route vers le royaume de Dieu. Nous sommes sollicités par tant d'activités qui nous éloignent et nous détournent de Dieu. Sachons faire le tri en ce temps de carême. 

 

Le sable peut devenir du verre. En le chauffant à haute température, le sable devient du verre. La chaleur de l'amour de Dieu peut transformer le sable de nos vies en verre transparent qui laisse passer la lumière. Laissons Dieu purifier notre existence pour que la lumière du bien et du beau nous éclaire définitivement. 

Le verre peut être mis à une fenêtre, mais peut aussi servir de miroir. Apprenons à nous regarder dans la glace, non comme Narcisse, mais pour rendre gloire à Dieu d'être enfant de Dieu. C'est bien ce que Jésus a su faire dans le désert. Il n'est pas le Fils de Dieu qui fait des choses extraordinaires, comme changer des pierres en pain ; mais le Fils qui écoute humblement son Père, celui qui n'adore que le Dieu Très-Haut qui l'a envoyé dans notre monde. 

 

Marchons avec courage sur le chemin du Carême.

Amen.