Homélie du 10 janvier 2016

Nous fêtons, dans la joie du temps de Noël, le baptême du Seigneur, seconde manifestation, après celle aux mages, du Verbe Incarné. Ce baptême de Jésus nous dit quelque chose de notre baptême.

 

"Comme tout le monde se faisait baptiser". L'acte de Jésus est inclus dans un grand mouvement populaire, dans un enthousiasme général. Jésus ne se démarque pas de ses compatriotes ; il ne se distingue pas de ses coreligionnaires. Pourtant, on peut supposer que, pour lui, cet acte avait beaucoup de valeur. Il ne manifeste pas seulement une solidarité envers le peuple d'Israël, avec sa nation. Pour lui, c'est un acte inaugural, un point de départ de son ministère qui s'inscrit dans l'obéissance à l'Alliance, dans la fidèle au Dieu d'Israël. 

De nos jours, nous le savons, les demandes de sacrements sont parfois la conséquence d'une routine, d'une habitude. Heureusement, quelques croyants ont une grande conscience du geste qu'ils posent. Pour eux, c'est un appui dans leur vie de tous les jours, un soutien pour leur vie de croyant. Ne cessons pas de découvrir la grandeur de notre baptême qui est le début de notre vie de foi. 

 

"Après avoir été baptisé, Jésus priait". Jésus est en prière, sans doute pour rendre grâce pour son baptême. Il médite dans son cœur sur le geste qu'il vient de poser. Sachons, nous aussi, prendre le temps de mesurer l'importance du don reçu dans les sacrements. Aimons la prière des baptisés : le Notre Père. C'est une prière filiale qui nous fait grandir dans cet amour pour Dieu qui est un Père pour nous. C'est aussi une prière fraternelle, car nous reconnaissons que Dieu est le Père d'autres enfants. Il n'est pas seulement mon Père, mais aussi notre Père. Il est bon de se rappeler cela en ce temps de trouble : Dieu est bon pour tous, car il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants. Oui, à la messe - et j'espère aussi à la maison -, notre prière doit être universelle, pour tous les hommes et pas seulement pour notre paroisse ou notre famille. 

 

"Celui-ci est mon Fils bien-aimé" Jésus a fait l'expérience de l'amour de Dieu. Cette expérience va lui permettre de montrer cet amour lors de son ministère : guérison des malades, exorcisme des possédés, prédication consolante. 

Pour faire cette expérience, il faut laisser de la place à Dieu dans notre prière. Si on parle tout le temps, le Père ne pourra pas nous parler, nous dire son amour. A la messe, les temps de silence sont obligatoires et j'espère profitables. C'est peut-être difficile au début. Les distractions sont possibles. A terme, le silence permet une maturité spirituelle inégalable. Les moines et les moniales le savent bien : le silence est un trésor. 

 

N'oublions pas la grandeur de notre baptême.

Amen.

Écrire commentaire

Commentaires: 0