Homélie du 28 février 2016

La mort de quelqu'un nous bouleverse toujours. La mort des Galiléens a bouleversée les habitants de Jérusalem. On cherche les responsabilités. On demande à Dieu des explications ; comme autrefois  des gens ont demandé son avis à Jésus. Que nous dit-il ?

 

Ils ne sont pas plus coupables que tous les Galiléens. Jésus par cette phrase refuse de voir dans le malheur un châtiment. Il renvoie ses interlocuteurs à un retour sur soi : convertissez-vous. Il est bon de prévenir les risques pour éviter de nouvelles catastrophes. ce qui est le plus important, ce n'est pas les circonstances de la mort, mais de mourir avec un cœur bon et non pas mauvais. 

Dans les deux exemples cités dans cet évangile, l'homme a clairement sa part de responsabilité. Pilate et les bâtisseurs de la tour. Ainsi Jésus veut que nous n'oublions pas la fragilité du monde que nous construisons : le monde politique ou le monde urbain. Notre culte n'a pas pour but de nous protéger des malheurs mais de changer de cœur pour progresser dans le bien. C'est la conversion permanente.

 

Un figuier dans une vigne. Le figuier est peut de chose face aux centaines de plants de vigne. Il n'est pas la production principale, mais un appoint, une petite douceur secondaire. 

Pourtant, cet arbre, sans importance, est le fruit du soin du vigneron. Il est défendu par lui. C'est toute l'image de la sollicitude de Jésus à notre égard. Il est patient et miséricordieux. 

 

Bêcher. La mort nous secoue. Elle peut nous secouer à la manière d'un tremblement de terre. Notre monde peut alors s'écrouler comme un château de cartes. Elle peut nous remuer comme le bêchage remue la terre, mettre notre cœur sens dessus dessous. Nous sommes pris aux entrailles, prêts à accueillir la tendresse de Dieu. Le bêchage casse les mottes de terre pour que l'eau de pluie puisse y pénétrer et non plus ruisseler sur une terre devenue trop dure. 

Notre cœur est aussi bêché par la contrition : c'est un cœur brisé et broyé, comme le dit le psaume. La miséricorde de Dieu adoucit l'épreuve de la contrition. 

 

Mettre du fumier. Notre finitude peut être comparer aux ordures, aux déchets. Notre vie se dégrade physiquement et parfois moralement. Ou elle peut devenir comme le fumier qui est bon pour les cultures. Le fumier n'est bon pour la plante que grâce à l'eau qui transporte les nutriments jusqu'au racines. L'eau de la compassion passant sur le fumier de la misère du monde nourrit le figuier. Comme le fumier ne salit pas la terre, mais la rend féconde, ainsi notre compassion pour les miséreux de notre monde ne nous salit pas, mais nous fait grandir en amour. 

 

Convertissons-nous pour mourir dans la sainteté.

Amen.

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