Homélie du dimanche 4 décembre 2016

Autrefois, pour la confirmation, on préparait la venue de l'évêque tous les quatre ans en fabriquant un arc de triomphe et en décorant les rues de la paroisse. Le recteur allait le rencontrer à l'entrée du bourg. La venue de Jésus au temps de Jean-Baptiste ne fut pas aussi solennelle. Celle que nous attendons encore, sera encore  différente. Nous l'avez remarqué, c'est dans le désert que Jean-Baptiste parle. C'est loin des habitations et de l'agitation que le Seigneur nous donne rendez-vous. Loin de nos habitudes et de nos assurances, il veut que nous construisions un chemin, un route qui le conduise jusqu'à notre porte. 

 

Une route et des chemins. Avez-vous remarqué que Jean-Baptiste parle d'une route à bâtir et des chemins à redresser. Ce n'est pas un synonyme pour éviter une répétition. Nous passons curieusement du singulier au pluriel. On construit tous ensemble une route ; on redresse de nombreux chemins. C'est que la préparation de la venue du sauveur à deux dimensions : une collective et une personnelle. Il peut y avoir une grande et belle route près de chez moi qui facilite l'accès à tous les voyageurs ; encore faut-il que le petit sentier qui conduise de la barrière de ma maison à la porte de ma demeure soit lui aussi accueillant. L'Eglise construit une route en permettant à Jésus d'être là parmi nous en célébrant l'eucharistie ou en témoignant de l'amour de Dieu. Elle ne peut faire entrer le sauveur dans le cœur des gens. Les sentiers qu'il faut redresser sont ceux qui existent dans notre cœur. C'est ce qu'avaient découvert les auteurs français qui parlaient de la carte du tendre qui décrit le chemin qui conduit à l'amour authentique et passionné. 

 

Jésus n'est pas le prince charmant de La belle au bois dormant. Vous connaissez ce beau conte. Le château est endormi pendant 100 ans, et la végétation pousse et devient impénétrable. Le prince charmant en arrivant à la lisière de la forêt voit un chemin s'ouvrir devant lui. Jésus n'avancera que si nous ne restons pas endormis et que si nous élaguons les broussailles de nos vies. Le Seigneur est capable de faire ce défrichement à notre place car la cognée est au pied de l'arbre. Alors, il rasera toute la végétation. Donc, que notre cœur soit un verger plein de pommes, de poires ou de raisins ; qu'il y pousse de belles et odorantes fleurs pour accueillir notre sauveur comme il se doit. Enlevons les arbres qui empêche le soleil d'entrer dans nos vies, pour faire de notre existence une vallée plein de soleil et de vie.  Que notre cœur soit un nouveau paradis terrestre où Dieu aime s'y promener.

Amen.