Homélie du 19 octobre 2014

Nous sommes ici dans cette Eglise pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Notre culte est une action de grâce pour tout ce que nous avons reçu de Lui : la création, la vie, la foi, la charité, l'espérance... Nous avons conscience que nous ne sommes que les gérants de ces grands bienfaits. Nous sommes conscients que nous ne pouvons pas garder pour nous seuls ce trésor de la foi. Il faut le faire partager dans le respect des personnes. Cette journée mondiale des missions nous le rappelle fortement.

Cette action de grâce s'accompagne d'une offrande. Nous trouvons normale que le culte se concrétise aussi par une quête. Elle a une fonction pratique : donner les moyens à l'Eglise d'ici ou d'ailleurs de remplir sa mission d'évangélisation ; mais elle symbolise aussi l'offrande de notre personne à Dieu, matérialisé dans l'offrande du pain et du vin.

Comme nous rendons à Dieu ce qui est à Dieu, Jésus nous demande de rendre à César ce qui est à César. Il dit en cela à cause de l'effigie gravée sur les pièces romaines. C'est César qui les met en circulation, c'est à César qu'elles retournent. Les citoyens ne sont que des gérants de cette monnaie. Nous sommes que des gérants de nos biens. Gérants de la nature, de la création que nous empruntons à nos enfants. Gérants de nos salaires, que nous avons certes gagner à la sueur de nos fronts, mais qui doit être utilisé à bon escient pour nos familles, pour les pauvres. L'Eglise ne cesse de proclamer la destination universelle des biens qui doivent servir au bien commun. Gérants et citoyens, car nous payons des impôts qui servent à financer les missions de l'Etat. C'est souvent douloureux,  mais il ne faut jamais oublier la dimension de partage, de solidarité qui existe dans notre contribution citoyenne. En tant que chrétien, ne doit-on voir cette dimension de partage ?

Y pensons-nous lorsque signons un chèque au trésor public ?

En ce moment, l'Etat réfléchit à une nouvelle redistribution des recettes fiscales. Il le fait par nécessité. Je voudrai aujourd'hui souligner un des aspects de cette redistribution : les aides sociales. Nous trouvons l'Etat soit trop généreux, soit trop pingre... en fonction du regard que nous portons sur la pauvreté. La journée du refus de la misère nous a invité à réfléchir sur cet aspect là. Ne voyons-nous que des profiteurs ? Ne voyons-nous que des incapables ? Avons-nous une perception de la complexité du problème qui est causé par beaucoup de facteurs ?

Bref, n'oublions jamais la dimension sociale de l'argent.

Amen.

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