Homélie du 17 janvier 2016

Aujourd'hui, c'est la journée des migrants et des réfugiés. C'est un sujet d'actualité. Écoutons, ce que le pape François, fils de parents italiens immigrés en Argentine, nous dit sur le sujet dans son message publié pour cette journée de prière. 

 

La situation vue par le pape.

"A notre époque, les flux migratoires sont en constante augmentation en tout lieu de la planète : les réfugiés et les personnes qui fuient leur patrie interpellent les individus et les collectivités, défiant leur mode de vie traditionnel et bouleversant parfois l'horizon culturel et social auquel ils sont confrontés."

Le pape parle des réfugiés économiques et des réfugiés de guerre qui partent dans un pays voisin ou en Europe. Il parle aussi des conséquences pour les pays d'accueil. On peut penser au Liban qui accueille 1,7 millions de Syriens sur son territoire. 

 

Première affirmation : les migrants sont nos frères.

"Les migrants sont nos frères et sœurs qui cherchent une vie meilleure loin de la pauvreté, de la faim, de l'exploitation et de la répartition injuste des ressources de la planète qui devraient être divisées équitablement entre tous. N'est-ce pas le désir de chacun d'améliorer ses conditions de vie et d'obtenir un bien-être honnête et légitime, à partager avec les être qui lui sont chers ? "

 

Deuxième affirmation : la question de l'identité.

"En ce moment de l'histoire de l'humanité, fortement caractérisé par les migrations, la question de l'identité n'est pas une question d'une importance secondaire."

Pour le migrant.

"Celui qui migre, en effet, est contraint de modifier certains aspects qui définissent sa personne et, même s'il ne le veut pas, force celui qui l'accueille à changer. Comment vivre ces mutations, afin qu'elles ne deviennent pas un obstacle au développement authentique, mais soient une opportunité pour une authentique croissance humaine sociale et spirituelle, en respectant et en favorisant les valeurs qui rendent l'homme toujours plus homme, dans un juste rapport avec Dieu, avec les autres et avec la création ? "

Pour les pays qui accueillent.

"De fait, la présence des migrants et des réfugiés interpelle sérieusement les diverses sociétés qui les accueillent. Elles doivent faire face à des faits nouveaux qui peuvent se révéler délétères s'ils ne sont pas correctement motivés, gérés et régulés. Comment faire pour que l'intégration se transforme en un enrichissement réciproque, ouvre des parcours positifs aux communautés et prévienne le risque de la discrimination, du racisme, du nationalisme extrême ou de la xénophobie ? "

 

La réponse de l'Eglise : l'évangile de la miséricorde.

1°) la solidarité

La miséricorde "alimente et renforce la solidarité envers le prochain, comme exigence pour répondre à l'amour gratuit de Dieu... chacun de nous est responsable de son voisin : nous sommes les gardiens de nos frères et sœurs, où qu'ils vivent. Entretenir de bons contacts personnels et savoir surmonter les préjugés et les peurs sont des ingrédients essentiels pour faire fructifier la culture de la rencontre, où l'on est disposé non seulement à donner, mais à recevoir des autres. en effet, l'hospitalité vit à la fois de ce qui est donné  et reçu..."

 

2°) la promotion de la personne humaine

"Dans cette perspective, il est important de considérer les migrants non seulement en fonction de la régularité ou de l'irrégularité  de leur condition, mais surtout comme des personnes qui, une fois leur dignité assurée, peuvent contribuer au bien-être et au progrès de tous, en particulier lorsqu'ils assument la responsabilité de leurs devoirs envers ceux qui les accueillent, en respectant de façon reconnaissante le patrimoine matériel et spirituel du pays hôte, en obéissant à ses lois et en contribuant à ses charges. En tout cas, on ne peut pas réduire les migrations à une dimension politique et normative, à des effets économiques, ni à une simple coexistence de cultures différentes sur un même territoire. Ces aspects viennent compléter la défense et la promotion de la personne humaine, la culture de la rencontre des peuples et de l'unité, là où l’Évangile de la miséricorde inspire et encourage des itinéraires qui renouvellent et transforment l'humanité tout entière. "

 

3°) Aide aux pays de migration.

"L'Eglise est aux côtés de tous ceux qui s'emploient à défendre le droit de chacun à vivre avec dignité, avant en exerçant leur droit à ne pas émigrer pour contribuer au développement du pays d'origine. Ce processus devrait inclure, à un premier niveau, la nécessité d'aider les pays d'où partent migrants et réfugiés."

 

Cultivons partout la culture de la rencontre.

Amen.

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