Homélie du 27 décembre 2015

La sainte famille est un exemple pour toutes les familles. L'épisode que nous venons d'entendre est particulier. Il ne s'agit pas de le reproduire ; il nous dit que l'éducation des enfants est une chose ni facile ni simple depuis tous les temps. 

 

"Pourquoi me cherchiez-vous ?" Il est difficile de qualifier le comportement de Jésus. On ne peut pas dire qu'il a commis une faute, car il est sans péché. On ne pas dire non plus qu'il n'a pas fait de mal à ses parents, inquiets de ne pas le trouver sur le chemin du retour. Il y a là un mystère qu'on n'arrive pas à comprendre totalement. Jésus prend son autonomie et il veut s'instruire auprès des grandes autorités religieuses. Apparemment, comme certains parents, Marie et Joseph n'ont pas vu leur enfant grandir, n'ont pas réalisé qu'il était capable de se débrouiller tout seul. 

Tous les parents cherchent un équilibre entre protection et autonomie pour leurs enfants. Il ne faut pas les livrer à eux-même. Il ne faut pas non plus les brider dans leurs légitimes aspirations.

 

"Ton père et moi". Regardons comment Marie reprend avec délicatesse Jésus.

Dans cette scène de l'évangile, Joseph ne parle pas. Seule Marie interroge Jésus. Ils se sont sûrement mis d'accord sur la manière de comprendre les choses et d'en parler avec leur enfant perdu. Dans la vie de famille, il est important que les parents parlent d'une seule voie en matière d'éducation. 

Marie ne se laisse pas emporter pas ses sentiments. Dans son interrogation, on ne ressent pas toute l'inquiétude et toute la perplexité de la mère qui a cherché pendant deux jours son fils unique. Posément, elle elle demande des comptes à son divin fils. Demandons lui de nous aider à ne pas nous emporter lorsque les enfants ne font pas ce qu'on attend d'eux.

Marie ne critique pas le comportement de son fils. Marie demande une explication à son fils de 12 ans. Elle adapte son attitude à son âge. Trop punir n'est pas bon. Trop négocier n'est pas bon non plus. Dans notre société du compromis, l'autorité s'exerce avec douceur et fermeté. Elle ne s'exerce plus comme autrefois, du temps du pater familias, mais elle existe toujours. Ce n'est pas l'autorité de la crainte, une autorité qui se gagne, dans le respect de chacun. 

 

"Le fils unique". Jésus est le fils unique de Marie et de Joseph. Il n'est pas pour autant l'enfant roi, car il est soumis à ses parents. Apparemment, ils savaient le confier au voisinage, car ils pensent qu'il a fait le voyage de retour avec eux. L'éducation des enfants se fait toujours à plusieurs, avec les autres enfants de la fratrie ou de leurs âges, avec l'école, avec la paroisse ou avec la culture de l'époque. 

Il faut trouver un équilibre entre une maîtrise parentale de l'éducation et la confiance à notre monde, à notre société. On peut risquer d'être protecteur en présentant avec excès les dérives de notre société. 

N'oublions pas que Jésus a été élevé dans une société multiculturelle. Les Romains, païens, occupent un pays à majorité juive. Les publicains collaborent avec l'occupant. La langue du commerce et celle de l'évangile est le grec. En matière religieuse, il y a des courants assez forts, comme les Samaritains, les pharisiens ou les sadducéens. Peu de temps après sa naissance, il y eu le massacre des saints innocents. On trouvait déjà de son temps les ingrédients de notre temps. 

 

Que la sainte famille nous aide dans l'éducation de la jeunesse.

Amen. 

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