Homélie de la Toussaint 2016

Cette année, le 1er décembre, nous commémorons les 100 ans de la mort du bienheureux Charles de Foucauld. Regardons ce qu'ont été sa belle histoire et sa belle vie. 

 

Un famille solide dans les épreuves. En 1858, l'année où Marie apparaît à Bernadette à Lourdes, Charles naît à Strasbourg, au début du Second Empire de Napoléon III. Il grandit dans une famille chrétienne. 

Très vite, à six ans, il est éprouvé par le deuil. La même année, il perd sa mère au mois de mars et son père au mois d'août. Heureusement, il est accueilli, avec sa sœur, par ses grand-parents maternels. Voilà la force des familles : elles permettent de surmonter bien des épreuves. Charles va connaître l'amour familial auprès de son grand-père et de sa grand-mère. 

Il a connu aussi la guerre de 1870. La famille se réfugie en Suisse. Et s'installe ensuite, une fois la paix revenue, à Nancy, car l'Alsace est occupée par les Allemands. C'est là que, à 14 ans, il fait sa communion et sa confirmation. Sa famille a été un facteur important de stabilité lors de ce déménagement. 

 

La foi mise à l'épreuve. Au début de la IIIème République, Charles achève ses études secondaires dans un lycée laïc. Les cours de philosophie ébranlent ses convictions religieuses. Il devient agnostique ne sachant plus si Dieu existe ou n'existe pas. Après son bac, il prépare le concours militaire de Saint-Cyr chez les Jésuites. La rigueur de la discipline des révérends pères le pousse à abandonner la pratique religieuse. Il devient indiscipliné et noceur pendant de longues années au désespoir de sa famille. Officier dans la cavalerie, il est toujours aussi rebelle, profitant de la belle vie que lui permet une grande fortune personnelle. Tant et si bien qu'il est écarté des cadres de l'armée. 

Puis, il décide de rejoindre son régiment qui est engagé dans la conquête de l'Algérie et de la Tunisie. C'est là que sa vie de noceur s'arrête. Comme il a besoin d'action, les combats terminés, il décide ensuite d'explorer le Maroc en se déguisant en juif. Pauvrement, il accompagne un rabbin et visite sans encombre tout le pays. Son récit obtient une médaille d'or de la part de la Société de Géographie. 

Le contact avec les croyants musulmans au Maroc et avec des chrétiens pratiquants en France va le rapprocher de Dieu. Il a écrit : "L'Islam a produit en moi un profond bouleversement. La vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu m'a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines." Il se convertit en se confessant à un prêtre, dans l'église Saint-Augustin (à Paris). Il a 28 ans. Au regard de cette vie, on peut dire que Dieu écrit droit avec des lignes courbes.

 

Vivre l'évangile. Pendant les 30 dernières années de sa vie, Charles veut suivre Jésus avec radicalité. Il cherche la pauvreté d'abord en étant jardinier pendant un an chez les Clarisses de Nazareth, puis en étant ermite en Algérie. 

Il veut vivre au milieu des Touaregs, les hommes du déserts, pour mieux les connaître et mieux les aimer. Il va patiemment rédiger un dictionnaire, en quatre volumes, de leur langue et collecter plus 3.000 pages de poésies. On voit en cela que c'est un grand amoureux de l'humanité. Son désir est d'être le frère universel. Il invente pour cela un chapelet d'amour qui peut être dit aussi bien par les chrétiens que par les musulmans.  C'est un message fort que nous livre cet ancien soldat de la conquête coloniale. 

Malheureusement, au cours de la première guerre mondiale, en 1916, il est tué dans son ermitage, à l'âge de 58 ans. Son tombeau se trouve en Algérie. 

Que le message de paix et d'espérance de Charles de Foucauld nous accompagne en cette belle fête de la Toussaint. Amen.